Comparaison Rugby: Argentine vs Espagne

Le monde du rugby est en constante évolution, avec des équipes du monde entier qui s'affrontent pour la suprématie. Parmi ces équipes, l'Argentine et l'Espagne présentent des profils distincts, chacune avec ses propres forces et faiblesses. Cet article examine de près ces deux nations rugbystiques, en comparant leurs performances, leurs défis et leurs perspectives d'avenir.

L'Espagne : un vent d'espoir souffle sur la Roja

L’Espagne, qui devrait valider sa qualification face à la Turquie ce soir, fait office de favorite pour la prochaine Coupe du monde. Un vent d’espoir entoure la sélection, mais la Roja veut "garder les pieds sur terre". À l’entraînement de la sélection espagnole, petits et grands supporters n’ont aucun doute: "On va gagner la Coupe du monde et ramener la deuxième étoile", promet Daniel. Dans son dos, il s’est accroché un drapeau de l’Espagne signé par les joueurs. En Espagne, la victoire finale est le seul objectif évoqué.

La Roja reste sur une série historique de 30 matchs consécutifs sans défaite en compétitions officielles, un record pour le pays. "C’est enthousiasmant de voir le pays plein d’espoir", répond le sélectionneur Luis de la Fuente. "Mais c’est notre rôle en tant que professionnels d’avoir les pieds sur terre, et de voir la réalité. Ce qu’est en train de réaliser cette équipe est très difficile. Il n’y a pas de cadeaux, c’est dur de gagner." Mais même pour le patron de la sélection, difficile de ne pas s’emporter.

Son souhait pour ses joueurs? "Qu’ils marquent les esprits. Qu’ils deviennent une sélection comme celle de 2008 à 2012, qui était légendaire. Cette sélection est en train de suivre ce chemin, et ces footballeurs ont l'opportunité d’entrer dans l’histoire."

Une opposition de style avec les Bleus ?

Pour le journaliste, et pour beaucoup de supporters interrogés, le principal danger pour l’Espagne se trouve de l’autre côté des Pyrénées. "Pour moi la France et l’Espagne sont les deux favoris", estime Marcos de Vicente. "Ce n’est pas seulement parce qu’il y a Kylian Mbappé, mais aussi le Ballon d’or Ousmane Dembélé. Il y a une opposition de style avec l’Espagne, et je vois bien les deux se retrouver en finale."

Ce qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l’Espagne? "Les joueurs s’entendent mieux qu’en France", assure Victor, un jeune supporter venu voir l’entraînement de la Roja. "Ils sont moins individualistes, ils travaillent davantage comme une famille", continue-t-il. L’Euro 2024 a laissé l’image d’une équipe collective, et les dernières prestations aussi. La récente victoire 4-0 en Géorgie en a été le parfait exemple. Comme si aucune absence de poids ne pouvait perturber le collectif de Luis de la Fuente.

Avant de rêver d’une deuxième étoile, il faudra d’abord valider la qualification.

L'Argentine : Préparatifs pour la Coupe du Monde

L’équipe d’Argentine a pris ce vendredi 1er septembre ses quartiers à La Baule où elle doit résider durant cinq semaines, soit la durée de la Coupe du monde de rugby (du 8 septembre au 28 octobre). La mer vient leur lécher les pieds. Au loin, ce n’est pas l’Angleterre, qu’ils s’apprêtent à défier (samedi prochain au stade Vélodrome de Marseille) et vers lequel leur esprit est déjà tourné, qu’ils peuvent apercevoir mais quelques plaisanciers qui jouent les prolongations.

En tout cas, les intéressés sont ravis de leur lieu d’hébergement, même s’ils n’ont pas encore fait totalement le tour du propriétaire. De toute façon, La France est belle partout ! L’Argentin est venu pour performer. Cela ne l’empêche pas d’être séducteur, surtout quand l’interlocuteur appelé à venir s’exprimer s’appelle Juan Imhoff. L’ailier du Racing Metro 92 vit une idylle avec Paris depuis 2011. La France, il connaît. Rien ne l’étonne et encore moins l’accueil des Baulois.

Entre une jeunesse montante au niveau des arrières, un pack solide, un tableau abordable avec l’Angleterre, le Chili et le Japon, qu’elle affrontera d’ailleurs à Nantes les 30 septembre et 8 octobre, l’Argentine peut raisonnablement atteindre le dernier carré comme en 2007. Les matches de Championship disputés contre l’Australie et l’Afrique du Sud l’ont confirmé.

Ce vendredi, ce petit chapeau que l’on nous a remis à chacun, cette médaille, c’était chouette et en même temps, ça monte le curseur de la pression. L’arrière du Racing 92 et ses coéquipiers sont à La Baule pour cinq semaines. C’est long. Il peut se passer plein de choses. L’Argentine qui sort d’une victoire contre l’Espagne (62-3) et d’un stage à Faro (Portugal) a déjà perdu Santiago Grondona, victime d’une rupture d’un ligament croisé du genou, et son pilier gauche, Nahuel Tetaz Chaparro, en raison d’une rupture du tendon d’Achille.

Le rugby n’est pas le football mais c’est tout un pays qui s’apprête à vibrer.

L'Australie : des résultats mitigés et une popularité en berne

D'un point de vue franco-français, ce sont des résultats exceptionnels mais pour les Wallabies, c'est l'arbre qui cache la forêt. Rappelons tout d'abord que l'Argentine du Rugby Championship était émoussée par la longue campagne des Jaguares en Super Rugby et que sans le carton rouge de Scott Barrett et en y mettant un peu plus d'implication, les All Blacks se sont vengés froidement la semaine suivante à l'Eden Park (36-0). Des montagnes russes qui résument assez bien l'entre deux Coupes du monde d'Australiens bien irrégulier.

Depuis la finale de 2015 perdue face à la Nouvelle-Zélande, l'Australie a un bilan de 26 défaites, 2 nuls et 20 victoires. Un bilan plombé par une année 2018 noire (4 victoires, 9 défaites), la pire depuis 60 ans. Des résultats qui n'ont pas été sans conséquence dans le staff. C'est l'entraîneur de l'attaque Stephen Larkham qui a payé les pots cassés, viré en février et remplacé... en juillet par Shaun Berne. Si Michael Cheika est toujours là, bien que sa cote de popularité soit basse, il a depuis cette année au-dessus de lui un directeur du rugby, Scott Johnson.

Ça ne respire pas la sérénité et ce n'est pas l'affaire Folau qui a arrangé les choses puisque les Wallabies sont désormais privés de celui qui était, jusqu'à son nouveau dérapage homophobe, le facteur X, capable de sauver les apparences sur un exploit. Sans parler des remous que cela a pu créer au sein du groupe entre les iliens d'origine et les autres. Même si aujourd'hui, la situation semble apaisée.

Derrière la sélection australienne, il y a les franchises engagées en Super Rugby et là aussi, les résultats ne font pas rêver. Cette saison, seuls les Brumbies ont atteint les play-offs, battus en demi-finales par les Jaguares (39-7). Depuis 2016 et le passage à une nouvelle formule, il n'y a qu'une équipe australienne en quarts de finale, à choisir entre les Brumbies et les Waratahs. La Western Force a disparu de la compétition en 2017 et les quatre franchises restantes peinent à tenir la comparaison avec les Néo-Zélandais qui trustent les titres depuis cinq saisons.

Ce qui frappe également, ce sont ces affluences faméliques bien visibles si vous regardez un minimum les images à la télévision. Les Brumbies luttent pour dépasser les 8 000 spectateurs de moyenne sur leurs matches à Canberra, dans un stade qui peut en accueillir trois fois plus. Face au rugby à XIII et au football australien, le rugby à XV ne fait pas le poids en termes de popularité. Même la venue des All Blacks n'est plus une garantie de guichets fermés et cela se ressent sur les finances de la Fédération, qui peine de plus en plus à attirer des licenciés et à tenir ses contrats de sponsoring ou de diffusion télé. Là aussi, l'affaire Folau n'a pas joué pour l'image du sport au pays, que ce soit du côté de ceux qui soutiennent le joueur ou de ceux qui le condamnent. Rappelons aussi que l'ancien arrière des Wallabies traîne la Fédération en justice pour obtenir réparation après la rupture de son contrat. Il lui réclamerait plus de 10 millions de dollars australiens d'indemnités (environ 6 millions d'euros). Un chèque qui aurait bien du mal à passer si la justice donnait raison à Folau.

Des leaders sur le départ

Après la Coupe du monde, des internationaux vont partir jouer à l'étranger, mettant en péril leur carrière internationale (pour être sélectionnable, un Australien qui évolue à l'étranger doit compter au moins 60 sélections). À la charnière, l'exil va laisser un vide puisque Will Genia, Bernard Foley et Christian Lealiifano ont déjà annoncé leur départ pour le Japon, tout comme Quade Cooper, même si ce dernier n'a finalement pas été appelé pour le Mondial. Idem pour David Pocock qui va partir au Japon, Rory Arnold à Toulouse ou encore Adam Coleman, Sekope Kepu et Nick Phipps (non sélectionné) aux London Irish. L'on parle ici de ''vieux'' ou de joueurs qui ont plus de soixante sélections.

Mais le cas Samu Kerevi est plus symptomatique. Taulier des Wallabies ou du moins, appelé à l'être du haut des 29 sélections et de ses 25 ans, il a également signé un contrat (lucratif) de trois ans au Japon, au Suntory Sungoliath. Lui ne sera donc plus sélectionnable alors qu'il fait clairement partie des plans pour l'horizon 2023. Signe que la ''Giteau rule'' (surnom donné à cette règle des 60 sélections car elle a permis à Matt Giteau de revenir pour le Mondial 2015) ne fait plus très peur.

Bien que jouant à l'étranger cette saison, Nic White (Exeter) et James O'Connor (Sale) ont été appelés pour le Mondial au prix d'acrobaties de dernière minute pour leur faire signer un contrat avec la Fédération. Jusqu'au bout, cette dernière a également tenté de trouver un moyen de faire revenir Will Skelton, en pleine bourre au printemps avec les Saracens.

Si elle assouplit ses critères de sélection ou qu'elle fait des exceptions, la Fédération tentera ses joueurs au départ. Si elle les durcit, elle pourrait se priver de ses meilleurs éléments pour de bon. Un cercle vicieux qui pourrait avoir des répercussions à court terme si les joueurs expérimentés et/ou les meilleurs éléments de la sélection partent à l'étranger.

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Tableau comparatif des performances récentes

Voici un tableau comparatif des performances récentes des équipes de rugby d'Argentine, d'Australie et d'Espagne :

Équipe Nombre de matchs joués Victoires Défaites Nuls
Australie 48 20 26 2
Espagne 3 3 0 0
Argentine 3 1 2 0

Ce tableau met en évidence les difficultés rencontrées par l'Australie ces dernières années, tandis que l'Espagne affiche une dynamique positive avec une série de victoires impressionnante.

Bien que les deux équipes aient des forces et des faiblesses distinctes, elles partagent une passion commune pour le rugby et un désir de représenter fièrement leur pays sur la scène internationale.

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