Histoire du Rugby à Bazas et Casteljaloux : Un Derby Historique

Le rugby est bien plus qu'un simple sport dans le sud-ouest de la France. C'est une tradition, une culture, et une source de fierté locale. Parmi les nombreuses rivalités régionales, celle entre Bazas et Casteljaloux se distingue par son intensité et son histoire riche. Cet article explore les racines de cette compétition, les moments marquants, et l'importance de ce derby pour les deux clubs et leurs communautés.

Match de rugby entre Casteljaloux et Bazas. Source: Sud Ouest

Un Derby Culturellement Historique

Selon Jean-David Boreinstein, le manager casteljalousain, ce match à "Castagnolle" a une saveur particulière dans la mesure où les deux clubs se retrouvent dans la même poule depuis plusieurs saisons et que les matchs à Bazas n’ont jamais pu se dérouler ! C’est un derby culturellement historique, on y va sans pression avec l’envie de faire un bon match en essayant surtout de ramener la victoire.

Pour Bazas, le maître mot du staff et des entraîneurs est de garder cet état d’esprit qu’on affiche depuis la saison dernière. Ils veulent gommer la notion de derby et restent sur un match ordinaire qu’il faut absolument gagner, comme tous les autres à la maison. Ils veulent désacraliser la notion de derby pour se concentrer sur notre jeu."

L’effectif est concerné mais Bazas a besoin de points pour prétendre à la qualification qui est son objectif prioritaire. Pourtant le staff de l’USC parle d’un match comme les autres. Un match qu’il faut gagner, tout simplement. Le manager Jean-David Boreinstein reste serein. "Notre victoire face à Mérignac dimanche nous enlève un peu de pression sur les épaules. Mérignac est une belle équipe qui était venue avec des ambitions.

Proximité Géographique et Rivalité Amicale

Histoire de plaisanter, les joueurs de Bazas ont affirmé qu’ils allaient venir au stade de Lirac en footing ! Il est vrai que seulement 29 kilomètres séparent les deux clubs.

Vainqueur laborieux au match aller, Casteljaloux se méfie de Bazas qui a un impérieux besoin de points et attend l’USC avec tous les honneurs dus à son rang de second de la poule.

Casteljaloux-Bazas, un classique ! En effet, sur les cinq dernières rencontres, les Bazadais l’ont emporté une seule fois sur leur pelouse, le 20 janvier 2024 (20-14). Aujourd’hui, Bazas, 8e avec 12 points, est décroché, mais ne vient pas chez le leader sans ambitions. Ses supporters sont mobilisés en grand nombre, et animeront la tribune de Lirac.

Les Acteurs Clés et l'Esprit d'Équipe

Luc de La Bardonnie ne serait peut-être jamais devenu président de l'USC (avec Robert Nieto) s'il n'avait pas derrière lui une longue carrière de joueur et s'il n'avait pas transmis le virus à ses trois fistons. « J'ai joué dix ans à Bergerac, au poste de pilier, puis à Eymet et Prigonrieux. à 33 ans, j'ai été victime d'un infarctus sur le terrain. Il était temps de devenir entraîneur et de passer le relais à mes trois fils : Marc (27 ans), Joël (26 ans) et Benoît (22 ans). Ils ont tous été formés à l'école de rugby de Prigonrieux, puis à Casteljaloux et à Marmande où je m'étais installé pour raisons professionnelles. Marc (pilier ou 2e ligne) et Joël (demi de mêlée) ont poursuivi leur formation avec les Crabos et les Reichel du SUA. Joël a même fait quelques apparitions dans le Top 16 et était finaliste de la Coupe de la Fédération, le 4 juin au Stade de France, avec la sélection du Périgord-Agenais. Tous deux jouent aujourd'hui à Marmande. Benoît, le plus jeune, a préféré Casteljaloux après la rupture avec Marmande.« Il a eu un début de saison difficile, reconnaît son père. Mais il a beaucoup progressé dans tous les secteurs grâce à David Ballihaut, même s'il a bénéficié de la blessure de Fabien Foucaud, un talonneur exemplaire. Rien n'aurait été possible si nous n'avions pas partagé notre passion avec leur mère, Elisabeth. Depuis plus de trente ans, elle voit trois, quatre matches par week-end et elle aime toujours ça. »

Les frères Zago ont débuté en poussins à Grignols. « Je les ai vus pour la première fois quand je jouais à Sainte-Bazeille, se souvient Jean- David Borenstein. Jean-Pierre Grimaud, qui était l'entraîneur de Grignols de l'époque, n'avait pas hésité à les lancer dans le grand bain alors qu'ils n'avaient que 17 et 18 ans. Ils étaient déjà impressionnants athlétiquement. »« Nous avons débuté ensemble, indique Cédric, l'aîné des Zago. Mais nos parcours ont ensuite divergé. Lionel a choisi Marmande et moi Bazas avant de nous retrouver à Castel, notamment pour le titre de champion de France de Fédérale 3 en 2006. J'ai joué toute la phase éliminatoire avant de me blesser. J'ai donc été privé de la finale du comité. C'est pourquoi, dimanche à Langon, ce sera un peu une revanche pour moi. »« J'ai la chance de jouer à la fois avec mon frère et mon beau-frère (NDLR : Alexandre Speziali), poursuit Cédric. Lionel est un vrai perce-muraille, très complémentaire d'Henri Lefèvre, Rémi Roussille ou Ludovic Sacarot, au sein d'une 3e ligne qui est l'un des points forts de l'équipe. Alexandre Speziali est marié avec la sœur de ma femme et a longtemps joué à l'ouverture à Sainte-Bazeille en duo avec Jean-David Borenstein, le demi de mêlée. »

Olivier et Thibaut Deluchat ne sont pas frères mais cousins. Ils ont bien failli ne jamais jouer ensemble. Formé à Casteljaloux, Olivier a dû partir pour son travail à Mimizan (Fédérale 3). Thibaut, de six ans son cadet, a longtemps été le gardien de but de l'équipe de foot de Castel mais son cousin et des copains le tançaient pour qu'il bascule vers le ballon ovale. La saison dernière, il signe au Queyran. Et en début de saison, Olivier et Thibaut évoluent enfin ensemble en première ligne de la réserve des Cadets. Au gré des blessures et des suspensions, ils sont propulsés en équipe 1 pour les phases finales du championnat de France aux côtés de Mickaël (ailier) et Martial Trémouille (centre), les autres cousins, à la réputation de treizistes à cause de leur gabarit.

Plus que les liens du sang, le 3e ligne centre Lionel Zago est surtout attaché la grande famille de l'USC : « Dans tous les clubs où j'ai joué, les femmes et les enfants étaient écartés du sportif. Je joue aussi à l'affectif. Cette fois, j'ai pu partager mes émotions avec ma femme et mes trois enfants. Entre les joueurs, les bénévoles, les dirigeants, les épouses et les enfants s'est tissée une toile familiale qui nous a soudés.

Les Écureuils de Captieux : Un Exemple de Réussite Collective

Les Écureuils de Captieux, patiemment, se forgent depuis deux ans un palmarès hors norme, que bien des rugbymen appartenant à l’élite nationale rêveraient de posséder. En deux saisons, alors qu’ils sortaient d’une période noire, au bord de l’abandon, les Quinzistes du Sporting ont enfilé les titres comme des perles. Deux Boucliers du comité de Côte d’Argent (1re Série et Promotion Honneur) et un titre national (1re Série) sont venus étoffer une liste de trophées déjà conséquente. Trois Capsylvains en ont même décroché un quatrième en devenant champions de France des Comités avec la sélection de Côte d’Argent, fin mai.

Comment peut-on aligner de telles performances en si peu de temps ? Quel est le secret de ce club qui aujourd’hui attire tous les regards ? Si vous interrogez n’importe lequel d’entre eux, il vous parlera en priorité du fondement de leur rugby : le groupe. Ces garçons-là ont des résultats extraordinaires que parce qu’ils sont en permanence au service de l’autre.

Quand ils décortiquent une rencontre en troisième mi-temps, ils vantent toujours le plaquage du coéquipier, ou le replacement d’un autre. Ils sont fondus dans un moule et donc personne ne s’arroge le droit de se placer au-dessus. Nombre d’entre eux ont pourtant évolué au niveau fédéral, mais c’est à Captieux, terre de leurs débuts, qu’ils ont retrouvé leur véritable famille d’Ovalie. Alors, lorsque le groupe est touché dans sa chair, la réaction auto-défensive s’instaure. Julien Manseau, le demi de mêlée, au sortir de la demi-finale contre Layrac revenait sur le forfait de Yoan Lamarque pour un souci familial : « Son absence nous a touchés mais pas fragilisés. Au contraire, le groupe s’est nourri de ce coup du sort pour gagner encore en solidité afin d’offrir la finale à notre coéquipier. »

Le même constat s’est établi après la suspension de Ludovic Birot, ou la blessure de ses frères Sébastien et Cyril. Mais pour construire, pour édifier un tel état d’esprit, il faut évidemment un ciment, un élément fédérateur. La complicité du duo d’entraîneurs est la clé de cette réussite. Guillaume Martet et Julien Bouic, l’association de l’eau et du feu, l’alliance de la tempérance et du volcanisme. Ne vous y trompez pas, leur connaissance de ce jeu et des hommes qui le pratiquent est totale. Le discours de ces deux jeunes entraîneurs passe à merveille et leurs expériences personnelles immenses sont mises en permanence au service du collectif capsylvain.

Les Défis et les Ambitions

Benoît Cazautets, qui se souvient de son passage au centre de formation du SU Agen, a troqué son costume de seconde ligne pour celui d’entraîneur-joueur à la fin de la saison dernière en compagnie d’Anthony Saint-Loubert qui poursuit l’aventure. Le Covid, on le sait, a perturbé la saison dernière. Mais on craignait, ici ou là, qu’il ne pousse des joueurs vers d’autres intérêts et ici plus particulièrement à la chasse. Malicieusement Benoît Cazautets dit ne pas être au courant des objectifs de son président, et précise : "La qualification, c’est-à-dire être dans les trois premiers et pourquoi pas la montée à l’issue de la phase couperet. Mais ce sera la cerise sur le gâteau." Anthony Saint-Loubert approuve et apprécie.

Il reste pourtant la phase qualificative qui s’annonce passionnante : "Sur neuf clubs, on est six du Lot-et-Garonne, ce qui va réjouir le trésorier. Mais qui risque à être un peu compliqué." Benoît est un peu plus précis : "Il faut toutes les prendre au sérieux, les 4 Cantons, la Vallée du Lot, montrent depuis quelques années la valeur de leur formation. Ce seront des valeurs sûres. On connaît moins bien Caussade ou Moissac, mais tout le monde a recruté. On commence par le derby historique contre Bazas qui est le club le plus proche bien qu’en Gironde. L’an dernier, il y avait eu quelques soucis sur le tapis vert. On les reçoit le samedi 25 et on espère que le stade sera plein !"

Parmi les soucis du staff, les nouvelles règles tiennent la corde. Anthony Saint-Loubert ne s’en cache pas. "On nous les a imposées il y a un peu plus d’un mois. On ne pensait pas les avoir d’entrée mais tous les clubs sont sur ma même ligne, ils vont devoir s’adapter. On l’a vu jeudi dernier à Bayonne où elles n’ont été appliquées qu’à une occasion. Celle qui va changer le plus, c’est celle des joueurs qui se lient pour percuter. Sa suppression me paraît une bonne chose.

Pascal Laclotte est optimiste tout en restant prudent : "Après la victoire à Castillon, tout va bien. Le moral est au beau fixe. On ne doit pas se relâcher. Il ne faut pas que la victoire à Castillon soit une fin en soi. Bazas vient après une défaite à la maison le week-end dernier, et ils vont être remontés comme des pendules. Pour nous, il s’agit de continuer à avancer. Bazas est un passage obligé, mais c’est un derby, et c’est toujours un peu spécial. Les joueurs ont franchi un cap. Depuis les phases finales de la saison dernière, ils se sont rendus compte de leur potentiel.

Préparatifs et Attentes

Les locaux, quant à eux, ont dignement fêté le succés historique à Castillon-la-Bataille, mais ont surtout préparé la venue du voisin girondin. Malgré les statistiques en leur faveur, ils savent que ce n’est jamais facile de jouer Bazas, et ne risquent pas de faire un complexe de supériorité, qui serait mal venu. Leur entraîneur Anthony Saint-Loubert n’a pas eu besoin de grands discours pour les mettre en garde.

Retour des Forces Vives

Malgré la victoire face à Mérignac, il reste des imperfections : en conquête et pour la discipline, même si l’arbitre a paru très sévère, notamment sur le jeu au sol. Le groupe de dimanche devrait être reconduit mais on enregistre quelques retours, notamment de Fabien Mékatel et Lionel Zanini en première ligne, d’Alexandre Leys en troisième ligne et de Kilian Laborde après sa suspension.

Hommage à Baptiste Laclotte

On peut penser que le public réservera un accueil particulier à Baptiste Laclotte, décoré pour sa fidélité à l’USC lors de la soirée des Trophées du rugby amateur de la Dépêche.

Le manager est impatient de retrouver le terrain : "Entre la trêve et le match reporté, cela fait un moment qu’on n’a pas joué. Mais tout le monde est resté concerné et une cinquantaine de joueurs a été assidue aux entraînements. On est relativement épargné par le Covid. On a fait le bilan de la première partie de la saison en expliquant aux joueurs que si on avait un bilan satisfaisant, la suite risquait d’être plus difficile avec notamment les déplacements à Bon-Encontre, Nérac et dès dimanche à Bazas sans oublier la réception du leader invaincu, les 4 Cantons-BHAP.

tags: #bazas #casteljaloux #rugby