Le brassard de capitaine est un symbole important dans le monde du football. Il identifie le leader de l'équipe sur le terrain et lui confère certaines responsabilités. Cet article explore l'histoire de ce symbole, sa réglementation actuelle et la récente controverse autour du brassard "One Love" lors de la Coupe du Monde 2022.

Philipp Lahm portant le brassard de capitaine
Histoire du Brassard de Capitaine
L'origine exacte du brassard de capitaine est difficile à déterminer, mais il est apparu progressivement avec la structuration du football moderne. Au début, il n'y avait pas de signe distinctif pour identifier le capitaine. Avec le temps, un brassard est devenu une pratique courante pour distinguer clairement le leader de l'équipe.
Le brassard de capitaine est devenu un symbole de leadership et de responsabilité. Il est porté avec fierté par les joueurs désignés pour représenter leur équipe sur le terrain.
Lloris, capitaine aux 100 brassards
Réglementation Actuelle
La FIFA, l'instance dirigeante du football mondial, a des règlements spécifiques concernant le brassard de capitaine, notamment lors de la Coupe du Monde. Son règlement impliquant qu’à la Coupe du monde, « les capitaines doivent porter des brassards fournis par la FIFA », l’instance régissant le football se borne à l’appliquer.
Ces règlements stipulent généralement que le brassard doit être porté sur le bras et qu'il doit être de couleur contrastante avec le maillot de l'équipe. La FIFA a dégainé « une série de campagnes de promotion de grandes causes universelles autour de la question du changement positif », notamment relayées par les brassards des capitaines. Parmi les thèmes abordés, l’écologie, l’éducation, la protection de l’enfance et la lutte contre les discriminations.
La Controverse "One Love" à la Coupe du Monde 2022
La Coupe du Monde 2022 au Qatar a été marquée par une controverse concernant le brassard "One Love". Un symbole de paix, d’unité et d’inclusion qui divise. Un bout de tissu qui déchire instances et équipes participantes de la Coupe du monde 2022. Huit sélections européennes, dont la France, l'Allemagne et le Danemark, s'étaient engagées, au départ, à porter le brassard sur les pelouses du Qatar.
Ce brassard aux six couleurs encloses dans un cœur visait à « défendre le vivre-ensemble et [à] s’interdire toute forme de discrimination ». Chacun y mettait ce qu’il y voyait, puisque personne ne savait ce qu’il contenait : la défense des droits LGBTQ+, l’antiracisme, l’égalité des genres, la défense des droits des personnes en situation de handicap, ou la protection des travailleurs migrants.

Les fédérations des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Angleterre, de Belgique, du Danemark, du Pays de Galles et de Suisse ont entériné, dans un communiqué, une décision de la Fédération internationale de football (FIFA), tombée lundi matin. « La FIFA a été claire sur le fait qu’elle imposerait des sanctions sportives [un carton jaune] si nos capitaines portaient ce brassard sur le terrain. » Si elles étaient prêtes à payer des amendes, sanction d’ordinaire appliquée pour le non-respect des règles sur les tenues, les instances nationales assurent « ne pas pouvoir exposer [leurs] joueurs à des sanctions sportives », et ont donné instruction à leurs capitaines de remiser leur brassard le temps du Mondial.
Annoncée à quelques heures de l’entrée en lice de trois des équipes concernées (Angleterre, Pays-Bas et Pays de Galles) - dont les capitaines avaient réaffirmé la veille leur intention de porter ce brassard -, cette interdiction a été respectée. Mais guère appréciée. « La FIFA nous a forcés à ne pas le porter. On a été obligés car vous ne voulez pas débuter un aussi gros match avec un carton jaune, déplore le Néerlandais Davy Klaassen, au sortir de la victoire des siens contre le Sénégal (2-0). Mais ça ne change rien, on continue d’assumer notre initiative. »
Dans les travées du stade Al-Thumama de Doha, son partenaire chez les Oranje, le défenseur Nathan Aké, confirme : « En tant que joueurs, on ne peut pas faire grand-chose. Si les décideurs décrètent qu’on n’a pas le droit de porter un tel brassard, c’est évidemment frustrant, mais on ne peut rien faire contre ça. »
Réactions et Conséquences
Cette interdiction a suscité de vives réactions de la part des joueurs, des supporters et des organisations de défense des droits de l'homme. Beaucoup ont critiqué la FIFA pour avoir cédé aux pressions du Qatar, où l'homosexualité est illégale. Le collectif Rouge Direct contre l'homophobie dans le football demande à la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra et à Noël Le Graët, président de la FFF, de porter ce brassard samedi soir au Qatar, alors qu'ils assisteront au quart de finale de la France face à l'Angleterre.
Malgré la controverse, certaines équipes ont trouvé des moyens de manifester leur soutien aux causes défendues par le brassard "One Love". Loin de ce contexte polémique, lundi, les enceintes du stade international Khalifa a fait vrombir, à chacun des six buts inscrits par l’Angleterre - et des deux de l’Iran -, un remix de Freed from Desire, de Gala. Une chanteuse italienne notoirement engagée contre l’homophobie. A défaut d’arborer le brassard qu’il avait apporté, le capitaine des Three Lions, Harry Kane, s’est, lui, rabattu sur l’un de ceux proposés par la FIFA : « No Discrimination ».
| Équipe | Position initiale | Décision finale |
|---|---|---|
| Pays-Bas | Porter le brassard "One Love" | A renoncé suite aux menaces de la FIFA |
| Angleterre | Porter le brassard "One Love" | A renoncé suite aux menaces de la FIFA |
| Allemagne | Porter le brassard "One Love" | A renoncé suite aux menaces de la FIFA |
La Fédération française de football a envoyé des brassards "One Love" à des clubs amateurs, ainsi qu'une lettre leur demandant de les porter pour montrer leur "unité contre toute forme de discrimination". De quoi provoquer la colère de certains dirigeants de clubs ou d'associations militantes. "On le prend comme une grande hypocrisie de la Fédération française de football, qui est incapable de donner des instructions à des footballeurs professionnels mais qui oblige presque les clubs amateurs à porter ce brassard", réagit Cédric Garnier, le président du club de foot de Bretteville-sur-Odon, près de Caen, qui compte environ 280 licenciés.