La Ligue de Défense Juive (LDJ) est un groupuscule qui suscite de vives polémiques, notamment en marge des rassemblements de soutien à la Palestine. Composée d'un noyau dur de quelques dizaines de militants, cette organisation sans existence légale a été impliquée dans des incidents parfois troubles, notamment rue de la Roquette à Paris et à Sarcelles, où ses militants sont intervenus pour « défendre » les synagogues.

Logo de la Jewish Defense League, dont la LDJ s'inspire.
Origines et Idéologie
La LDJ est née en France sous l’appellation « Liberté démocratie et judaïsme ». Créée sous le statut d’association en octobre 2000, elle s'est dissoute d'elle-même dès 2003, sans jamais cesser ses activités, même sans existence légale. Essentiellement présente en région parisienne, forte de quelques dizaines de membres tout au plus, auxquels se greffent des « irréguliers » au fil des événements, elle s’inspire directement de la Jewish Defense League (JDL), créée aux Etats-Unis en 1968 par le rabbin Meir Kahane, aujourd’hui classée par le FBI comme un groupe terroriste et interdite suite à des tentatives d’attentat à la bombe contre une mosquée.
La LDJ française a été fondée par des anciens du Betar, autre mouvement d’autodéfense juive plus ancien, dont elle a peu ou prou pris la succession. Comme la JDL, la LDJ se définit comme « une organisation sioniste, affirmant que la seule protection du peuple juif contre l’arbitraire et la violence, est Israël, état juif souverain ». Elle se donne pour mission de « protéger les juifs de France contre la violence tant verbale que physique de leurs ennemis ». Elle milite aussi pour éduquer les jeunes juifs au retour en terre d’Israël. En 2011, la LDJ fait polémique en proposant à ses militants de partir en Israël aider à défendre les colonies.
Dans sa charte, elle explique « vouloir défendre le peuple juif contre toutes les formes modernes de haine antijuive, antisémitisme, judéophobie, antijudaïsme et antisionisme », et ce en maintenant « une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif ».
Pour ce faire, la Ligue revendique donner à ses membres « un entraînement physique régulier de techniques d’autodéfense [leur] permettant de pouvoir se défendre et d’aider, le cas échéant, tout membre de la communauté en difficulté ». Les militants, de jeunes hommes pour l’essentiel, pratiquent notamment le krav maga, technique d’autodéfense de l’armée israélienne.
Actions et Violences
La LDJ ne dispose pas d’une structure très claire ni de responsables très identifiés, mais fonctionne plutôt comme une « marque » qui rallie de jeunes juifs désireux d’en découdre. Et à plusieurs reprises, ces derniers ont été mêlés à des violences.
Voici quelques exemples d'actions violentes impliquant des membres ou proches de la LDJ :
- 2002: Une dizaine de jeunes hommes sont arrêtés, porteurs d’armes blanches et de battes de base-ball, en marge d’une manifestation du CRIF au cours de laquelle un commissaire de police est grièvement blessé.
- 2003: Des étudiants d’une association propalestinienne sont attaqués au sein même du tribunal administratif de Paris par des militants proches de ce mouvement.
- 2009: Deux lycéens d'origine maghrébine sont roués de coups lorsqu’ils refusent des tracts de la LDJ. La même année, une librairie qui soutenait la cause palestinienne est saccagée par des militants proches de la ligue.
- 2011: Une vingtaine de militants attaquent un cinéma parisien qui projette un film sur les exactions israéliennes à Gaza. La LDJ s’en est également prise à Stéphane Hessel ou à l’écrivain Jacob Cohen.
Outre les violences physiques, la LDJ développe une activité militante sur Internet. Dès 2001, le site Cpiaj (comité pour une information authentiquement juive), qui déverse caricatures et pamphlets anti-Arabes, mais aussi contre certaines personnalités de confession juive qualifiées de « vermines » pour leurs positions, est fermé suite à une série de plaintes. Cet aspect de l’activité de la LDJ ne va faire que s’amplifier au fil du temps.
Dans les événements récents, la LDJ a utilisé les réseaux sociaux pour des motifs troubles. Ainsi, rue de la Roquette, dimanche 13 juillet, des militants de la LDJ auraient, selon des témoins, provoqué les manifestants propalestiniens, même si les versions divergent. Le 20 juillet, la LDJ évoque des attaques contre les commerçants de la rue des Rosiers, où réside une communauté juive, et demande aux militants de venir la défendre. En réalité, il n'y a eu aucune attaque.
Dissolution et Interdictions
Si la France n’a pas interdit la LDJ, ce n’est pas le cas des Etats-Unis, où la Jewish Defense League (JDL) est classée comme organisation terroriste. La Ligue est également interdite en Israël, suite notamment au massacre du tombeau des Patriarches : en 1994, un extrémiste israélo-américain, Baruch Kappel Goldstein, ancien de la JDL, avait tué 29 Palestiniens et blessé 125 personnes avant d’être lui-même tué.
De nombreuses organisations antiracistes, comme le MRAP, mais également des associations juives françaises demandent maintenant la dissolution de la LDJ, par exemple l’Union juive française pour la paix. Plus récemment, le député communiste Jean-Jacques Candelier a lui aussi demandé la dissolution de la LDJ, suite à l'affaire de la rue de la Roquette.
Le ministère de l'Intérieur envisagerait la dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ), selon des sources policières qui confirment les informations du quotidien Libération. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve avait jugé cette organisation "dans l'excès", "dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés".
Roger Cukierman, le président du Conseil des institutions juives de France (CRIF), ne conteste pas une éventuelle dissolution de la LDJ. La LDJ n'est pas membre du Crif
Miichèle Sibony, vice-présidente de l'UJFP (Union Juive Française pour la Paix) se dit très satisfaite de la possible dissolution de la LDJ.
Tableau Récapitulatif
| Aspect | Description |
|---|---|
| Origines | France, inspirée de la Jewish Defense League (JDL) américaine |
| Idéologie | Sionisme, protection des Juifs contre l'antisémitisme |
| Méthodes | Actions violentes, entraînement physique, militantisme sur Internet |
| Statut légal | Non interdite en France, interdite aux États-Unis et en Israël |
| Critiques | Accusations de violence et d'extrémisme, appels à la dissolution |