L'histoire du Auchel Football Club (FC) est indissociable de celle du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Ce club, comme beaucoup d'autres dans la région, a vu le jour et s'est développé au rythme de l'industrie minière, devenant un symbole de la culture ouvrière et de l'identité locale. Cet article explore l'histoire du club, ses moments marquants, et son lien profond avec la communauté d'Auchel.

Les formes anciennes du nom de la commune incluent Alceel (1081), Alcehel (1104), Auceel (1219), Auchiel (1222), Auchel (1262), Aucel (1268), Auchoel (1270), Aucheel (1278), Aucheul (1310), et Auciel (1311). En 1789, Auchel dépendait du bailliage d’Aire, sauf une petite partie tenue de la seigneurie d’Aubigny, et suivait la coutume d'Artois.
Les Racines du Football dans le Bassin Minier
Le football a été introduit en France depuis la Grande-Bretagne à partir de 1890, notamment dans les centres industriels de Lille, Dunkerque, Calais, Boulogne, Arras et du Bassin Minier, par des hommes "providentiels" et grâce à l’introduction de l’éducation physique à l’école.
Après la Première Guerre mondiale, le football connaît un essor important dans la région, car tout est à reconstruire. Le patronat encourage la pratique sportive dans ses établissements, inscrivant celle-ci dans une politique "d’hygiène sociale". Le sport doit servir à acquérir une robustesse physique, à entretenir la santé et à développer des valeurs telles que l’image de l’entreprise, la combativité, la solidarité.
C’est dans ce contexte que les clubs de football se développent dans les usines, les mines ou à proximité dans les années 20. À partir de 1921, une loi oblige les communes à construire des installations sportives. Par souci d’économie, on décide de créer des structures omnisports qui serviront à plusieurs disciplines.

L'Âge d'Or de l'US Auchel
L’US Auchel est championne de France de CFA en 1946. En 1948/1949, Elie Fruchart (gardien) est l’entraîneur du club. Jean Vincent, un peu avant son départ au LOSC, deviendra l’ailier gauche international du grand Reims avec Kopa, Fontaine, Piantoni.
Le Football Ouvrier et le Football Spectacle
Olivier Chovaux fait la distinction entre le football ouvrier qu’on pratique pour se détendre dans toutes les villes minières et le football des ouvriers qui est le football-spectacle développé par les grands clubs amateurs ou professionnels, c’est-à-dire celui qui était supporté financièrement et donc contrôlé par les Houillères.
Les meilleurs jeunes de la région sont attirés vers les grands clubs amateurs (qui sont en fait des clubs corpos soutenus par les Mines) et ceux-ci alimentent à leur tour les deux clubs-phares que sont le RC Lens et l’US Valenciennes-Anzin (USVA). On rappelle sans cesse aux joueurs qu’ils sont des privilégiés et qu’ils doivent être des exemples pour les mineurs qui les supportent : c’est le temps de la trilogie ̎Fidélité aux Houillères, Fidélité au club, Fidélité aux mineurs ̎.
Les rencontres entre les grands clubs amateurs du Bassin Minier sont en fait autant de matches inter-Compagnies acharnés. Les stades de football deviennent ainsi des bastions de la virilité où on fait l’éloge de la combativité et du courage et où on valorise la force physique ; on veut une équipe qui attaque et qui prenne son adversaire à la gorge.
Figures Emblématiques Issues d'Auchel
Plusieurs joueurs talentueux ont émergé de l'US Auchel, marquant l'histoire du football français. Parmi eux, deux noms se distinguent particulièrement :
Maryan Wisniewski
Né le 1er février 1937 à Calonne-Ricouart, Maryan Wisniewski a débuté sa carrière à l’US Auchel avant d’être repéré par le Racing Club de Lens. Il reste à ce jour le plus jeune international depuis la seconde guerre mondiale. Le jour de sa première sélection, il avait 18 ans, 2 mois et 2 jours.
Rapide, technique, intelligent et reconnu pour sa qualité de centre, cet ailier droit effectue ses premiers pas de footballeur dans le petit club de l’US Auchel, avant d’être très vite repéré par le Racing Club de Lens, où il signe son premier contrat professionnel à 17 ans. Il inscrit son premier but en championnat l’année suivante face à l’AS Saint-Étienne.

Il s’installe ensuite dans le groupe France, inscrivant ses deux premiers buts contre l’Islande en 1957. Quelques semaines plus tard, il révèle son talent au monde entier lors du Mondial 1958, aux côtés des Kopa et Fontaine, auteur de deux buts et de prestations abouties.
À son retour, il réintègre le club Sang et Or puis s’envole en 1963 vers l’Italie et la Sampdoria de Gênes. En mal du pays, il reviendra en France la saison suivante en signant à l’AS Saint-Étienne puis au FC Sochaux, avant d’achever sa carrière pro au FC Grenoble.
Jean Vincent
Originaire du Pas de Calais, Jean Vincent fera ses débuts à l’US Auchel. Sous la direction d’Élie Fruchart, il va progresser rapidement, au point d’intégrer l’équipe de France juniors. Il participe au championnat d’Europe des moins de 18 ans, organisé au Pays-Bas. Les bleuets remportent le tournoi, en dominant les bataves 4 buts à 1 en finale.
Recruté par le LOSC à l’été 1950, Jean Vincent dispute son premier match professionnel dès le mois d’août contre le Red Star. Dès 1951, il prend la place de titulaire sur l'aile gauche. Sa première saison est tout simplement phénoménale puisqu’il inscrit 14 buts en championnat.
Avec Lille puis Reims, il gagnera tout ce qui peut être gagné. Taulier des bleus, il sera de toutes les campagnes, avec en point d’orgue la 3ème place obtenue lors de la Coupe du monde 1958.
Avec les Bleus, il marque 22 buts en 46 sélections. Il atteint la demi-finale de la Coupe du Monde 1958 en Suède et dispute l'intégralité des matchs. Devenu ensuite entraîneur, c'est à Nantes qu'il connaît ses plus belles heures de gloire de 1976 à 1982. Successeur du "Maître" José Arribas, cerveau du fameux "jeu à la nantaise", il remporte deux titres de champion de France (1977 et 1980) et apporte au club sa première Coupe de France (1979).
Le Déclin de l'Industrie Minière et ses Conséquences sur le Club
Au début des années 60, les HBNPC lâchent progressivement les clubs au fur et à mesure de la fermeture des mines : Auchel dégringole de CFA car les moyens et donc les bons joueurs ne sont plus là. Après la grande grève des mineurs en 1963, le club perd son meilleur joueur, Wisniewski.
En janvier 1969, le 1er Ministre Couve de Murville annonce qu’il faut stopper le déficit des entreprises nationalisées et en particulier celui des HBNPC ; la récession entamée après 1963 est désormais accélérée car la concurrence du pétrole et du nucléaire à venir est impitoyable. Forcés de faire des économies, les HBNPC lâchent définitivement le Racing et Jean Michaux annonce la fin du football professionnel à Lens en 1969.
L'Auchel FC Aujourd'hui
L’Auchel FC retrouvait le quatrième tour de la Coupe de France. La marche était encore trop haute. Dimanche 3 octobre, l’Auchel FC jouait le quatrième tour de la Coupe de France, cap qu’ils n’ont jamais franchi. Bien que les deux divisions d’écart ne se soient pas senties sur le terrain, l’efficacité des visiteurs a fait la différence.
Malgré la défaite, le club tire des leçons de ce résultat. Pour l’équipe visant la Régionale 3, jouer un adversaire de R2 donne une idée du niveau de l’équipe. Place au championnat et l’objectif de montée au niveau régional.
Aujourd'hui, l'Auchel FC continue de jouer un rôle important dans la communauté locale, offrant aux jeunes la possibilité de pratiquer le football et de perpétuer l'héritage du club. Bien que les temps aient changé, l'esprit de solidarité et de combativité qui a caractérisé le club depuis ses débuts reste bien vivant.
Film d'animation Bassin minier Patrimoine mondial de l'Unesco
Infrastructures Sportives d'Auchel
- Complexe Jacques Secrétin (Boulevard de la Paix et rue de la Meuse)
- Salle Hervé Beaugrand (boulevard de la Paix)
- Salle Michel Bernard (rue Pablo Picasso)
- Salle Roger Couderc (rue Séraphin Cordier)
- Salle Émile Basly (Boulevard Basly)
Références
- R. Bertrand Cocq, Le vieil Auchel [Album de reproductions de cartes postales de 1880 à 1930], Impr. François Crépin, Auchel.
- Jean Ratel, Le moulin à vent d’Auchel, Plein Nord.
- Odile Canneva-Tétu, Anne Lefèbvre, Bernard Ghienne, Le bassin minier.
- Edmond Gogolewski, La chorale Millenium de Marles-Calonne-Auchel.