La National League, championnat de hockey sur glace numéro un en Suisse, s'annonce plus compétitive que jamais pour la saison 2024/25. Cet article explore en détail les budgets, les transferts et les ambitions des clubs, mettant en lumière les disparités financières et les stratégies de recrutement.

Nouvelle Société Anonyme et Objectifs
Le 16 juillet dernier, les douze clubs de première division du hockey suisse ont créé une société anonyme, la «National League AG», inscrite au registre du commerce du Canton de Berne. Leurs intentions sont claires et parfois radicales. Elles souhaitent d’abord gérer la commercialisation de leur produit, notamment la vente des droits de télévision. En 2019-2020, chaque club de première division avait perçu 2,095 millions de francs, alors que le contrat qui lie Swiss Ice Hockey aux partenaires de diffusion s'élevait à 35,4 millions de francs.
Certaines d’entre elles entendent ensuite exercer une pression sur les salaires des joueurs nationaux. Le «gentlemen’s agreement» en vigueur accorde le gros bout du bâton aux Suisses, qui évoluent dans un environnement où la concurrence pour l’obtention d’une place de travail est faible. C’est ainsi que, en conclave, le CP Berne a proposé d’augmenter à huit le nombre d’étrangers éligibles pour une partie. Selon nos sources, la proposition n’a pas suscité l'enthousiasme de la majorité du collège, qui préfère s’engager sur la voie de l’étude de la faisabilité d’un plafond salarial.
Elles étudient encore la possibilité de modifier le format de compétition en se dirigeant vers la création d’une National League fermée ou, du moins, qui en aurait les atours. S’il est presque acquis que treize clubs patineront au plus haut niveau national en 2021-2022, les organisations laissent la porte ouverte pour accueillir un quatorzième partenaire à moyenne échéance. Dans ce cadre, elles cherchent surtout à éviter une relégation sportive et, donc, à effectuer des dépenses de panique pour tenter d’y échapper.
La Swiss League, justement, a réagi après la naissance de la «National League AG». Moins exposée à l’écran que la grande ligue, l’ex-LNB a recouru aux conseils de l’ancien directeur de la Fédération Ueli Schwarz pour dessiner un avenir où la National League s’engageait sur une voie solitaire. Cette task force, qui maintient ses liens avec la National League, cherche des solutions pour valoriser l’image de son produit afin de pouvoir générer ses propres revenus. La quête d’attractivité devrait s’accompagner de l’exclusion des farm teams.
Le guide des clubs romands de National League 22-23 (Spoiler : aucun ne sera champion)
Situation Salariale et Agents Libres
Malgré l'augmentation du nombre d'étrangers, les équipes ont principalement recruté des joueurs avec un bon pédigrée, issus de championnats renommés, ce qui suggère que les salaires n’ont pas baissé pour ces profils. De plus, la situation des joueurs suisses n’a pas non plus évolué en termes de modération salariale. Ces joueurs restent rares et donc chers, ce qui est accentué par la signature de contrats longue durée, asséchant le marché des joueurs disponibles. Face à cette situation, une idée gagne du terrain dans les médias : instaurer des agents libres à la manière de la NHL.
Favoris et Prétendants au Titre
ZSC Lions Zurich
Les ZSC Lions entament la saison 2024/25 en position de force, se posant en grandissimes favoris à leur propre succession. L’effectif zurichois n’a que très peu changé, avec des départs de joueurs de profondeur remplacés par des jeunes issus de la formation. Les joueurs étrangers clés comme Mikko Lehtonen, Rudolfs Balcers, Jesper Frödén, Juho Lammikko et Derek Grant seront toujours présents. Le défenseur Scott Harrington est remplacé par le Finlandais Santtu Kinnunen. Mis à part les joueurs étrangers, la majorité des cadres sont engagés pour encore deux saisons minimum. Sven Andrighetto a été prolongé jusqu’en 2029. Cependant, la participation à la CHL pourrait jouer en leur défaveur.
EV Zoug
L’EV Zoug entame la saison 2024/2025 avec des interrogations majeures, tant sur le plan sportif que contractuel. L’entraîneur norvégien Dan Tangnes arrive au terme de son contrat, et l’avenir de Jan Kovář reste flou. Zoug a renforcé sa défense avec l’arrivée de Gabriel Carlsson et son attaque avec Fredrik Olofsson. La défense pourra également compter sur la jeune pépite Leon Muggli. Parmi les autres arrivées, Mike Künzle et Tim Wolf rejoignent l'équipe.
HC Lugano
Le HC Lugano aborde la saison 2024/2025 avec des ambitions renouvelées, ayant réussi à attirer David Aebischer et Joren van Pottelberghe. Calvin Thürkauf reste dans l’équipe. Après l’échec de Mikko Koskinen, Lugano a choisi de revenir à une configuration avec deux gardiens suisses. Le club a misé sur Carl Dahlström et Radim Zohorna, ainsi que Jiří Sekáč. La grande question demeure de savoir combien de temps les tifosi devront encore attendre pour voir des résultats concrets.
Genève-Servette
Genève-Servette a vécu une saison 2023/24 paradoxale : sacré champion d’Europe en CHL, le club a pourtant été éliminé prématurément lors des play-ins. Genève-Servette a rajeuni son effectif en ne renouvelant pas les contrats de Valtteri Filppula et de Daniel Winnik. Michael Špaček a rejoint le club, ainsi que Markus Granlund. Servette perd Eliot Berthon et a signé Luca Hischier. La défense sera sous haute surveillance, notamment avec Theodor Lennström et Tim Berni. Le duo de gardiens Robert Mayer et Gauthier Descloux devra également montrer des signes de progression.
CP Berne
Le CP Berne peine à retrouver son éclat d’antan. Pour la saison 2023/24, Berne pourra compter sur Dominik Kahún. Pour ce nouvel exercice, le coach Jussi Tapola et son staff ont décidé d’ajouter de la taille et du poids à leur alignement. En défense, le club a recruté Anton Lindholm, et en attaque, Berne a misé sur Victor Ejdsell et Waltteri Merelä.
Budgets des Clubs de la SFL
Depuis quelques années, les clubs de la SFL doivent publier leurs comptes afin d’obtenir la licence. Servette présente l’avant-dernier budget, avec 17,2 millions, devant Lugano (13,5 millions), et derrière LS (18,7 millions), Lucerne (19,5 millions), Zurich (20 millions) et St Gall (26,6 millions). Servette se classe à la 5e place avec 13,3 millions pour les prestations en faveur du personnel. La ligne « Autres charges d’exploitation » diffère passablement d’un club à l’autre. Servette est avant-dernier sur ce poste avec 3,7 millions, tandis que St Gall annonce 8,9 millions.
Voici un tableau comparatif des budgets et des dépenses des clubs :
| Club | Budget Total (millions CHF) | Prestations en Faveur du Personnel (millions CHF) | Autres Charges d'Exploitation (millions CHF) |
|---|---|---|---|
| St Gall | 26.6 | 14.1 | 8.9 |
| Zurich | 20 | 15.4 | 3.9 |
| Lucerne | 19.5 | 12.9 | 5.6 |
| Lausanne (LS) | 18.7 | 9.6 | 8.2 |
| Servette | 17.2 | 13.3 | 3.7 |
| Lugano | 13.5 | 10 | 2.6 |
Au vu des montants indiqués pour les autres clubs, on peut estimer le soutien de la Fondation 1890 à 8 millions au minimum, potentiellement 10 millions, soit grosso modo la moitié de notre budget. Contrairement à ce que qu’affirment nos dirigeants, Servette ne dispose pas d’un « petit budget ».
