Le match de qualification pour la Coupe du Monde de Rugby 2019 entre la Belgique et l'Espagne, qui s'est déroulé à Bruxelles, a été un événement marquant, non seulement pour le résultat sportif, mais aussi pour les controverses qui l'ont entouré. L'Espagne, largement favorite, s'est inclinée 18 à 10 face à la Belgique, un résultat qui a eu des conséquences majeures sur la qualification pour le Mondial.

Positions au rugby
Le Contexte du Match
Avant le match, les Espagnols étaient maîtres de leur destin. Une victoire suffisait à l'Espagne pour se qualifier directement pour la Coupe du Monde 2019. Les Espagnols travaillaient d’arrache-pied depuis deux ans pour faire de leur rêve une réalité. A l’aune du dernier match qualificatif face aux Diables Rouges, un seul mot d’ordre : gagner pour ne pas tout gâcher. La défaite n’est pas envisageable.
Cependant, la nomination d’un arbitre roumain avait ensuite interpellé. L’Espagne était dans une lutte à distance avec… la Roumanie pour obtenir son billet pour la Coupe du monde. Et c’est Rugby Europe qui avait pris cette décision.
Le Déroulement du Match
D’entrée de jeu, on sent de la tension. Toujours est-il qu’à la 15ème minute de jeu, le planchot affiche toujours 0-0. Les Leones sont bien loin d’afficher la maîtrise et la sérénité qu’on leur connait. Les Belges, eux, jouent sans complexes.
Par trois fois, l’ouvreur Belge Vincent Hart punit l’indiscipline des visiteurs (20’, 24’, 29’), portant le score à 9-0. A la 35ème notamment, quand le pack des Leones explose comme du popcorn, générant une nouvelle tentative de pénalité pour les locaux. Hart enquille et porte la marque à 12-0. La mi-temps est sifflée sur le score de 12-0. Cette situation est aussi hallucinante qu’inattendue, l’Espagne est tout simplement méconnaissable, et en passe de laisser filer sa qualification.
Cependant, on sent dès la reprise que les Espagnols sont nettement plus présents et agressifs défensivement. A un peu plus de 40m des perches belges, Linklater… se troue de nouveau. Déjà 6 points plus que prenables laissés en chemin par l’artilleur visiteur. Il reste 35 minutes aux Leones pour reprendre les choses en main.
Les visiteurs sont complètement à côté de la plaque : ils se font pénaliser à la 55ème à force de contester les décisions arbitrales. On joue la 70ème minute et l’Espagne a finalement une possession intéressante sur touche dans les 22 adverses. Il reste 8 minutes à jouer et le score est de 15-7. Le réveil espagnol sera peut-être trop tardif. Il faut de toute façon tout donner maintenant !
Il reste 4 petites minutes et le score est à 15-10. Tout est désormais possible ! Ou plutôt, aurait été possible… aurait été possible sans une nouvelle faute, commise au pire des moments par les visiteurs à 30m de leurs perches 3 minutes avant le coup de sifflet final. La pénalité convertie par Vincent Hart a des airs d’estocade. 18-10 au planchot.
La Polémique de l'Arbitrage
A noter une fin de match houleuse entre les Espagnols et l’arbitre de la rencontre. Certains joueurs de l’équipe d’Espagne s’en étaient pris à l’arbitre du match face à la Belgique à l’issue du coup de sifflet final. Les joueurs hispaniques, pénalisés à outrance selon eux durant la rencontre et s’estimant bafoués, s’en prenaient alors à l’arbitre lors du coup de sifflet final. Celui-ci avait dû être exfiltré de l’enceinte sportive afin d’assurer sa sécurité.
Les joueurs ibériques étaient très remontés contre l'arbitre. (AFP)Alors qu’une réunion entre les membres de Rugby Europe (RE) devait se tenir ce jeudi, elle a été de nouveau reportée à la semaine prochaine (la date n’est pas encore connue).Cette réunion devait éclaircir les circonstances de désignation d’un arbitre roumain pour le match entre la Belgique et l’Espagne (18-10), le 18 mars dernier.
Un arbitre amateur écossais a revu le match Belgique-Espagne et décortiqué dans une vidéo publiée sur YouTube la performance de Vlad Iordachescu, l'arbitre roumain de ce match qui fait tant polémique. Se dégage clairement l’impression d’un arbitrage à deux vitesses : rien n’est pardonné à l’Espagne, lourdement pénalisée dans ce match, mais Vlad Iordachescu est plus laxiste quand il s’agit de pénaliser les Belges.
Si certaines décisions de l’arbitre sont bonnes et qu’on voit bien que la Belgique fait jeu égal avec l’Espagne, la dominant même en mêlée, on peut comprendre tout de même la frustration des visiteurs à la fin du match, même si cela ne justifie en aucun cas les comportements de certains joueurs envers le corps arbitral après le coup de sifflet final.

Vlad Iordachescu, l'arbitre roumain au cœur de la polémique
Conséquences et Réactions
Avec cette défaite, la Roumanie prend donc la direction du Japon et affrontera en match d’ouverture le pays hôte. L'Espagne, remontée contre l'arbitage, a laissé passer la chance de se qualifier directement pour la deuxième Coupe du monde de rugby de son histoire, en s'inclinant 18 à 10 face à la Belgique, en qualifications de la zone Europe (Six nations B), dimanche à Bruxelles. Les Espagnols devaient absolument l'emporter sous peine d'être coiffés par les Roumains.
Pour les Espagnols, cette défaite a des allures de tragédie. Pour le comprendre, il suffit de jeter un œil à la presse espagnole. ABC titre « La Belgique et l’arbitre freinent le rêve de Mondial », mentionnant une prestation « lamentable » de l’officiel roumain. Le sélectionneur espagnol Santiago Santos était lui aussi assez remonté contre l’arbitre. Tout en restant modéré, il a déclaré « Ce n’est pas l’Espagne qui a perdu aujourd’hui, c’est le Rugby ».
Au risque d’être répétitif, les Leones avaient tout fait. Ils n’avaient plus qu’à jouer leur rugby, ensemble, avec conviction et détermination. Ils auraient alors terrassé les Belges et validé deux années d’efforts. Le chemin menant au Japon n’est pas totalement fermé. Toutefois, il sera désormais plus long, plus tortueux, et surtout plus périlleux.
Si, par malheur, les Leones s'inclinaient face au Samoans, ils auraient une dernière occasion de se qualifier dans un ultime tournoi. Le prix à payer pour 80 minutes d’absence avec pour résultat énorme gâchis, le seul mot qui reste en tête dans cette situation. En bouche, c’est un goût très amer d’inachevé qui persiste.
Affaire Lucas Guillaume
Suspendu quatorze semaines par Rugby Europe, le troisième ligne espagnol, Lucas Guillaume, a été blanchi par la commission d’extension des peines de la FFR. C’est seulement la troisième fois qu’un tel acte de déjuger une sanction européenne se produit. « Je suis soulagé, car je n’avais rien à me reprocher », lâche-t-il dans Midi Olympique.
Ensuite, il compte bien faire payer la note à Rugby Europe, qui est pour lui au coeur de ses soucis actuels :Je vais attaquer Rugby Europe en justice. Le préjudice est tellement lourd. Je veux mettre les responsables devant leurs contradictions et devant leur amateurisme. Ils ont fait n’importe quoi à tous les niveaux de la procédure. Ils n’ont fourni aucune preuve, image ou procès-verbal justifiant ma comparution. Il n’y a rien. Cela a été géré de façon catastrophique. Jusqu’au bout, c’était une parodie.