Belgique-Roumanie : Une Histoire de Rugby Entre Ambition et Controverses

Alors que le Tournoi des VI Nations captive l'attention, un autre championnat européen, moins médiatisé, se déroule en parallèle, impliquant des nations ambitieuses comme la Roumanie, la Géorgie et le Portugal, toutes déjà présentes en Coupe du Monde. À leurs côtés, des équipes comme l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, les Pays-Bas et la Belgique aspirent à se faire une place dans le monde du rugby.

Dans le petit royaume belge, le rugby ne rivalise pas avec le football ou le cyclisme, mais la fédération a de l’ambition. Voilà trois ans, les ligues de rugby francophones et néerlandophones de Belgique ont associé leurs efforts pour créer Belgium Rugby, une entité nationale ambitieuse.

Avec 14 000 licenciés, un championnat national amateur à dix équipes et un budget limité, le quotidien de la fédération des Diables noirs a été dynamisé par une décision de World Rugby d'élargir son Mondial 2027 en Australie à 24 équipes. Le tournoi européen offre dès février quatre tickets pour y participer.

Les huit équipes s’affronteront en deux groupes de quatre. Les deux premiers de chaque poule accèdent aux demi-finales et seront assurés de voir l’Australie. « L’opportunité est trop belle, on ne veut pas la laisser passer », avance Muriel Cottave-Claudet, secrétaire générale de Belgium Rugby, la fédération.

Il y a un an, les Diables noirs ont électrisé leurs 5 000 supporters locaux à Mons en dominant le Portugal, héros du Mondial en France. Puis la fédération a financé - grande première - une tournée estivale en Amérique du Sud : Uruguay, Brésil et Chili.

Muriel Cottave-Claudet, présidente de la ligue francophone et secrétaire générale de la nouvelle fédération, espère que le meilleur est à venir pour sa fédération presque centenaire. « Nous avons une croissance régulière depuis quelques années. On reçoit même maintenant, via les réseaux sociaux, des offres de service de joueurs étrangers qui se découvrent un parent belge. C’est un signe… »

Une place en Coupe du monde offrirait enfin la reconnaissance nationale, des sponsors, une visibilité médiatique, alors que les rencontres internationales sont encore diffusées sur… le canal Internet de la fédération européenne, et, surtout, une augmentation des pratiquants dans les clubs et les écoles de rugby.

Les amateurs belges ambitieux partent chercher fortune en France, via les centres de formation puis les clubs hexagonaux. La majorité des internationaux y évoluent, certains campent dans des effectifs pro de Top 14, à Vannes (Jean-Maurice Decubber, Charles-Henri Berguet) et Toulouse (Matias Remue) mais aussi en Pro 2 et dans les divisions inférieures semi-pro.

Julien Massimi connaît l’histoire. L’ex-pilier international, aujourd’hui directeur sportif de l’Asub Waterloo, club le plus titré de Belgique, avait quitté son pays à 19 ans. « J’ai joué à Arras, à Saint-Étienne en Pro D2 puis à Auxerre. » Après 13 saisons « françaises » et la fin de sa carrière à Waterloo en 2022, il contribue à l’effort national pour développer le rugby.

« Même si on vise la performance, ici il y a surtout une forme d’éducation au sport, encore un côté social, familial, dit-il. On ne forme pas les gamins à l’école de rugby pour qu’ils partent ailleurs, mais, ensuite, selon leur progression, s’ils ont le projet de partir on fait tout pour les aider ».

Dernières nouvelles | L’arbitre de Belgique vs Espagne écarté

Scandale d'arbitrage lors du match Belgique-Espagne en 2018

Les équipes nationales de rugby espagnoles et belges sont au cœur de l’un des plus gros scandales d’arbitrage de l’histoire de l’ovalie. L’histoire a fait la une du journal espagnol Marca.

Dans le Rugby Europe International Championship 2018, l’Espagne est 2ème à l’entame de la dernière journée. La première place est occupée par la Géorgie. Les Espagnols ont 2 points de plus que les Roumains.

Seuls les deux premiers sont qualifiés directement pour la Coupe du Monde. Le match se dispute le 18 mars au stade du Petit Heysel à Bruxelles. Les Belges sont avant-derniers de leur poule. Ils n’ont gagné qu’une seule fois jusque-là.

La victoire est donc à portée des Espagnols, d’autant qu’ils avaient largement battu les Diables Noirs au match aller (31-0). Fait très important : l’arbitre du match est un Roumain. Il s’appelle Vlad Iordachescu.

Le XV du Leon s’est incliné 18-10 dans un match où l’arbitrage, selon les dires des joueurs, a été très partisan. À la mi-temps, les Belges avaient déjà eu le droit à 11 pénalités, contre 2 seulement pour les Espagnols.

Selon les Espagnols, il y a eu un nombre incalculable de fautes non sifflées alors que, pour l’équipe adverse, l’arbitre a fait preuve de beaucoup de zèle. Le sélectionneur ibérique Santiago Santos a accusé Iordachescu d’avoir cassé volontairement le rythme de la rencontre.

Jean Michel Aguirre, qui est chargé des relations entre les clubs français et la fédération espagnole de rugby a aussi accusé l’arbitre d’avoir été très malhonnête dans sa gestion du match. Dans un entretien à l’Équipe, il revient sur le malaise et la frustration qu’il y avait dans le stade lors du match.

Après le match, la fédération espagnole de rugby a déposé une réclamation auprès de World Rugby, qui a autorité sur Rugby Europe, l’organisatrice du tournoi de qualification. Elle réclame que le match soit rejoué.

Le 26 mars, un autre communiqué explique qu’une nouvelle réunion aura lieu 3 jours plus tard. À ce jour, aucune décision n’a été prise quant au fait de rejouer le match ou non.

Du côté des Espagnols, la méfiance est de mise. Dans la foulée du scandale, la fédération roumaine a été obligée de retirer à Vlad Iordachescu l’arbitrage du ¼ de finale du Challenge Européen entre Pau et le Stade Français. Et ce pour des raisons de sécurité.

Avant le match, la fédération de rugby espagnole avait tout fait pour pouvoir changer d’arbitre. Il n’en demeure pas moins que la suspicion est là.

Alors que le football est régulièrement éclaboussé par les scandales d’arbitrages (liés à la vidéo par exemple), le rugby se serait bien passé de cette mauvaise publicité.

La confusion a régné à la fin du match Espagne-Belgique. Les joueurs ibériques étaient très remontés contre l'arbitre.

Alors qu’une réunion entre les membres de Rugby Europe (RE) devait se tenir ce jeudi, elle a été de nouveau reportée à la semaine prochaine (la date n’est pas encore connue). Cette réunion devait éclaircir les circonstances de désignation d’un arbitre roumain pour le match entre la Belgique et l’Espagne (18-10), le 18 mars dernier.

La défaite de l’Espagne avait permis la qualification de la Roumanie pour le Mondial 2019. La Fédération espagnole avait déposé réclamation après avoir en vain demandé un changement d’arbitre avant la rencontre.

Malgré plusieurs réunions, l’instance européenne reporte pour le moment sa décision car de nouveaux éléments compliquent considérablement le dossier. En effet, la Fédération russe (autre candidate à la qualification) a demandé cette semaine une enquête sur l’éligibilité de certains joueurs roumains, notamment Sione Faka’osilea - ce dernier ayant déjà joué avec l’équipe de rugby à 7 des Tonga, son pays natal.

Or, d’après le règlement de WR, « un joueur qui a joué pour [une des équipes représentatives] d’une Fédération n’est pas éligible pour jouer pour [les sélections représentant] une autre Fédération ».

Le cas d’un autre joueur de la sélection espagnole, Bastien Fuster, poserait également problème. Les deux pays risquent la disqualification, d’autant plus que la semaine dernière, World Rugby (la fédération internationale) a écarté Tahiti de la course à la qualification pour cause de joueurs non-éligibles.

L’histoire a quand même fait la Une de Marca. Pour un pays qui ne sait pas ce que c’est qu’un passage à vide ou une passe sautée, c’est fort. Car dimanche, le XV ibérique a l'impression de s'être fait royalement voler une place à la Coupe du monde de rugby.

Les réactions après le match

Le contexte : faciles vainqueurs de la Belgique à l’aller (31-0), l’Espagne peut valider sa qualification au mondial 2019 au Japon en gagnant à Bruxelles. En cas de défaite du XV del Leon, c’est la Roumanie qui ira à la Coupe du monde.

Sauf que pour arbitrer cette rencontre, Rugby Europe avait désigné un arbitre… roumain. Oui, un Roumain pour arbitre un match qui pourrait envoyer la Roumanie à la Coupe du monde.

« L’arbitrage a été presque malhonnête vis-à-vis de nos joueurs, en tous les cas très partisan » a déclaré à l’Equipe Jean-Michel Aguirre, en charge des relations entre les clubs français et la Fédération espagnole.

Présent sur place, l’ancien pilier néo-zélandais Neema Tialata a exprimé tout le malaise ressenti au stade du Petit Heysel : « De ce que j’ai vu, un super match de rugby dominé par les trois arbitres qui n’ont sifflé que dans un sens ».

Un youtubeur écossais ancien arbitre a passé en revue l’intégralité des décisions de M. Iordachescu. Ses conclusions, sans appel, soulignent « l’incompétence, l’incohérence et le parti pris » de l’homme au sifflet.

Gautier Gibouin retient notamment la pénalité de la gagne offerte à la Belgique contre son demi de mêlée alors qu’il avait percé dans la défense.

« Celle-là, elle peut être contestable et c’est sûr, mais ce n’est pas là non plus qu’ils perdent le match, temporise le demi de mêlée belge Julien Berger, contacté par 20 Minutes. Pour lui, tout a été exagéré :« « Moi on m’a dit qu’au niveau des pénalités, c’était plutôt 18 à 8, et ils en prennent 4/5 rien qu’en mêlée où l’on a été ultra-dominateurs. Nous on a fait notre match. On parle beaucoup dans les articles, mais si on regarde vraiment le match, on l’a joué et on a fait ce qu’il fallait pour le gagner, ce n’est pas les arbitres qui l’ont gagné. Il y a une ou deux décisions un peu dures pour l’Espagne, mais ils n’ont pas été ultra-dominateurs. Notre victoire n’est pas volée. Dès le début du match, dès qu’il y avait une décision arbitrale ils contestaient à chaque fois, assez agressivement, ils se sont mis l’arbitre à dos. Ils sont partis directement dans l’optique qu’ils allaient se faire avoir par l’arbitre. Mais si on reregarde le match, ce n’est pas ultra-flagrant. » »

Bref, l’histoire n’est pas tout à fait finie : l’Espagne a décidé de porter réclamation auprès de World Rugby sans vraiment savoir ce qu’elle espère. Elle avait déjà, avant la rencontre, tenté de tout faire pour que Rugby Europe change son trio d’arbitres.

« Le Comité de désignation des arbitres de Rugby Europe est dans l'attente du rapport d'évaluation du Superviseur des officiels de la rencontre Belgique vs Espagne. De plus, il se réunira à Poznan vendredi prochain à l'occasion des Championnats d'Europe U18. Son ordre du jour sera modifié et une grande partie de la réunion sera consacrée à l'analyse de toutes les phases de jeu de la rencontre », a indiqué Rugby Europe sur son site.

Gautier Gibouin pour conclure : « Même s’il nous reste une chance de nous qualifier (en gagnant des barrages très difficiles), c’est quatre ans de travail qui partent en fumée. C’est beaucoup de frustration. Encore ce matin, on en a gros sur le cœur, on a un goût amer.

Forfait de la Belgique contre la Roumanie en 2021

Rugby Europe a déclaré la Belgique forfait pour son match qu’elle devait disputer contre la Roumanie dimanche dernier. Une décision considérée comme injuste par les Blacks Devils, pensionnaires du VI Nations B.

Et suite aux mesures sanitaires gouvernementales plus strictes du 22 janvier dernier, ce déplacement était tout simplement devenu impossible. Nos joueurs n’étant pas professionnels, le déplacement s’avérait ‘non-essentiel’ . » Les Blacks Devils, qui disputent le Tournoi des 6 Nations B, ne sont en effet pas professionnels. Ils sont donc soumis aux mêmes règles que l’ensemble du sport amateur adulte.

Ainsi, la nouvelle mesure, qui interdit les déplacements non essentiels vers l’étranger, a empêché l’équipe belge de se rendre en Roumanie.

« Nous ne sommes pas reconnus Sport de Haut Niveau tel que défini par l’Adeps et Sport Vlaanderen, il ne nous était pas permis de nous entraîner collectivement avec contacts, comme il le faudrait pendant au moins 6 semaines avant un match international, sur recommandation de World Rugby. Là, c’est la santé de nos joueurs qui était engagée ! » a rajouté Frédéric Cocqu, Directeur Technique de Belgium Rugby.

« Nous sommes la seule équipe dans notre division avec le statut amateur. » Un forfait qui a d’autant plus de mal à passer que la Belgique pouvait prétendre à jouer la troisième place du 6 Nations B, et va devoir au contraire, disputer un match de barrage pour s’y maintenir.

Pour le plus grand désarroi du président Zandona : « Nous sommes la seule équipe dans notre division avec le statut amateur. Ce match revêtait une grande importance pour nous. Nous étions en effet devant la Roumanie au classement, et en cas de victoire, nous pouvions revendiquer la troisième place, notre meilleur classement. Mais le double report de mars et novembre, combiné aux impératifs liés à la qualification à la Coupe du Monde 2023 - basée sur le championnat d’Europe 2021 et 2022 - et au calendrier international, nous a été fatal. Il est frustrant d’être déclaré forfait en n’étant aucunement en tort. Nous devrons donc à présent d’abord gagner le match de barrage face aux Pays-Bas avant de pouvoir poursuivre notre objectif : la qualification pour la prochaine Coupe du Monde en France. »

Une histoire belge qui ne fait pas vraiment rire du côté de Bruxelles, et qui pourrait avoir de nouvelles conséquences dans un proche avenir, compte tenu des restrictions sanitaires.

La Roumanie : D'une Puissance du Rugby à la Lutte pour la Qualification

Malgré la polémique suite au match Belgique-Espagne, la Roumanie est (si la situation reste en l'état) qualifiée pour la Coupe du Monde. En 2019, la Roumanie verra normalement le Japon au sein d'une poule A (Irlande, Ecosse, Japon et certainement, Samoa) où ses chances de qualification pour les quarts-de-finales seront extrêmement minces.

Mais il fut un temps où la Roumanie rivalisait avec les meilleurs et s'imposait comme une puissance majeure du rugby international. Flashback sur cet âge d'or pour les hommes des Carpates, période bénie du rugby roumain qui s'étale sur près de trente ans : de 1960 à 1991.

Tout commença en 1960 quand, pour la première fois, la Roumanie bat sa vieille rivale : la France (11-5). Enfant, je me souviens de ces matchs-traquenards, surtout ceux joués à Bucarest, en plein hiver. La retransmission télévisée était de piètre qualité tout comme le terrain. Gris, boueux, lourd, situé dans un monde dont on savait peu de choses : le Bloc de l'Est, de l'autre côté du Rideau de Fer.

La Roumanie arrache même deux nuls en terre française : 5-5 à Bayonne (1961) et 6-6 à Toulouse (1963). A cette époque, la Roumanie frappait à la porte du Tournoi et leur présence y était fort légitime.

Ainsi, en 1980, les Chênes font match nul contre l'Irlande (13-13) à Lansdowne Road. Les locaux ne reconnaissent pas ce match comme officiel et n'accordent pas de capes à leurs internationaux.

En 1983, la Roumanie s'offre son premier scalp britannique en terrassant le Pays de Galles (24-6) en balade au pays de Ceaucescu. Un an plus tard, l'Ecosse réussit le deuxième Grand chelem de son histoire et, sûre de sa force, fait le voyage à Bucarest.

En 1985, c'est l'Angleterre qui se frotte aux rugueux Roumains. Dans son temple de Twickenham, la Rose s'impose après un match serré (22-15).

En 1988, les Roumains battent de nouveau les Gallois mais cette fois, ils triomphent (15-9) dans l'antre même des Diables Rouges, à l'Arms Park de Cardiff dans ce qui reste une des plus belles victoires de la Roumanie.

En ces années fastes, la Roumanie était définitivement la 6ème nation européenne, d'autant plus qu'elle avait régulièrement le dessus sur l'Italie. En 1977, les Chênes infligent un cinglant 69-0 à la Squadra Azurra.

La Roumanie était alors pressentie pour intégrer le Tournoi, mais elle laissa passer sa chance et ce fut finalement, l'Italie qui rejoignit la glorieuse compétition.

En 1989, le pays est emporté par une révolution qui abattit le régime de Ceaucescu. La suite est ensuite une lente descente aux Enfers et le rugby roumain sombre dans les abysses.

La Coupe d'Europe des Clubs de Rugby : Un Aperçu Historique

Moins populaire que le football sur le vieux continent, le rugby a toujours peiné à imposer sa coupe d’Europe des clubs aux amateurs de sport. La Champions Cup, très bien connue des amateurs de rugby, jouit d’une reconnaissance européenne et mondiale nettement moins importante que son équivalente footballistique, la Ligue des Champions. Pourtant, son histoire n’en est pas moins ancienne et d’une grande richesse.

Créée en 1931, la Fédération Internationale de Rugby Amateur (FIRA) est l’ancêtre de Rugby Europe, l’association membre de World Ruby, chargée de la promotion du rugby sur le continent européen. Cette fédération est née du conflit qui opposait les fédérations britanniques de rugby et la fédération française de rugby sur l’exclusion de l’équipe de France de rugby à XV du tournoi des 5 nations en raison de son jeu jugé violent et du prétendu « amateurisme marron » des joueurs français.

Cette exclusion conduisit la fédération française de rugby à créer la FIRA afin de réunir les autres fédérations européennes et mondiales de rugby à XV autour de compétitions communes.

En 1946, la France est réintégrée au tournoi des V nations et la « guerre froide » entre la FIRA et l’IRFB (International Rugby Board Federation) - dont étaient membres les fédérations de rugby de Grande-Bretagne et d’Irlande - se termine. Les deux organisations coopèrent mais continuent de coexister et de créer des compétitions en parallèle.

L’idée d’une Coupe d’Europe des clubs de rugby à XV germe alors dans l’esprit des dirigeants de la FIRA et notamment dans celui de son Président, le célèbre René Crabos surnommé « Napoléon » et que les joueurs de rugby « juniors », âgés de moins de 18 ans, connaissent bien.

La première édition de cette compétition s’est tenue en 1962 et a rassemblé les fédérations de rugby à XV d’Allemagne, de Belgique, de France, d’Italie, des Pays-Bas, de Tchécoslovaquie, de Roumanie et, plus inattendu, du Maroc.

La compétition est ouverte aux vainqueurs du championnat national de rugby à XV de chaque fédération. La première finale de la compétition se déroule le 24 juin 1962 au stade Dinamo à Bucarest devant 20 000 spectateurs et oppose l’AS Béziers au Grivita Rosie Bucarest, au plus chaud de la Guerre Froide, de l’autre côté du rideau de fer.

Le scénario du match n’est pas resté dans les annales, un seul essai, inscrit par Robert Spagnolo pour l’AS Béziers et une victoire 11-3 pour le club languedocien qui devient le premier vainqueur d’une Coupe d’Europe des clubs de rugby à XV. Le FC Grenoble, le Stade montois et le SU Agen seront les trois autres finalistes malheureux en 1963, 1964 et 1967.

La saison 1995-1996 voit le retour d’une coupe d’Europe des clubs de rugby à XV avec la création de la toujours actuelle Champions Cup. La première édition réunit quatre fédérations : la française, la galloise, l’irlandaise et la roumaine. Bordeaux-Bègles, Castres Olympique et le Stade Toulousain sont les premiers représentants français de cette nouvelle Coupe d’Europe et c’est le Stade Toulousain qui remporta la première édition de la Champions Cup.

Une victoire en finale face à Cardiff, 21-18 sur la pelouse des Gallois. Le succès de cette première édition a donné envie aux fédérations anglaise et écossaise de rejoindre l’aventure dès la saison suivante mais c’est à nouveau un club français qui soulève le trophée, le CA Brive sur le score de 28-9 face au club anglais de Leicester.

Un engouement tel que la European Professional Club Rugby, organisatrice de la Champions Cup, a décidé en 1996-1997 de créer le Challenge Européen qui réunit les clubs non-qualifiés en Champions Cup en proportion plus ou moins importante selon le niveau des différents championnats. Cette compétition, moins prestigieuse donc, réunit les clubs de fédérations européennes moins importantes avec des clubs espagnols, roumains, russes, roumains ou portugais, engagés sporadiquement.

La recette Champions Cup - Challenge Européen reprenant dans une certaine mesure le modèle à succès appliqué au ballon rond, fonctionne et l’organisation des deux compétitions se précise : élargissement du nombre de participants et à d’autres fédérations nationales, accès direct à la Champions Cup pour le vainqueur du Challenge européen, système de poules en début de compétition…Le public est au rendez-vous, l’audimat suit et les recettes en conséquence, les clubs de rugby européens poursuivent les compétitions internationales.

En 2023, la Champions Cup s’ouvre même à l’international, les clubs sud-africains sont invités pour la première fois à participer à la compétition.

Géant du rugby français, le Stade Toulousain est aussi un géant européen et mondial du ballon ovale. Vainqueur à cinq reprises de la Champions Cup en 1996, 2003, 2005, 2010, 2021, le Stade Toulousain est le club le plus titré en Europe devant le Leinster, légende du rugby irlandais. Le RC Toulon (trois titres), Le Stade Rochelais et le CA Brive (1 titre) sont les autres vainqueurs français de cette « Ligue des Champions du rugby ».

La finale de l’édition 2023 se déroulera le 20 mai, à Dublin, dans l’antre du rugby irlandais, l’Aviva Stadium. Elle pourrait voir un sixième sacre du Stade Toulousain à condition de venir à bout à l’extérieur du Leinster et de remporter la finale face à Exeter Chiefs ou au Stade Rochelais.

Plus qu’une simple coupe d’Europe des clubs de rugby à XV, la Champions Cup comme le Challenge européen réunissent surtout les clubs de rugby à XV les plus prestigieux au monde. L’entrée dans la compétition des clubs sud-africain témoigne d’une volonté, désormais clairement affirmée, de transformer cette compétition en une « Super-League » mondiale réunissant avant tout des clubs de pays anglo-saxons en plus des clubs français et très sporadiquement des clubs italiens.

Ce constat témoigne de l’échec du développement d’une pratique professionnelle du rugby dans la plupart des pays européens. Le passage au professionnalisme a été un échec pour les clubs roumains pourtant brillants sur la scène européenne dans les années 1960. Les clubs italiens, bien que parfois invités en Champions Cup, n’ont jamais réussi à sortir des poules, quant aux clubs espagnols, géorgiens ou portugais, des années de travail les séparent ne serait-ce que du second échelon professionnel français.

Reste que la tendance actuelle n’est pas vraiment à une véritable coupe d’Europe des clubs de rugby à XV mais davantage à une coupe des clubs anglo-saxons, avec les équipes françaises représentées, tels des exceptions qui confirment la règle.

L'Espagne a laissé passer la chance de se qualifier directement pour la deuxième Coupe du monde de rugby de son histoire en s'inclinant dimanche 18-10 face à la Belgique, en qualifications de la zone Europe (Six nations B), mais elle a posé une réclamation contre l'arbitrage. Dans cette rencontre disputée à Bruxelles, les Espagnols devaient absolument l'emporter sous peine d'être coiffés par les Roumains. Mais ces derniers, en tête du groupe avant cette dernière rencontre, ont profité de la défaite du XV des "Leones" (les Lions) lors d'un match arbitré par le... Une désignation qui a provoqué la fureur des Espagnols.

Ceux-ci ont déploré l'arbitrage "délibérément partial" de M. Iordachescu.

Tableau des confrontations notables entre la Belgique et la Roumanie au rugby

Année Événement Résultat Notes
2018 Rugby Europe International Championship Belgique 18 - Espagne 10 Match controversé avec arbitrage roumain
2021 Tournoi des 6 Nations B Belgique Forfait Match annulé en raison des restrictions sanitaires

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