AS Béziers Hérault: Un Palmarès Exceptionnel et une Histoire Riche

L’AS Béziers Hérault (ASBH) est un club historique du rugby français et le 3ème plus titré dans le championnat de France. Fondé en 1911, le club a marqué l'histoire du rugby par ses performances et son influence.

Les Débuts et l'Ascension

Bien que créé en 1911, l'ASBH devra attendre les années 1960 avant de remporter son premier bouclier de Brennus. En 1961, Béziers n’est pas encore le Grand Béziers. Créé en 1911, le club a alors vécu sa période la plus faste au début des années 1960. Vainqueur du championnat en 1961 en restant invaincu toute la saison, l’ASB est malheureux finaliste en 1960, 1962 et 1964.

L'Ère du "Grand Béziers"

Le club obtiendra par la suite le surnom de "Grand Béziers" durant la période 1971 et 1984, une époque où il remportera 10 boucliers de Brennus sur 13 possibles. Fort d’un paquet d’avant irrésistible, l’ASBH deviendra le plus grand club français du moment. Durant les années 1970 et 1980, Béziers a dominé le rugby français en remportant dix fois le championnat de France, sur les onze remportés par l’ASBH qui a disputé un total de 15 finales.

Un Jeu Innovant et une Domination Inégalée

De 1971 à 1984, le club a été sacré dix fois champion de France, a remporté trois challenges « Yves du Manoir » et d’autres trophées dont une coupe d’Europe. Durant ces treize années, le club biterrois a « écrasé » la concurrence mais, à son apogée, il était quasiment invincible, c’était même son surnom. Durant la période 1971-1978, le club a joué 94,08 % de matchs sans défaite, avec un score moyen de 30 à 7 et a formé 17 internationaux.

Il est resté invaincu durant quatre saisons, et cette domination a été encore plus forte à domicile puisqu’elle s’est étalée sur 11 ans et 9 mois ! À cette époque pour de nombreux spécialistes, l’ASB était plus forte que l’équipe de France et ce n’est pas le match amical de l’été 1971 qui va contredire cette opinion. En effet, l’équipe de Béziers a écrasé l’équipe de France 50 à 14.

La Finale Historique de 1984

En 1984, lors du dernier titre de champion de France biterrois à ce jour, l’ASBH s’imposera face au SU Agen dans une finale historique qui se jouera au tir au but après un score de parité 21-21 à la fin des prolongations !

Influence sur le XV de France

Le club fournit donc un grand nombre de joueurs emblématiques (50) qui feront le bonheur du XV de France notamment entre 1970 et 1980. En 1977, l’équipe de France réussit le « Grand Chelem » lors du tournoi des cinq nations, avec les 15 mêmes joueurs sans encaisser un seul essai. Ceci en adoptant la manière de jouer de Béziers sous l’égide Richard Astre à partir de la tournée de 1975 en Afrique du Sud. Le modèle de jeu de Béziers a été adopté par l’équipe de France, mais également d’autres équipes internationales.

Trois Biterrois ont été partie prenante de cet exploit. Deux étaient sur le terrain : le talonneur Alain Paco et le deuxième ligne Michel Palmié. Un autre a participé à la conception du jeu tricolore. En effet, dès la tournée en Afrique du Sud en 1975, Richard Astre a enseigné les principes du jeu biterrois en équipe de France.

Raymond Barthes et les Fondations du Succès

Tout commence en 1955 avec l’arrivée de Raymond Barthes en tant qu’entraineur. Il a apporté de la rigueur et de la discipline dans les séances d’entrainement et au cours du jeu. C’était un grand pédagogue qui avait la faculté d’allier autorité naturelle et sens de l’écoute, tout en responsabilisant ses joueurs dans le but de développer une meilleure cohésion de l’équipe.

Une fois les bases techniques acquises, les joueurs ont expérimenté un nouveau système de jeu qui a rapidement donné les résultats cités plus haut dans ce texte. Raymond Barthes était plus qu’un entraîneur. C’était un véritable chercheur, à l’affut de toute innovation stratégique. Barthez a donc construit les bases du futur « Grand Béziers » qui seront parachevées par un de ses anciens joueurs, Raoul Barrière, alias « le sorcier de Sauclières ».

Raoul Barrière: Le "Sorcier" ou le "Professeur"

C’est en 1964 que Raoul Barrière met le pied à l’étrier en devenant l’entraîneur de l’équipe juniors. Il expérimente donc la fonction de « coach » et forme, en même temps, le groupe « parfait » qui deviendra champion en 1968 et dont neuf membres seront des joueurs internationaux séniors. Suite à ce succès, il est sollicité pour s’occuper de l’équipe première.

L’organisation gagnante du « Grand Béziers » est complétée par la présence d’un président de club remarquable, Jojo Mas. Cet entrepreneur biterrois aux « reins solides », humainement proche des joueurs, a eu le génie de laisser les pleins pouvoirs à Raoul Barrière.

La Démocratie Biterroise

Raoul Barrière laissait ses troupes s’exprimer mais, il alla encore plus loin, en inventant« la démocratie biterroise » qui permettait à l’entraîneur et aux joueurs de se concerter et décider de tout ce qui concerne l’équipe, même si cette démocratie était habilement contrôlée. Toutes les décisions étaient prises par le vote à bulletin secret. L’équipe votait à chaque match pour la composition d’équipe mais aussi pour toutes décisions importantes. Ce concept fut une vraie force puisque les joueurs sont passés de leur rôle classique de simples exécutants à une place de décisionnaires.

Des Records Impressionnants

Lors de son règne sur l’Ovalie nationale, Béziers a notamment accumulé les records en tout genre. Béziers détient le record d’invincibilité dans sa forteresse de Sauclières. Il est de… onze ans et neuf mois. Du 5 janvier 1969 (défaite 8-9 contre Brive) jusqu’au 11 octobre 1981 (défaite 10-19 contre La Voulte), les rugbymen biterrois ont chaque fois quitté leur terrain en levant les bras au ciel.

Du 1er septembre 1970 au 18 février 1973, soit deux ans, 4 mois et 17 jours, Béziers a signé un record d’invincibilité, toutes compétitions confondues. Lors de la saison 1977/1978, Béziers a marqué 124 essais soit 6,52 essais par match. En 1981, Béziers gagne contre Montchanin sur le score sans appel de 100 à 0.

Lors des années 1970 et 1980, Béziers a dominé le rugby français en remportant dix fois le championnat de France, sur les onze remportés par l’ASBH qui a disputé un total de 15 finales. Un seul joueur a pris part à l’ensemble de ces victoires. Il s’agit du pilier gauche, Armand Vaquerin, qui a donc soulevé le bouclier de Brennus en 1971, 1972, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1981, 1983 et 1984.

Les Titres et les Finales

La ville de Béziers fut pendant de nombreuses années la capitale française du rugby à XV. En effet, l’ASBH remporta onze titres de champion de France entre 1961 et 1984 et joua quinze finales. En 1968, sous la houlette de Raoul Barrière, l’équipe décroche le titre de champion de France Juniors.

Sur dix-huit finales majeures, ils n’en ont perdu que cinq, quatre en fait car un Du-Manoir leur fut refusé après un nul face à Narbonne en 1978. Plus fort encore, en 1971-1972, l’ASB a vécu une saison à zéro défaite : en 1976-1977, elle n’a perdu qu’un seul match et a fini la saison lesté d’un quintuplé extraordinaire (championnat, Du-Manoir, bouclier d’automne, titres juniors Crabos et Nationale B).

Tableau des Titres de l'ASBH

Compétition Nombre de Titres Années
Division 1 (Championnat de France) 11 1961, 1971, 1972, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1981, 1983, 1984
Division 2 1 2000

La Période Récente

À l’issue de la saison 1993-1994, Béziers est relégué dans la division inférieure et réalisera plusieurs allers/retours entre l’élite et l’antichambre pendant une décennie.

La fin de l’hégémonie coïncide avec le décès du capitaine Pierre Lacans en 1985. Depuis, et avec le passage obligé du rugby au professionnalisme, le club connaît des succès divers, naviguant entre le Top 14 et la fédérale 1, avec le passage entre autres de joueurs français de renom comme Richard Dourthe, Pierre Mignoni, Thibaut Privat, Sébastien Bruno ou bien Richard Castel et même d’étrangers comme l’international australien Warwick Waugh, le flanker néo-zélandais Angus Gardiner, sans parler du buteur argentin Diego Giannantonio.

Le Stade Raoul-Barrière

L’ASBH évolue au stade Raoul-Barrière (anciennement Stade de la Méditerranée) depuis 1990 après avoir réalisé la plupart des exploits du "Grand Béziers" au Stade des Sauclières. Le stade, construit en 1989, ressemble à un immense coquillage ou à un ballon de rugby. C’est une réalisation sous l’impulsion du maire Georges Fontès en vue de l’organisation des Jeux méditerranéens 1993.

L'AS Béziers Hérault continue de faire vibrer les supporters et de marquer l'histoire du rugby français.

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