Bravo les Bleus: Une Histoire de Triomphe du Rugby Français

Le XV de France a marqué l'histoire en remportant le Tournoi des 6 Nations face à l'Angleterre, un événement célébré avec passion par les joueurs et les supporters.

Le XV de France s’est imposé face à l’Angleterre lors de la finale du Tournoi des 6 Nations, samedi au Stade de France (25-13), décrochant une première victoire dans le Tournoi sous l’ère Fabien Galthié et surtout un premier Grand chelem depuis 12 ans.

Un triomphe attendu et célébré

Les joueurs français célèbrent avec le public leur sacre dans le Tournoi des 6 Nations et le Grand Chelem, le 19 mars 2022 au Stade de France.

Les joueurs français célèbrent avec le public leur sacre dans le Tournoi des 6 Nations et le Grand Chelem, le 19 mars 2022 au Stade de France.

« Après 12 ans d’attente, nos Bleus réalisent l’exploit du Grand chelem face à l’Angleterre. Une nouvelle page du rugby s’écrit ce soir. Bravo à toute l’équipe ! Rendez-vous en 2023… en France ! », a tweeté le président Emmanuel Macron après la victoire de la France face à l’Angleterre dans le Tournoi des 6 Nations, samedi soir au Stade de France (25-13).

« Quel match historique ! Battre les Anglais au stade de France pour s’offrir le Grand chelem! Bravo à tous les joueurs et au staff.

« Félicitations à nos 10 Stadistes et à tous les Bleus. Quelle perf’ !

La Fédération anglaise de rugby a elle aussi félicité les Bleus pour leur sacre… Malgré leur défaite samedi soir face à leurs meilleurs ennemis.

« Bien joué la France, et bravo pour le Grand Chelem !

« Fier du rugby français, bravo les gars.

Il y a tout dans ces dernières images.

Il y a tout ce qui fait que le sport est grand et, n’ayons pas peur de le dire en ce jour d’exception, que le rugby est unique.

Il y a Richard Dourthe et Raphaël Ibanez, les deux beaux-frères, qui brandissent chacun un drapeau tricolore et n’en peuvent plus de saluer la foule.

Il y a Stéphane Glas, qui n’a joué qu’une minute et n’a pas touché le moindre ballon, mais...

Un moment de sport unique

Il y a tout dans ces dernières images.

Il y a tout ce qui fait que le sport est grand et, n’ayons pas peur de le dire en ce jour d’exception, que le rugby est unique.

Il y a Richard Dourthe et Raphaël Ibanez, les deux beaux-frères, qui brandissent chacun un drapeau tricolore et n’en peuvent plus de saluer la foule.

Il y a Stéphane Glas, qui n’a joué qu’une minute et n’a pas touché le moindre ballon, mais qui saute comme un cabri, ivre d’une joie de gamin.

Il y a tous les autres, tous les héros en tunique bleue, qui s’embrassent, s’étreignent, se roulent par terre.

Il y a un stade, monumental, qui a depuis belle lurette chaviré dans le bonheur pur, et a du mal à se remettre de ce trop plein d’émotions.

Il y a encore, et même surtout, une équipe, vaincue, humiliée, meurtrie, qui vient de prendre la plus belle raclée de son histoire, et qui attend, stoïque et tellement digne dans la défaite, que ses vainqueurs terminent leur tour d’honneur.

Ils sont là, les Blacks, le terrifiant Lomu en tête, et ils ne veulent pas rejoindre leur vestiaire.

Pas avant de féliciter les Français, pas avant de leur dire un ultime : « Bravo, messieurs, vous avez été grands ».

Ou, comme le déclarera John Hart un peu plus tard et avec un immense respect : « Ils ont exceptionnellement bien joué, ces Français, beaucoup mieux même que ce qu’on aurait pu imaginer ».

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Un triomphe inattendu

« Titou Lamaison va sauver la baraque »

Oui, franchement, honnêtement et sincèrement, qui aurait pu imaginer une équipe de France à un tel niveau ?

Et qui aurait pu imaginer un tel triomphe ?

Même pas les joueurs eux-mêmes.

« Non, j’imaginais une victoire, mais pas ça, certainement pas ça », lâchera ainsi Philippe Bernat-Salles.

Quarante-trois pions, les Blacks ont pris 43 points, et jamais personne ne leur avait fait connaître un tel calvaire.

Il y a un autre chiffre dont les Néo-Zélandais se souviendront encore dans trois générations au moins.

En trente minutes, trente minutes de folie totale, trente minutes où quinze Bleus évoluèrent sur un nuage, les terribles Blacks, les grands favoris de la quatrième Coupe du monde de rugby, les rois du réalisme, ont encaissé un 33 à 0 qui fera date dans les annales.

On vous resitue les débats.

La pause a été atteinte après quarante minutes somptueuses, un essai dans chaque camp, et sept points d’avance pour les Blacks (17-10).

On joue donc la 47e minute de la partie.

Deux minutes auparavant, les Bleus ont pris dans la tronche un obus nommé Jonah Lomu.

Au bout d’une chevauchée sauvage, le monstre néo-zélandais vient de marquer son deuxième essai personnel et les Kiwis mènent de onze points (24-13).

Onze points, contre les Blacks, qui peut remonter un tel écart ?

Et là va se produire l’inconcevable.

Et là, comme le dira Xavier Garbajosa, « Titou Lamaison va sauver la baraque ».

Un premier drop des 30 mètres, puis un second une minute plus tard, exacte reproduction du premier qui récompense une longue séquence française, l’ouvreur français redonne espoir aux siens.

16-24, on se dit que les Bleus n’ont pas envie de mourir sans donner tout ce qu’ils ont, qu’ils ont de la moelle et du panache.

Le pack bleu travaille au corps son vis-à-vis, les enchaînements dans l’axe commencent à faire des dégâts, les plaquages sont féroces, et les Néo-Zélandais commencent à fauter.

Lamaison enquille une première pénalité, puis une seconde, toujours des 40 mètres avec vent favorable et les Bleus reviennent à deux petits points (22-24, 54e).

Ça n’est plus pareil.

Trois minutes plus tard, le public de Twickenham va se lever comme un seul homme.

Galthié tape au-dessus du premier rideau défensif.

Mehrtens attend le rebond.

L’erreur de l’ouvreur des Blacks est fatale.

Christophe Dominici, touché par la grâce, attrape le cuir et avale les 30 derniers mètres qui le séparent du nirvana.

Essai transformé par Lamaison, le XV de France passe devant (29-24, 57e) et l’impossible commence à prendre les couleurs du probable.

Mais ce n’est rien par rapport à ce qui va suivre.

Olivier Brouzet, entré en première période à la place de Christophe Juillet, blessé, cueille un ballon dans l’alignement et le groupé-pénétrant qui suit emporte le pack black sur plus de vingt mètres.

Puis Lamaison délivre un coup de pied millimétré dans l’en-but.

Richard cœur de lion Dourthe se jette comme un fauve et pointe (36-24, 60e).

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Le tournant du match

« Leur regard avait changé »

L’excitation gagne le camp français.

L’ambiance est électrique, une Marseillaise monte spontanément des tribunes, alors que les supporters néo-zélandais viennent de passer de l’incrédulité au désespoir.

Les Blacks tentent leur va-tout, jettent leurs dernières forces et envoient Umaga, Cullen ou Wilson au front.

Mais tous ces efforts ont un côté pathétique.

Car l’on sent depuis un bon moment déjà que la machine néo-zélandaise est grippée et que le doute a envahi les cerveaux blacks.

« Cela se voyait dans leurs yeux, leur regard avait changé, ils doutaient, ils avaient peur de perdre », confirmera Christophe Juillet.

Ils doutent tellement les Blacks qu’ils commettent des bourdes que l’on croyait il y a peu réservées aux seuls Français.

L’attaque est en ligne et Umaga échappe le ballon.

Magne est à l’affût, le contre est fulgurant.

Olivier le Magnifique s’envole vers la ligne, prolonge au pied et, en grand seigneur, laisse passer la flèche Bernat-Salles pour un essai en forme d’apothéose.

Le XV de France s’est imposé en Australie (28-26) mardi lors de son deuxième test-match estival.

Sa première victoire depuis le 30 juin 1990.

Cette fois-ci, c’est la bonne !

Une semaine après avoir été battus de justesse à Brisbane (23-21), les hommes de Fabien Galthié se sont vengés en remportant la deuxième bataille contre les Wallabies à Melbourne grâce notamment aux 23 points de l’incroyable Melvyn Jaminet.

L'arrière de Perpignan, qui ne compte aucune minute en Top 14 mais déjà 26 points avec le XV de France, s’est largement rattrapé de sa bévue de la semaine dernière, lors du cafouillage final fatal aux Bleus (23-21).

Accrocheurs et valeureux, voire carrément héroïques par moments, les Français se sont appuyé sur une défense agressive, avec les troisièmes lignes Ibrahim Diallo (23) et Cyril Cazeaux (20), le capitaine Anthony Jelonch (23) ou le centre Arthur Vincent (25) tous à vingt plaquages ou plus.

«La victoire, d'abord. Cette victoire qu'on cherche depuis le début de la tournée et qu'on a obtenue ce soir, a confié Fabien Galthié.

Le comportement des joueurs durant ce match, ensuite.

Et c'est déjà beaucoup... On ressent bien les fondations solides, les compétences des joueurs, une équipe qui est prête à en découdre quel que soit le scénario.

Les joueurs sont déterminés, ils répondent présent.

Nous avons su être opportunistes, structurés, avec des moments de fragilité, des faiblesses mais on a su revenir dans la partie pour les faire douter, leur poser des problèmes, pour tenir le ballon.

L'équipe de France a largement dominé l'Angleterre (10-53).

L'équipe de France a signé un exploit historique à Twickenham en surclassant l'Angleterre (10-53) lors de la 4e journée du tournoi des 6 nations.

Retour en chiffres sur cette mémorable victoire.

Tournoi des Six Nations 2026 : Le résumé de France - Italie

Chiffres clés de la victoire historique

  • 3: L'Angleterre a concédé la troisième plus lourde défaite de son histoire.
  • 12: Damian Penaud est devenu le meilleur marqueur d'essais français du Tournoi des 6 nations avec 12 réalisations.
  • 2005: Jamais depuis dix-huit ans, les Français n'avaient décroché un succès aussi large dans l'histoire du Tournoi des Six Nations.
  • 18: Le quinze de France n'avait plus gagné à Twickenham dans le Tournoi depuis 2005.
  • 43: C'est la différence de points record entre les deux équipes après ce 110e Crunch de l'histoire.
  • 93: C'est le nombre de mètres parcourus avec le ballon par Grégory Alldritt durant ce Crunch.
  • 8: Huit joueurs de l'équipe de France ont porté le ballon sur plus de 40 mètres durant cette rencontre.
  • 9: Les Bleus ont réalisé 9 franchissements, contre un seul pour les Anglais.
  • 5: Nombre de plaquages manqués par le pilier anglais Kyle Sinckler.
  • 7: Les Anglais ont concédé 7 pénalités sur des phases de jeu au sol.

Oui, bien sûr.

La première chose, c’est l’organisation sur les réceptions des jeux au pied avec une structure permettant de jouer sur la largeur dès le premier ruck.

Cela a souvent mis en évidence les connexions entre les joueurs du fond, avec pratiquement trois joueurs entourant celui qui réceptionne le ballon, derrière et sur les côtés, pour le protéger.

Ils ont transformé ce qui était autrefois un point faible en un point fort.

Désormais, le joueur qui capte le ballon sait qu’il peut rabattre celui-ci et qu’il sera presque toujours soutenu par un partenaire.

Sur ces ballons-là, ils ont enclenché du jeu.

Il m’a semblé qu’il y avait un quatrième avant dans le bloc du milieu, après le numéro 10.

Cela a donné lieu à des jeux en pivot ou à des passes directes vers l’extérieur, permettant de marquer des essais ou de créer des décalages.

La défense adverse n’avait pas le temps de se réorganiser, surtout avec trois joueurs rapides sur l’extérieur.

Certaines équipes avaient commencé à le faire mais la France l’a intégré de manière plus systématique.

C’est intéressant, notamment sur les jeux en pivot ou les transformations directes vers l’extérieur, presque à plat.

Face à des défenses qui montent vite sur les blocs de trois avants, cela crée de nouveaux paramètres à gérer.

Même si elles veulent monter fort, il y a des solutions de trois-quarts en pivot, avec des prises de vitesse et d’espace.

Oui, exactement.

Matthieu Jalibert joue sur ses qualités de vitesse et d’explosivité dès qu’il y a un demi-décalage.

On l’a vu notamment contre le pays de Galles.

Cela a permis des transformations de jeu intéressantes.

Ils ont aussi utilisé les qualités gestuelles des joueurs comme Gros, Guillard ou Ollivon, des avants polyvalents.

Cela a permis d’aller très vite avant que la défense ait le temps de se replacer.

Antoine Dupont s’est mis au service du collectif en étant un véritable accélérateur de jeu.

Les Bleus jouent moins autour des avants.

Le jeu est moins axé sur la verticalité et la pénétration.

Désormais, Antoine cherche surtout à coller au ballon et à accélérer avec des passes directes.

Il ne porte le ballon que lorsque les sorties sont très rapides ou dans les côtés fermés, où il peut créer le surnombre.

Cela donne plus de temps à Matthieu Jalibert ou Thomas Ramos, qui ont un rôle similaire.

Les deux sont souvent en troisième rideau, ils animent la contre-attaque et l’organisation du jeu.

Quand l’un est concerné par le lancement de la contre-attaque, l’autre prend l’ouverture sur le temps de jeu suivant.

Ce n’est pas nouveau : les Crusaders le faisaient déjà avec Dan Carter et Israel Dagg, et les All Blacks l’ont aussi pratiqué.

C’est un jeu très intéressant pour varier les offensives.

J’ai trouvé Antoine Dupont très intelligent dans sa manière de se mettre au service du collectif.

Auparavant, il y avait une recherche de jeu en pénétration avec les avants, parfois un ou deux centres, voire un ailier, qui venaient harceler la défense dans des zones proches.

C’est une forme de jeu qui a permis à la France de dominer un temps.

Mais avec l’évolution des règles et l’espace offert sur les jeux au pied de contre-attaque, ils ont intégré de nouvelles formes.

La réception d’un jeu au pied devient un lancement de jeu.

Ce sont des formes de jeu très intéressantes à organiser.

Cette génération de joueurs profite du moindre désordre ou rapport de force favorable pour aller à l’essai.

Contre le pays de Galles, ils ont encore une marge de progression.

En étant peu plus patients dans les 22 mètres adverses, en passant par un ruck de plus, ils auraient pu marquer trois ou quatre essais supplémentaires.

C’est ce que Fabien Galthié soulignait à la mi-temps : ils peuvent aller plus loin.

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