Le rugby amateur est parfois le théâtre de débordements regrettables. Récemment, un match de Fédérale 3 entre Mauvezin et l'US Vallée du Lot a tristement illustré cette réalité, avec une bagarre générale, des accusations de racisme et l'intervention des pompiers.

Un match sous haute tension
Pour le compte de la 13ème journée de Fédérale 3, Mauvezin (7ème) recevait ce dimanche l’US Vallée-du-Lot, leader de la poule 9. Si la rencontre est bien allée à son terme, avec une victoire des locaux (37-27), elle a été marquée par des faits beaucoup moins glorieux.
Ce dimanche, le championnat de Fédérale 3 a été marqué par un gros moment de tension, dans un match qui opposait Mauvezin à l'Union sportive de la Vallée du Lot. La première équipe s'est imposée à domicile, sur le score de 37 à 27, mais de violents incidents sont venus gâcher la journée.
Dès le coup d’envoi, le choc tient en haleine le public, venu en nombre derrière la main courante. Tel un véritable combat de boxe, les deux équipes se répondent coup pour coup.
Le club de Mauvezin a récemment fait l'actualité avec le club de la Vallée du Lot, après des dérapages lors d'un match. Les pompiers ont même été obligés d'intervenir après qu'une bagarre générale ait éclaté, impliquant non seulement les joueurs mais aussi des spectateurs.
L'étincelle : une bagarre générale éclate
Un duel âpre et engagé dans le Gers qui a basculé peu avant la mi-temps, avec une bagarre générale. Nos confrères de La Dépêche rapportent des tensions qui débutent avant la pause, alors qu'un essai venait d'être marqué par Mauvezin. Tout aurait dégénéré en bagarre générale.
À quelques minutes des citrons, un maul porté s’écroule dans l’en-but lot-et-garonnais, l’arbitre accorde l’essai mais les esprits s’échauffent. On jouait l’une des toutes dernières actions du premier acte lorsqu’un ballon porté des locaux s’écroulait derrière l’en-but, leur permettait à cet instant de reprendre l’avantage au score (15-13, 39e).
Mais comme souvent sur ce genre d’action où l’orgueil des avants est touché, une échauffourée éclatait. Au centre du terrain, Christophe Marchand, l’arbitre du jour sortait pendant ce temps-là 3 cartons rouges : deux pour l’USVL et un à l’encontre des Gersois.
La partie est interrompue "une trentaine de minutes", le temps de ramener le calme sur et en dehors de la pelouse. Les gendarmes sont appelés à la rescousse, tout comme les pompiers.
Un autre article de La Dépêche précise qu'un joueur de La Vallée du Lot aurait été frappé par un spectateur. Trois cartons rouges sont distribués après cette échauffourée : deux contre l'Union sportive de la Vallée du Lot, un contre Mauvezin.
Un joueur grièvement blessé
Le deuxième ligne local, Grégory Lavigne, venu comme souvent pour séparer et calmer les esprits, était alors lourdement touché à la tête, par un coup de poing de l’ouvreur adverse.
Le n° 5 Mauvezinois, Grégory Lavigne, rejoint alors l’échauffourée pour apaiser les choses. « Il est sans arrêt en train de séparer les gars dans les bagarres, c’est notre protecteur mais il y a un joueur adverse qui est arrivé sur le côté et qui l’a tapé.
Les propos sont corroborés par une vidéo amateur, prise à quelques mètres de l’incident. Sur celle-ci, on voit clairement le n° 5 « bleu » tenter de calmer les esprits, avant que le n° 10 « noir » ne lui assène un violent coup de poing dans la mâchoire. Le Mauvezinois tombe inerte en arrière.
En bord de terrain, la santé du joueur mauvezinois victime du coup de poing suscite en effet l’inquiétude. Il est finalement transporté "conscient" à l’hôpital pour passer des examens de contrôle, dont un scanner qui ne va rien révéler.
« Ils n’arrivaient pas à lui enlever le protège-dents, parce qu’il avait perdu connaissance.
Du côté de Fumel-Tournon, personne ne conteste ces faits. « Le 5 de chez eux a pris une droite et il y a une bagarre générale sur le terrain, reconnaît Jean-Paul Mirabel, le président de l’USVL 47.
La vidéo que nous avons reçue d’un spectateur, et que nous choisissons de diffuser pour montrer à quel point ce geste aurait pu avoir des conséquences plus graves encore.
Accusations de racisme et réactions
Un supporter lot-et-garonnais, dont le témoignage est confirmé par le président de l’USVL 47, Jean-Paul Mirabel, raconte : « Il y a un joueur de Mauvezin au bord de la main courante. Blessé, il est en civil. Des insultes fusent depuis le public. On entend un sale négro. Et le joueur en civil qui parle à l’un des nôtres lui met une tarte.
Ce dernier, traité de « sale négro » selon Jean-Paul Mirabel, co-président lot-et-garonnais, a été frappé par un spectateur gersois (un joueur blessé local ?) qui se trouvait derrière la main courante.
En effet, selon certains articles qui évoquaient le match face à la Vallée du Lot, il a été indiqué que des joueurs et des supporters de Mauvezin auraient tenu des propos racistes, ce qui aurait entraîné la colère des joueurs de l'équipe adverse.
« C’était une bataille de rue, ce qui est inadmissible, c’est que ça se passe au milieu des enfants », fustige le coprésident de la RSM, Lionel Carrère.
« Tous les dimanches, il nous est difficile de ne pas tomber dans la provocation car nous sommes malheureusement confrontés à des propos racistes des joueurs et du public adverse, écrit Dominique Pozzer, dirigeant du club de la Vallée du Lot. Cela a été le cas à Mauvezin.
Jean-Paul Mirabel, président de l’USVL 47, l’assure et le répète : « Nous avons été insultés. Nous avons des Marocains dans l’équipe ».
Mauvezin est également accusé d'avoir eu un système de sécurité défaillant puisque la bagarre a impliqué joueurs et spectateurs. Mais la direction rappelle qu'un joueur de la Vallée du Lot s'est dirigé vers le public pour s'en prendre aux supporters.
Cet incident a incité le club de Mauvezin, qui recevait cette rencontre, à s'exprimer en publiant un communiqué sur les réseaux sociaux, afin de répondre à des accusations graves.
Mauvezin a répondu à ces accusations de manière ferme, regrettant également des paroles des dirigeants de l'autre club.
En tout état de cause, une enquête interne a été menée, sans qu'aucune personne n'ait été identifiée comme ayant tenu de propos racistes. L'ensemble du club condamne fermement toute forme de racisme et réaffirme son engagement envers les valeurs de respect, de tolérance et de bienveillance, qui sont au cœur de notre sport, de l'école de rugby aux seniors.
Le président de la Vallée du Lot, a pu publiquement déclarer "sur la bagarre, c'est malheureux mais ça arrive au rugby ce genre de débordement". Nous ne partageons pas cet avis et condamnons fermement toute forme de violence et de tels propos, qui n'ont pas leur place dans notre sport.
Une version en totale contradiction avec celle avancée par l’USVL 47. "Une enquête interne a été menée, sans qu’aucune personne n’ait été identifiée comme ayant tenu des propos racistes, persiste et signe la RSM.
Quid du "manque de sécurité" mis en exergue par La Vallée du Lot ? Si le résultat final, qui a vu les Mauvezinois s’imposer à quatorze contre treize après une trentaine de minutes d’interruption, n’est pas à remettre en cause, des sanctions à l’égard d’un ou des deux clubs ne sont pas à écarter.

LES PLUS GROSSES BAGARRES GENERALES ET KO DE L'HISTOIRE DU RUGBY
Conséquences et suites
Alors qu’on le pensait terminé, le match reprenait finalement son cours après cette longue interruption. En supériorité numérique, la RS Mauvezinoise l’emportait 37 à 27 et prolongeait sa série d’invincibilité à domicile cette saison.
Côté sportif, la rencontre a pu aller jusqu’à son terme. Le match a tout de même pu aller à son terme, avec une victoire des locaux qui s'est décidée dans les dernières minutes.
Une belle performance sportive certes, mais entachée par ces mauvais gestes de part et d’autres.
Cette histoire n'est donc pas terminée.
Et si du côté de St-Sat, "on espère que les hautes instances feront bien leur travail concernant les sanctions" (l’Indépendant), il se dit aussi que le club Corbières devrait porter des réclamations auprès des instances fédérales suite à l’agression de leur numéro 6 par un supporter adverse.
Des sanctions à l’égard d’un ou des deux clubs ne sont pas à écarter.
La direction gersoise ne compte pas en rester là et a rédigé un rapport à l’issue du match. Le numéro 8 massylvain, grièvement blessé, ne va pas attendre la réponse de la Ligue pour agir. « Il portera plainte de son côté dans le civil.
Il pointe par ailleurs du doigt la sécurité à Mauvezin. « Il n’y avait qu’une personne à la sécurité et c’était quelqu’un de Mauvezin, bien évidemment. Il faisait l’essuie-glace devant la grande tribune, en présence du référé.