Le Stade Rennais, club historique du football français, a connu des hauts et des bas tout au long de son existence. Des défaites cinglantes aux victoires mémorables, son parcours est riche en émotions. Cet article vous propose de revenir sur certains moments clés de son histoire, notamment ses confrontations avec l'AS Monaco, un autre club emblématique du championnat français.
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Les débuts et les premières défaites marquantes
Le premier match de l’Histoire du Stade Rennais s’était soldé sur une défaite cinglante : 6-0 face au FC Rennais en amical. Anecdotique, certes, mais révélateur des défis qui attendaient le club.
Un tel écart au score n’était pas arrivé depuis longtemps pour le Stade Rennais. Humiliés 7-0 à Monaco lors des huitièmes de finale de Coupe de la Ligue, les Rennais ont déjà connu quelques défaites sur un score fleuve. Des défaites parfois plus humiliantes et marquantes que d’autres, dont on vous propose de faire le tour après la claque reçue en Coupe de la Ligue, ce mercredi, face à Monaco (défaite 7-0).
Coupe de France 1983/1984 : L’humiliation face au voisin nantais
La saison 1983-1984 du Stade Rennais restera sans doute comme l’une des pires de son histoire. Promu en Division 1 cette année-là, le club rennais termine 20e du classement et redescend directement en Division 2. Pas une saison marrante pour les supporteurs, et ce n’est pas les matches de Coupe de France face au FC Nantes qui vont leur donner le sourire. Les Rennais prennent 9-0 sur les deux matches, la Coupe se jouant encore par match aller-retour, dont un cinglant 7-0 à Nantes !

Saison 1994-1995 : Un vent venu du Nord
Retour en D1 pour le Stade Rennais. Après deux nuls face à Saint-Étienne et au Havre, les Rennais se déplacent à Lens avec l’espoir d’une première victoire en D1 pour fêter ce retour. Manque de bol, les Lensois ne l’entendent pas de cette oreille et infligent un 5-0 aux Rennais de Michel Le Milinaire. Cette même année, les Rennais s’inclinent également 5-1 face au voisin caennais ou encore 4-0 au Havre.
Saison 2001-2002 : Cissé calme le Stade Rennais d’entrée
Il y a des matches où un joueur en état de grâce peut mettre à mal tout un club. Lors de la première journée de championnat, le Stade Rennais reçoit l’AJ Auxerre de Djibril Cissé. Un match que l’attaquant français va marquer de son empreinte puisqu’il inscrit un quadruplé. Une défaite qui se termine sur le score de 0-5, et qui place d’entrée le Stade Rennais à la dernière position du classement.
Saison 2005/2006 : Claques en série
Cette année-là, Rennes finit la saison à une honorable septième place. Un classement qui ne peut effacer toutefois quelques belles claques reçues par le club rennais, alors dirigé par Laszlo Boloni. C’est simple, sur les cinq premiers matches de championnat, Rennes perd quatre fois et prend trois roustes. La première, à domicile, face à « l’ennemi » nantais : 0-3, la deuxième au Mans : 4-0.
Coupe d’Europe 2005/2006 : Salonique sans pitié face à Rennes
L’année 2005/2006 est difficile pour les supporteurs rennais. Outre les larges défaites reçues en championnat, les joueurs du Stade Rennais en prennent une belle en Coupe d’Europe. Assuré d’être éliminé après 4 défaites dans le Groupe G de la Coupe UEFA (groupe composé du PAOK Salonique, du Shaktar Donetsk, de Rapid Bucarest et de Stuttgart), le Stade Rennais se déplace à Salonique.

Le Stade Rennais, ici face au Shaktar Donetsk, a été sévèrement battu face au PAOK Salonique lors de la Coupe UEFA 2005/2006.
Coupe de la Ligue 2016/2017 : Monaco en passe 7
La dernière humiliation en date pour le Stade Rennais. « Une première » dans sa carrière pour Christian Gourcuff. Avec une équipe B (pour ne pas dire C), le Stade Rennais se déplace à Monaco, véritable machine à but cette saison, et une équipe moins remaniée que celle de Christian Gourcuff.
Les confrontations avec l'AS Monaco
Ligue 1, Monaco - Stade rennais, dimanche à 14h. Avec 6 victoires seulement en 39 confrontations en championnat, Rennes a toujours été à la peine au stade Louis-II. Fondée en 1919 après la fusion de plusieurs clubs sportifs monégasques, l’Association sportive de Monaco mettra du temps avant de s’imposer sur la scène nationale. Longtemps avec un statut amateur, le club végétera dans les divisions régionales de la Ligue du Sud-Est. Il doit attendre quelques années après la Libération pour obtenir de façon définitive un statut professionnel (1948). Il lui faudra patienter cinq années de plus pour atteindre la Première division. Le début des années 1960 marquera une première période faste, avec deux titres de champion (1961,1963) et deux coupes de France (1960, 1963). Après sa remontée en 1977, le club azuréen retrouve le succès dans les années 1980. L’arrivée d’Arsène Wenger au poste d’entraîneur lui fera franchir un nouveau cap sur la scène européenne, avec une finale de Coupe des Coupes perdue en 1992 face au Werder Brême. Club majeur du championnat, Monaco marque alors surtout par sa régularité, participant quasiment chaque saison à l’une des différentes coupes d’Europe. Les Monégasques s’offrent même à deux reprises les demi-finales de la Ligue des Champions, perdues à chaque fois, contre le Milan en 1994 et la Juventus en 1998. La dernière épopée monégasque en Ligue des Champions, en 2004, les verra échouer en finale face au FC Porto de José Mourinho et Deco. Relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison 2010-2011, l’AS Monaco passe deux saisons à l’échelon inférieur. Avec l’arrivée du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev fin 2011, le club réalise un important mercato l’été suivant, dans le but de remonter rapidement en Ligue 1, ce qui est chose faite en 2013. Pour son retour parmi l’élite, l’ASM termine à la deuxième place du championnat et se qualifie pour la phase de poules de la Ligue des Champions pour la première fois depuis dix ans.
La première confrontation en Division 1 entre les deux clubs au stade Louis-II remonte au 1er janvier 1957. L’ASM est déjà solidement ancré en première division, alors que le Stade rennais vient d’y remonter après trois saisons passées en D2. Cette prise de contact avec la Principauté se passe mal pour les Rennais : ils subissent une lourde défaite (0-4) devant... Par la suite, les choses ne s’arrangent pas pour les Bretons, qui repartent de Louis-II avec des valises souvent bien lourdes à porter. Il faut attendre le neuvième match pour que l’équipe menée par Jean Prouff accroche le premier point rennais à Monaco (1-1, le 2 mars 1966) grâce à un but de Michel Watteau. La première victoire mettra cinq années supplémentaires pour se dessiner. Le 28 novembre 1971, c’est un but d’André Betta à vingt minutes de la fin qui permet aux « Rouge et Noir » de mettre un terme à une série de douze matchs sans victoire à Louis-II. Ce succès reste cependant sans lendemain, la suprématie monégasque reprenant son cours...
Puis, depuis ce succès acquis au début des années 2000, Rennes est ensuite venu s’imposer à quatre reprises en Principauté. En 2003-2004, les Rennais avaient ainsi créé la surprise en s’imposant largement (4-1) face à des Monégasques en pleine préparation de leur finale de Ligue des Champions (perdue face à Porto), et qui voyaient là s’évanouir leurs derniers espoirs de titre. Le Stade rennais parvenait même à aligner trois succès de rang à Louis-II, de 2005 à 2008, inscrivant à chaque fois deux buts.
Voici un aperçu des résultats récents des confrontations entre Monaco et le Stade Rennais :
- 2014-2015 (L1) : match nul 1-1
- 2014-2015 (Coupe de France) : victoire de Monaco 3-1
- 2013-2014 : victoire de Monaco 2-0
- 2008-2009 (L1) : victoire de Monaco 3-1
Pas évidentes, les venues de l’AS Monaco au stade de la route de Lorient. Il s’agit de l’un des clubs qui s’y est plus imposé qu’il n’y a subi la loi des Rouge et Noir, puisqu’en Ligue 1, l’AS Monaco l’a emporté 15 fois en Bretagne, pour 14 victoires rennaises seulement.
La saison passée, le Stade rennais avait reçu Monaco mi-avril, à trois jours de sa demi-finale de Coupe de France contre Angers. Bien en place en première mi-temps, les hommes de Philippe Montanier n’avaient pas réussi à inquiéter leur adversaire, ne cadrant qu’un seul tir dans le match (sept frappes au total).
Bilan des Monaco - Stade rennais en Ligue 1 : 39 matchs, 28 victoires monégasques, 5 matchs nuls et 6 victoires rennaises.
Bilan des Stade rennais - Monaco en L1 : 38 matches, 14 victoires rennaises, 9 matchs nuls et 15 victoires monégasques.
Focus sur Benoît Costil

Costil, lors du match de Ligue 1 avec Rennes. 6 ans après son arrivée en provenance de Sedan, Benoît Costil va disputer son dernier match avec Rennes samedi au Roazhon Park contre Monaco (21h00). Cette fois, c'est bientôt fini. Une rencontre qu'il disputera avec le brassard de capitaine, habituellement porté par Romain Danzé. Un dernier clin d'œil pour celui qui est arrivé avec l'étiquette de meilleur gardien de Ligue 2 et qui repart, pour quatre ans à Bordeaux, avec le statut d'international français.
"Le Stade Rennais ne se refuse pas". C'est par ces mots que Benoît Costil a justifié sa signature le 14 juin 2011. Libre de tout contrat après deux saisons à Sedan et un titre de meilleur gardien de Ligue 2, le natif de Caen rejoint Rennes, alors entraîné par Frédéric Antonetti. Il arrive dans les valises de Christophe Revel, fraîchement nommé entraîneur des gardiens du club breton et succède à Nicolas Douchez, parti tenté l'aventure au Paris Saint-Germain après trois saisons pleines en Bretagne. Un nouveau challenge pour le duo Costil-Revel, qui s'était déjà côtoyé à Vannes lors de la saison 2008-2009. Un exercice au cours duquel Christophe Revel avait perdu sa place de titulaire au profit de Benoît Costil.
Quand on lui demande quels matches l'ont marqué sur la scène européenne, il vous cite automatiquement deux rencontres. Celle à Rennes contre l'Atlético Madrid de Radamel Falcao et celle à Belgrade dans une ambiance surchauffée. Mais c'est bien en Géorgie, à Tbilissi, que Benoît Costil a fait ses débuts européens à l'occasion du tour préliminaire de Ligue Europa contre le Metalurgi Rustavi. Avec Yann M'Vila ou encore Kader Mangane, il découvre un nouvel univers et se lance dans une campagne qui aboutira à une qualification pour la phase de poules.
Il aura fallu attendre 4 ans avant de revoir le Stade Rennais en finale de Coupe nationale. 4 longues années pendant lesquelles le club breton a essayé, en vain, d'oublier la défaite de 2009 contre Guingamp (2-1). Mais en 2013, un an après avoir été sorti en demi-finale de Coupe de France par Quevilly (1-2), Benoît Costil et sa bande font tomber Montpellier (2-0) et s'offrent une finale de Coupe de la Ligue contre Saint-Etienne grâce à des buts de Julien Féret et Mevlüt Erding. Un soir mémorable marqué par l'envahissement de terrain des supporters rennais. Malheureusement, et comme souvent ces dernières années, Rennes a raté la dernière marche, perdant contre l'ASSE dans l'antre des Bleus (1-0). Cinq mois après avoir perdu une nouvelle finale, contre Guingamp (2-0), Benoît Costil est appelé pour la première fois par Didier Deschamps, à la suite du forfait de Stéphane Ruffier, pour deux matches face au Portugal et l'Arménie. La récompense d'un gros travail pour l'ancien Caennais qui découvre l'équipe de France et le château de Clairefontaine.
À l'époque, sa première convocation en Bleu fait débât. D'un côté, il y a les partisans du gardien rennais. De l'autre, ceux du portier de Montpellier, Geoffrey Jourdren, très performant lors des 9 premières journées de Ligue 1. En 6 saisons à Rennes, rares ont été les moments où Benoît Costil a rejoint l'infirmerie. Pourtant, le 5 septembre 2015, alors qu'il était en sélection, le gardien rennais s'est bien blessé à l'entraînement. Verdict : rupture du ligament latéral interne du genou droit. Un coup dur pour le troisième gardien des Bleus, à moins d'un an de l'Euro en France.
"Je me suis lancé le défi de revenir bien et vite, tout en restant sage", lâche alors celui que l'on surnomme "Ben". Les posts sur Instagram s'enchaînent. On le voit "se défoncer" à la salle, à la piscine. "J'ai fait beaucoup de renforcement au niveau des genoux et du haut du corps pour continuer à avoir une activité et ne pas rouiller", nous disait-il à Clairefontaine.
L'été 2016 a été riche en émotions pour Benoît Costil. Après l'Euro, il a cherché une porte de sortie. Rennes a pris les devants en recrutant Paul Nardi, mais Christian Gourcuff, tout juste arrivé, s'est vite mis en tête de conserver le gardien international A, en discussions avancées avec la Fiorentina. Tout proche d'un accord avec le club italien en fin de mercato, il est finalement resté une saison supplémentaire. Un départ avorté qu'il ne regrette pas du tout aujourd'hui. "Dans mon non-départ de l’année dernière, la chose qui me rend hyper heureux, c’est d’avoir pu connaître ce coach. J’aurais eu un regret terrible de ne pas l’avoir connu. Je regrette même de ne pas l’avoir connu plus tôt à Rennes", disait-il jeudi sur le site du club.
À l'occasion de Rennes-Monaco, Benoît Costil va devenir le 10e joueur le plus capé de l'histoire du Stade Rennais avec 255 matches joués toutes compétitions confondues. Le portier de 29 ans va égaler Louis Pinat, qui compte un petit match de moins que le neuvième, André Bordier.