L'histoire d'Antony Sports Rugby est celle d'un club atypique, capable de renverser les pronostics et de surprendre son monde. Retour sur un parcours marqué par la détermination et l'esprit d'équipe.

Une Montée Inattendue en Fédérale 2
Antony Sports Rugby en Fédérale 2, qui l'eut cru ? Pas Damien Michel, le président-entraîneur du club des Hauts-de-Seine, à la tête de l'équipe première depuis neuf ans et l'accession en Fédérale 3, et depuis l'année dernière dirigeant principal.
« Ce n'était pas notre ambition, loin de là, confie l'ancien joueur antonien. On est habitués à disputer les phases finales mais on est un club très atypique, avec des installations vétustes, une mairie qui nous soutient trop peu financièrement. La qualification, on l'arrache avec les tripes. »
Cette promotion, Antony l'a obtenue aux dépens de Beauvais, malgré sa défaite dimanche dans l'Oise (19-17). Mais à domicile, à l'aller, les Franciliens avaient creusé l'écart en s'imposant 28 à 16.
L’équipe d’Antony jouera donc les phases finales du championnat de Fédérale 2. Il en aura fallu des concours de circonstances pour permettre au club des Hauts-de-Seine d’y participer pour la première fois de son histoire.
Le match nul de dimanche dernier contre Beauvais (10-10) a manqué de basculer à la dernière minute lorsque l’arbitre a sifflé une pénalité sous les poteaux en faveur des Beauvaisiens. Le succès de Beauvais aurait envoyé Antony aux orties. Le geste de nervosité d’un joueur de Beauvais se faisant justice lui-même sur cette action a provoqué le retournement de la faute.
Antony s’est tiré d’affaire avec deux points comptables. Dans le même temps, à Chartres, chez le concurrent, le baroud d’honneur de Marcq-en-Barœul a laissé les Chartrains à zéro point.
Et pour quelques dixièmes de points - le classement d’Antony sera augmenté des points de deux péréquations appliquées à deux rencontres non jouées - les Antoniens ont achevé la phase préliminaire à la cinquième place, une place devenue qualificative depuis la sanction prononcée contre les leaders de Marcq-en-Barœul, touché en plein vol pour un budget insincère datant de la saison dernière.
Obstacle après obstacle, cette équipe d’Antony, qui était complètement déconnectée depuis plusieurs mois de la possibilité de se qualifier, a saisi une opportunité inimaginable.
Dans la division inférieure, en Fédérale 3, les Antoniens étaient devenus les spécialistes des retournements de situation en parvenant deux fois à monter en Fédérale 2 en se qualifiant à la quatrième place. Deux fois, ils avaient "tapé" deux leaders et renverser les pronostics pour obtenir des promotions inattendues.
"Du coup, je flippe, raconte en plaisantant le président manager Damien Michel. C’est arrivé à chaque fois que nous avons fini quatrième. Et cette fois-ci aussi nous finissons quatrième, et je n’ai pas du tout préparé la montée en Fédérale 1."
Antony la disputera au premier tour contre le leader de la poule d’en face, Villefranche-sur-Saône. Un leader dominant à dix-sept succès sur vingt matchs, comme les Antoniens ont pris l’habitude de les affectionner.
Les Franciliens récupéreront du monde pour jouer le premier des deux matchs dans dix jours à domicile. Le demi de mêlée Étienne Ciernak (obligations professionnelles) et le demi d’ouverture Christophe Bordes et le centre Ellis Gavin (tous les deux en vacances) n’avaient pas prévu que le match de Beauvais serait aussi important et l’ont manqué. Ils seront là pour Villefranche-sur-Saône. Le pilier gauche Mohamed Haddou fera son retour également, alors que le deuxième ligne Mathieu Girard est déjà revenu la semaine dernière de sa longue suspension de six matchs.

Un Club en Pleine Mutation
Entre ses maintiens acrobatiques, ceux obtenus par les décisions liées aux restrictions sanitaires, et la dernière saison blanche, sans relégation, guidée par la réforme fédérale, le club d’Antony est parvenu depuis six saisons à conserver sa place en Fédérale 2.
Une seule fois, en 2019, il était parvenu à se hisser en barrage. Sinon, depuis son retour en 2016, il s’est cramponné à sa place sans trop jamais parvenir à se faire valoir.
Ses dirigeants ont décidé de profiter de la réforme fédérale, et de la baisse de niveau afférente, pour y figurer de façon plus éclatante.
«Je crois sincèrement que la prochaine saison sera un vrai tournant pour notre projet senior, explique le manager général Gabriel Oriol. Soit ça passe, soit il faudra le revoir. Nous avons beaucoup travaillé sur notre formation et la structure du club depuis des années. Ce travail porte ses fruits. On passe des caps. On commence à attirer vraiment du monde à l’école de rugby pour faire du volume, et obtenir des résultats. Cette saison, nous avons fait un quart de finale en U18 en Nationale, et un seizième avec les U16 en Nationale également. C’est beau. Finalement, il nous manque seulement que l’équipe seniors bascule dans une dynamique de résultats à son tour. Ce sera l’année prochaine, ou alors jamais, dans cette prochaine Fédérale 2 remodelée.
Les premières mesures mises en place pour essayer de qualifier cette équipe, dans cette division où beaucoup de clubs de Fédérale 3 feront leur apparition, ont été prises sur le staff technique. Gabriel Oriol et Jérémy Boirin avaient fini la saison tous les deux ensembles pour gérer soixante seniors. Damien Jacquinot a été recruté à Ris-Orangis pour s’occuper de la conquête. Le pilier géorgien Elizbar Kuparadze, en même temps qu’il disputera sa dernière saison, travaillera dans ce staff technique. Enfin, Pierre Wenz sera à cheval sur les moins de 18 ans et les seniors pour faire le lien entre les deux catégories.
Une dizaine de recrues sont attendues. Le pilier de Ris-Orangis Hakim de Monteville, et le deuxième ligne zimbabwéen de Saint-Denis Georges Fawezy, sont les deux premières.
«Nous venons de signer un partenariat avec les villes de Sceaux, Bourg-la-Reine, et Châtenay, ce qui nous permettra encore d’augmenter notre zone de rayonnement auprès des jeunes, commente le président Max Wattine. Nous développons aussi nos ressources, puisque nous avons augmenté notre budget de cent cinquante mille euros depuis deux ans. Nous allons encore l’augmenter pour le porter à quatre cent cinquante mille euros. Nous sommes vraiment sur une très bonne dynamique. Il faut que les seniors suivent à partir de maintenant.
Le club a beaucoup évolué tant sur le plan sportif que matériel. Des terrains d’entrainements de qualité, un terrain d’honneur de grande classe et un club house de haut vol. Tout pour réussir.
L'Esprit d'un "Village Gaulois"
« J’ai eu la chance de faire partie de ce village gaulois qui renverse les montagnes. Au départ, on ne donnait pas cher de notre peau, petit club festif s’entraînant dans un parc bucolique (le parc Heller à l’époque). À force de batailles et de 3ème mi-temps nous sommes devenus des frères et nous avons créé la « Chasse à l’ours ». Crie de guerre qui nous a amené dans 3 finales de championnat de France successives (un record!!). Au fur et à mesure des publications, on voit que l’esprit demeure… malgré l’enjeu, les difficultés et les doutes. Pas uniquement sportif mais aussi humain et social. Le rugby d’une fratrie.
En plus d’être un beau club, nous sommes devenus un grand club. À vous les joueurs! Gardons cet esprit unique de village gaulois et soyons fiers de ce que nous sommes devenus, car comme moi un jour vous partagerez vos souvenirs.
« Je m’appelle Maël. J’étais joueur au club de 2004 à 2018 en tant que demi de mêlée. Je suis rentré dans le club en Honneur, l’année suivante nous sommes montés en Fédérale 3 et 11 ans après, je vivais la montée en Fédérale 2. Quel parcours ! Quelle équipe !!Que de bons souvenirs : un camarade oublié sur une aire de repos en allant à un match à Roubaix, des soirées au club avec des grands barbecues où l’on finissait toujours par un « Ventre y glisse », des voyages de début de saison pour une bonne cohésion d’équipe. Nous avions monté une association de joueurs appelé la Chasse à l’Ours. C’est devenu la mascotte du Club.
Je tiens à remercier toutes les personnes du club AM 92 pour ces bons moments qui m’ont fait grandir et devenir qui je suis aujourd’hui.
Tableau Récapitulatif des Montées en Fédérale 2
| Club | Année de Montée | Commentaire |
|---|---|---|
| Clamart Rugby 92 | [Année] | Remonte après une saison en Fédérale 3 |
| Plaisir Rugby Club | [Année] | Troisième montée de son histoire |
| Antony Sports Rugby | [Année] | Surprise et ambition |
🎖️ @DjaysonTV et Nans Ducuing à la Nuit du Rugby

Match Plouzané - Antony : Un Aperçu de la Saison
Fédérale 2. Plouzané - Antony : 0-3. P. Spagnol (Plouzané) pris par la défense d’Antony.
En recevant Antony qui restait sur quatre victoires d’affilée, les Plouzanéens savaient la tâche ardue qui les attendait, eux qui n’ont goûté qu’une fois à la victoire en 11 journées.
Habitués à malmener les équipes fortes du championnat, les promus n’ont pas dérogé à la règle en imposant leur rythme dès le début du match. Le vent sur la colline de Keramazé rendant la construction du jeu difficile, les deux équipes tentaient de faire la différence par leur percussion.
En première mi-temps, le demi de mêlée plouzanéen Lemotlo a eu par deux fois l’occasion d’ouvrir le score sur pénalités. Mais à chaque fois le ballon passait à gauche des perches.
La deuxième mi-temps voyait le réveil des visiteurs. Pendant 7 minutes, ils ont pilonné la défense finistérienne qui tenait bon. Très cohérents et solidaires sur le plan défensif, les joueurs de Mickaël Chenais résistaient et se montraient même dominateurs en mêlée.
Courageux jusque dans les derniers instants, Plouzané a essayé mais le vent encore l’empêchait de tenter des pénalités.
Les mains sur les hanches, le capot ouvert, les canards ont tout donné mais ont manqué de lucidité.
« Il nous manque des joueurs, mais l’état d’esprit est là.