Hollie Davidson : Première Femme Arbitre d'une Finale Européenne de Rugby

Quel que soit le scénario du match, on assistera à un petit moment de l’histoire du rugby lors de la finale de Challenge Cup ce vendredi soir. Hollie Davidson va devenir, ce vendredi à Cardiff, la première femme de l’histoire à diriger une finale européenne lors de l’affrontement entre Lyon et Bath qui déterminera le vainqueur de la Challenge Cup. L’Ecossaise de 32 ans est en train d’exploser au très haut niveau dans un milieu qui reste extrêmement masculin et compte bien continuer à faire naître des vocations.

Ce vendredi 23 mai, au Principality Stadium de Cardiff, Hollie Davidson, arbitre écossaise, sera au sifflet de la finale de Challenge Cup Lyon-Bath. C'est loin d'être anodin : elle deviendra à 32 ans la première femme à officier lors d'une finale européenne de rugby. Avec Davidson, une grande première pour l’EPCR.

L’Écossaise Hollie Davidson va devenir la première femme à arbitre une finale européenne, lors de la rencontre entre Lyon et Bath en Challenge Cup, vendredi 23 mai (21 h), à Cardiff (pays de Galles).

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Un Honneur et une Évolution

« La finale de la Coupe d’Europe, c’est spécial à plusieurs niveaux : d’abord, parce que je suis la première femme à le faire, et ça, c’est énorme, a insisté l’Écossaise de 32 ans au site RMC Sport. Ça montre l’évolution de notre sport et les opportunités qui se développent pour les femmes. Mais aussi, en tant qu’arbitres écossais, cela fait des années qu’on essaie de revenir dans le très haut niveau. Aucun arbitre écossais n’avait dirigé un match à élimination directe depuis 30 ans.

« Je suis comblée d’être nommée pour arbitrer un match si important, se félicite-t-elle. Maintenant, je dois juste aller, et faire ce que j’ai fait le reste de la saison. C’est pour cela que j’ai été choisie. »

Un Parcours Semé d'Embûches

Ca n’était pourtant pas du tout le plan de carrière imaginée par Hollie Davidson. Adolescente, la jeune femme se destine surtout à devenir joueuse. Elle n’aurait jamais pu imaginer ça… Lorsque jeune joueuse, Hollie Davidson bataillait sur les pelouses écossaises pour tutoyer son rêve de jouer avec sa sélection nationale, sa vocation pour l’arbitrage n’existait pas.

Le rêve prend forme à 19 ans lorsque celle qui évolue à l’ouverture ou demi de mêlée est retenue pour un camp d’entraînement avec la sélection nationale. Mais juste avant sa potentielle première sélection contre les Pays-Bas, elle se blesse à l’épaule. A 19 ans son rêve de devenir joueuse professionnelle se brise. C’est le début d’un cycle d’opérations chirurgicales qui peinent à la retaper, et la fin prématurée d’un rêve.

« J’étais dévastée, raconte-t-elle à la BBC. Que cela m’ait été arraché si vite, c’était brutal. Je me suis dit que mon parcours dans le rugby était terminé. » Il va simplement, la déception digérée, prendre une autre forme. Hollie Davidson se lance dans l’arbitrage, d‘abord de matchs à 7 féminin dans son pays.

"Je pensais que c’était facile d’arbitrer, et à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de femmes arbitres", se remémore Davidson. "Alors je me suis dit : 'pourquoi pas essayer'. Et très vite, je me suis rendu compte que c’était bien plus difficile que ce que je croyais.

Davidson commence par siffler des matchs de rugby à 7 en Ecosse. En 2018, c’est le grand saut avec le Pro 14, dans le rôle d’arbitre de touche, le championnat qui regroupait à l’époque des équipes écossaises, galloises, irlandaises et italiennes. En 2021, elle dirige ses premières rencontres.

"Je crois que l’un des aspects positifs, c’est que je jouais 9 et 10, donc j’étais toujours très proche des arbitres sur le terrain, je voyais ce qu’ils voyaient", souffle Hollie. "Donc à ce niveau-là, la transition a été plutôt facile… enfin, facile dans le sens où les lignes de course, je les connaissais. Mais l’arbitrage, c’est bien plus que connaître le règlement. C’est comprendre à quel moment il ne faut pas siffler, et ça, c’est le plus important. Cette transition-là a été très difficile. Et on connaît notre sport : il y a tellement de règles. En tant que joueuse, on pense toutes les connaître, et très vite, j’ai réalisé que toutes les petites subtilités m’échappaient. J’ai dû les apprendre et me former pour arriver à mon niveau actuel."

Une Carrière Ascendante

Ses prestations l’amènent dès 2018 en Pro 14, ancêtre de l’URC qui regroupe alors des équipes écossaises, italiennes, irlandaises et galloises, comme arbitre de touche. Avant en 2021, d’être désignée arbitre centrale pour un match entre le Munster et Trévise.

Depuis, son CV ne cesse de grossir : finale de la Coupe du monde féminine en 2022, première arbitre féminine aux commandes d’un test-match international en 2022, première femme à officier comme arbitre assistante dans le Tournoi des Six Nations masculin en 2024. La même année, Hollie Davidson dirige la rencontre des champions du monde sud-africains contre le Portugal. Là aussi, encore de l’inédit pour celle qui assume son rôle de pionnière.

En deux ans, la carrière d’Hollie Davidson a pris un vrai virage. Elle arbitre la finale de la Coupe du monde féminine en 2022. En février 2024, Davidson est désignée arbitre assistante aux côtés de Ben O’Keefe lors de la rencontre entre l’Angleterre et le Pays de Galles. C’est la première femme à officier dans le tournoi des VI Nations. Lors de la dernière tournée d’automne, c’est elle qui a dirigé la rencontre entre l’Irlande et les Fidji.

Davidson avait déjà été désignée pour une rencontre internationale lors du match entre l'Afrique du Sud et le Portugal en juillet 2024. Elle arbitrera de nouveau les Springboks le 5 juillet lors d'un test-match à Pretoria face à l'Italie.

Un peu moins de dix ans après ses débuts dans l'arbitrage, cette ancienne joueuse va devenir la première femme à arbitrer une finale européenne, puisqu'elle sera au sifflet pour la finale du Challenge Cup entre Lyon et Bath ce vendredi soir à Cardiff (21 heures). Une ascension météorique pour l'Écossaise, moins de quatre ans après ses débuts dans le Pro 14 (ancien championnat regroupant des équipes écossaises, galloises, irlandaises et italiennes, ndlr) comme arbitre principale.

Après avoir arbitré la finale de la Coupe du monde féminine en 2022 et un match entre le Portugal et l'Italie au sein d'un quatuor 100% féminin, elle est devenue la première femme à officier dans le tournoi des VI Nations en février 2024, comme arbitre assistante. Et lors de la dernière tournée d'automne, elle a dirigé la rencontre entre l'Irlande et les Fidji. Là aussi, une grande première.

Soutien et Préparation

Hollie Davidson est couvée par la fédération écossaise, consciente de son potentiel. Elle s’appuie sur les précieux conseils de Mike Adamson, ancien international écossais à 7 passé par les Glasgow Warriors qui a officié lors du tournoi des VI nations 2021. Son mentor, Bob Easton, qui l’a emmené à son premier stage d’arbitrage l’accompagne depuis qu’elle s’est consacrée à l’arbitrage pour débriefer ses performances. Il sera encore avec elle pour la suivre lors de la finale de la Challenge Cup entre le LOU et Bath.

"Honnêtement, je suis restée sans voix quand j’ai reçu le coup de fil me disant que j’allais arbitrer la finale. Je t’avoue qu’il y a eu quelques gros mots de surprise… C’est un énorme honneur. Le rugby européen, c’est le sommet du rugby professionnel ici. Et sincèrement, jamais je n’aurais imaginé arbitrer une finale européenne."

Ses préparations physiques et mentales sont encore plus exigeantes que ses homologues masculins pour pouvoir suivre le rythme des rencontres. "Muscu, terrain, cardio, tous les jours", précise Hollie. "Et mentalement, pour moi, c’est surtout de bien verrouiller mes routines, de me préparer pour que ce vendredi soit comme n’importe quel autre match. Le jeu va très vite aujourd’hui, les joueurs sont de véritables athlètes, et c’est difficile de suivre le rythme. Quand la pression monte, je dois garder l’esprit clair et pouvoir prendre mes décisions sereinement. Je sais que ce sera différent, qu’il y aura beaucoup d’émotion, mais si je peux me faire confiance et m’appuyer sur ce que j’ai fait avant, normalement ça ira."

Défis et Perspectives d'Avenir

Sur le terrain, Davidson a su se créer sa place, sans forcer malgré des premières années difficiles pendant lesquelles les critiques fusaient sur les réseaux sociaux. Elle a même dû faire face à des crachats et une hostilité extrême en tribunes. Des expériences qui ont forgé sa manière d’appréhender les matchs et le dialogue avec les joueurs.

"On m’a posé cette question : est-ce que j’ai une phrase type ou une méthode pour gérer un capitaine qui conteste ? Et en fait, il n’y a pas de règle unique", détaille-t-elle. "Chaque capitaine et chaque joueur est différent, et la manière dont je leur parle dépend du joueur, de son caractère et de son style. Il faut être capable de le sentir. Est-ce que c’est parce que je suis une femme que j’ai cette approche ? Peut-être. C’est une meilleure question pour mes collègues masculins. Mais je pense que c’est l’une de mes forces : réussir à communiquer avec les joueurs. Peut-être que c’est lié au fait d’être une femme, je ne sais pas. On verra vendredi si c’est pareil…"

Dans le milieu du rugby où la masculinité reste très présente, Hollie Davidson n’oublie pas "l’autre partie de son job" comme elle l’appelle. « Je pense qu’au-delà de mon rôle d’arbitre sur le terrain, ma mission ne sera pas terminée tant qu’on n’aura pas plus de femmes impliquées dans le rugby à tous les niveaux : arbitrage, management, coaching… toutes ces fonctions en dehors du terrain. Je pense qu’il y a énormément d’opportunités dans notre sport, et qu’on verra de plus en plus de femmes les saisir dans les années qui viennent."

Avant de se lancer dans la préparation de sa finale, Hollie Davidson tient à marteler ce message à des jeunes filles qui n’oseraient pas tenter leur chance. « Crois en toi ! Cette pionnière tenait à faire passer un message fort à des jeunes filles qui n’oseraient pas tenter leur chance. « Crois en toi !

Là aussi, encore de l’inédit pour celle qui assume son rôle de pionnière. « Je pense qu’au-delà de mon rôle d’arbitre sur le terrain, ma mission ne sera pas terminée tant qu’on n’aura pas plus de femmes impliquées dans le rugby à tous les niveaux : arbitrage, management, coaching… toutes ces fonctions en dehors du terrain, a révélé l'arbitre écossaise. Je pense qu’il y a énormément d’opportunités dans notre sport, et qu’on verra de plus en plus de femmes les saisir dans les années qui viennent.

Sur Instagram, Hollie Davidson partage, entre des photos de ses proches, son quotidien d’arbitre, notamment les voyages où l’emmène le rugby. Chroniques d’un métier où elle se voit encore aller plus haut. « Je veux devenir l’un des meilleurs arbitres du monde, et pour en être capable, je dois être dans des contextes avec du challenge, pour pouvoir me frotter à ce qu’il se fait de mieux », lâche-t-elle.

Ses prochaines ambitions ? Le Tournoi des Six Nations 2026, où elle pourrait devenir la première femme à être nommée arbitre principal. Et, l’étape d’après, la Coupe du monde masculine 2027 en Australie.

Les Femmes et l'arbitrage

Désignations des arbitres pour les finales des Coupes d'Europe

L’EPCR a communiqué ce mercredi le nom des arbitres des deux Coupes d’Europe.

A désormais un peu moins de deux semaines du rendez-vous tant attendu, on sait maintenant qui sera l’arbitre de la finale de Champions Cup entre l’Union Bordeaux-Bègles et Northampton. En effet, ce mercredi matin, l’EPCR a annoncé que c’est Nika Amashukeli qui sera au sifflet le samedi 24 mai prochain (à 15h45), au Principality Stadium de Cardiff.

Lors de la finale de Champions Cup, il sera assisté de l’Italien Andrea Piardi et de l’Irlande Andrew Brace. La veille, la finale de Challenge Cup opposant le vendredi 23 mai, Lyon à Bath, sera elle arbitrée par Hollie Davidson.

Nika Amashukeli officiera au centre du terrain pour sa première finale de Champions Cup.

Nika Amushukeli arbitrera la finale entre l’UBB et Northampton, le samedi 24 mai à Cardiff. C’est la première fois qu’il officiera à un tel niveau dans la compétition.

A seulement 30 ans, le Géorgien est devenu en très peu de temps une référence mondiale en tant qu’arbitre, lui qui était notamment au sifflet du match entre le XV de France et la Nouvelle-Zélande en fin d’année dernière (30-29). Lors de la rencontre entre l’UBB, qui tentera d’obtenir son premier titre en Champions Cup, et les Anglais, qui ont remporté la compétition une fois en 2000, Amashukeli pourra compter sur l’Irlandais Andrew Brace et l’Italien Andrea Piardi comme assistants, tandis que le Sud-Africain Marius Jonker sera à la vidéo.

L’Italien Gianluca Gnecchi et l’Irlandais Eoghan Cross seront ses assistants, alors que l’Ecossais Mike Adamson s’occupera de la vidéo.

« Je suis ravi de féliciter Hollie et Nika pour leur nomination en tant qu’arbitres des finales de l’EPCR Challenge Cup et de l’Investec Champions Cup, ainsi que les autres officiels de match qui ont été sélectionnés. L’EPCR maintient des normes de classe mondiale avec nos officiels de match, sélectionnés par Tony Spreadbury (…) et je tiens à remercier Tony et son équipe pour leur travail tout au long de la saison pour garantir que chaque match de l’EPCR soit géré de manière professionnelle et à un niveau exceptionnel », a notamment déclaré Dominic McKay, le président de l’EPCR à ce sujet.

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