Le volley-ball est un sport mondialement populaire, mais à Cuba, son histoire est marquée par des paradoxes et des défis uniques. Cet article explore l'évolution du volley-ball à Cuba, ses succès olympiques et mondiaux, ainsi que les obstacles auxquels il est confronté. De même, il retrace la domination du Brésil dans ce sport.

Le Brésil: Une Domination Continue
Cuba 🇨🇺 vs. Brazil 🇧🇷 - 2024 VNL | Full Match - Week 1
Au Brésil, les problèmes de succession n'ont pas l'air d'exister, tant le réservoir est riche en joueurs d'exception. Pour la première fois depuis 10 ans, l'entraîneur Bernardinho a laissé sur le banc le meilleur joueur des années 2000, Giba, sans pour autant mettre son équipe en péril. Avec les joueurs comme Murilo, Dante, Vissotto et Lucas, les Brésiliens ont pu continuer à écrire les grandes lignes de l'histoire du volley.
Même diminués par les pépins physiques de leurs deux passeurs, Marlon et Bruno, les Brésiliens ont dominé le tournoi dans lequel ils ont toutefois encaissé deux défaites, dont une face à Cuba (3-2) au premier tour. Cette première défaite les avait conduits à perdre volontairement contre la Bulgarie pour éviter de retrouver les Cubains dès le troisième tour. L'épisode restera comme une vraie tache pour les Auriverde dans ce Mondial, et les sifflets du public italien les ont dès lors accompagnés jusqu'au bout.
Mais sur le terrain, ils sont restés intouchables, et Cuba n'a pas pesé davantage dimanche que l'Italie la veille. Dans un match à sens unique, les Brésiliens ont appliqué la même recette, imprimant une grosse pression en début de set (9-3 au premier, 7-1 au deuxième) pour mettre les Cubains dans le rouge. Brillants techniquement, les Brésiliens ont également impressionné par leur puissance au service.
Cuba: Entre Promesses et Défis
Cuba, en revanche, a multiplié les erreurs, à l'image de son passeur Hierrezuelo, payant clairement son manque d'expérience. La plus jeune équipe du tournoi a aussi semblé manquer de fraîcheur après avoir joué quatre de ses huit premiers matches en cinq sets. Sa médaille d'argent, la deuxième dans un Mondial après 1990, reste cependant un bel exploit pour une équipe dont le leader, Wilfredo Leon, n'a que 17 ans.

C'est le paradoxe du volley-ball cubain : une myriade de stars expérimentées évoluant dans les championnats prestigieux et des équipes nationales plongées dans un déclin inexorable. Cette déchéance, entrevue dès la non-qualification historique des deux sélections cubaines pour les JO-2012, est de l'avis général largement imputable à la politique inflexible de la Fédération vis-à-vis de ses "déserteurs", systématiquement privés de sélection dès le rubicon frontalier franchi.
Les Succès Historiques
Malgré les défis actuels, Cuba a une riche histoire dans le monde du volley-ball. Triple championne olympique (1992, 1996, 2000) et mondiale (1978, 1994, 1998), la sélection cubaine vient de cumuler cinq défaites consécutives au dernier Mondial, avec au passage des humiliations subies contre des équipes qu'elle était auparavant habituée à piétiner, comme Porto Rico ou l'Azerbaïdjan.
Depuis son dernier coup d'éclat, une finale du Championnat du monde en 2010, la sélection masculine s'est écroulée, avec des échecs retentissants lors des deux dernières Ligues mondiales, compétition qu'elle avait pourtant remportée en 1998 et dont elle avait atteint la finale en 1991, 1992, 1994, 1997 et 1999. Aux derniers Championnats du monde en Pologne, les Cubains n'ont pu faire mieux qu'une modeste 12e place, indigne de leur gloire passée (finales en 1990 et 2010). Privé de seconde phase, le volley-ball féminin a ainsi enregistré en Italie sa pire performance depuis 1970.
L'Hémorragie des Talents
Pour les experts, ces piètres résultats ont une cause principale: l'hémorragie permanente des talents de l'île communiste. Fléau qui conduit la Fédération à aligner des équipes inexpérimentées et invariablement rajeunies à chaque compétition.
Depuis 13 ans, plus d'une cinquantaine de joueurs et joueuses ont fui leur pays, attirés par les contrats mirobolants proposés par les clubs italiens, turcs ou russes. Parmi ces pépites ayant cédé aux sirènes de l'ouest figurent notamment Osmany Juantorena, Robertlandy Simon, Wilfredo Leon ou Raidel Hierrezuelo. Côté féminin, Rosir Calderon, Nancy Carrillo et Yanelis Santos font respectivement le bonheur des clubs russes de Dinamo Krasnodar, Omichka Omsk et Saint-Pétersbourg.
Face à ces exils illégaux, facilités depuis janvier par une loi migratoire moins contraignante pour les Cubains désirant voyager à l'étranger, les autorités demeurent intraitables. Comme dans les autres sports, les "déserteurs" de l'île communiste sont indésirables en équipe nationale.
Les Appels au Changement
Pour l'instant, les appels répétés des spécialistes et des joueurs expatriés eux-mêmes à modifier cette politique jugée archaïque et contre-productive restent sans effet et les sélections cubaines perdent du terrain sur l'échiquier mondial. Un comble dans un pays où le volley-ball est un des sports les plus populaires avec le baseball et la boxe.
Les autorités sportives cubaines doivent en finir "une fois pour toutes avec le secret" autour de ce sujet et "expliquer pourquoi la sélection nationale ne convoque pas, comme dans les autres pays", ses joueurs les plus talentueux, a-t-il exhorté.
Cuba et les Compétitions Internationales
Après une victoire record dans l'histoire du pays (9-0 face à Porto Rico), les Lions des Caraïbes décrochent la troisième place lors de la Coupe Caribéenne des nations. Finaliste en 1996, Cuba participe au tour préliminaire de la Gold Cup la même année.
Après la participation au tour préliminaire de la Coupe du Monde 1998, Cuba se rend alors à la Gold Cup aux Etats-Unis, une première dans l'histoire de la sélection qui auparavant refusait systématiquement de participer à des compétitions sur le territoire américain.
Tableau des médailles de Cuba aux Jeux Olympiques (Volleyball)
| Édition | Sexe | Médaille |
|---|---|---|
| 1992 | Femmes | Or |
| 1996 | Femmes | Or |
| 2000 | Femmes | Or |
Les Désertions
Eduardo Cebranco-Rodriguez sera le premier cas d’exil. Il abandonnera l'équipe nationale et son pays suite à la défaite à la défaite face au Costa Rica. D’autre vont suivre. Quatre ans plus tard, après le tour préliminaire de la Coupe du Monde, lors du retour aux USA pour la Gold Cup, Alberto Delgado et « el primo » (le cousin) Rey Ángel Martínez s’enfuient en courant lors du petit déjeuner après l'élimination de Cuba face à la Corée du Sud à Los Angeles.
En 2005, Maykel Galindo et Yaikel Perez s’échappent à leur tour, quittant la sélection après la rencontre face au Costa Rica à Seattle lors de la Gold Cup alors que Cuba sortait d’une finale de la Coupe Caribéenne des Nations.
A chaque déplacement aux Etats-Unis, « cette terre où les traîtres de la patrie ont toujours trouvés refuge » comme l’écrit Fidel Castro dans sa dernière autobiographie intitulée « Les chemins de la victoire » parue en 2012, le risque de désertion pèse sur la sélection. Depuis 2005, elles sont très nombreuses et fréquentes.
Alors qu'il était (et est toujours actuellement) meilleur buteur de l'histoire de la sélection avec 29 buts, Lester More abandonne la sélection lors de la Gold Cup 2007 dans le New Jersey, à la suite de la défaite face au Mexique. Quelques jours plus tard, c'est au tour d’Osvaldo Alonso d’en faire de même à Houston juste avant le match qui allait opposer Cuba et Honduras.
En Mars 2008, lors du tournoi préolympique organisé à Tampa en Floride, sept joueurs vont à nouveau quitter l'équipe nationale. Cette fois-ci c'en est trop pour la fédération cubaine qui décide de déclarer forfait pour la Gold Cup 2009 laissant sa place à Haïti.
Cuba participera de nouveau à la Gold-Cup dès 2011 en se faisant sortir dès le premier tour. Malgré une certaine évolution dans la réglementation de l'île aux cigares, la défection ne faiblit pas. Les derniers cas en date sont Maikel Chang, Heviel Cordovés et Odisnel Cooper lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014 à Toronto pour un match face au Canada.
Ils portent le nombre d'exils à plus d'une vingtaine toutes catégories confondues, malgré des résultats de plus en plus prometteurs. Lors de la Gold Cup 2015, Cuba atteint les quarts de finale mais voit quatre joueurs quitter les rangs de la sélection. Parmi eux, Ariel Martínez, qui sort du match face au Guatemala les larmes aux yeux. De retour à l’hôtel il annonce à son sélectionneur qu’il s’en va. Il signe alors en USL avant, une fois ses papiers à jour, de rejoindre le Miami FC où il évolue encore aujourd’hui.
Perspectives d'Avenir
Le réchauffement des relations diplomatiques sous la présidence d’Obama a fait un temps craindre que la vague migratoire ne s'accentue. Au point que la fédération et les plus hautes instances de l’état sont désormais obligées d’adoucir leur position.
En juin 2013, Raúl Castro revient sur un des piliers de la Révolution cubaine : autoriser ses sportifs à avoir des contrats professionnels à l’étranger. Appliqué au base-ball, plus rien ne semble désormais s’opposer à ce que les footballeurs en bénéficient. Laisser ses talents partir poursuivre leur développement dans de grands clubs étrangers.
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