Le Journal de Jim Carroll : Un Voyage au Pays du Grand Gâchis

Livre-culte de l'underground new-yorkais, le Journal de Jim Carroll, paru au début des années 70, est à la fois le portrait d'une ville impitoyable, vue par les yeux fascinés d'un jeune sauvage urbain, et un manuel de révolte adolescente.

Impro Ciné Critique #2508 : Basketball Diaries (1995)

Joliment adapté au cinéma en 1995 par Scott Kalvert, avec dans le rôle principal Leonardo DiCaprio, ce roman paru en 1978 avait été perçu comme provocateur, car écrit par Jim Carroll, alors jeune musicien punk et poète.

L'Histoire d'une Descente aux Enfers

Jim Carroll, dont c'est l'histoire, nous raconte sa jeunesse de basketteur à l'avenir prometteur dans les années 60, qui fout tout en l'air par amour pour les drogues et la fête... On assiste, impuissants et frustrés, à sa rapide descente aux enfers. En bon modèle américain de Trainspotting, on vit avec Jim ses inquiétudes, ses shoots, ses parties de jambes en l'air.

C'est le journal d'un adolescent qui passe en quatre ans de jeune espoir du basketball new-yorkais au stade de junkie prêt à tout pour trouver ses doses quotidiennes : vol, attaque à main armée, prostitution. Voyage au pays du grand gachis.

Le joueur de basket arpente les trottoirs de New York City, racole, vole à l'étalage, arnaque, refourgue, se défonce, s'envoie en l'air et tire au panier des balles impeccables dans la même langue insolente.

La Dépendance et la Quête de Pureté

Je vais bientôt avoir 15 ans et la dépendance "pepsi-cola" à l'héro, que j'ai contractée cet été resserre son étau autour de moi de plus en plus. La dépendance "pepsi-cola" à la poudre, c'est une première accoutumance bénigne qui s'installe subrepticement pendant qu'on se dit: "Merde, ça fait déjà trois ans que je fais le con avec la came, mais je sais à quel moment je dois m’arrêter, et je ne suis jamais accro."

Mais un jour au réveil, le nez se met brusquement à couler, les yeux à pleurer, les muscles du dos et des jambes sont lourds et raides. Alors je me regarde dans le miroir, et je m'aperçois que je ferais mieux de laisser tomber la poudre aussi sec. Je cesse de me raconter des histoires, quoi.

Sa recherche de pureté à travers les drogues est tellement fascinante. Fort heureusement, il se réveillera à temps pour ne pas foutre totalement sa vie en l'air.

L'Adaptation Cinématographique

C'est en voyant le film éponyme avec Léonardo DiCaprio que j'ai découvert ce journal, très bien écrit et lucide. Jamais le journal d'un junkie ne l'aura autant été..., jusqu'à la rédemption. Le film est assez fidèle au roman avec un croisement inévitable de personnage. A lire, à voir.

On suit Jim Carroll (qui est l’auteur du livre autobiographique éponyme dont le film est adapté), un jeune homme en manque de repères qui vit avec sa mère dans un milieu plutôt chiche, au bas de la classe moyenne. Il passe ses journées avec sa bande de copains à jouer à la bagarre entre deux matchs ou entraînements. Un soir, un copain l’invite chez deux copines des beaux quartiers bien décidées à voir le loup et il goûte pour la première fois à une drogue stimulante en poudre non nommée (dans un contexte sexuel d’ailleurs).

Le film présente Jim comme un zombie écervelé soumis au bon vouloir de LA DROOOGUE mais nous montre une galerie de personnages adultes nauséabonds, incapables de focus sur l’accompagnement de ce jeune. D’ailleurs à un moment, Jim retourne chez les sœurs bourgeoises qui l’ont initié et elles semblent ne pas avoir de problèmes et maîtriser leur consommation.

Jim Carroll (Leonardo DiCaprio) fait partie de l’équipe de basket de son lycée avec ses potes Pedro (James Madio), Mickey (Mark Wahlberg) et Neutron (Patrick McGaw). Suite à la mort de son ami Bobby (Michael Imperioli), victime d’une leucémie, Jim lâche le frein à mains. De retour dans la rue, il finit par se prostituer dans les toilettes publiques pour se payer ses doses. À Rikers Island, il profite de sa détention pour se sevrer.

Un Film Marquant avec Leonardo DiCaprio

À tout juste vingt ans, Leonardo Dicaprio exploite tout son potentiel d'acteur dans Basketball Diaries. Déchirant, il signe alors l'un de ses plus beaux rôles. Il y a des films qui prennent aux tripes, qui transpercent le public et offrent aux acteurs le rôle qui exploitera tout leur potentiel. Sorti en 1995, The Basketball Diaries fait partie de ce répertoire. Et c’est Leonardo DiCaprio qui s’est illustré dans le rôle principal, probablement l’un des plus beaux de sa carrière, malheureusement trop peu cité au fil des années.

Leonardo DiCaprio n’en est pas à son premier tournage. Il vient d’accepter d’incarner le personnage haut en couleur et plus vrai que nature de Jim Carroll pour la caméra de Scott Kalvert. L’acteur, à peine âgé de vingt ans, s’apprête à rentrer dans la peau de l’écrivain au passé sombre, fait de toxicomanie et de déchéance. Ce nouveau long-métrage en préparation depuis des années, au budget lointain des films commerciaux, c’est Basketball Diaries. Il est inspiré du roman biographique homonyme du véritable Jim Carroll, paru en 1978.

Lorsqu’on lui propose d’honorer l’histoire de Jim Carroll, ce gamin à la fureur de vivre - ou de survivre plutôt - DiCaprio n’hésite pas une seconde. Il s’agit là à la fois d’un espoir du basketball, qui aurait pu aller très loin dans ce domaine, et d’un jeune poète. Durant des années, Jim Carroll se livre à son journal, laissant nager sa plume dans les eaux plus ou moins troubles de son esprit.

Jim Carroll lui-même, très investi dans la production du film, voit en l’apparence de Leonardo DiCaprio certains aspects communs avec celui qu’il était au même âge. Il sait qu’il a en face de lui l’interprète parfait pour jouer son rôle.

Un Travail Minutieux et Intense

Dicaprio est plus que séduit par le projet, lui qui voue une telle passion aux personnages torturés, nuancés, qui ne sont ni bons, ni mauvais, mais simplement des individus qui reflètent une réalité complexe. La seule ombre au tableau qui apparaît à ses yeux dans ce projet, c’est une des recrues du casting. Il n’est pas particulièrement fan de celui qui va incarner Mickey, son acolyte dans sa descente aux enfers à l’écran. Cet acteur, c’est Mark Wahlberg. Et sa présence sur le plateau n’enchante pas franchement l’équipe, principalement Leonardo DiCaprio.

Dès lors que Leonardo DiCaprio se retrouve devant la caméra de Scott Kalvert, il puise au fond de ses ressources. Le jeune acteur va chercher ce qu’il a de plus sombre en lui et parvient à incarner le jeune Jim en pleine dérive, piqué jusqu’à la moelle, en manque, non loin d’un état animal, bavant, tremblant, rampant pour sa dose.

Pour donner une authenticité aux scènes de drogue, parfois insupportables à regarder, la production du film engage Eric Weinstein, un ex-toxicomane devenu conseiller dans ce domaine. Après un travail acharné de mémorisation, de mimétisme et de répétitions (car non, il n’a pas consommé le moindre psychotrope pour les besoins du tournage, même s’il avait la réputation d’être un fêtard hors pair), DiCaprio est prêt à rentrer la peau de Jim.

Afin de ne faire plus qu’un avec son personnage, DiCaprio va chercher des émotions qui lui sont personnellement inconnues et retranscrit sans faux pas la déchirure d’un jeune homme qui a entièrement renié l’innocence et la pureté. Dragué, voire abusé par son coach de basketball, puni physiquement face à ses camarades par le prêtre de son école, influencé par un ami qui ne se fait entendre que par les poings et perdu dans un milieu d’une sauvagerie sans pareil, le garçon explose.

Tableau Récapitulatif des Personnages Principaux

Personnage Acteur Description
Jim Carroll Leonardo DiCaprio Jeune basketteur et poète, sombrant dans la drogue.
Mickey Mark Wahlberg Ami de Jim, impliqué dans sa descente aux enfers.
Pedro James Madio Ami de Jim, membre de l'équipe de basket.
Neutron Patrick McGaw Ami de Jim, membre de l'équipe de basket.
Bobby Michael Imperioli Ami de Jim, décédé d'une leucémie.

Leonardo DiCaprio a su humaniser un gosse à la morale et aux principes plus que bafoués. Au final, DiCaprio est l’un de ces acteurs caméléons, qui a réussi à donner un sens à sa carrière, ses rôles faisant toujours, d’une manière ou d’une autre, écho les uns aux autres.

Conclusion

Le Journal de Jim Carroll est le journal de l’adolescence « sauvage » de Jim Carroll, devenu livre culte de la scène New-Yorkaise underground des années 70 et adapté sur grand écran en 1995 avec dans le rôle titre un jeune Leonardo DiCaprio écorché vif dont la performance a largement été saluée.

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