Jean-Jacques Boissy : L'Ascension d'une Étoile du Basketball Africain

Jean-Jacques Boissy, l'international sénégalais, a marqué l'histoire du basketball africain. Son parcours, jalonné de défis et de succès, témoigne de sa détermination et de son talent exceptionnel. De ses débuts prometteurs à son sacre en tant que MVP de la Basketball Africa League (BAL), Boissy a su conquérir le cœur des amateurs de basketball et s'imposer comme un leader sur le continent.

Un Parcours Semé d'Embûches, Mais Toujours Surmontées

Le chemin de Boissy dans le basketball a débuté avec United Generation Basketball Club (UGB) dans la ligue rwandaise en 2019. L'ancien joueur du Sicap Basket Club (SIBAC, 2020-2021) a notamment inscrit 27 points contre MBB Blue Soldiers d'Afrique du Sud, puis 30 points face à Nairobi City Thunder. Malgré ces conditions difficiles pour un athlète de haut niveau, Jean-Jacques Boissy s’est engagé avec les Douanes en début d’année.

Quelques semaines plus tôt, l’international sénégalais de 23 ans était assis dans les gradins du stade Marius Ndiaye de Dakar. Pas d’entraînement pour lui : il devait se rendre à l’hôpital pour surveiller une petite blessure sur le haut de la cuisse. Transpirer sous le dôme de cet arena est un retour vers le passé : le temps semble s’être figé dans les années 1990. Les murs sont éreintés, les chaises tiennent à peine sur leurs quatre pieds.

Le ballon a du mal à rebondir sur ce parquet lourd et abîmé « car il est très sollicité, toutes les équipes de basket de la ville s’entraînent ici », explique le coach Mamadou Gueye Pabi. Et les anneaux des deux panneaux sont tellement rigides qu’ils empêchent les joueurs d’être précis dans leurs tirs. Pourquoi lâcher un monde professionnel en Europe pour jouer dans un championnat encore amateur au Sénégal ?

« C’est un investissement que je fais sur moi, pointe-t-il. J’ai plus d’opportunités avec les Douanes à Dakar parce qu’ils jouent la BAL. » Difficile de le contredire.

La BAL : Une Plateforme pour Briller

En trois saisons d’existence, la nouvelle compétition panafricaine permet à douze clubs de douze pays de s’affronter. Une compétition continentale, la Basketball Africa League commence déjà « à donner une autre image du continent », assure Mamadou Gueye Pabi.

Depuis trois décennies, la NBA s’intéresse de très près à l’Afrique : après avoir notamment organisé des camps pour les jeunes en Afrique du Sud (2003), ouvert un bureau à Johannesburg (2010) et un centre de formation à Saly au Sénégal (la NBA Academy Africa, en 2017), la NBA a lancé, en partenariat avec la Fédération internationale de basket-ball (FIBA), une compétition continentale. « Nous prenons tout en charge, c’est un investissement considérable », souligne le Sénégalais Amadou Gallo Fall, président de la BAL et vice-président de la NBA.

Douze clubs de douze pays s’affrontent, six dans le nouveau stade de Diamniadio, situé non loin de Dakar (conférence du Sahara), six autres au Caire (conférence du Nil) et les meilleurs se retrouvent à Kigali pour les playoffs. « Très honnêtement, en termes d’organisation, il n’y a pas mieux en Afrique, assure Woury Diallo, journaliste sénégalais au Quotidien. Si on ferme les portes du stade, on dirait qu’on est en NBA. »

Le parquet et les panneaux de basket du tournoi ont même été importés des Etats-Unis. « Lorsque nous avons participé à notre premier match de la BAL en mars, je n’ai pas reconnu mes joueurs, ils n’avaient plus de repères. Certains n’avaient jamais foulé un tel parquet », reconnaît l’entraîneur des Douanes. « Le standard est très élevé, la NBA n’a rien fait au rabais », souligne Matar Bâ, ancien ministre des sports du Sénégal (2014-2022), aujourd’hui chef de cabinet du président Macky Sall.

« La BAL nous pousse à nous professionnaliser », explique Jack Mactar Dieng, vice-président des Douanes. D’ailleurs, chaque club a l’obligation de signer un contrat professionnel avec les joueurs engagés dans la compétition et de les rémunérer au moins 1200 euros par mois le temps du tournoi (quatre mois maximum). Et pour hausser le niveau des équipes, ces dernières ont la possibilité d’enrôler deux basketteurs africains et deux joueurs venus d’autres continents. Par exemple, l’AS Douane a recruté deux Américains, un Nigérian et un Sud-Soudanais.

« Mais ça coûte cher, le salaire d’un Américain est de 10 000 dollars sans les frais de transport ou d’hébergement, détaille M. Dieng. Pour nous aider, la BAL nous subventionne à hauteur de 70 000 dollars. Mais c’est trop peu, la compétition est très onéreuse. »

Tableau des récompenses de Jean-Jacques Boissy

Année Compétition Récompense
2023 Coupe Saint Michel Meilleur joueur
2025 BAL MVP (Trophée Hakeem Olajuwon)

Consécration et Reconnaissance

Ce samedi 14 juin à Pretoria, Jean Jacques Boissy a marqué l’histoire du basketball sénégalais en devenant le premier joueur du pays à remporter la Basketball Africa League (BAL). À 25 ans, le meneur-arrière d’Al Ahli Tripoli monte enfin sur le toit du continent après la finale perdue en 2022 avec l’AS Douanes. Aligné aux côtés des meilleurs du continent dans l’All‑Defensive First Team, Boissy a dominé autant les raquettes que les statistiques.

Avec un total de 177 points en 9 matches (19,7 pts/match) et 35 paniers à trois-points, il a conservé sa place de meilleur sniper longue distance de la compétition. Son leadership s’est exprimé dans chaque match, notamment par ses interceptions et anticipations en défense, plaçant son impact bien au-delà du scoring. Dès le début des playoffs, Boissy a accentué sa montée en puissance : après avoir contribué à la qualification d’Al Ahli Tripoli dans le dernier carré, il a confirmé sa domination en finale, orchestrant le tempo, provoquant des fautes et galvanisant ses coéquipiers.

À l’issue d’une finale magistrale, Jean‑Jacques Boissy a été désigné MVP de la cinquième saison de la BAL, remportant le prestigieux Trophée Hakeem Olajuwon, tandis que son équipe, Al Ahli Tripoli, s’imposait largement face à Petro de Luanda sur le score de 88‑67. Il devient ainsi le premier Sénégalais à recevoir cette distinction, scellant une saison de toute beauté. Ce sacre individuel emporte, avec le titre de champion BAL, une double consécration : Al Ahli Tripoli inscrit son nom au panthéon du basket continental, tandis que Jean‑Jacques Boissy entre dans l’histoire en tant que lauréat du trophée Hakeem Olajuwon, reflet d’une saison exceptionnelle et d’un talent sénégalais rayonnant.

Boissy, titulaire et très actif dans le jeu, a inscrit 12 points, 2 rebonds et une passe décisive dans cette finale. Son impact sur la compétition, sa régularité et son leadership tout au long de la saison ont été salués, lui qui a porté Al Ahli Tripoli jusqu’au sacre final.

La saison passée aussi , avec le même club, il avait été éliminé en quart de finale par Petro de Luanda, qui ne réussira pas finalement le back to back. Son équipe s’est imposée avec autorité face à l’équipe angolaise sur le score de 88 à 67, dans une rencontre maîtrisée de bout en bout.

Bien qu'il ait été désigné meilleur joueur de la Coupe Saint Michel 2023, Boissy a connu un coup de moins bien en demi-finale contre l'APR Rwanda, avec seulement six points. Même si son scoring a été moins prolifique par la suite lors de la BAL, il est resté un élément clé pour son équipe.

Après avoir été finaliste avec l'AS Douanes du Sénégal en 2022, Boissy a su prendre sa revanche. Lors de la finale, il a inscrit 12 points, portant à près de 188 points son total en cette BAL 2025. Tout au long de la compétition, Boissy a été l'un des principaux artisans de cette réussite, apportant sa contribution essentielle à chaque étape. Ce match décisif a vu Al Ahli Tripoli battre Petro de Luanda (Angola) sur le score de 88-67.

Jean Jacques Boissy « Ce n’est pas ma meilleure performance mais c’est un long marathon … »

Un Avenir Prometteur

Il y a trois ans encore, Jean-Jacques Boissy goûtait à la désillusion. Finaliste malheureux de la BAL en 2022 avec l’AS Douanes, puis éliminé en quarts la saison suivante, il semblait condamné à rester dans l’ombre des grands noms du continent. Mais en juin 2025, à Pretoria, il a pris sa revanche.

Quelques semaines après ce sacre, Boissy a franchi une nouvelle étape : sa participation à la NBA Summer League avec les Milwaukee Bucks, signe que son talent commence à s’imposer au-delà du continent. Vainqueur avec Al Ahli Tripoli, il est devenu le premier Sénégalais sacré champion et élu MVP de la BAL.

Ce dimanche 24 août 2025, à Luanda, c’est ce que Boissy est définitivement entré dans la légende. Pour son premier AfroBasket, il a porté le Sénégal vers une nouvelle médaille de bronze, la septième de son histoire. Surtout, il a battu un record vieux de 16 ans en inscrivant 40 points contre le Cameroun lors du match pour la 3ᵉ place, effaçant la marque de Jeff Xavier (38 points en 2009).

Aux côtés de Brancou Badio, son complice de longue date, il aspire à ramener le Sénégal au sommet du basket africain. Formé à la NBA Academy Africa, Boissy incarne aujourd’hui une nouvelle vague de talents sénégalais qui veulent s’imposer aussi bien sur le continent que sur la scène mondiale.

Vif, agressif, audacieux, Boissy incarne un basket total, parfois déroutant. « S’il rate trois tirs, il en prendra un quatrième sans hésiter », décrit-on en interne. La légende angolaise Victor Muzadi le résume ainsi : « Il peut être un atout énorme comme un poison. Il doit encore trouver l’équilibre entre jeunesse et sagesse. »

De la BAL à l’AfroBasket, Jean-Jacques Boissy est passé dans une autre dimension cette année. MVP, champion, recordman et leader de la sélection sénégalaise, il a franchi un cap qui pourrait le rapprocher encore davantage de son rêve ultime : briller sur la scène NBA.

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