Depuis sa création en 1952, la Ligue Nationale de Handball (LNH) organise le championnat de première division française, communément appelé la Liqui Moly Starligue. Le fonctionnement de la ligue repose sur un organigramme structuré qui associe dirigeants, représentants des clubs et instances de contrôle, assurant une gouvernance stable et professionnelle. Chaque année, le médiaguide de la LNH paraît en début de saison. Alors que la Starligue s’apprête à reprendre ses droits, les données économiques livrées par la LNH permettent de mesurer l’état de santé du handball masculin français.
Sur le plan économique, le budget des clubs constitue un élément central dans la construction des équipes et dans la gestion des projets sportifs. Les masses salariales représentent une part importante des dépenses, en lien direct avec les stratégies de recrutement et de gestion du mercato. Le modèle économique des clubs s’appuie sur diverses sources de revenus, parmi lesquelles les droits audiovisuels occupent une place majeure. Enfin, la billetterie et les produits dérivés participent au dynamisme financier des clubs, complétant les recettes issues des activités commerciales.
La Liqui Moly StarLigue a fait sa rentrée vendredi 6 septembre 2024. Le budget moyen des clubs s’élève à 6 millions d’euros pour la saison 2024/2025, en hausse de 2% par rapport à l’exercice précédent selon les données publiées par la Ligue Nationale de Handball (LNH). Le budget moyen d’un club de Starligue s’élève cette saison à 5,83 millions d’euros, en retrait de 4 % par rapport à 2024-2025 (6,05 M€). Le budget médian suit la même tendance, à 4,6 M€, soit -2 %. Cette inflexion marque une pause après plusieurs années de croissance continue. Le budget cumulé des 16 clubs atteint ainsi 93,3 M€.
La Ligue de handball (LNH) a publié les budgets de la LIDL Star Ligue pour la saison en cours et la moyenne se situe à 5 578 622 euros, ce qui est dans les eaux de ceux de la Jeep Elite dont la moyenne révélée cet après-midi est montée à 5 844 556 euros. Il est à remarquer que la LIDL Star Ligue ne comprend que 14 équipes au lieu de 18 en Jeep Elite et qu’elle possède une locomotive avec le PSG dont le budget légèrement en baisse est de 17 452 294 euros. Une grande disparité avec ceux d’Istres et Ivry qui sont toujours sous la forme juridique de l’association.

Les Budgets des Clubs : Une Hiérarchie Établie
Comme l’année dernière, le Paris Saint-Germain reste premier dans ce tableau avec un budget de 17,4 millions d’euros, soit une augmentation d'un million. Avec 17,4 millions d’euros de budget pour la saison sportive à venir, le Paris Saint-Germain (PSG) fait encore office d’épouvantail dans ce championnat élite masculin de handball. Paris domine nettement le paysage avec 17 M€, devant Nantes (11,1 M€) et Montpellier (9,07 M€). Nantes se classe deuxième avec 10,5M€ et creuse un écart avec Montpellier et ses 8,9M€. Loin derrière en termes économiques, Nantes HBC (10,6 millions d’euros) et Montpellier (9 millions d’euros) affichent tout de même des ambitions sportives importantes. Tout en bas du tableau, on retrouve le promu Istres avec quasiment 2,6M€, seul club du championnat en dessous des 3 millions d’euros de budget. Avec 2,6 millions d’euros de budget, Istres est le Petit Poucet du championnat. À l’autre bout du spectre, Dijon (2,46 M€), Sélestat (2,73 M€) et Istres (2,6 M€) affichent des moyens plus limités.

Répartition des Revenus des Clubs
Pour la plupart des seize clubs de la StarLigue , les subventions publiques restent la source principale de leurs recettes. En moyenne, les partenaires privés représentent 37% des finances du club. S’en suit les subventions publiques (22%), les autres produits (19%) et les recettes des matchs (12%). La décomposition des recettes confirme la prépondérance du sponsoring et des partenariats privés. Les prestations vendues aux entreprises représentent en moyenne 35 % des revenus (2,03 M€ par club). Les subventions publiques constituent le deuxième pilier (20 %), suivies de la billetterie grand public et hospitalités (13 %). Les droits TV et marketing restent marginaux, à 4 % des budgets seulement.
Sur ce volet, le PSG est en tête avec 4 millions d’euros perçus. Le club parisien est également premier concernant les revenus issus des droits TV et marketing avec 565 000 euros perçus. Tremblay-en-France est de son côté celui bénéficiant des revenus sponsoring les plus importants pour la saison à venir avec des recettes de 2,6 millions d’euros. Le club de Seine Saint-Denis est notamment soutenu par Hummel, Veolia, Dalkia ou encore Crédit Mutuel. Enfin, c’est à Nantes que les recettes de billetterie sont les plus élevés avec 3,3 millions d’euros. Le club évolue aussi dans l’enceinte la plus vaste du championnat, la H Arena dotée de 5 902 places.
Ces chiffres montrent une dépendance accrue aux partenaires privés et aux collectivités locales, une spécificité du modèle français qui assure une certaine stabilité mais limite parfois les marges de manœuvre pour rivaliser avec les puissances économiques européennes. A contrario, certains clubs dépendent encore beaucoup des aides publiques comme le club de Tremblay qui reçoit des collectivités une aide de 2,3 millions d'euros sur un budget total de 4,2 millions. Le contrat de naming avec Liqui Moly et les droits TV avec beIN SPORTS ne pèsent quasiment rien dans le budget général des clubs mais servent plutôt à financer le fonctionnement et le personnel de la LNH. Seuls Nantes et Paris ont des recettes, liées à ces droits, assez importantes avec respectivement 498 000 € et 594 151 € grâce à leur participation à la ligue des champions.

Masse Salariale et Salaires des Joueurs
La masse salariale représente en moyenne 42% des budgets des 16 clubs de Starligue et s’élève à 2,48M€. Comptez là-dedans les salaires des joueurs et des membres du staff. Concernant les joueurs, le salaire moyen est de 6 481€. Une somme quasiment similaire à celle du dernier exercice. Le salaire moyen en LIDL Star Ligue est de 7 133 € bruts mensuels « hors primes et avantages ». Il était la saison dernière de 11 426€ bruts mensuels en Jeep Elite.
Les charges de personnel représentent de loin la principale dépense des clubs de Starligue. En moyenne, la masse salariale atteint 2,36 M€, soit près de 40 % du budget global. Mais derrière cette moyenne se cachent des écarts frappants. Le PSG, fort de son budget colossal de 17 M€, consacre près de 7 M€ aux salaires, soit 49 % de ses dépenses. Nantes, deuxième budget du championnat, en alloue 4,8 M€, quand Montpellier approche les 3,7 M€. À l’opposé, certains clubs voient les salaires peser beaucoup plus lourd dans leurs finances. Dijon, avec un budget limité à 2,46 M€, consacre 1,39 M€ à la masse salariale, soit 64 % de ses ressources. Une proportion qui illustre le choix assumé d’investir prioritairement dans l’effectif sportif, quitte à réduire la marge de manœuvre pour d’autres activités. Istres (51 %) ou Tremblay (52 %) connaissent des équilibres similaires.
Cette diversité de modèles démontre que la Starligue regroupe à la fois des clubs structurés autour de mastodontes financiers et d’autres qui concentrent l’essentiel de leurs moyens sur le terrain.
Attractivité et Compétitivité de la Starligue
Malgré ces bases économiques robustes, la Starligue attire peu de grandes stars internationales comparée à la Bundesliga allemande ou à certains clubs des Balkans. Ces championnats continuent de drainer les principaux transferts de l’été, portés par des droits TV plus importants ou des investisseurs privés très impliqués. En France, le marché est resté mesuré, avec peu de signatures retentissantes majeures. Les clubs misent davantage sur la formation, la progression de jeunes talents et des choix ciblés à l’étranger plutôt que sur la surenchère salariale.
La saison 2025-2026 s’annonce passionnante, non pas par l’arrivée de stars mondiales, mais par l’intensité attendue dans la compétition. La Starligue mise sur la densité de son championnat, l’émergence de jeunes talents et la structuration de ses clubs. Avec des chiffres solides mais une attractivité à renforcer, elle avance sur un chemin singulier : celui d’un championnat où l’équilibre économique et la compétitivité sportive priment sur les effets d’annonce.