Au travers de plusieurs actions, le club de Seine-Saint-Denis revendique une fonction sociale qui porte ses fruits. La section féminine est une référence en Île-de-France. L’Athlétic Club Bobigny 93 rugby, plus qu'un club, une institution ancrée dans le tissu social de la Seine-Saint-Denis.

Un Club Engagé dans son Environnement
Sur le terrain du stade Henri-Wallon, de franches rigolades éclatent dans une douce atmosphère. Ce qui n’empêche pas les quarante joueuses de la section féminine de l’Athlétic Club Bobigny 93 rugby d’irradier de joie et de légèreté. Vêtue d’un short et d’un tee-shirt noir, la manageuse de l’équipe élite et directrice sportive du club ne se contente pas d’élever la voix. Chaque exercice fait l’objet d’une implication physique. Une image symbolique de son engagement viscéral dans un projet éducatif, sportif et social, pleinement ancré dans les quartiers prioritaires.
Résumé Bobigny Plaisir
Pour coller à ce paradigme et ouvrir son école de rugby à d’autres jeunes filles, l’AC Bobigny 93 travaille de concert avec la Ville et les associations locales. Chaque année, les joueuses rencontrent des centaines d’élèves et participent à des actions de solidarité au pied des immeubles, à l’instar d’Octobre Rose. Sous l’égide de la Ligue régionale d’Île-de-France, le club a également organisé un tournoi dans le cadre du projet « Rugby en bas de chez moi ». Cet événement a rassemblé plusieurs associations œuvrant dans les quartiers.
Actions et Initiatives Locales
- Participation à des événements de sensibilisation comme Octobre Rose.
- Organisation de tournois de rugby pour les jeunes des quartiers.
- Intervention dans les écoles pour promouvoir le rugby et ses valeurs.
La Section Féminine : Un Fleuron du Club
Dans un département où le football et les sports de combat occupent une place centrale, surtout chez les hommes, le rugby a pris un virage féminin au début des années 2000. Plusieurs professeurs de sport à l’université Paris-XIII ont contribué à la création d’une section féminine à l’AC Bobigny 93. Au départ, les joueuses provenaient principalement de filière universitaire. Aujourd’hui, une centaine de filles et de femmes font partie de la section. « La Seine-Saint-Denis possède un vivier exceptionnel. C’est le département le plus jeune de la métropole.

De la sobriété dégagée par les tribunes du stade Henri-Wallon, cerné de barres d’immeubles, à l’extravagance de la Paris La Défense Arena à Nanterre (Hauts-de-Seine), le club de la Seine-Saint-Denis a traversé un monde seulement séparé de quelques kilomètres en février 2025. Pour la première fois, les Rouge et Noire ont été sacrées championnes de France de rugby à 7. L’extase. Ce résultat marque l’aboutissement d’un collectif composé de joueuses fidèles, dont une part a grandi dans le département.
Iness Zézé : Un Espoir du Club
Parmi elles, Iness Zézé. Née à Aubervilliers, la jeune troisième ligne de 18 ans a été formée au Rugby Olympique Pantin, avant de rejoindre l’AC Bobigny. Avec un haut bleu, Inès Zézé. La jeune joueuse de 18 ans est l’un des grands espoirs de l’équipe de l’AC Bobigny, qui évolue au plus haut niveau national. "On est comme une grande famille. On s'amuse, on se taquine, et parfois on s'engueule.
Valeurs et Tolérance : L'ADN du Club
« Il y a plein de valeurs positives, comme celles de l'engagement, du respect, de la tolérance. Et tout ça, dans un cadre collectif. C'est très important pour une jeune. Pour l’ex-internationale, la « tolérance fait partie intégrante de l’ADN du club ». Alors, quand une proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux durant les compétitions sportives, déposée par le sénateur Michel Savin (LR), est votée par le Sénat, les joueuses de l’AC Bobigny prennent la plume sur les réseaux sociaux pour dénoncer « l'(exclusion) d’une partie de la population en raison de son appartenance religieuse ». Selon elles, il s’agit « des femmes musulmanes portant le voile ». En opposition à cette réforme, le club promeut une « tolérance de l’autre exacerbée ».

Perspectives d'Avenir
Fort de ses convictions, l’AC Bobigny n’envisage pas de se détourner de sa mission sociale. « On ne veut pas copier les autres clubs. On a envie d’investir le champ culturel, en proposant du théâtre au sein de l’école de rugby. On a aussi pour ambition de travailler avec une école de journalisme pour apprendre aux jeunes à commenter des matchs », glisse Clémence Gueucier. Illustration avec Awa Diakité. Au club depuis sept ans, la troisième-ligne, également née en Seine-Saint-Denis, accompagne des jeunes de 9 à 14 ans présentant une déficience intellectuelle à l’Institut Médico-éducatif (IME) le Tremplin. « Les jeunes nous connaissent. On les invite régulièrement à venir aux matchs », explique-t-elle.
Reconstruction de la Filière Masculine
Un club qui se projette déjà vers l’avenir : « Nous allons travailler sans plus tarder à la reconstruction de la filière masculine qui a constituée une grande partie de l’histoire de notre club […] Nous souhaitons voir une équipe épanouie et compétitive. Le chemin sera long : nous sommes déterminés, avec toutes les volontés individuelles, à construire un nouvel avenir à nos garçons. »
Tableau Récapitulatif des Actions du Club
| Type d'Action | Description | Bénéficiaires |
|---|---|---|
| Sportive | Entraînements, compétitions, développement de la section féminine et masculine | Joueurs, jeunes, communauté locale |
| Sociale | Actions de solidarité, interventions dans les écoles, tournois de quartier | Jeunes des quartiers, population locale |
| Culturelle | Projets de théâtre, collaboration avec des écoles de journalisme | Jeunes, membres du club |