L'épopée Historique du Stade Brestois en Ligue des Champions : Un Vent de Fraîcheur sur l'Europe du Football

Le Stade Brestois 29 a marqué son entrée dans la Ligue des Champions avec éclat. Pour sa première participation, le club finistérien a surpris en décrochant deux victoires d'entrée face à Sturm Graz (2-1) et à Salzbourg (0-4). Le club a insufflé un vent de fraîcheur dans la compétition, malgré une défaite sévère (7-0) en barrages retour d’accession aux huitièmes de finale.

Après avoir pris l’eau de toutes parts durant plus de 30 minutes devant les déferlantes néerlandaises, il a fallu un Marco Bizot de gala qui a sans doute livré son meilleur match avec le SB29 pour garder le navire à flot. Ironie du sort, c’est sur sa première action que Brest a ouvert le score grâce à un but à l’arraché de Julien Le Cardinal, régional de l’étape.

Brendan Chardonnet savourait au micro de Canal+ à l’issue de la victoire 1-0 des Ty’ Zefs face au PSV Eindhoven :

« Sur le match, on a des occasions. Ce n’est pas un exploit, c’est mérité. C’est un grand club d’Europe avec une grande histoire, plus grande que nous en Europe. On y croit, sinon ça ne sert à rien d’aller sur le terrain. On était mort de faim. On voulait ramener quelque chose pour rentrer dans l’histoire. Je pense que maintenant, on est qualifié pour les barrages, c’est une première ».

Impressionnants, redoutables, irréductibles, morts de faim, les superlatifs manquent ce matin, quelques heures après le nouvel exploit du club breton face à la meilleure attaque d’Europe (56 buts en 15 matches d’Eredivisie) que le PSG n’avait pas réussi à battre au Parc des Princes. Mais hormis le Barça, le Bayer Leverkusen et sans doute le Real Madrid fin janvier, il fallait quand même faire le job.

Et le sentiment qui découle de la bande à Eric Roy est celui d’une force collective et d’une envie qui forcent l’admiration. La preuve avec ce match fou dans un Roudourou incandescent avec 15 000 supporters brestois en feu.

Bien sûr, il y a eu de la réussite avec un poteau, une décision favorable de la VAR sur un penalty finalement refusé à Eindhoven et une bonne dose de réussite, mais la victoire brestoise n’est pas usurpée tant la bande à Mama Baldé s’est créée des occasions en seconde période. Les supporters brestois doivent donc encore se pincer pour y croire, d’autant que, comme l’indique Eric Roy, personne n’aurait misé un centime sur ces joueurs début septembre.

« Je ne pense pas que beaucoup auraient prédit que nous aurions 13 points à ce stade. Au-delà du cœur, tactiquement, on a été capable de bien animer un système un peu différent au départ et d’en changer en cours de match. On s’est réadaptés, on n’a pas perdu le fil du match. » Peter Bosz qui dirige le PSV d’une main de maître depuis son retour aux Pays-Bas, ne dira sûrement pas le contraire.

Un Parcours Semé d'Embûches et de Succès

Avec un déplacement en Allemagne face au Shakhtar et la réception du grand Real Madrid à Guingamp, le Stade Brestois, déjà qualifié pour les barrages qui se dérouleront en février prochain, peut encore espérer décrocher le top 8 synonyme de qualification directe pour les 1/8e de finale de la compétition. Et peut-être au Stade de France puisque les discussions ont déjà commencé entre le SB29 et le consortium du plus grand stade de l’Hexagone (80 000 places). Selon les statistiques, ils ont même une chance sur trois d’y parvenir. Mais quoi qu’il arrive, la première campagne de l’histoire du club armoricain est réussie.

Selon Opta, Brest est la meilleure équipe du XXIe siècle à avoir remporté 13 points après six journées de Ligue des Champions pour sa première participation en C1. Enfin, financièrement, cette nouvelle victoire va rapporter plus de 2 M€ dans les caisses. Un véritable bol d’air supplémentaire pour les Ty’ Zefs qui peuvent voir sereinement l’avenir, surtout avec un mercato qui a été raisonnable l’été dernier.

Pour rappel, Brest a déjà totalisé 27,72 M€ dans sa campagne européenne (18,62 M€ pour sa participation au championnat de C1, 8,4 M€ pour ses victoires face au Sturm Graz, Salzbourg et le Sparta Prague et 0,7 M€ pour son nul face au Bayer Leverkusen), auquel il faut déjà rajouter 1 M€ supplémentaire de bonus de qualification pour les barrages déjà acquis.

Les Débuts Historiques des Clubs Français en Ligue des Champions

Depuis la réforme de 1992 et le passage de la Coupe des clubs champions à la Ligue des Champions, six clubs français ont fait, comme le SB29, leurs premiers pas en C1. Retour sur ces premières parfois agrémentées de jolis exploits.

Auxerre, une première pleine de panache

Champion de Ligue 1 et vainqueur de la Coupe de France en 1996, l’AJ Auxerre de Guy Roux a perdu Laurent Blanc, Corentin Martins et Christophe Cocard durant l’intersaison mais a su attirer Antoine Sibierski et Steve Marlet. L’AJA démarre sa première campagne de Ligue des Champions en 1996/97 dans un groupe A assez relevé. Malgré cette concurrence, les Icaunais portent haut les couleurs de la France en terminant premiers de leur poule, à égalité avec l’Ajax (12 points). Après une défaite inaugurale à domicile face aux Néerlandais (0-1), les Auxerrois ont su immédiatement réagir en s’imposant à Ibrox Park (1-2) grâce à un doublé de l’inconnu Thomas Deniaud. Après une victoire historique en novembre à Amsterdam (1-2) grâce à Bernard Diomède et Steve Marlet, ils finissent le boulot à domicile face aux Rangers (2-1, buts de Laslandes et Marlet) et se qualifient pour les quarts de finale. Ils n’iront malheureusement pas plus loin, battus à deux reprises par le Borussia Dortmund (1-3, 0-1), futur vainqueur de l’épreuve. Ironie du sort, ce sont déjà les Allemands qui avaient brisé leur rêve européen quatre auparavant, en demi-finales de la Coupe de l’UEFA.

L’OL, le début d’une longue série

Un après sa terrible déconvenue en tour préliminaire face à Maribor, l’Olympique Lyonnais, troisième du dernier championnat, passe enfin les qualifications (face à Bratislava) et accède à sa première phase de poules de C1 en 2000/01. La première d’une longue série puisque les Gones participeront finalement à 12 Ligue des Champions consécutives entre 2000 et 2011. Dans la première phase de groupes, les Lyonnais héritent de Valence (finaliste de l’épreuve en 2000 et 2001), de l’Olympiakos et de Heerenveen dans la poule C.

Ils démarrent fort à domicile face aux Néerlandais (3-1) mais enchaînent ensuite 3 défaites. Au pied du mur, les Olympiens battent à nouveau Heerenveen (0-2), puis l’Olympiakos (1-0) grâce à un but de Pierre Laigle et se qualifient pour la deuxième phase de groupes, avec 9 points. Une toute autre adversité attend les Gones au tour suivant avec le Bayern Munich, futur vainqueur de l’épreuve, Arsenal et le Spartak Moscou. L’OL décroche sa première victoire historique en C1 en mars 2001, en surclassant le Bayern (3-0) à Gerland avec un doublé de Sidney Govou (21 ans à l’époque). Malgré ce succès retentissant, les Gones échouent d’un rien dans leur quête de qualification, à cause d’un résultat nul à Moscou (1-1) dans le dernier match du groupe. Ils terminent troisième à égalité de points avec l’Arsenal de Thierry Henry mais derrière les Londoniens à la différence de buts particulière. Ce n’est que partie remise pour les Lyonnais, qui feront parler d’eux de nombreuses saisons en Ligue des Champions par la suite.

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4 clubs sur 6 bloqués en poules

Pour les quatre autres novices issus de la Ligue 1 McDonald’s, l’aventure s’arrêtera à l’issue de la phase de groupes, mais avec malgré tout quelques faits d’armes. Champion de France en 1998, le RC Lens du « Druide » Daniel Leclercq tombe dans la poule E avec Arsenal, le Dynamo Kiev et le Panathinaikos en 1998/99. Pour leur premier match en C1, les Sang et Or reçoivent les Gunners et arrachent un bon match nul grâce à Tony Vairelles (1-1). A Wembley, où le match a été délocalisé, les Artésiens s’imposent 1-0 grâce à un but mémorable de Mickaël Debève. Malheureusement, cela ne suffira pas au RCL, qui termine finalement parmi les moins bons deuxièmes avec 8 points, devant Arsenal (3e), mais derrière le Dynamo Kiev d’Andreï Shevchenko et de Sergueï Rebrov.

Voisin des Lensois, le LOSC débute en C1 trois ans plus tard, lors de l'exercice 2001/02. Emmenés par Vahid Halilhodzic, les Dogues viennent de terminer à une superbe troisième place en Ligue 1 alors qu’il venait de monter de Ligue 2. Ils commencent leur campagne européenne par un authentique exploit en tour préliminaire en allant gagner à Parme (0-2) grâce à Salaheddine Bassir et Johnny Ecker. Malgré une défaite à domicile (0-1) au match retour, ils accèdent bien à la phase de groupes. Opposé à Manchester United, au Deportivo La Corogne et à l’Olympiakos, le club lillois reste invaincu à domicile (au stade Bollaert) avec 1 victoire face aux Grecs et 2 matchs nuls face aux Anglais et aux Espagnols, mais il termine troisième de son groupe avec 6 points. Il est ainsi reversé en Coupe de l’UEFA.

Le Montpellier Hérault SC (2012/13) et le Stade Rennais F.C. (2020/21) ont tous deux connu des premières plus compliquées dans la compétition. Dans le groupe de Schalke 04, d’Arsenal et de l’Olympiakos, les Héraultais n’ont pu éviter la dernière place, avec 2 points récoltés face aux Allemands.

Le Parcours des « Anciens » dans la Nouvelle Formule

Quid des clubs qui avaient déjà connu la C1 avant qu'elle ne devienne Ligue des champions ? Nice, revenu en 2017 après une première participation en 1957, donc avant la réforme, est tombé face à Naples en barrages (0-2, 0-2). Lors de la saison 1999-2000, lorsque la C1 démarrait par deux phases de groupes avant de déboucher sur les quarts de finale, Bordeaux (première apparition en Coupe des clubs champions en 1985) s'est dans un premier temps qualifié parmi un groupe composé du Sparta Prague, du Spartak Moscou et de Willem II. Mais les Girondins ont terminé derniers lors de la phase suivante, devancés par Manchester United, Valence et la Fiorentina.

Puis trois clubs ont fait mieux et sont allés en demies dès leurs « débuts » : Monaco (1994, première participation avant la réforme en 1962) n'a néanmoins pas fait le poids face à l'AC Milan (0-3), pas plus que le PSG (première C1 en 1986) l'année d'après face à ces mêmes Rossoneri (0-1, 0-2). Nantes (1996, première C1 en 1965) est tombé face à une Juventus trop forte (0-2, 3-2).

Vous l'aurez deviné, un seul club français est allé au bout pour sa première participation à la Ligue des champions telle qu'elle existe depuis 1992 : l'Olympique de Marseille, vainqueur de la finale face à l'AC Milan en 1993 (1-0) et seule écurie tricolore titrée à ce jour. Mais l'OM, finaliste en 1991, arrivait avec des ambitions plus grandes que Brest...

Reims (première participation en C1 en 1956 et finaliste), Saint-Étienne (1957) et Strasbourg (1980) ont pris part à l'ancienne version de la compétition, mais n'ont fait aucune apparition dans cette épreuve depuis 1992.

Les Réactions et l'Impact Financier

Cela faisait 45 ans qu’un club français bizuth en C1 n’avait pas remporté ses deux premiers matchs. Le SB29 l’a fait, pas étonnant que ça réagisse sur X. Il fallait se pincer pour croire au résultat du Stade Brestois à Salzbourg.

Après une première période ratée, les Ty Zefs n'ont pas réussi à revenir dans la partie face au Shakhtar Donetsk. Qualifié pour les 16e de finale, le SB29 voit le ticket direct pour les 8e de finale s'éloigner.

En conséquence, le Stade Brestois quitte le top 8 permettant de se qualifier directement en 8e de finale. La troupe d'Eric Roy pourra le retrouver en fonction de son résultat face au Real Madrid, mercredi 29 janvier à Roudourou, mais sera dépendant de plusieurs adversaires directs.

Les Premiers Pas et les Ambitions du Stade Brestois

Qui aurait parié sur deux victoires du Stade Brestois lors des deux premiers matches de son histoire en Ligue des champions ? Deux adversaires, notamment le second, bien plus expérimentés que les Bretons sur la scène européenne. Mais ces deux formations autrichiennes se sont cassé les dents face à l'équipe d'Éric Roy, qui compte donc six points en deux matches (premiers au classement avec le Borussia Dortmund et le Bayer Leverkusen). Ce qui lui offre tous les droits de rêver d'une qualification pour les phases finales.

On n'en est pas encore là, certes, mais ces deux premières victoires retentissantes ont eu le mérite d'assurer au Stade Brestois une rentrée d'argent bienvenue à une époque où les droits télé de la Ligue 1 ont plombé les finances des clubs français.

L'Impact Financier des Succès Européens

Car, grâce à ses deux premiers succès, le club de la cité du Ponant a déjà la garantie d'empocher 4,2 millions d'euros étant donné qu'une victoire dans la plus prestigieuse des compétitions européennes rapporte 2,1 millions d'euros. Une somme considérable à l'échelle de Brest quand on sait qu'elle représente près de 10 % du budget de fonctionnement annuel des Pirates.

Les Finistériens auront encore l'occasion de faire grimper la somme totale du butin car il leur reste encore six matches dans cette phase de ligue de C1, dont le prochain face au champion d'Allemagne, le Bayer Leverkusen, le 23 octobre (18h45). Ce sera une autre histoire. Mais qui sait, peut-être que Brest nous surprendra encore.

Tableau Récapitulatif des Premières Participations en Ligue des Champions

Club Année de Première Participation (depuis 1992) Résultat
Auxerre 1996/97 Quarts de finale
Lyon 2000/01 Deuxième phase de groupes
Lens 1998/99 Phase de groupes
Lille 2001/02 Phase de groupes
Montpellier 2012/13 Phase de groupes
Rennes 2020/21 Phase de groupes
Marseille 1992/93 Vainqueur

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