Ce mercredi matin, après la victoire de Brest à Salzbourg en Ligue des champions, l'enthousiasme est palpable parmi les supporters, les joueurs, et surtout, le trésorier. Au-delà de l'exploit sportif, le club breton découvre les retombées financières considérables de la plus prestigieuse des compétitions européennes.
La participation à la Ligue des Champions a apporté une manne financière qui semble disproportionnée par rapport à la réalité financière du club. La saison dernière, le SB29 disposait d'un budget d'environ 50 millions d'euros. C'est bien loin des 700 millions d'euros du PSG, ou des plus de 200 millions d'euros du trio Marseille, Lyon, Monaco. Seuls trois clubs de Ligue 1 avaient une enveloppe inférieure à celle des Ty' Zefs.
En se qualifiant directement pour la Ligue des champions, Brest s'était assuré la prime de participation allouée par l'UEFA, s'élevant à 18,6 millions d'euros. Une grande partie (17,87 millions précisément) a été versée à la fin du mois de septembre, tandis que la partie résiduelle le sera dans un an. Le club finistérien avait déjà pris en compte cette somme au moment d'élaborer ses comptes pour la saison en cours.
Ce que le club n'avait pas pu budgéter, c'est la manne offerte par les résultats obtenus lors de cette phase de Ligue, où un match nul rapporte 700 000 euros, et une victoire 2,1 millions d'euros. En battant le Sturm Graz puis le RB Salzbourg, les hommes d'Éric Roy ont donc d'ores et déjà garni les caisses du club de 4,2 millions d'euros supplémentaires. L'UEFA prévoit également des primes de classement et des primes de qualification au tour suivant (y compris aux barrages) pouvant atteindre entre 1 et 2 millions d'euros.
À l'échelle du Stade Brestois, ces montants sont loin d'être négligeables puisqu'ils vont permettre au club de ne plus souffrir de ces déficits structurels qui touchent la quasi-intégralité des écuries de Ligue 1. Lors de la saison 2022-2023, il avait manqué près de 5 millions d'euros pour que les caisses bretonnes finissent dans le vert.
Ces derniers mois, le directeur sportif Grégory Lorenzi a plusieurs fois répété que son club n'avait pas la nécessité économique de vendre ses meilleurs joueurs (grâce notamment à la qualification en Ligue des champions). La direction finistérienne a ainsi pu se renforcer et s'offrir, notamment, Mama Baldé en provenance de Lyon (pour 4,5 millions d'euros), et Ludovic Ajorque de Mayence (prêt payant de 2 millions, avec option d'achat de 2 millions en fin de saison).
Pourtant, à la fin du mercato, la phrase lancée par l'entraîneur du Stade Brestois Eric Roy avait interpellé. Comment se fait-il que le club, qui a touché 50 millions d'euros pour participer à la Ligue des champions, plusieurs millions en vendant Lilian Brassier, Mahdi Camara et Pierre Lees-Melou, n'ait pas enregistré des arrivées importantes pour renforcer l'équipe et afficher des ambitions importantes cette saison ?
Dans un communiqué publié, Denis Le Saint, le président du Stade Brestois, donne ses explications aux supporters. "Notre directeur sportif, Grégory Lorenzi, a dû composer avec de fortes contraintes budgétaires tout en devant renforcer l’effectif sur 7 à 8 postes", explique Denis Le Saint. Ces contraintes sont en premier lieu liées aux droits TV en forte baisse après l'échec de Mediapro en 2020 puis la succession de divers opérateurs.
Les droits TV ont été divisés par dix. "Concrètement, nos revenus liés aux droits TV nationaux versés par la LFP, sont passés de 42,5 M€ en 2023/24 (comprenant 15M€ de droits TV + 11 M€ de prime au classement + 16,5 M€ du dernier versement de CVC), à 8,7M€ en 2024/2025, et à 4,5M€ (droits TV domestiques et internationaux) sur l’exercice 2025/2026", justifie Denis Le Saint qui espère que la situation s'améliorera dans les années qui viennent avec la montée en puissance de la chaîne Ligue 1+.
Reste la question des 50 millions d'euros de droits TV liés à la belle campagne européenne du Stade Brestois en Ligue des champions. "La moitié de ces gains a été utilisée pour augmenter le budget de la saison dernière afin d’être compétitif", en coupe d'Europe souligne le président du Stade Brestois. Il y a notamment eu des joueurs venus en prêts, ce qui a occasionné une hausse de la masse salariale, des versements de primes et des charges. Par ailleurs, cette compétition a entraîné des frais, notamment des déplacements, tout comme le fait de jouer à Guingamp. Cinq millions d'euros ont été investis.
Une fois ces dépenses enregistrées, il reste tout de même de l'argent de cette Ligue des champions. "Le restant de ce 'bonus' consolide nos fonds propres, essentiels pour assurer la pérennité du club dans les saisons à venir', affirme Denis Le Saint qui se veut plus fourmi que cigale en regardant ce qu'il s'est passé dans d'autres clubs. "Le modèle du Stade Brestois peut être soumis aux mêmes problématiques d’encadrement de la masse salariale et bien pire. Il faut rester très prudent (...) plus que jamais je sens la nécessité de protéger le club", écrit-il.
La construction du nouveau stade, l'Arkéa Park, nécessite d'avoir "un club sain et équilibré" conclut Denis Le Saint ajoutant que "des fonds propres solides constituent également une garantie auprès des investisseurs, en démontrant que le club a de l’avenir et qu’il saura résister même en cas de relégation". "Le Stade Brestois 29 n’a pas vocation à jouer l’Europe chaque année. Notre objectif prioritaire reste clair : obtenir le maintien le plus rapidement possible", précise le président du SB29. Pour le moment les joueurs d'Eric Roy sont avant-dernier du classement et donc relégables.

Répartition des gains de l'UEFA en Ligue des Champions
L'UEFA a dévoilé la répartition des gains de l'édition 2024/25 de la C1. Les 36 participants se partageaient un gâteau de 3,352 milliards d’euros, dont une partie est composée comme suit :
- Un bonus de qualification de 18,620 M€
- Le gain lié à la toute nouvelle « valeur pilier »
- Des montants alloués en fonction de la performance durant la phase de ligue et du classement à la fin de la phase de ligue
- 11 M€ accordés pour une qualification en huitièmes de finale
- 12,5 M€ pour les quarts
- 15 M€ pour être dans le dernier carré
- 18,5 M€ pour le finaliste malheureux
- 25 M€ pour le grand vainqueur
Les champions d’Europe 2025 ont touché pas moins de 144,415 M€.
Pour le reste des clubs français engagés, le LOSC a été récompensé de son beau parcours. Qualifiés directement pour les huitièmes de finale après avoir battu des équipes telles que le Real Madrid, l’Atlético de Madrid et Feyenoord, les Dogues ont été privés des quarts par les Marsupiaux, mais ils ont touché 78,716 M€ (12e). Pour l’anecdote, les Nordistes ont même gagné plus d’argent que Manchester City. Éliminés en barrages par le Real Madrid, les Skyblues ont perçu 76,215 M€ (13e). Sortie en barrages par Benfica, l’AS Monaco est la 21e équipe la mieux rémunérée (59,768 M€), deux places devant l’une des surprises de la compétition, le Stade Brestois (51,827 M€).
Le Stade Brestois face à la crise des droits TV
Le club breton doit faire face à un équilibre budgétaire compliqué malgré sa belle campagne européenne. En cause, principalement, la baisse drastique des droits TV en France.
Pour Brest, les droits TV nationaux versés par la LFP sont passés de 42,5 millions d'euros en 2023-2024, à 8,7 millions d'euros en 2024-2025, et à 4,5 millions d'euros (en comptant les droits TV internationaux) en 2025-2026.
«Ce qui a pu se passer dans d'autres clubs à gabarit équivalent cet été doit nous mettre en alerte, car le modèle du Stade Brestois peut être soumis aux mêmes problématiques d'encadrement de la masse salariale et bien pire, prévient Le Saint. Il faut rester très prudent. J'entame ma 10ème saison en tant que Président et plus que jamais je sens la nécessité de protéger le club.»
Finalement, la C1 a permis à Brest de se maintenir à flot et mieux préparer l'avenir.

Le président, Denis Le Saint, leur répond. "Je suis étonné qu’on ait un budget inférieur à Metz qui arrive de Ligue 2, alors qu’on sort de la Ligue des champions." Une question que se posent aussi les supporters.
Pour sa participation à la dernière Ligue des champions, Brest a pourtant touché 52 millions d'euros. Les Bretons annoncent néanmoins cette saison un budget de 35 millions d'euros, contre 40 millions d'euros pour Metz, comme rapporté par l'Equipe.
Une passivité qui pourrait s’expliquer par l’austérité qui s’est abattue sur le football français avec la crise des Droits TV (rappelons que cette saison, les budgets des clubs ont été montés sans l’apport des Droits TV).
A titre de comparaison, le Stade Brestois présente un budget inférieur à celui du FC Metz pour la saison 2025/2026 (30 M€ pour les Bretons, 35 M€ pour les Lorrains).
Avec 2,1 millions d’euros par succès, le club breton a déjà remporté une somme équivalente à près de 10 % de son budget annuel, estimé à 48 millions d’euros pour la saison 2024-2025. Et ce n’est pas encore fini.
Cette saison, avec la nouvelle formule de la compétition, les revenus pour les clubs engagés en Ligue des champions vont augmenter sensiblement, puisque 2,467 milliards d'euros leur seront distribués contre « seulement » 2,032 milliards la saison dernière. Le Stade Brestois, qui participe pour la première fois à la compétition, s'est déjà assuré un jackpot, étant donné ses performances et sa qualification en barrages.
Chaque club engagé dans la phase de ligue reçoit avant de disputer le moindre match 18,62 millions d'euros.
Ensuite, en phase de ligue, il y a des primes de résultat à chaque match : 2,1 M€ pour une victoire et 700 000 € pour un nul. Avec quatre succès et un match nul, Brest touchera ainsi 9,1 M€.
Il y a ensuite une prime selon le classement final en phase de ligue après la 8e journée. Brest percevra près de 5,6 M€ pour sa 18e place, ainsi qu'un bonus d'1 M€ pour sa qualification pour les barrages.
Au total, Brest s'est ainsi déjà assuré près de 34,3 M€ de revenus sportifs, qui pourront encore augmenter significativement lors de la phase à élimination directe. Une qualification en huitièmes de finale rapporte par exemple 11 M€ supplémentaires.
À ces revenus sportifs, il faudra ajouter les revenus liés aux droits TV et marketing, également distribués par l'UEFA à chaque club. Les montants ne seront connus qu'en fin de saison. Ils sont fonction notamment du montant des droits TV dans chaque pays, du nombre de clubs qualifiés, et du coefficient UEFA. Pour Brest, 3e de Ligue 1 la saison dernière, ils pourraient tourner autour de 15 M€.
Brest s'est ainsi déjà assuré une cinquantaine de millions d'euros de revenus, soit l'équivalent de son budget de fonctionnement pour cette saison, qui est de 48 M€.
Du côté des autres clubs Français, Lille, qualifié directement pour les huitièmes, est logiquement celui qui compte pour le moment les revenus sportifs les plus élevés (hors droits TV) : plus de 51 M€.
Eric Roy a indiqué que Brest "n'avait pas de moyens" pour recruter de nouveaux joueurs. Le technicien s'est par ailleurs interrogé d'avoir un budget annoncé inférieur à celui de Metz, promu cette saison.
Depuis le début de ce mercato, Brest a investi pour moins de cinq millions d'euros, avec notamment le récent recrutement de Joris Chotard.
"On m’a dit qu’on n’avait pas de moyens", a répondu Éric Roy, qui a prolongé en mai dernier son contrat jusqu'en juin 2027. "J’ai vu qu’on avait l’antépénultième budget. Donc, a priori, c’est vrai qu’on n’a pas de moyens."
Le jeune défenseur Junior Diaz est lui aussi prêté, par Troyes.
"Je suis étonné quand même qu’on ait un budget inférieur à Metz, qui arrive de Ligue 2, alors qu’on sort de la Ligue des champions", a complété Éric Roy. "Mais bon, c’est malheureusement l’état dans lequel le club se trouve."
Le Parcours de BREST en Ligue des Champions 2024 - 2025 !
