Le Parc des Princes et le Paris Saint-Germain, une histoire qui semble toucher à sa fin. Nasser Al-Khelaïfi, le président du club, a affirmé que le PSG quittera le Parc des Princes. Cette déclaration fait suite à la décision du Conseil de Paris de ne pas vendre l’enceinte au club parisien. La maire Anne Hidalgo a réaffirmé « l’appartenance du Parc des Princes au patrimoine de la Ville ».
Désireux de devenir propriétaire du stade, situé dans le XVIe arrondissement de Paris, le Qatarien se heurte depuis de nombreux mois au refus de la Mairie de Paris, Anne Hidalgo en tête. Le PSG va donc très certainement claquer la porte, après plus de cinquante ans d’union.
Parc des Princes : quel avenir pour le stade ? • FRANCE 24
Un refus catégorique de vente
Alors que le PSG vient de remporter sa première Ligue des champions, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a réitéré son refus de vendre le Parc des Princes. Elle évoque cependant la possibilité de l'agrandir.
La maire PS et les dirigeants du Paris-Saint-Germain sont en froid depuis plus de deux ans au sujet du sort du Parc des Princes, le stade historique du club parisien, propriété de la ville qui refuse de céder son patrimoine comme le demande le dirigeant qatari Nasser al-Khelaïfi.
« Vendre non, mais agrandir, oui ! », a déclaré à l'AFP la maire, qui « souhaite que le PSG continue d'évoluer » au stade mythique de la Porte d'Auteuil. « Notre porte est toujours ouverte pour un agrandissement du Parc des Princes.
Anne Hidalgo s'est contentée d'une déclaration écrite à l'issue du match samedi soir, saluant la victoire « historique » du PSG. L'absence de l'édile socialiste au match de samedi à Munich, que son entourage a d'abord expliquée par des « raisons d'agenda », ainsi qu'aux festivités dimanche dans la capitale, a été très remarquée. « Elle n'était pas invitée à Munich », a indiqué ce lundi à l'AFP Pierre Rabadan, son adjoint en charge des Sports, qui s'est rendu à l'Élysée dimanche pour la représenter.
Les raisons du désaccord
Le sujet n'est pas neuf. Voilà plusieurs années qu'il revient régulièrement sur la table, les propriétaires qatariens du PSG déplorant le fait d'avoir les mains liées par les règles de propriété de l'enceinte, qui l'empêchent, selon eux, d'y mener à bien tous leurs projets.
Le bail emphytéotique (qui expire en 2044) accordé au PSG ne convient plus au club qui dit avoir atteint un plafond pour les hospitalités et la billetterie. Il souhaite acquérir l'enceinte pour augmenter notamment sa capacité de 48 000 à 60 000 places.
Face au refus persistant de la municipalité, le dirigeant qatari du PSG a annoncé en février 2024 vouloir quitter la capitale. Selon le club, une annonce est prévue dans les prochaines semaines sur le lieu choisi.
À qui appartient le Parc des Princes ?
Le Parc des Princes est la propriété de la Ville de Paris. Elle le loue dans le cadre d'un bail emphytéotique à la Société d'exploitation Sports et événements (SESE). Qatar Sport Investment (QSI) en a ainsi pris le contrôle en 2013. Le PSG n'est donc que locataire des lieux.
Le nouveau bail de 30 ans entré en vigueur en 2014 prévoit une part fixe d'un million d'euros par an et une part variable « liée à l'évolution du chiffre d'affaires » du club. Au moment de la signature, la Mairie de Paris espérait voir ce loyer atteindre 3,5 millions d'euros annuels à terme.

Que veut la direction du PSG ?
Le patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, ne s'en cache pas depuis le rachat du club en 2011 : le Parc des Princes est trop petit pour un club de premier plan en Europe. Dans sa configuration actuelle, le stade propose 48.000 places assises, quand la moyenne des enceintes du top 10 des clubs européens - en termes de revenus - dépasse 63.000.
La direction du PSG souhaiterait porter le nombre de places assises à 60.000, au minimum. L'objectif serait notamment d'augmenter le nombre de sièges VIP, les plus rentables.
Pourquoi le sujet de l'agrandissement est-il bloqué ?
Si la Mairie de Paris s'est prononcée favorablement à un agrandissement du Parc des Princes, les points de désaccords avec le club sont nombreux. Le premier concerne l'ampleur du projet : la Ville considère qu'il sera impossible d'aller au-delà de 60.000 places sans toucher à la structure de l'enceinte, compte tenu de son architecture particulière et de son emplacement, puisqu'il est littéralement construit sur le périphérique parisien. Elle ne veut pas entendre parler d'une démolition pour construire un nouveau stade.
Mais les discussions patinent surtout sur la propriété de l'enceinte. Alors que la ville refuse de faire payer aux contribuables parisiens des travaux qui bénéficieraient en premier lieu aux actionnaires du club, celui-ci se dit prêt à se passer de fonds publics et à mettre 500 millions d'euros sur la table, à condition de devenir seul propriétaire du Parc.
C'est là que les positions s'opposent. D'abord parce que la Ville n'a pas nécessairement l'intention de vendre un stade qui lui rapporte au moins 1 million d'euros par an, et dont le locataire finance les rénovations. Elle privilégie plutôt la solution d'une extension de la durée du bail emphytéotique avec le PSG sur une très longue durée.
Ensuite parce que les deux parties sont très éloignées d'un éventuel compromis pour une vente. Invité à faire une offre après avoir fait part de son intention de racheter le stade, le PSG a proposé un montant « très, très, très bas (et) très loin de l'estimation » de la Mairie, a souligné à l'AFP l'adjoint au Sport, Pierre Rabadan. Selon « L'Equipe », la ville estimerait son bien à 350 millions d'euros, tandis que le PSG n'aurait offert que 40 millions d'euros.
Les derniers développements
Le sujet a été relancé par une offensive médiatique en deux temps du patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, depuis le Qatar où se déroule la Coupe du Monde 2022. « Paris mérite un meilleur stade, a-t-il asséné, le 23 novembre, auprès de l'agence Bloomberg. […] Notre première option serait de rester au Parc des Princes, mais la Ville de Paris nous pousse à partir », ouvrant la voie à un possible déménagement du club.
« Nous ne sommes plus les bienvenus au Parc », a-t-il poursuivi, une semaine plus tard, auprès du quotidien sportif espagnol « Marca ». « Nous avons investi 80 millions d'euros dans le stade, alors qu'il n'est pas à nous. Qui accepterait de faire ça ? », a-t-il encore questionné, en référence notamment à la rénovation du stade pour l'Euro 2016, entièrement financée par le club.
Une source interne au PSG a déclaré à l'AFP que ces déclarations montrent que la direction « arrive au bout de (sa) patience », après cinq ans de discussion. Au sein de la Mairie de Paris, l'agence cite une source évoquant plutôt un « contre-feu » de la part du dirigeant qatarien, alors que Nasser Al-Khelaïfi est cité dans plusieurs affaires judiciaires. La menace d'un déménagement peut aussi être vue comme un moyen de pression pour pousser l'exécutif parisien à infléchir sa position.
« La vente, on ne l'a pas exclue catégoriquement », mais c'est au juste prix, a souligné au « Parisien » le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire. Ironique, celui-ci a ajouté : « le PSG en propose 40 millions d'euros. […] Vous pensez vraiment que le Parc vaut moins que Leandro Paredes ? Ce n'est pas sérieux ». S'il ne veut pas prendre les déclarations de Nasser Al-Khelaïfi comme de « l'hostilité » vis-à-vis de la Ville, Emmanuel Grégoire juge « insultant » de « lire que (nous voulons) les chasser du Parc ».
Que vaut réellement le Parc des Princes ?
C'est la grande question au coeur des tensions entre le PSG et la Mairie de Paris. Et y répondre est un casse-tête, tant un stade est un bien immobilier très spécifique.
- Sa localisation, dans le XVIe arrondissement de Paris, l'un des secteurs les plus chers de France, et son emprise importante.
- Le PSG est le seul acheteur potentiel et veut faire valoir ses investissements conséquents dans une enceinte dont il n'est pas propriétaire.
Alors que la ville en demande 350 millions d'euros, et que le club en propose 40, le service du Domaine parisien, qui gère les biens publics de la capitale, l'estime, selon « L'Equipe », à 200 millions d'euros.
Le PSG envisage d'autres pistes
Face à l’intransigeance de la Mairie, le PSG a envisagé plusieurs pistes, notamment un rachat du Stade de France, avant de retirer sa candidature. Malgré la décision du PSG de retenir Massy et Poissy pour construire son futur stade, le champion de France va rester porte de Saint-Cloud encore plusieurs années.
Le choix du PSG, mardi, de retenir les villes de Massy (Essonne) et Poissy (Yvelines) comme possibles lieux de construction de son futur stade est une étape supplémentaire dans le processus de divorce avec la ville de Paris et de départ du Parc des Princes. Elle est la suite logique à ce différend vieux de plus de deux ans entre le champion d'Europe, désireux d'être propriétaire de son enceinte, et Anne Hidalgo, qui refuse de céder l'enceinte de la porte de Saint-Cloud.
« Cette annonce ne change rien au sujet, nous confie Pierre Rabadan, l'adjoint aux Sports. Nous continuons de tendre la main au PSG pour reprendre les discussions. Toutes les options sont possibles, encore faut-il qu'il le veuille vraiment. »
Un projet d'agrandissement à presque 60 000 places
L'engouement populaire suscité par la retransmission de la finale contre l'Inter Milan (5-0, le 31 mai) au Parc des Princes puis les célébrations du lendemain est avancé par les deux parties pour défendre leur position. Au PSG, on dit que c'est la preuve qu'aujourd'hui, il lui faut une enceinte plus grande d'au moins 60 000 places. À la mairie, on y voit l'attachement indéfectible des supporters au Parc et on note que malgré sa capacité limitée (48 000 spectateurs), le PSG est parvenu à y remporter la Ligue des champions.
Les études approfondies lancées pour les sites de Poissy et Massy doivent aboutir à l'automne 2026 selon le club. D'autant que le club possède déjà dans ses cartons un projet d'agrandissement à presque 60 000 places. En attendant, conscient que son projet de nouveau stade en banlieue prendra probablement entre cinq et dix ans, le PSG rappelle qu'il possède un bail emphytéotique du Parc jusqu'en 2044. Son départ n'est donc pas pour tout de suite.

Les supporters et l'avenir du Parc des Princes
« Le PSG, c'est au Parc. » Ce slogan s'affiche un peu partout dans Paris et en Île-de-France depuis plusieurs mois. Le Collectif Ultras Paris (CUP), même s'il est très lié à la direction actuelle, déploie une banderole avec le même message à chaque rencontre, et l'on peut imaginer qu'il protestera vigoureusement en cas de déménagement.
Il reste toutefois un dernier obstacle : une convention d’occupation du domaine public (CODP) de trente ans, conclue à la fin de l’année 2013 et entrée en vigueur en 2014, qui court jusqu’en 2044. S’il met ses menaces de départ à exécution, le PSG pourrait devoir débourser près de 20 millions d’euros.
Le PSG peut mettre fin à la convention d’occupation du domaine public (CODP) en vigueur pour le Parc des Princes, mais devra certainement s'acquitter d'une pénalité.
En pleine guerre de position, personne ne lâche entre la Mairie de Paris et le club du Paris Saint-Germain. Après plusieurs mois de conflit avec la mairie de Paris, qui refuse de vendre le Parc des Princes, Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, a annoncé vouloir faire déménager le club.
Tableau récapitulatif des enjeux et positions
| Acteur | Position | Enjeux |
|---|---|---|
| Nasser Al-Khelaïfi (PSG) | Agrandissement ou acquisition du Parc des Princes, ou construction d'un nouveau stade | Augmenter les revenus, développer le club, posséder un stade moderne |
| Anne Hidalgo (Mairie de Paris) | Refus de vendre le Parc des Princes, ouverture à un agrandissement | Préserver le patrimoine de la ville, maintenir les revenus du stade |
| Supporters du PSG | Majoritairement favorables à l'acquisition du Parc par le club | Continuer le développement du club, améliorer l'expérience des matchs |