Le XV de France retrouvait l’Argentine, ce samedi 13 juillet, pour le dernier test-match de sa tournée sud-américaine. Après sa victoire mercredi 10 juillet contre l’Uruguay (43-28), à Montevideo, le XV de France achève sa tournée sud-américaine, ce samedi 13 juillet à Buenos Aires, contre l’Argentine. Les hommes de Fabien Galthié espèrent finir cette tournée cauchemardesque marquée par une accusation de viol contre deux joueurs et une vidéo raciste d’un autre, sur une bonne note sportive. Même si ce match reste bien anecdotique…
Bienvenue sur LeFigaro.fr pour suivre en direct le deuxième match de la tournée estivale des Bleus face à l'Argentine, au stade José Amalfitani de Buenos Aires. Au terme d’une tournée calamiteuse hors du terrain, le XV de France a été battu par l’Argentine (33-25) lors de son dernier test-match. Dans un contexte très lourd où l’aspect sportif a été relégué à « l’anecdotique » pour Florian Grill, au lendemain de la mise en examen d’Oscar Jegou et Hugo Auradou, accusés de viol aggravé, les Bleus ont concédé leur première et seule défaite de l’été.
Une semaine après sa victoire contre l’Argentine (28-13), le XV de France s’est, cette fois, incliné face aux Pumas (33-25). Battue dans les duels, la France se retrouvait à onze points de l’Argentine à la pause. Les Bleus ont mieux commencé cette rencontre avec un essai rapide de Baptiste Serin (10'). Les Pumas ont alors pris les choses en main, en mettant davantage de rythme contre une équipe de France vraisemblablement émoussée autant sur le plan physique, avec un troisième match en huit jours, que sur le plan émotionnel où les affaires extra-sportives ont beaucoup pesé.
« On voulait que ce soit inoubliable, mais inoubliable sur le terrain », a grincé après la rencontre le capitaine Baptiste Serin. À en croire les mots de Baptiste Serin, capitaine exemplaire sur cette tournée, l’essentiel était ailleurs. « C’est difficile de trouver les mots parce qu’on a vécu une semaine terrible. Ce qu’il reste de ce mois passé ensemble ? Plein de choses. Certaines choses ne seront plus jamais comme avant. J’ai envie de retenir ce qu’il s’est passé sur le carré vert. C’est tout ce qu’on pouvait contrôler. Je suis fier d’avoir rien lâché. Il y a une forte émotion.
Les Bleus ont tout de même réagi dès le début de la seconde période avec deux pénalités d’Hastoy (42', 46') et deux essais de Gailleton (46') et Attisogbé (50'). Frustrant pour les Français, très opportunistes juste après la pause pour prendre les devants, sur un jeu au pied de pression contré par Émilien Gailleton (46e, 21-20) puis sur un rebond capricieux dont s’est nourri Théo Attisogbé (50e, 21-25). Mais cette grosse débauche d’énergie n’a servi qu’à compenser le retard accumulé en première période, sur des essais de pénalité (17e, 7-7) puis de l’ouvreur Santiago Carreras (38e, 21-10).
Ils ont pourtant longtemps été dans le coup, avant d’être minés par un carton jaune reçu par George-Henri Colombe (57e). Les Pumas ont en effet inscrit deux essais lors de cette période d’infériorité numérique, au près par le pilier gauche Tomas Gallo (58e, 26-25 et 66e, 33-25), pour sécuriser un succès. C'est la première fois depuis 2016 que les Argentins remportent un match face à l'équipe de France. Au terme d’un match riche en essais, cinq pour l’Argentine et trois pour la France, les Pumas sont venus à bout des Bleus 33 à 25.
Une semaine après leur victoire (28-13) à Mendoza et son après-match dramatique, les Français ont cette fois été dominés dans l’impact par des Argentins requinqués, aux jambes et têtes plus fraîches. Dans les autres rencontres de la journée, l'Écosse s’est largement imposée face aux États-Unis (42-17), les Blacks ont enregistré un deuxième succès en une semaine contre l'Angleterre (24-17), tout comme l’Australie contre les Gallois (36-28).
Voici la composition des équipes :
- Le XV de départ de l'Argentine : 15. Cordero - 14. Delguy, 13. Moroni, 12. Chocobares, 11. M. Carreras - 10. S. Carreras (o), 9. Bazan Velez (m) - 7. Kremer, 8. Oviedo, 6. Matera - 5. Paulos, 4. Molina - 3. Bello, 2. Montoya (cap), 1. Vivas
- Remplaçants : 16. I. Ruiz, 17. Gallo, 18. Sordoni, 19. Alemanno, 20. Rubiolo, 21. Bertranou, 22. Albornoz, 23.
- Le XV de départ de la France : 15. Barré - 14. Attissogbé, 13. Gailleton, 12. Frisch, 11. Etien - 10. Hastoy (o), 9. Serin (m, cap) - 7. Cancoriet, 8. Joseph, 6. Nouchi - 5. Pesenti, 4. Guillard - 3. Colombe, 2. Barlot, 1. Gros
- Remplaçants : 16. Baubigny, 17. S. Taofifenua, 18. Bamba, 19. Tuilagi, 20. Briatte, 21. Tixeront, 22. Jauneau, 23.
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Les Affaires Extra-Sportives : Une Ombre sur la Tournée
C'est une affaire qui entache sérieusement l'image du XV de France. Évidemment, l'actualité du XV de France tourne autour de l'affaire Jegou - Auradou, deux joueurs ayant été incuplés pour viol aggravé en Argentine. Les deux joueurs sont accusés d'agression sexuelle par une femme âgée de 39 ans, qui a depuis été hospitalisée pour "décompensation générale du corps", a fait savoir son avocate. Les faits seraient survenus dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juillet, au Diplomatic Hotel de Mendoza où logeaient l'ensemble des joueurs et du staff des Bleus, après leur victoire face à l'Argentine (13-28), pour idéalement lancer leur tournée estivale.
En droit argentin, les violences sexuelles peuvent caractériser des faits allant de l'agression sexuelle au viol aggravé, qui pourraient être passibles de 20 ans de prison. La veille des deux arrestations, l'arrière Melvyn Jaminet avait été renvoyé en France après une vidéo publiée sur son compte Instagram contenant des propos racistes. Avec ces deux affaires, se posera fatalement la question de l’organisation future de ces tournées et de l’encadrement des joueurs.
« (silence) C’est difficile (silence). Très difficile. Nous faisons, avec le président Florian Grill, le vice-président Jean-Marc Lhermet et toute l’institution, tout pour aider la justice argentine à faire son travail. Nous faisons tout pour aider la délégation, l’ensemble des joueurs, avec ce temps difficile. Nous collaborons pour que la justice argentine fasse son travail du mieux possible. »
Oscar Jegou (21 ans) et Hugo Auradou (20 ans) ont été arrêtés lundi 8 juillet, accusés par une femme de l’avoir violée et battue dans la nuit de samedi 6 à dimanche 7 juillet dans leur hôtel de Mendoza (ouest), après la victoire dans le premier test-match (28-13). Placés en détention provisoire, ils ont été présentés au parquet ce vendredi 12 juillet pour une audience de mise en accusation. Selon l’avocat des deux joueurs, les relations sexuelles étaient « consenties ». La veille des deux arrestations, l’arrière Melvyn Jaminet avait, lui, été renvoyé en France après une vidéo publiée sur son compte Instagram contenant des propos racistes.
« Ce n’est pas évident. Aujourd’hui je suis fier ce qu’on a montré. On a vécu une semaine très compliquée. » « On voulait que ce soit inoubliable, mais inoubliable sur le terrain », a grincé après la rencontre le capitaine Baptiste Serin. Une semaine après leur victoire (28-13) à Mendoza et son après-match dramatique, les Français ont cette fois été dominés dans l’impact par des Argentins requinqués, aux jambes et têtes plus fraîches.
Florian Grill rappelle qu'il y a eu "un réquisitoire unanime des trois procureurs qui a déclaré un non-lieu. Les deux joueurs ont donc été rapidement rappelés, notamment pour le Six nations, où ils ont fait partie du groupe sacré. "On a droit à la rédemption, à une deuxième chance, avait estimé Fabien Galthié. À partir du moment où la justice a fait son chemin, ils sont sélectionnables". Pour cette tournée d'été, Hugo Auradou sera bien présent, mais pas Oscar Jégou.
Réactions et Conséquences
« Là, à l’évidence, ça n’a pas fonctionné : on va requestionner le mode de fonctionnement avec le staff, avec les joueurs, avec la Ligue nationale de rugby, avec Provale (le syndicat des joueurs)… On va réfléchir à la manière d’appliquer potentiellement différemment les choses », a assuré à l’AFP le patron de la FFR. « On a un sujet d’organisation des tournées, des déplacements. Il y a au moins une faute grave avec Melvyn Jaminet, c’est sûr.
La charte stipule, par exemple, qu'il faut "veiller à développer la cohésion d’équipe sans soirées alcoolisées", ou encore "organiser les soirées de fin de compétition dans des lieux privatisés qui bénéficieront d’une sécurisation adaptée". Fin octobre, Fabien Galthié avait lui-même détaillé cette charte. "Il y a trois points saillants dans la charte. D'abord, le rapport à l'alcool. Sans autorisation, c'est interdit. Le point 2 concerne l'automédication. Tout doit être déclaré. Enfin, le troisième point interdit la présence dans notre lieu de vie de personnes étrangères, sauf autorisation. Tous ont dit oui", avait dévoilé le sélectionneur à L'Equipe. "C'est à nous d'être exemplaires.
Mais ce bilan sportif, tout le monde ou presque l’aura vite oublié, tant cette tournée laissera des traces sur le plan judiciaire. En attendant de connaître le futur de Jegou et Auradou, inculpés et détenus et dont le sort sera décidé par la justice argentine - ils risquent jusqu’à 20 ans de prison -, les Bleus devront aussi décider du sort de Melvyn Jaminet, renvoyé en France après ses propos racistes proférés dans cette nuit funeste de Mendoza. « Plus rien ne sera comme avant », a avoué l’ailier Attisgobé, l’une des révélations de cette tournée.
Voici un tableau récapitulatif des statistiques du match :
| Équipe | Essais | Transformations | Pénalités | Cartons Jaunes |
|---|---|---|---|---|
| Argentine | 4 | 3 | 3 | 0 |
| France | 3 | 2 | 2 | 1 |
À l’arrivée, la France termine ainsi cette tournée avec une courte défaite et deux victoires probantes, 28-13 contre l’Argentine et 43-28 en Uruguay mercredi. Un revers pas franchement infamant, au bout d’une semaine où le rugby a été laissé aux oubliettes et avec une équipe de France « remaniée, remplie de jeunes » selon Serin, face à une Argentine avec ses cadres demi-finalistes du Mondial il y a neuf mois.
Les Bleus n'ont perdu qu'un match sur huit disputés depuis le 13 juillet 2024 (face à l'Angleterre). Il y a bien eu ce faux-pas face au XV de la Rose, finalement sans conséquence puisque les Bleus ont martyrisé le XV du Trèfle chez lui, à l'Aviva Stadium, puis conclu avec sérieux face à l'Ecosse pour décrocher un nouveau sacre continental. Et avant de s'envoler pour l'hémisphère Sud, l'équipe est allée dominer l'Angleterre à Twickenham, dans un match amical qui n'offrait pas de sélection aux joueurs.
