Dans le monde exigeant du handball, certaines figures se distinguent par leur compétence, leur dévouement et leur capacité à briser les barrières. Parmi elles, les sœurs jumelles Julie et Charlotte Bonaventura incarnent l'excellence et l'innovation dans l'arbitrage sportif. Originaires d'Aubagne, ces deux femmes ont marqué l'histoire du handball en devenant des références internationales, inspirant de nombreuses jeunes femmes à suivre leurs traces. Les sœurs Bonaventura ont conclu leur brillante carrière d'arbitres internationales de handball lors des Jeux olympiques de Paris-2024.
Le handball, c'est une histoire de famille chez les Bonaventura. Voilà maintenant plus d'une dizaine d'années que sœurs jumelles, Julie et Charlotte, écument ensemble les salles françaises et européennes, guidées par une passion intacte de leur sport. Originaires d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, elles ont gravi les échelons de l'arbitrage à grande vitesse pour constituer aujourd'hui un binôme reconnu à l'international. Leur parcours dénote. Leur profil également.
À leur actif, déjà deux olympiades (2012 et 2016), trois championnats d'Europe (2010, 2012, 2014) et quatre championnats du monde féminins (2009, 2011, 2013, 2015), et en bonus, la primauté d'être devenues, début 2017, le premier duo féminin à arbitrer sur un championnat du monde masculin. Pas mal à 37 ans.
Huit mois après avoir officié un match, elles ont posé leurs sifflets, une décision mûrement réfléchie. "On a toujours été très sereines par rapport à ça. On a bouclé la boucle. Et quoi de mieux que de terminer sur des JO, en plus à domicile. Pour nous, c'était le bon moment", expliquent-elles.
Une Vocation Précoce
Nous sommes toutes les deux tombées amoureuses du handball lors d’un stage d’été de sport organisé dans notre ville, il y a bientôt 20 ans. Une « consécration », qui ne doit toutefois rien au hasard puisque les deux Provençales (elles vivent à Aubagne) sont tombées très tôt dans la « marmite » du hand. « On a commencé à l’âge de 8 ans (elles en ont désormais 36) à Aubagne et à arbitrer à 14 ans, se remémore Charlotte. On s’est prise au jeu de l’arbitrage. On a continué à jouer jusqu’à 23 ans tant que l’on pouvait encore concilier matchs et arbitrage. Mais lorsque l’on a commencé à grimper les échelons, on a fait le choix du « sifflet ». Ce que l’on ne regrette pas. »
L’arbitrage est venu plus tard. Julie Bonaventura : « C'est un peu particulier, il n'y a pas d'envie précise qui s'est manifestée. On a commencé à jouer au hand à l'âge de 8 ans. Puis quand nous étions cadettes (moins de 16 ans, NDLR), trois équipes étaient regroupées le samedi après-midi pour jouer. L'équipe qui ne jouait pas devait fournir les arbitres. À cet âge-là, on n'a pas du tout envie d'arbitrer ! En plus, on ne connaissait pas forcément toutes les règles et surtout, on était là que pour jouer. Quand il a fallu en choisir deux, nos coéquipières nous ont gentiment désignées, étant donné que nous étions les jumelles… C'est comme ça que tout a commencé, un peu de manière contrainte et forcée au départ. On n'avait pas choisi cette voie, on nous a tendu la perche. La semaine suivante, ça s'est reproduit. On s'y est collé presque toutes les semaines qui ont suivi. C'était un défi au début. Le challenge, c'était de s'améliorer, car en tant que joueuses, nous étions nous-mêmes mécontentes quand les autres nous arbitraient mal… Au départ, on reconnaît des fautes, mais on ne les siffle pas forcément. Au fur et à mesure, on essayait de plus siffler. On a rapidement progressé.
Vers 14 ans, au départ c’est tout bête, sur un tournoi à trois équipes, l’équipe qui ne jouait pas devait fournir une paire d’arbitres. Même si nous n’avons pas vraiment aimé cette première expérience, nous avons continué à le faire à chaque occasion qui se présentait pendant ces tournois. Petit à petit nous nous sommes prises au jeu au point de devenir arbitres « officielles » en parallèle d’être joueuses. Les weekends devenaient de plus en plus chargés avec un match arbitré et un match joué, mais avec surtout des déplacements à plus de 4 h de Marseille.
Le choix de se consacrer totalement à l'arbitrage est venu à 23 ans. On ne pouvait plus concilier les déplacements pour arbitrer le samedi soir, et le retour dans la nuit pour jouer le dimanche. Ça n'était plus raisonnable. Vu notre talent de joueuses, on a privilégié l'arbitrage ! Il y a des étapes à suivre. Les jeunes arbitres font un travail localement au sein des clubs, ils arbitrent en départemental, en régional et puis, s'ils ont les compétences, au niveau national. On gravit les échelons depuis la Nationale 3, jusqu'au plus haut niveau. Les désignations, au départ, se font par rapport au niveau de jeu et de compétences des arbitres. Ensuite, sur chaque niveau, il y a des observateurs qui sont là pour noter, juger les arbitres et les aider à progresser.
Dès 2007, elles arbitrent en D1 masculine, et en 2009, elles participent à leur premier Mondial féminin en Chine. Elles ont gravi les échelons avec détermination, devenant les premières femmes à officier lors d'un Mondial masculin en 2017, après avoir arbitré la finale des Jeux Olympiques féminins à Londres en 2012.
En 2012, à Londres, elles eurent le privilège d’arbitrer la finale des jeux Olympiques féminins. Elles sont les premières femmes à avoir arbitré une finale olympique féminine. Mais elles sont aussi les premières à avoir arbitré dans un mondial masculin, et ça c’était en France il y a quatre ans. Elles ont fait tomber des barrières Et elles ont su s’imposer. Très vite, elles sont devenues incontournables.
Un Duo Complémentaire
Qu'est-ce qui permet la réussite dans l'arbitrage des fratries en général et des jumeaux en particulier ? Eh bien, la nature même de l'activité : pour constituer une paire d'arbitres performants, il faut une grande connaissance de son binôme et une longue expérience de l'arbitrage en commun. Dans ce souci de progression, être jumelles est un avantage. « On se fait une confiance aveugle, on est deux, mais, en fait on est qu'une seule », affirme Julie.
La ressemblance physique joue également son petit rôle. Mêmes cheveux au carré attachés pareillement, même regard un peu sévère. « Le temps qu'on trouve laquelle a sifflé pour aller râler, il y a déjà trois actions de jouées », s'amuse Anti. Vu leur forme et leur rigueur, joueurs et entraîneurs devraient disposer d'encore quelques années pour essayer de les différencier.
« On ne sait jamais qui est qui, je suis sûre qu'elles en jouent des fois », confie Thierry Anti, entraîneur du HBC Nantes. « On est deux, mais, en fait, on est qu'une seule », affirme Charlotte Bonaventura.
Même si nous ne sommes pas vraiment des jumelles fusionnelles, il n'y a que des avantages à arbitrer ensemble ! Quand on voit comment certains binômes évoluent sur une compétition qui peut durer 2, 3 semaines, où vous êtes 24 heures sur 24 avec la même personne… Dans certains autres binômes, ça peut devenir pesant, on les voit se parler de moins en moins, ça devient un peu tendu. Nous, on se supporte bien, nous ressentons une certaine osmose. On peut passer trois semaines dans la même chambre d'hôtel, on sait qu'on ne va pas se taper dessus. En dehors du hand, ça n'a pas vraiment eu d'effet. Partager cette carrière d'arbitre n'a eu aucune incidence sur notre vie privée ou notre relation.
Un des secrets de notre réussite réside peut-être dans le fait que nous nous connaissons par cœur, nous avons notre propre communication, nous avons cette complémentarité et des automatismes propres aux jumeaux. Ce qu’il manque parfois est la connaissance de l’autre. Nous en parlions un peu avant, mais c’est vrai que nous sommes un binôme depuis le plus jeune âge, et pas seulement pour arbitrer du hand. Cette carrière, toute seule, ce n’est pas sûr que nous l’aurions fait. Cela demande beaucoup de sacrifices, il y a énormément de déplacements, parfois pour plusieurs semaines loin de la maison et le fait d’être avec sa sœur jumelle est un plus indéniable pour bien le vivre.

Terrain de handball avec zones
Une Carrière Internationale
Depuis l’obtention de leur badge international en 2008, les Marseillaises sillonnent la France, l’Europe et le monde pour arbitrer des rencontres de handball, masculines ou féminines. Leur parcours en tant qu'arbitre international leur a permis de se forger sur le plan personnel. « Pour être arbitre, il faut avoir une certaine personnalité, mais ça nous a aussi nourries. Ça a été révélateur, on s'est découvert des qualités, estime Julie. Petit à petit, on a rempli nos bagages. »
Elles ont été sélectionnées pour arbitrer le Mondial de handball féminin, qui se tient au Japon jusqu’au 15 décembre. Après deux olympiades (2012, 2016), des Euros féminins (2010, 2012, 2014, 2018), un Euro masculin à venir en 2020 et sept Mondiaux, leurs CV n’en finissent plus de s’allonger.
En janvier, au Mondial, Julie et Charlotte Bonaventura se repèrent facilement : les jumelles marseillaises, parmi les meilleures paires d’arbitres au monde, imposent le respect en douceur.
Préparations et routines d'avant-match
Comment vous organisez-vous avant un match ? Quand on arrive dans un gymnase, on fait toujours la même chose. On se change, on s'échauffe, toujours de la même façon. Certains collègues, eux, sont plus superstitieux, ils ont besoin de toujours écouter la même musique dans le vestiaire, d'avoir des réflexes porte-bonheur. Y compris au niveau international. Ça peut être un désavantage parce que le jour où tu ne peux pas respecter ta routine, ça peut te déstabiliser. Côté logistique, nous connaissons les destinations environ un mois à l'avance au niveau français, et 15 jours avant en Coupe d'Europe. En France, quand nous avons notre désignation, c'est à nous de nous organiser pour le transport. On privilégie le train ou l'avion. Nous prenons tout en charge et nous faisons rembourser les frais par la fédération.
𝐂𝐡𝐚𝐫𝐥𝐨𝐭𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐉𝐮𝐥𝐢𝐞 𝐁𝐨𝐧𝐚𝐯𝐞𝐧𝐭𝐮𝐫𝐚, au sommet de l’arbitrage international
Une Passion Avant Tout
L'arbitrage n'est pas votre seule activité. L'arbitrage est un hobby. On est obligées de travailler à côté (Charlotte travaille à la caisse de retraites du Sud-Ouest, Julie est programmatrice informatique, NDLR). Il n'y a pas d'arbitres professionnels pour le moment en hand, cela occupe tous nos congés ! Selon le calendrier, et en fonction de l'importance des compétitions, l'arbitrage nous prend 60 à 80 jours sur l'année. Lorsque les autres prennent trois semaines de vacances, nous on prend un jour par semaine, pour aller arbitrer. Sans compter l'entraînement et tout ce qui relève de l'administratif, de l'analyse de nos matches... À part ça, notre quotidien, c'est celui de tout le monde, on se lève le matin et on va bosser ! Sauf que le soir, quand on rentre, on s'entraîne : endurance, sprint, récupération… Il est vrai que la fatigue s'accumule. On doit être performantes à tous les niveaux. Professionnel et sportif. À tout mener de front, on a parfois des petites baisses physiques, surtout pendant les compétitions internationales. C'est compliqué, nous avons du mal à suivre ! Si on rentre tard, on a besoin de plusieurs jours de récupération, et on sait qu'on ne peut pas se permettre de ne pas s'entraîner. Notre temps libre nous sert surtout à récupérer et à décompresser. On essaye aussi de passer du temps en famille, ou de voir des amis, d'aménager des petites bulles hors travail et hors handball. Il le faut pour conserver un équilibre mental et psychologique. Un restau entre amis, un café, des choses très simples, mais qui sont importantes quand on a cet emploi du temps.
Ce choix nous a permis de vivre des émotions uniques. Participer à des Jeux Olympiques, arbitrer des finales de Ligue des Champions, de Championnats d’Europe ou du Monde. C’est indescriptible. On a vécu des choses et rencontré des personnes formidables. L’arbitrage pour nous représente la continuité du jeu, de notre amour pour notre sport. L’arbitre n’est pas uniquement là pour sanctionner, quelle que soit la discipline. Mais avant tout pour aider les joueurs à s’exprimer du mieux possible et dans les meilleures conditions. D’ailleurs, si l’on compare au plaisir qu’on éprouvait en tant que joueuses, c’est un peu différent. Nous sommes en quelque sorte des spectatrices privilégiées, car chaque action se déroule à seulement quelques mètres de nous. Il y a d’ailleurs parfois des moments où l’on va partager quelque chose avec les joueurs sans passer par la parole, par exemple après une belle action avec un petit clin d’œil ou juste un regard. Ces échanges durent tout au long du match et ne sont pas seulement pour signaler les fautes.
En tant qu'arbitres, notre meilleur souvenir, ce sont les JO de Londres en 2012. Participer à ces Jeux était pour nous un rêve éveillé. On ne s'est jamais fixé d'objectif, même quand on a commencé à arbitrer au niveau international. Nous ne nous sommes jamais dit « ce serait bien si on faisait les JO ». Peut-être aussi parce que cela relevait de l'inaccessible. Notre objectif, c'est de continuer à prendre du plaisir aussi longtemps que possible. Le jour où ce ne sera plus le cas, où cette petite flamme disparaîtra, on arrêtera. La qualité de l'arbitrage en pâtirait. Il y a tant de choses, de voyages qu'on n'aurait pas pu vivre si on n'avait pas été arbitres… On a visité la Chine, Singapour, le Brésil, on est parfois sollicitées pour arbitrer aux Antilles ou à La Réunion… Ce sont des voyages extraordinaires, même si le niveau de compétition n'est pas toujours élevé. Nous avons rencontré des gens extraordinaires. Nous avons l'objectif de maintenir un niveau de performance élevé, de progresser tant que c'est possible, de ne pas nous reposer sur nos lauriers. L'objectif sportif, voilà.
L’arbitre est toujours la personne la plus décriée d’un match, disait Stéphanie Frappart, première femme à arbitrer un match de Ligue 1. En tout cas, étant donné qu’elles n’ont pas de statut pro, elles se doivent de jongler entre obligations professionnelles et sportives. « En fait, on consomme tous les jours de congé dont on dispose pour couvrir les déplacements et participer aux différentes compétitions pour lesquelles on est sélectionnées. Du coup, il reste peu de jours de repos à s’accorder en dehors du hand. D’autant que désormais les rencontres de LNH se déroulent le mercredi ou le jeudi. Mais c’est vrai aussi que les désignations se font de manière intelligente pas trop loin puisqu’il y a pas mal de clubs dans le Sud. » Quoi qu’il en soit, sur une année complète, « si on arrive à avoir une semaine de vacances, c’est un grand maximum ».
Il n'empêche, ce Mondial en France représente la cerise sur le gâteau pour les deux sœurs qui œuvrent, dans un premier temps, sur Rouen, où se déroule la poule C (elles ont arbitré leur premier match, lundi, avec Croatie - Biélorussie). Reste à savoir si elles vont « franchir » ce premier tour. Charlotte Bonaventura l’espère : « Bien sûr, on va être scrutées dans nos performances pour cette première mais on espère bien se qualifier ». Avec peut-être comme seul regret de ne pas pouvoir arbitrer la France, lors des tours suivants, puisque le règlement ne l’autorise pas.
Les Sœurs Bonaventura et l'Égalité des Sexes dans l'Arbitrage
Comme dans la vie courante, il y a quelques barrières lorsqu’on est une femme et qu’on va notamment arbitrer des hommes. Des petites remarques en arrivant au stade quand des personnes nous disent que le match des filles n’est pas dans ce stade par exemple, où nous appeler le binôme féminin au lieu de nous appeler par nos noms. Des péripéties qui nous montrent que nous ne sommes « que des femmes » aux yeux de certains, nous avons plusieurs. Mais nous préférons garder les choses positives. Il faut avoir à l’esprit que chez certains c’est tout simplement culturel, et c’est compliqué de les changer. En regardant aujourd’hui notre parcours, nous avons arbitré de beaux matchs, avec certains qui étaient symboliques, car nous avons été les premières femmes à arbitrer sur un championnat du monde masculin par exemple. C’est beau, mais nous ne nous sommes jamais dit que nous pouvions montrer la voie, être des précurseuses, pour le statut des femmes dans l’arbitrage.
La paire sans doute la plus connue du handball français. Les sœurs jumelles Julie et Charlotte Bonaventura arbitrent depuis une décennie au plus haut niveau les filles et les garçons. Elles affirment l'une après l'autre qu'elles n'ont «pas de préférence». «Ce qui compte pour nous, c'est de prendre du plaisir sur le terrain», estime Charlotte.
«On peut très bien s'ennuyer sur un match de garçons, poursuit Julie. On est comme des spectateurs, nous aussi, on peut s'ennuyer quand il n'y a pas de rythme, d'envie… En tout cas, nous, on n'est pas comme nos collègues masculins qui rechignent à faire des matchs de filles.» Dans l'élite masculine française, les Bonaventura se sont fait une place. Les suspicions autour de leurs compétences se sont dissipées.
Julie : «Les filles ne minaudent pas avec nous…»
«On arbitre même plus les garçons que les filles», note Julie. Et à les entendre, elles n'ont pas besoin d'en faire davantage auprès des hommes pour se faire respecter. «On garde la même ligne de conduite, on ne change pas notre façon d'arbitrer parce qu'on a des hommes en face, explique Julie. Ainsi, on n'est pas plus autoritaires avec les garçons. Les joueurs et les joueuses sont récalcitrants à trop d'autorité. On privilégie la communication à trop de fermeté et trop de coups de sifflet.»
Les jumelles ne nient pas que les hommes ont parfois tendance à tomber dans un jeu de séduction. «Même si on fait de l'arbitrage, ça reste des rapports humains hommes-femmes, justifie Charlotte. Un clin d'œil, un joli sourire, c'est de la communication tout ça.» «Les femmes font exactement pareils avec nos collègues masculins, embraie Julie.
Mathilde Martineau et Léa Pierron font partie de cette bande. Celle qui a décidé de se muer, le temps d’un match, en médiateur du jeu, qui fera respecter le règlement et assurera la protection des joueurs. « Nous avons été joueuses toutes les deux, à Joué ou Chambray. Puis c’est Stéphanie Lefevre qui m’a fait connaître et aimer l’arbitrage, raconte Mathilde. Notre entente avec Léa existait déjà, mais elle est devenue une évidence et une complémentarité quand...

Les sœurs Bonaventura
Les Aubagnaises Julie et Charlotte Bonaventura ont conclu leur brillante carrière d'arbitres internationales de hanbdall l'été dernier lors des Jeux olympiques de Paris-2024./ PHOTO Jean-Yves CADEDDUAubagne
Huit mois que les sœurs Bonaventura n'ont plus officié un match, depuis les Jeux olympiques de Paris-2024. Alors que le handball rythmait leur vie, ça ne leur manque pas. "C'était une décision mûrie, réfléchie, pas forcée, prise il y a deux-trois ans. On a toujours été très sereine par rapport à ça. On a bouclé la boucle. Et quoi de mieux que de terminer sur des JO, en plus à domicile. Pour nous, c'était le bon moment", posent Julie et Charlotte qui, samedi dernier, ont donné le coup d'envoi virtuel du match de l'équipe de Nationale 2 masculine du Marseille Provence HB. "Quand on a donné nos premiers coups de sifflet à 17 ans, on n'imaginait pas avoir un tel parcours, se souvient Julie. On s'est lancé dans l'inconnu sans se prendre la tête. On ne voyait pas plus loin que le prochain match et, de fil en aiguille, on a franchi les échelons. Et maintenant qu'on a arrêté, on peut se retourner sur notre carrière et le parcours est assez exceptionnel avec quatre JO ! Dans un monde plutôt d'hommes, les Aubagnaises sont parvenues à se faire respecter. Ainsi, elles ont cassé les codes sans pour autant brandir d'étendard féministe. "On ne s'en est pas forcément rendu compte, c'est plus par rapport aux collègues. On sait qu'on a fait rêver pas mal de jeunes arbitres, explique Charlotte. Leur parcours en tant qu'arbitre international où elles ont sillonné le monde leur a aussi permis de se forger sur le plan personnel. "Pour être arbitre, il faut avoir une certaine personnalité, mais ça nous a aussi nourries. Ça a été révélateur, on s'est découvert des qualités, estime Julie. Petit à petit, on a rempli nos bagages. "
Outre les qualités intrinsèques à l'arbitre, toutes les rencontres qu'on a pu faire nous ont enrichies sur le plan humain, poursuit Charlotte. Des gens de tous les milieux, de tous les continents, avec qui le partage était tellement simple. On ne va pas se rappeler de tous les matches mais de tous les bons moments passés avec nos potes. Si les jumelles ont pour l'heure coupé avec le milieu du handball, elles profitent notamment des Journées de l'arbitrage pour transmettre, partager. "Il faut que les jeunes puissent s'identifier, avoir notre retour d'expérience. On leur explique par exemple que lorsqu'ils sont attaqués sur un terrain, ce ne sont pas eux personnellement qu'on attaque mais c'est le rôle d'arbitre... Aujourd'hui, Charlotte s'investit pleinement à la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail et Julie aimerait animer des conférences pour aller encore plus loin dans cette notion de transmission. À 45 ans, elles sont pleinement épanouies et fières d'être restées fidèles à elles-mêmes. "Notre moteur a toujours été le plaisir. "
"À Londres, pour nos premiers JO, on avait rencontré des arbitres avec une carrière immense qui nous avait accueillies d'égal à égal. Ça nous avait marquées et on s'était dit 'quand on sera de grandes arbitres on veut être comme eux'. Après plus de vingt ans au plus haut niveau, l'heure est alors venue de profiter différemment de la vie. "Ça fait du bien de souffler, de ne plus sacrifier la famille, les congés", sourit Charlotte. Même si elles ne seront jamais bien loin l'une de l'autre, elles ont fait construire leurs maisons l'une à côté de l'autre, les jumelles passent forcément moins de temps ensemble. "Il faut apprendre à dire 'je' et non plus 'nous'", admet Julie. Le moment de prendre un peu d'indépendance l'une envers l'autre, tout en préservant cette précieuse et indéfectible complicité. L'une de leurs forces.
Première paire féminine à avoir arbitré une finale des JO à Londres l’été dernier, les sœurs Bonaventura sifflent le gratin national et mondial du handball. Si l’équipe de France a bien été éliminée en quart de finale, Julie et Charlotte Bonaventura, elles, sont allées au bout. Jamais dans l’histoire des JO, une paire féminine n’avait arbitré une finale du tournoi de handball. À trente-deux ans, les jumelles, originaires d’Aubagne, sifflent le gratin du handball national et international, féminin et masculin, et ce n’est qu’un début !
| Événement | Année |
|---|---|
| Début en D1 masculine | 2007 |
| Premier Mondial féminin (Chine) | 2009 |
| Finale des Jeux Olympiques féminins (Londres) | 2012 |
| Premier Mondial masculin (France) | 2017 |
| Jeux Olympiques de Paris | 2024 |
tags: #arbitre #handball #bonaventura