Dans le monde passionnant du rugby, l'arbitre joue un rôle essentiel, garantissant le respect des règles et le bon déroulement du jeu. L'arbitrage est au cœur des expressions passionnelles sur le football, et il serait vain d’en imaginer la disparition.
C’est un arbitre argentin qui officiera ce samedi 28 février, à 14 h 30, lors du match de la 18e journée de Top 14 entre Clermont et l’Aviron Bayonnais, rapporte « L’Équipe ».
Arbitrage - 10 minutes pour comprendre l'origine de la vidéo
L'arbitre : garant du respect des règles
L'arbitre doit avoir une connaissance approfondie des règles du rugby et être capable de les appliquer de manière impartiale et cohérente. Il faut toutefois souligner des progrès sensibles au cours des dernières années.
Dimanche soir, à l’antenne de Canal+, on a donc entendu des consultants et des commentateurs accabler des arbitres qui avaient pourtant pris les bonnes décisions. Il aurait fallu connaître la règle du hors-jeu pour éviter de se fourvoyer aussi grossièrement.
Vivant autrefois en vase clos, les journalistes de télévision sont aujourd’hui exposés aux réactions instantanées des réseaux sociaux. Perceptible, l’exaspération devant l’incompétence ordinaire a incité certains à se documenter, et à arrêter de répéter les sempiternelles idées fausses sur les règles. Plus rares, les âneries de ce genre sont aussi devenues plus insupportables.
Améliorer l’arbitrage est une nécessité, mais ce n’est évidemment pas le but poursuivi par ces procès, dont les procureurs sont mal qualifiés pour aborder le problème et se contentent d’instaurer un climat détestable.
Certains sous-produit de cette assertion sont pourtant démentis, comme la conviction que les arbitres français sifflent plus que les autres.
En effet, l'arbitre doit être capable de prendre des décisions rapides et éclairées, souvent sous pression, et de les communiquer clairement aux joueurs et aux entraîneurs.
La gestion des relations avec les joueurs et les entraîneurs
L'arbitre doit être capable de gérer les relations avec les joueurs et les entraîneurs de manière professionnelle et respectueuse. Les polémiques sur l'arbitrage font partie intégrante des expressions passionnelles sur le football, et il serait vain d'en imaginer la disparition.
Il doit être capable de communiquer efficacement, de faire preuve de diplomatie et de fermeté, et de prendre des décisions difficiles lorsque cela est nécessaire.
Depuis son poste d'observateur du Championnat, Rémy Vercoutre, consultant sur Ligue 1+, pose un regard avisé sur le « patron », ainsi que le milieu offensif tchèque l'a promu.
« J'ai l'impression qu'il cristallise beaucoup de choses parce qu'il est bon, aussi, considère l'ancien gardien de but lyonnais. C'est toujours la même chose : les gens qui sont agaçants sont souvent aussi les joueurs dominants qui, en plus de ça, ont une relation parfois particulière avec l'arbitre. Quand tu es adversaire, ça te crispe et ça peut concentrer des tensions, forcément. »
Spontanément, Rémy Vercoutre introduit dans la discussion Philippe Violeau, trois titres de champion de France avec l'OL (2002, 2003, 2004) et un statut d'élément indissociable du début des années de gloire dans la malle aux souvenirs : « Il y a comme ça des joueurs qui managent un peu le tempo du match et ont des facultés à avoir des relations avec les arbitres. Je jouais avec lui et, forcément, je l'adorais, mais je comprends que ça pouvait agacer les adversaires. »
Au fond, l'attitude de ce genre de joueur s'imbrique dans un rapport de force qu'il s'agit de remporter.
« C'est là où les vrais leaders de l'équipe nouent la relation avec l'arbitre et sont dans le rapport d'influence, juge Frank Schneider, ancien arbitre international. Ce n'est pas quand il y a une grosse échauffourée autour de lui qu'ils interviennent. Ils ont une manière de lui faire remarquer, en passant à côté : "Attention, tel adversaire, ça fait trois fois qu'il nous casse une action." Comme par hasard, la fois d'après, il y aura un carton jaune sur ce genre de situation. Il y a toujours ce joueur-là qui va essayer d'utiliser cette arme relationnelle dans le rapport à l'arbitre. C'est une sorte d'intelligence émotionnelle que possèdent ces joueurs, un outil de plus à leur disposition. »
« À mes débuts, je détestais Philippe Violeau, car il avait justement cette finesse pour communiquer avec eux, sourit Benoît Cheyrou, consultant pour Ligue 1+ et ancien milieu de terrain. Il les appelait par leurs noms de famille, monsieur Veissière, monsieur Sars, alors que moi j'étais un jeune con qui criait : "Monsieur l'arbitre ! Monsieur l'arbitre !" Tu as beaucoup moins de crédibilité, alors que les arbitres l'appelaient par son prénom, car il possédait bien plus vécu et de crédibilité que moi, le petit jeune pas respecté du tout. J'ai beaucoup appris avec lui à Auxerre, après, qu'il ne fallait pas les agresser mais entrer dans un dialogue, leur dire "je ne pense pas que vous ayez pris la bonne décision". Leur crier dessus est bien moins productif. »
Amaury Delerue, manager-instructeur des arbitres de L1, est satisfait du protocole capitaine-arbitre.
« Quel bilan faites-vous du protocole qui limite aux seuls capitaines la possibilité de s'adresser aux arbitres ?
Il a été mis en place à l'Euro 2024 et on l'applique en Ligue 1 depuis la saison dernière. Le bilan est largement positif. En 2024-2025, sur tous les avertissements distribués, il y a eu une hausse d'environ 15 % liée à la contestation. C'est logique, car il y a eu une application du protocole et parce qu'il faut un temps de latence et d'habituation des acteurs. Cette saison, après 18 journées, on est aux alentours de 12 %. On peut interpréter de manière positive cette légère tendance à la diminution.
Ce protocole a clairement donné de nouvelles responsabilités par rapport aux comportements déviants, ceux que vous appelez les râleurs : responsabilité de chacun des joueurs, responsabilité renforcée du capitaine et pouvoir disciplinaire renforcé de l'arbitre. Bien sûr, il existera toujours des situations particulières avec certaines typologies de joueurs, dans des contextes plus chauds.
C'est fondamental d'avoir un référent sur le terrain, sorte de garant responsable du comportement de son équipe et relais de l'entraîneur sur le terrain. C'est important que nos arbitres, au fait des personnalités des uns et des autres au fur et à mesure, utilisent ces relations à leur profit. Si ce relais a un profil de pénible ou de râleur, l'arbitre s'adapte, mais il rappelle que le capitaine n'a pas de droit supplémentaire à la contestation.
Qualifié de «prétentieux entêté» et d’«imbécile» par René Ruello, le président rennais, à l’issue de la défaite du club d’Ille-et-Vilaine à Guingamp (0-2), samedi dernier, Frank Schneider retrouve les terrains de Ligue 1 dès ce soir.
La Direction technique de l’arbitrage a confié à l’Alsacien la direction de Saint-Étienne - Montpellier. «On n’allait quand même pas lui enlever sa désignation, indique Éric Borghini, le président de la commission fédérale d’arbitrage. La Direction technique de l’arbitrage a validé sa décision technique sur l’action qui prêtait à discussion. Frank est un garçon costaud mentalement. Croyez-moi, il ne se présentera pas diminué à Saint-Étienne.»
Dans le milieu, Franck Schneider s’est forgé l’image d’un arbitre très déterminé. Après une première accession en L2 en 2009, il avait été rétrogradé en National dès 2010 mais était remonté dans la foulée avant d’accéder en L1 en 2014 et de devenir international deux ans plus tard.
En milieu de semaine, Schneider s’est fendu d’un petit courrier pour remercier de leur soutien ses collègues, les responsables de l’arbitrage français et ceux du Syndicat des arbitres de football d’élite.
Quand il n’arbitre pas, M. Schneider travaille dans son entreprise de communication à Schiltigheim et soutient son club, le FCK06 Strasbourg Koenigshoffen. Il y a débuté l’arbitrage à l’âge de 15 ans, après avoir poussé le ballon dans les catégories de jeunes. Il y est resté fidèle et siège au comité directeur.
«À un certain niveau, il faut avoir la capacité d'encaisser même si ce qui est dit est injuste»Albert Gemmrich, président de la ligue Alsace
«Frank, c’est un peu notre porte-drapeau, note Mourad Oualit, le président du club qui a connu la D3 dans les années 80 mais évolue désormais au troisième échelon régional. Il est présent aux manifestations, accompagne l’association qui dispose de peu de moyens. Ici, chacun connaît son intelligence, sa courtoisie mais aussi son mental. Ce n’est pas ce match à Guingamp qui va le déstabiliser.»
Il n’empêche, les accusations de Ruello ont choqué en Alsace. Et notamment à la Ligue, où il a également siégé, en tant que représentant des arbitres.
«À un certain niveau, il faut avoir la capacité d’encaisser même si ce qui est dit est injuste mais Frank est blindé, dit Albert Gemmrich, le président de la Ligue. Un qualificatif le résume : intègre. Alors, oui, les propos de M. Ruello m’ont choqué.
L'intégrité et l'impartialité : des qualités essentielles
L'arbitre doit faire preuve d'une intégrité et d'une impartialité irréprochables. Il ne doit pas être influencé par des considérations extérieures, telles que la pression des supporters ou des médias.
L'arbitre doit prendre ses décisions en toute indépendance, en se basant uniquement sur les règles du jeu et sur sa propre appréciation de la situation.
Les défis de l'arbitrage moderne
L'arbitrage moderne est confronté à de nombreux défis, tels que la pression médiatique, l'utilisation de la vidéo et les attentes croissantes des joueurs et des entraîneurs.
Ces controverses obsessionnelles ont aussi été transformées en élément du « spectacle » par la mise en scène télévisuelle des rencontres, qui organise le réexamen systématique de chaque décision peu ou prou importante à coups de ralentis (souvent au détriment du jeu qui se poursuit), inoculant aux commentateurs, puis aux téléspectateurs, un besoin maladif.
Ce n'est pas celui qui râle le plus fort qui a raison, en effet, même de manière ostensible, surtout de manière ostensible.« Ce ne sont pas forcément ceux qui nous dérangent le plus, néanmoins, juge Schneider. Parfois, des joueurs ne disent rien mais peuvent nous polluer le match en faisant dégoupiller des adversaires dans notre dos. C'est quelque chose d'invisible, seulement des paroles parfois. C'est plus dur à gérer. »Les footballeurs générateurs d'étincelles doivent néanmoins se méfier de la poigne de la technologie, qui se resserre sur eux.
« Avec une vingtaine de caméras à chaque match et le quatrième arbitre, tu auras de moins en moins le côté vicelard, car tu risques de te faire attraper par la patrouille », prophétise Vercoutre.
Conseiller en performance et en préparation mentale, Charles Debris partage ce constat d'excès tempérés par l'évolution récente du football.
« Si la stratégie de déstabilisation cognitive a pour objectif de tenter de perturber l'attention, la concentration, la perception et la mémorisation de l'adversaire ou de l'arbitre pendant le match, la présence du VAR et la sanction assez rapide, conjuguée à l'attitude de l'entraîneur qui n'a pas envie de finir à dix - déjà que c'est dur à onze - freine incontestablement les joueurs », précise ce docteur en Staps.
Et si le vice ultime consistait pour eux à se servir de l'arbitrage vidéo, plutôt que de vouloir le tromper ?
« Avant, ils essayaient d'influencer la décision, là ça s'est accentué car les joueurs peuvent même aller jusqu'à demander à l'arbitre d'aller voir le VAR, pour essayer de déplacer la responsabilité dessus, observe Schneider. Là, l'arbitre doit décider : est-ce que je subis la situation ou j'agis dessus ? »
Toujours ce rapport de force à jouer et, surtout, à remporter, les yeux dans les yeux, face à ces hommes de paroles, mais aussi d'influence.
Le rôle de l'arbitrage vidéo
L'arbitrage vidéo est un outil de plus en plus utilisé dans le rugby moderne. Il permet de corriger les erreurs manifestes et d'aider l'arbitre à prendre les bonnes décisions.
Le VAR, une incidence pas neutre
L’entreprise de démolition des arbitres est une entreprise d’abêtissement des publics. La haine de l’arbitre est aussi une haine du football : au lieu de raconter, d’analyser et de célébrer le jeu, il s’agit de produire un ressentiment permanent.
Leur flemme va aussi s’exprimer dans une promotion irréfléchie de l’arbitrage vidéo - qu’ils pratiquent, de fait, à longueur de retransmissions.
Les commentateurs-consultants en sont toutefois moins responsables que leurs dirigeants, qui tolèrent les dérives et font rois des démagogues néfastes.
Cependant, l'arbitrage vidéo ne doit pas être considéré comme une solution miracle. Il doit être utilisé avec discernement et ne doit pas remplacer le jugement de l'arbitre sur le terrain.
| Protocole | Bilan | Tendance |
|---|---|---|
| Limitation aux capitaines pour s'adresser aux arbitres | Largement positif | Diminution de la contestation |
