Le jeu dont nous allons vous parler aujourd’hui, est un acte manqué ! Il est le jeu que tous les fans de ballon ovale attendaient à la rentrée 2023, pour la Coupe du Monde de Rugby à XV. Mais un jeu qui n’était pas prêt dans les temps, et qui aura été tellement reporté qu’il sera devenu, à la longue, Rugby 25 (en vente depuis le 13 février 2025) ! Mais du coup, après autant de reports et de modifications, est-il devenu l’idéal utopique de tous les amoureux de l’ovalie ? Ou bien sa carrière sera t-elle aussi fulgurante qu’une remontée de terrain de Scott Barrett ? C’est ce que nous allons voir maintenant !
Vous l’aurez compris en lisant notre introduction ! Pour un fan de rugby, il aura été particulièrement frustrant d’attendre ce jeu prévu à l’origine pour accompagner la Coupe du Monde de Rugby 2023 (septembre-octobre 2023)… Et qui sort finalement pour le Tournoi des Six Nations 2025. Après plusieurs reports et un accès anticipé en juin 2024 ! La raison ? Un besoin de peaufiner, corriger, améliorer le jeu. Bref, un développement qui aura visiblement pas mal fait souffrir les développeurs du studio Big Ant.
Pour l’anecdote, le studio est basé à Melbourne, une ville qui, quand elle n’accueille pas de GP de formule 1, vibre pour le rugby ! Big Ant Studios, donc ! Un studio qui s’y connaît en simulations de sport… Et que l’on connaît pour ses jeux de Cricket, Rugby League, Tiebreak, ou plus connus chez nous, les AO Tennis. Entre autres. On les connaît aussi pour les portages sur consoles de jeux mobiles tels que Jetpack Joyride ou Fruit Ninja.
Mais le studio s’attaque à la franchise du Rugby à XV pour la première fois. Puisque le précédent opus, Rugby 22, était développé par le parisien Eko Software. En revanche, c’est la seconde fois que la licence est éditée par Nacon. Enfin… C’est un peu plus compliqué que cela ! Jusqu’à Rugby 18, les jeux étaient édités par Big Ben Interactive. Créée en 2019, Nacon est une filiale de Big Ben. Et une marque que vous connaissez forcément pour son matériel gaming réputé, tel que les casques Rig, ou les manettes Revolution Pro. Mais aussi pour des jeux tels que Test Drive, Ravenswatch, ou prochainement le très attendu Hell is Us.
Prévu pour capitaliser sur la Coupe du Monde de Rugby, c’est donc avec un an et demi de retard que sort Rugby 24, le 13 février 2025. Ah non pardon ! On nous glisse dans l’oreillette qu’entre temps, le jeu est devenu Rugby 25 ! Et là, du coup, ça devient compliqué de mettre en avant une compétition aussi datée. Mais ça tombe bien, puisque si le jeu a changé de nom, il va aussi pouvoir changer d’événement phare. Puisque comme chaque année entre février et mars se joue le Tournoi des Six Nations.
Une compétition européenne où s’affrontent les XV d’Angleterre, d’Écosse, de France, du pays de Galles, d’Irlande et d’Italie. Cette année, il a lieu entre le 31 janvier et le 15 mars. Inutile de tourner autour de la cuillère de bois !
Comme son nom l’indique, Rugby 25 est un jeu de rugby à XV. Il va donc nous embarquer sur les principales compétitions nationales et mondiales. Et au premier abord, quand un fan d’ovalie lance le jeu pour la première fois, il est aux anges ! Car lorsqu’il s’agit de nous parler de joueurs, clubs ou championnats sous licence, le jeu se montre généreux.
On va en effet parler ici de plus de 150 clubs et 140 équipes internationales classées par région, et 15 compétitions internationales sous licence. Du côté des menus, on a aussi de quoi faire, avec des classiques du genre. Tels qu’un mode Partie Rapide, Carrière, du multijoueur en local ou en ligne… Et une foultitude de tournois compétitifs, dont bien évidemment le Tournoi des 6 Nations Masculin.
Ainsi qu’une Académie qui embarque un mode créatif permettant de créer et personnaliser vos joueurs (hommes ou femmes), stade, club, logo… Le jeu joue aussi la carte de l’abondance du côté des terrains. Ainsi, vous pourrez échanger des balles sur les terrains les plus prestigieux. On va bien évidemment retrouver la même démesure du côté des joueurs. Les développeurs visant le meilleur réalisme grâce à la photogrammétrie.
On va ainsi retrouver 20 équipes de la Coupe du Monde (bien que la compétition ne soit pas proposée dans le menu compétitif). Mais le catalogue explose dès lors que l’on navigue dans les différentes régions ou championnats.
5 conseils pour progresser au Rugby 25
Ils sont assurés par Matthieu Lartot, journaliste de France Télévisions bien connu de ceux qui suivent le XV de France. Il est, comme à la TV, en binôme avec Dimitri Yachvili, ancien demi de mêlée du XV de France aux 61 sélections. Les commentaires décrivent assez bien les actions à l’écran. Mais hélas, tournent vite en rond, fatalement (puisque vous réalisez les mêmes actions)… De même, le duo de commentateur semble souvent sur sa réserve, et manque parfois d’enthousiasme.
Une fois que vous vous lancez dans la rencontre de votre choix, les matchs sont entièrement paramétrables. De la météo au niveau de blessures, en passant par l’heure de la rencontre, la difficulté, le temps de jeu, le type de départage en cas d’ex-aequo à la fin du temps règlementaire… Et rugby oblige, comme vous pouvez vous en douter, on est ici sur un sport aux règles assez complexes pour quiconque débarque sans connaître cette discipline.
Heureusement, le jeu propose un mode tutoriel qui au mieux fera office de piqure de rappel, au pire permettra aux néophytes de démarrer avec les notions les plus essentielles des différentes phases de jeu.
Les Points Faibles de Rugby 25
Mais le gros point faible du jeu, c’est sa réalisation, perfectible. D’entrée, on est surpris par la vue éloignée, sans possibilité de pouvoir choisir un autre angle. Ce qui a pour effet de nous faire perdre en lisibilité : on ne comprend pas toujours quelles sont les actions qui se déroulent. Pire, la caméra se place systématiquement derrière le porteur du ballon.
Lorsque celui-ci change de camp, elle bascule de l’autre côté du terrain (on peut cependant la fixer dans les réglages). Et lorsque le ballon change plusieurs fois de suite de mains ? Préparez vous à un mal de tête, et à perdre votre sens de l’orientation ! Pour toutes ces raisons, l’affichage du jeu est réellement épuisant.
Il va aussi falloir, dans ce test, que nous parlions de l’IA. D’une part, son niveau est relevé. Et même en mode « très facile », elle va vous mettre la misère. Pouvant détruire en un instant l’offensive que vous étiez en train de construire depuis quelques actions déjà. Mais étrangement, l’IA du jeu sait aussi faire preuve de réactions absurdes.
Lors d’une attaque par exemple, elle stoppe net dès lors qu’un joueur lui fait face. Et lorsque l’on sait que le joueur doit choisir à qui il adresse ses passe, quand l’action va très vite, on aimerait pouvoir compter sur l’assistance de l’IA. Hélas, la latence qui découle de ses arrêts intempestifs, aussi brève qu’elle soit, est juste parfaite pour vous faire perdre la balle dans les moments décisifs.
Et puis, il y a tous ces petits soucis de finalisation. Des saccades pendant les cinématiques, des bugs, l’absence de sensations lors des collisions ou des contacts… Ou encore une modélisation des joueurs inégale. Parfois c’est réussi et on reconnaît bien nos rugbymen… Parfois leur reproduction nous ramène dix ans en arrière.
Pire encore, quelques écarts de modélisation sur des mêmes joueurs. Par exemple une compétition où l’on reconnait bien notre cher Antoine Dupont… Et une partie plus tard, sous un autre angle, le même joueur beaucoup moins ressemblant, même en plissant les yeux. On peut aussi parler d’une incompréhensible latence des touches, qui complique nos actions.

La première question que nous nous sommes posée à l’approche de la sortie de ce Rugby 25 était : « a t-on enfin trouvé le Fifa du rugby ? Est-ce que ce Rugby 25 est taillé pour ramener la coupe Webb Ellis à la maison ? » Et puis, le jeu est arrivé. Plein de bonnes intentions, et avec un potentiel certain… Mais un jeu qui aurait peut-être nécessité plus de temps ou de moyens.
Les intentions sont là, en témoigne un contenu colossal
Le principal intérêt de Rugby 25 réside dans le fait que, pour un amateur de ballon ovale, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent ! Et sur le fait que, sur le papier, le jeu de Nacon déroule des propositions très intéressantes. Mais le jeu souffre de bugs et défauts de calibrage, ou de défauts de jouabilité, qui en font un soft assez compliqué à appréhender, manette en main.
On parle d’un sport dont les (nombreuses) règles ne sont pas simples… Alors si le jeu lui-même s’y met pour vous compliquer la vie… Et quand beaucoup de titres peuvent s’améliorer avec des patchs, la tâche semble particulièrement relevée (ou longue) pour ce Rugby 25, pas vraiment taillé pour être un jeu universel. Il demande une longue phase d’apprentissage, voire beaucoup de résilience.

En résumé, Rugby 25 est un essai marqué, mais avec une transformation qui loupe les poteaux ! Un essai parce que le jeu est très généreux et offre aux fans du ballon ovale tout ce qu’ils peuvent attendre d’un jeu de rugby… Mais un essai non transformé parce qu’il frustre aussi beaucoup. Notamment à cause d’une réalisation datée, et de bugs ou mauvais calibrages qui rendent l’expérience très compliquée manette en main. En espérant que le gameplay s’améliore avec le temps, et avec quelques patchs. Ce n’est donc pas le banger que l’on attendait, mais les développeurs sont sur la bonne voie.
Tableau Récapitulatif des Points Forts et Faibles de Rugby 25
| Points Positifs | Points Négatifs |
|---|---|
| ✔️ Un contenu complet avec de nombreuses équipes et licences officielles. | ❌ Un gameplay vraiment frustrant. |
| ✔️ Un mode Carrière intéressant sur le papier. | ❌ Une intelligence artificielle inégale. |
| ✔️ Des équipes féminines jouables, une première dans un jeu de rugby. | ❌ Des bugs omniprésents. |