La demi-finale de l'Euro de handball entre la France et la Suède a été marquée par une vive controverse suite à la validation du but d'Elohim Prandi, suscitant une vague de protestations et de réactions passionnées.

Un But Décisif et Contesté
L’équipe de France a arraché sa qualification pour la finale de l’Euro de handball, ce vendredi 26 janvier, à l’issue d’une demi-finale dantesque. Les Bleus ont notamment été sauvés par un but incroyable sur jet franc d’Elohim Prandi. Ce but a permis aux Français d’arracher la prolongation en demi-finale de l’Euro contre la Suède. Le but n’était pas valable ! C’est une erreur de l’avoir accordé. Il n’aurait jamais dû être accepté.
La Suède n'a pas digéré la défaite face à l'équipe de France en demi-finale de l'Euro vendredi. En cause, l'action qui a fait basculer la rencontre : le but d'Elohim Prandi qui a permis aux champions olympiques d'arracher la prolongation à la dernière seconde du temps réglementaire.
Premier problème, pour Aftonbladet, le quotidien suédois, la faute de pas siffler contre Gottfridsson qui déclenche la transition française. Le second, beaucoup plus problématique selon le journal, le but de Prandi qui n'aurait pas ses deux pieds au sol au moment du tir alors que, selon les règlements, celui-ci aurait dû avoir une partie de chaque pied en contact permanent avec le sol jusqu'à ce que le ballon soit lancé. Les photos exposées dans la presse sont claires : le Français a le pied gauche en l'air au moment de balancer son ogive.
Depuis, la règle n’a pas changé, elle a été réexpliquée. Le pied d’appui, le pied gauche d’Elohim, devait rester en contact avec le sol. En fait, il s’est décalé, il a fait un pas de côté. Pour aller consulter la vidéo, il faut avoir un doute et là les arbitres étaient comme tout le monde, ils sont restés abasourdis par ce but venu de nulle part et ils sont restés là-dessus.
Sur le moment, sur le banc, les Suédois n’ont pas réagi non plus (ils ont ensuite déposé une réserve qui a été rejetée, la vidéo étant à la discrétion des arbitres, Ndlr) donc pourquoi les arbitres auraient eu le moindre doute sur la validité. Pour tout le monde, c’était un but magnifique et c’en est resté là. Dans le monde des arbitres, on sait que ce but n’était pas valable. Personne ne relèvera l’erreur d’arbitrage, tout le monde retiendra le magnifique but (sourire).
Réactions et Scandale en Suède
« Scandale ». Les mots s’affichent en gras dans les colonnes du quotidien Aftonbladet, l’un des principaux médias du pays. Au lendemain de la victoire des Bleus à l’issue d’une demi-finale au scénario dantesque, la presse suédoise n’a qu’une cible dans son viseur : l’arbitrage. En effet, tous les médias scandinaves expriment unanimement leur colère à propos de la validation du but d’Elohim Prandi, sur un jet franc, dans la dernière seconde du temps réglementaire.
"Gigantisk skandal." La traduction n'est pas nécessaire pour mesurer le degré de colère qui anime la presse, les anciens joueurs et experts suédois en tous genres.
"À mon avis, il s'agit d'un gigantesque scandale. Je suis furieux au nom de la Suède", déclare dans le journal Claus Møller Jakobsen, ancien joueur et aujourd'hui expert sur la chaîne danoise TV2.
« La Suède aurait dû se rendre au poste de police situé à 900 mètres de là et porter plainte. Car il s'agissait d'un vol pur et simple », s'indigne Johan Flinck, éditorialiste d'Aftonbladet.
La rancoeur promet d'être tenace alors que la fédération européenne a rejeté la réclamation suédoise ce samedi. Sur ce geste entré directement dans la légende, les Scandinaves estiment que le Parisien a décollé son pied d'appui et que les arbitres auraient dû avoir recours à la vidéo pour le constater et refuser le but.
« Après avoir évalué avec soin la situation, la commission de discipline a déterminé que le recours à la technologie de revisionnage vidéo est à la discrétion des arbitres et non une obligation, indique le communiqué de l'instance continentale. Le revisionnage vidéo n'est utilisé que quand les arbitres ont un doute sérieux quant à une décision ou s'ils ne sont pas en mesure de voir correctement la situation. La décision ne revient qu'aux arbitres ou au délégué. (Cette décision) doit être considérée comme factuelle et donc finale, non susceptible de recours. La réserve est donc irrecevable. »
« Sur un jet franc, le tireur a l'obligation de garder un contact avec le pied d'appui à l'endroit de la faute, explique à L'Equipe l'ancien arbitre international Olivier Bui, président de la commission nationale d'arbitrage de la Fédération française. Dans ce cas, le pied a décollé, il y a un transfert du poids sur l'autre jambe et donc le jet franc n'est pas valable. C'est un tir formidable, extraordinaire, mais techniquement on ne peut pas l'accepter. Après, il n'y a qu'à la vidéo qu'on peut le voir. A l'oeil nu, c'est difficilement détectable. Sur le moment, je pensais que le but était valable. »
Sans se prononcer sur l'action elle-même, Michael Wiederer, le président de l'EHF, a reconnu lors de la conférence de presse de clôture de l'Euro que les arbitres ont eu tort de ne pas faire appel à la vidéo : « C'est clair qu'il y a eu une erreur, ils auraient dû aller à la vidéo, ils auraient dû revoir le but, point. Mais on ne pourra pas éviter toutes les erreurs individuelles.
Les Arbitres au Cœur de la Polémique
Les Macédoniens Gjorgji Nachevski et Slave Nikolov sont les deux arbitres qui ont validé le désormais fameux but d'Elohim Prandi, décisif vendredi 26 janvier dans la victoire de la France contre la Suède en demi-finale de l'Euro masculin de handball. Un coup de génie contesté en raison d'une faute de pied au moment du tir. De quoi scandaliser la presse suédoise, et notamment les médias Dagens Nyheter et Handbollskanalen qui ne manquent pas de rappeler que le duo arbitral souffre d'une réputation entachée.
Et pour cause: les deux hommes sont épinglés dans une enquête sur des soupçons de matchs truqués dans le handball. En janvier 2023, la chaîne de télévision danoise TV2 a fait fuiter un rapport établi en 2018 par une société suisse d'analyse de données sportives (Sportradar). Celui-ci avait conclu à des "signaux d'alarme clairs et concrets" pour 26 matchs de handball disputés entre septembre 2016 et novembre 2017. Deux d'entre eux avaient été dirigés par Gjorgji Nachevski et Slave Nikolov (sept autres paires d'arbitres étaient mises en cause).
Mais le rapport pointait également des liens supposés entre ces deux arbitres macédoniens et le milieu du crime organisé ou des malfaiteurs connus en matière de matchs truqués.
« Les investigations de la police n’ont donné aucun résultat et les spéculations sont restées non prouvées suite à l’enquête », avait réagi la fédération européenne de handball (EHF), à qui les éléments du rapport avaient été transmis. Aucune décision disciplinaire n'avait été prise à l'encontre des deux arbitres, qui avaient d'ailleurs pu être aux commandes du France-Danemark de la finale du Mondial 2023.
C'est la chaîne de télévision danoise TV2 qui a fait fuiter un rapport de 2018 édité par une société suisse d'analyses de données sportives (Sportradar). 26 matchs disputés entre 2016 et novembre 2017 auraient envoyé des "signaux d'alarme clairs et concrets" de trucage. Deux de ces matchs ont été arbitrés par Gjorgji Nachevski et Slave Nikolov.
Dans le Dagens Nyheter, le journaliste questionne les compétences et même la neutralité des arbitres de la rencontre. "Les arbitres qui jugent les meilleurs handballeurs du monde doivent connaître les règles", estime la plume du journal. Et même si l'article précise que les erreurs ont été nombreuses, que le journaliste avoue avoir du mal à considérer qu'il vient d'assister à un match truqué, il dévoile : "Il convient de noter qu'il s'agit de deux des arbitres qui, dans un rapport de la société de surveillance suisse Sportradar, ont été pointés du doigt pour avoir arbitré des matchs truqués."
Du côté de Dagens Nyheter et Handbollskanalen, on ne manque ainsi pas de rappeler que le duo macédonien a été cité l'année dernière dans une enquête sur des matchs truqués. C'est la chaîne danoise TV2 qui, au mois de janvier 2023, relayait un rapport datant de 2018 et qui citait des "signaux d'alarme clairs et concrets" sur une bonne vingtaine de matchs, dont deux concernaient les officiels qui ont dirigé France - Suède vendredi - mais aussi la finale du Mondial 2023 entre les Bleus et le Danemark (34-29 pour les Danois).
Le lien était même fait avec le milieu du crime organisé...

Le Père d'un Arbitre Impliqué
Mais en mai dernier, Dragan Nachevski a été contraint de quitter ses fonctions de responsable de la commission des arbitres de l'EHF. Il n'est autre que le père de Gjorgji Nachevski. Une décision prise à la suite de nouvelles informations transmises par la chaîne danoise TV2, qui avait notamment relayé le témoignage anonyme d'un arbitre international accusant le dirigeant d'avoir demandé le trucage d'un match. Il lui a aussi été reproché de ne pas avoir été suffisamment ferme lors d'une tentative de corruption.
Si l'enquête n'a finalement abouti à aucune conclusion officiellement à charge, Dragan Nachevski, le père de Gjorji qui était président des arbitres à l'EHF (Fédération européenne de handball), a aussi quitté ses fonctions en raison d'accusations de trucage.
Autant d'éléments qui amènent Dagens Nyheter à s'interroger sur la pertinence de nommer Gjorgji Nachevski et Slave Nikolov sur un match tel que France-Suède.
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Arbitrage Féminin : Une Évolution Constante
Les Jeux de Paris, leurs quatrièmes après Londres (2012), Rio (2016) et Tokyo (2021), auront été leur dernière compétition en tant qu’arbitres. Sur le terrain, les jumelles Julie et Charlotte Bonaventura (44 ans) ne faisaient qu’un. Elles parlent d’une seule voix.
En D1 garçons, par match, c’est 600 euros et 350 euros en D1 féminine et en D2 garçons. Au niveau international, ça dépend du niveau que vous arbitrez, de la période dans laquelle vous arbitrez, par exemple les matches de Ligue des Champions masculins, c’est en fonction du tour. Après les quarts, le montant évolue. Mais, derrière, il faut payer vos charges. Une chose est sûre, il ne faut pas se lancer dans l’arbitrage pour gagner de l’argent !
Ce sont les premiers arbitres professionnels dans le monde. On va pouvoir voir si c’est une bonne formule. En France, en tout cas, il n’y a pas d’arbitres pros. On n’est pas mensualisé et si on se blesse on n’a rien !
C’est beaucoup par rapport à il y a 10 ans. Quand on a débarqué en élite, on était les seules. Sylvie Borrotti et Odile Marcet finissaient leur carrière. Ensuite, on a été les seules pendant longtemps. C’est beaucoup d’un coup parce que cinq binômes sont montés en pré élite et en élite. Pour certains, ça fait peut-être trop de voir autant de filles arriver d’un coup… C’est une question de compétence. On ne prend pas des femmes pour prendre des femmes.
Les mentalités ont quand même bien changé depuis qu’on a commencé. C’était compliqué, pas seulement pour les hommes, mais pour tout le monde de voir des femmes arbitrer des hommes, voire même des femmes arbitrer tout court. Il y a toujours du mal à positionner des femmes présidentes d’un groupe important ou de les mettre à des postes clés dans les entreprises. Maintenant, je pense que les mentalités ont changé et que c’est la compétence avant tout qui prime même si, forcément, culturellement, il y a toujours des résistances par-ci par-là.
Ce qui fait aussi que les arbitres français performent, c’est qu’on a de très bons joueurs, un très bon championnat. On se doit nous aussi d’être au niveau.
Il y a des discussions au plus haut niveau de l’EHF depuis de nombreuses années. Il y a eu des essais l’année dernière sur le Super Globe, le championnat du monde des clubs. Ils ont fait un essai à trois arbitres qui n’a pas été très concluant. Personne n’était préparé. Ça faisait un peu triangle des Bermudes ! Chacun attendait que l’autre prenne la décision. L’expérience ne devait pas être très agréable pour les arbitres. Ils étaient en terrain inconnu et du coup ils n’avaient plus leurs repères. Il y avait un arbitre coréen avec un Espagnol et un Tchèque… Ça a été testé, mais pas dans les meilleures conditions. Est-ce qu’on y viendra un jour ? Je ne sais pas.
Grâce aux caméras, il n’y a plus rien qui passe à la trappe. Faut-il un 3ème arbitre ou la vidéo va-t-elle suffire ? Moi je ne pense pas qu’un 3ème arbitre amène un plus. Pour coordonner déjà deux arbitres, ça prend des années. Si vous rajoutez une 3ème personne au milieu… Au risque d’avoir des désignations aléatoires.
La vidéo est arrivée cette saison en StarLigue. C’est un plus, une avancée technologique, un outil complémentaire mis à disposition des arbitres. Après, c’est quelle utilisation on en fait et comment c’est présenté notamment par les médias. Il y a un cadre qui a été défini sur dans quel type de situation les arbitres peuvent aller consulter la vidéo. Si les médias n’en prennent pas connaissance et se disent à chaque fois mais pourquoi les arbitres ne vont pas voir, ça peut prêter à confusion de se dire que les arbitres ont l’outil et qu’ils ne l’utilisent pas.
Dans l’idéal, il faudrait doubler celles de Handball TV pour qu’il y ait une équité. Des situations similaires en fonction du diffuseur peuvent être jugées différemment parce que les arbitres n’ont pas les mêmes angles de vue.
Concernant les caméras dans le but, il faut voir sur les derniers championnats du monde et championnat d’Europe combien de cas sont concernés par ce type de situation. C’est vraiment à la marge. L’investissement financier est-il rentable pour trois cas de figure sur la saison ?
