ASSE : Conditions d'un improbable repêchage en Ligue 1

Relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison, l’AS Saint-Étienne (ASSE) a toujours un œil sur la situation financière de plusieurs clubs de Ligue 1, avec dans un coin de la tête l’espoir d’un improbable maintien administratif. Samedi soir, les Verts accusaient le coup après leur défaite contre Toulouse, synonyme de relégation sportive.

Toutefois, le scénario d’un maintien en Ligue 1 en profitant de relégations administratives est possible. Depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire mois, les supporters stéphanois voyaient la possibilité que l’ASSE fasse l’ascenseur grandir, au point que certains envisageaient même un maintien administratif. S’ils se seraient certainement épargné ce cas, l’hypothèse prend désormais de l’épaisseur au vu de la situation globale du football français.

« On n’est pas à l’abri que des clubs soient repêchés », nous glissait un ex-dirigeant du football français récemment. La fin de saison a été douloureuse pour l’ASSE, qui n’aura fait qu’un retour d’une seule saison en Ligue 1. Sauf que les démêlés de son grand rival, l’Olympique Lyonnais, avec la DNCG pourraient faire son bonheur.

Avant-dernier de Ligue 1 en 2024-2025, l’AS Saint-Etienne a logiquement été reléguée en Ligue 2. La nomination d’Eirik Horneland au mois de janvier a redonné un peu d’espoir au club forézien, mais le technicien norvégien n’est pas un magicien et il n’a pas réussi à maintenir une équipe trop limitée. Les nouveaux dirigeants de l’ASSE peuvent avoir de gros regrets car avec quelques investissements supplémentaires, ils auraient sans doute pu maintenir leur club sans trop de difficulté. A présent, il va falloir repartir de la Ligue 2 avec l’espoir de vite revenir en Ligue 1.

A moins que certains clubs à la situation financière délicate n’offrent à Saint-Etienne une improbable remontée express. Dans le Forez, on y croit toujours comme le détaille le site Peuple Vert, qui explique que la situation de l’OL est source d’espoir chez les Verts. Le média affirme qu’en l’état, « la rétrogradation n’est pas à exclure pour l’OL » et que la réponse tombera le 24 juin prochain, date du passage des Gones devant la DNCG.

En effet, Lyon a été relégué en Ligue 2 par le gendarme du football français, ce qui oblige la Ligue à repêcher un club. Dans la logique des choses, pour éviter un retour de l’ASSE en Ligue 1, le Stade de Reims doit revenir dans l’élite, mais sous certaines conditions. De plus, revenir en Ligue 1 reviendrait, pour le Stade de Reims, à recruter des joueurs capables de rivaliser avec les autres clubs.

Voici une réalité qui devrait jouer en faveur de l’AS Saint-Étienne, bien plus à même de présenter un budget pour un club de Ligue 1. C’est sur ce point que la puissance financière de Kilmer Sports Ventures devrait servir le club.

La situation financière des clubs de Ligue 1

Au cours du mois d’avril, Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG (direction nationale de contrôle de gestion), avait prévenu les clubs de football professionnels français : « la bamboche, c’est terminé ». Lors de leur prochain passage devant l’instance régulatrice, les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ne pourront pas intégrer de revenus liés aux droits TV ou des engagements de transferts, pas toujours tenus, dans la construction de leur budget pour la saison 2025-2026.

Depuis le Covid et la venue de..., une garantie bancaire à présenter. La santé du football français est vacillante, ce n’est pas nouveau. La baisse des droits TV a mis un coup à toutes les écuries tricolores, parfois même les plus solides sur le papier, comme l’OL. Et les malheurs de ces clubs pourraient profiter à l’ASSE, reléguée sportivement en Ligue 2.

La DNCG pourrait en effet ne pas valider le maintien du Havre parmi l’élite si le rachat du club venait à capoter. Et justement, l’opération bat de l’aile… Des actionnaires du club normand seraient en action et perturberaient grandement la finalisation du rachat par le groupe américain Blue Crow Sports. Ce rachat doit permettre de combler le trou de 15 M€ et assurer la présence du HAC en L1. Dans le cas contraire, les Havrais pourraient être rétrogradés et ainsi offrir une place à un club plus solide financièrement. L’ASSE serait naturellement concernée en priorité pour cette place de repêché.

La DNCG surveille de près les finances des clubs français.

Les espoirs de l'ASSE reposent sur les difficultés de l'OL et de Reims

L'ASSE compte sur les déboires de l'OL et de Reims. Autrement dit, si Reims et l’OL venaient à être épinglés par la DNCG cet été, c’est l’ASSE qui en tirera profit et qui pourrait se voir offrir par miracle une place en Ligue 1. Chez les Verts, on se veut toutefois prudents et « on se garde bien d’afficher le moindre triomphalisme » même si « dans une Ligue 1 fragilisée, ce scénario n’est plus si invraisemblable ».

Dans la hiérarchie du football français, les places ne se libèrent pas uniquement sur le terrain. En cas de relégation administrative d’un club de Ligue 1, un scénario de maintien totalement imprévu peut se produire. Lorsqu’un club de Ligue 1 est relégué administrativement - souvent pour raisons financières ou administratives - la Ligue de Football Professionnel (LFP) prévoit un processus clair pour désigner son remplaçant.

Selon l’article 520 du règlement des compétitions sportives de la LFP, c’est d’abord le club battu lors du barrage d’accession à la Ligue 1 qui est repêché, à condition qu’il remplisse les critères exigés pour évoluer dans l’élite. Ce barrage oppose le 16e de Ligue 1 au vainqueur des play-offs de Ligue 2. Le scénario devient encore plus ouvert si le perdant du barrage ne satisfait pas aux conditions requises (infrastructure, finances, encadrement, etc.).

Dans ce cas, la LFP se tourne vers les clubs classés 17e puis 18e de Ligue 1, toujours sous réserve qu’ils soient en règle. Cela signifie qu’un club officiellement relégué sportivement pourrait, dans un scénario exceptionnel, être repêché sur tapis vert.

En cas de relégation administrative de l’Olympique Lyonnais, c’est le Stade de Reims, battu lors du barrage L1/L2 qui sera repêché… à condition que le club champenois ait également les reins solides financièrement, ce dont on peut également douter selon le média spécialisé dans l’actualité de l’ASSE. « Pour survivre, Reims devra encore vendre... mais le marché s’annonce peu favorable » précise le site Peuple Vert.

Dans la logique des choses, pour éviter un retour de l’ASSE en Ligue 1, le Stade de Reims doit revenir dans l’élite, mais sous certaines conditions. De plus, revenir en Ligue 1 reviendrait, pour le Stade de Reims, à recruter des joueurs capables de rivaliser avec les autres clubs.

La DNCG, après avoir audité le dossier lyonnais ce mardi 24 juin, a confirmé la rétrogradation en Ligue 2 de l’OL : décision implacable prise en vertu de l’article 11 de son règlement. Relégué à titre conservatoire lors du mercato hivernal, faute de preuves tangibles d’un plan de financement viable, l’OL n’a jamais levé le doute sur sa capacité à stabiliser ses comptes. Malgré la sévérité de la sanction, l’OL dispose encore d’un recours : le club peut déposer un appel.

La direction lyonnaise a deux voies : susciter l’entrée d’investisseurs, restructurer sa dette, ou renforcer les apports de capitaux. Faute de quoi, la confirmation en appel sonnerait la fin d’un empire du football français fondé en Ligue 1 depuis 1989, année de l’arrivée de Jean-Michel Aulas.

La sanction contre l’OL ouvre une porte royale pour l’ASSE, lettré au repêchage. En cas de relégation définitive de l’OL, c’est le Stade de Reims qui serait prioritaire pour monter en Ligue 1, selon le règlement FFF. Cependant, Reims reste en mauvaise posture financière, selon les derniers bilans. Une situation qui ne rassure pas. Suffisant pour s'éviter un repêchage ?

Autre scénario à envisager : la relégation du Havre AC. Le club normand, en pleine négociation de rachat, est appelé à fournir des garanties supplémentaires à la DNCG pour assurer la continuité de son projet Ligue 1. Si le Havre déçoit dans sa démarche, la FFF devra à nouveau regarder vers la Ligue 2.

Conditions et budget

Pour la saison prochaine, Jean-Pierre Caillot prévoit un budget estimé entre 25 et 30 millions d'euros. Mais comme le précise RMC Sport, si les Gones sont définitivement relégués, ils devront de nouveau passer devant le gendarme financier du football français. Et cette fois, il faudrait ainsi présenter un budget plus conséquent.

Dans l'urgence et avec des entrées d'argent diminuées (abonnements moins chers, baisse des prestations VIP...), le Stade de Reims aura-t-il les reins assez solides pour convaincre la DNCG de grimper d'un échelon ? Si non, qui pourrait en profiter ? Au regard du classement de la saison dernière, l'ASSE, 17e apparaît favorite.

De leur côté, les Stéphanois, forts d'un nouvel actionnaire puissant (Kilmer Sports Ventures) n'ont pas vraiment de souci à se faire, eux qui prévoient un budget d'environ 40 millions d'euros pour la saison 2025-2026 en Ligue 2. La DNCG ne sera pas un problème pour un club dimensionné pour la Ligue 1.

Voici un tableau récapitulatif des budgets prévisionnels et des situations financières des clubs mentionnés :

Club Budget Prévisionnel (en millions d'euros) Situation Financière Conditions de Repêchage
Olympique Lyonnais (OL) Inconnu (en attente de décision DNCG) Rétrogradé en Ligue 2 (appel possible) Doit stabiliser ses comptes ou trouver des investisseurs
Stade de Reims 25-30 Doit présenter un budget conséquent Doit convaincre la DNCG de sa solidité financière
AS Saint-Étienne (ASSE) Environ 40 Budget solide grâce à Kilmer Sports Ventures Peut profiter des difficultés des autres clubs
Le Havre AC Inconnu (en attente de rachat) Rachat incertain Doit fournir des garanties supplémentaires à la DNCG

Pour autant, actuellement, l'hypothèse a trop de facteurs pour rendre cette piste possible, entre les différents appels de l'Olympique Lyonnais ainsi que la capacité de Reims à potentiellement présenter un budget valable, la fenêtre de tir est maigre.

En résumé, la décision de la DNCG, sévère mais cohérente, plonge l’OL dans une période critique. Le club dispose encore d’un recours, mais l’issue reste incertaine. En toile de fond, le repêchage de l’ASSE en Ligue 1 semble vraiment peu probable, à la condition que Reims ou Le Havre ne remplissent pas les conditions requises. Si les Verts bénéficient de cette opportunité, ce serait une issue indirecte à la relégation de leur rival historique.

Il est très probable qu’il y ait, cette saison, un nombre plus important de mesures d’encadrement, voire de mesures d’interdiction de recrutement que celles qu’on a pu connaître l’année dernière.

Jean-Marc Mickeler a sa petite idée. « Une diminution significative de la masse salariale. Ça, c’est la priorité absolue. Nous ne comprendrions pas le contraire. Par exemple, les joueurs en fin de contrat à l’issue de la saison, c’est 250 millions d’euros de masse salariale en Ligue 1 et en Ligue 2. On a, dans tous les grands championnats européens, entre 25 et 27 joueurs sous contrat. La moyenne en France est de 36 joueurs pros sous contrat. C’est trop. » Et si les clubs français ne jouent pas le jeu ? La réponse est claire. « On verra. »

Les supporters de l'ASSE espèrent un revirement de situation.

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