Le FC Annecy et le FC Martigues, deux clubs de football français, ont connu des parcours distincts mais liés en Ligue 2. Cet article explore leur histoire, leurs défis et leurs ambitions.

Le FC Annecy : ambitions et réalités
Ce vendredi, le FC Annecy se déplace à Martigues pour le compte de la 24e journée de Ligue 2. Pour rester en haut du classement, les Haut-Savoyards doivent s’imposer.
Un objectif clair : le top 5
« Le maintien ? On n’en parle plus. » Avec 39 points et un retour dans le club des cinq premiers après sa victoire contre Caen (1-0), le FC Annecy a désormais d’autres ambitions. "On ne va pas se cacher que l’objectif est de rester dans ce top 5. C’est compliqué car les équipes là-haut gagnent presque tous leurs matchs donc il faut faire pareil", reconnait le milieu offensif annécien Anthony Bermont.
Après deux succès de suite, les Haut-Savoyards se rendent à Martigues chez l’avant-dernier, avant deux gros rendez-vous, le Paris FC (3e) et Metz (2e). « Un match piège ? Je ne sais pas mais ce sera à nouveau un match difficile mais comme toutes les rencontres qui peuvent se présenter », estime l’entraîneur Laurent Guyot.
Le maintien en poche, le FCA va pouvoir complètement basculer vers d’autres objectifs. « L’équipe est motivée, on garde nos valeurs, notre état d’esprit. On rentre dans le sprint final donc on veut tous rester là-haut. C’est plus attrayant qu’une fin de saison avec rien à jouer », assure Anthony Bermont.
Annecy cherchera à confirmer sa solidité (13 clean-sheets en 23 matchs) et un allant offensif qui a peiné à se concrétiser contre Caen (6 buts en 7 journées en 2025). « Je vais retenir le nombre de situations qu’on s’est créé car à Troyes (1-0) ou Laval (1-0), on a marqué sur peu d’occasions. Ça ne suffit pas mais c’est déjà une bonne chose », relativise Guyot.
« L’équipe est motivée pour gagner le maximum de matchs et rester en haut du classement. »
« Je ne pense pas qu’il y aura de décompression », assure Laurent Guyot. « Je sens les joueurs impliqués parce qu’on est aussi en train d’écrire une partie de l’histoire du club. Après l’objectif vital n’est pas de terminer forcément dans les cinq premiers. Maintenant on est là, on ne va pas faire exprès de perdre. On a envie de se prendre au jeu et de continuer à avancer. »
Les limites d'une montée en Ligue 1
Interrogé sur l’hypothèse d’une montée en Ligue 1, l’entraineur du FC Annecy a été clair : « Aujourd’hui, ce n’est pas un sujet d’actualité. Je ne trahis rien et je ne pense pas être irrespectueux en disant que le club n’est pas prêt, sur de nombreux points, à jouer au niveau supérieur, c’est une évidence. Mais en même temps que je dis ça, je ne veux pas donner le sentiment que je vais faire les 11 derniers matchs en dilettante car ce n’est pas le cas. Et croyez-moi, j’ai un groupe de joueurs qui est prêt à donner le maximum pour être performant sur la fin de saison. »
Effectif et blessures
Julien Kouadio s’est à nouveau blessé (cuisse) cette semaine à l’entraînement. Il rejoint à l’infirmerie les autres défenseurs François Lajugie (cuisse) et Hamjatou Soukouna (tendon d’Achille). Au milieu Noha Lemina est également blessé.
Quelques chiffres clés
- Le FC Annecy n’avait encore pas gagné deux matchs de suite cette saison, c’est désormais fait avec les victoires à Laval (1-0) et contre Caen (1-0).
- Les Annéciens n’ont plus gagné trois fois de suite depuis ses cinq victoires de suite entre le 9 mars et le 13 avril dernier (Ajaccio, Bordeaux, Dunkerque, Valenciennes, Laval).
Un match piège à Martigues ?
Même avant-dernière, la formation des Bouches-du-Rhône qui après avoir été obligée de jouer au Vélodrome à Marseille puis à Gueugnon a enfin retrouvé son stade Francis-Turcan, ne sera pas un adversaire facile. Le passage des Martégaux au Parc des sports l’été dernier (2e journée) n’a pas laissé de bons souvenirs aux Annéciens. "On avait perdu 4 à 2, se rappelle Anthony Bermont. Martigues avait même été la seule équipe à battre le FCA sur sa pelouse lors de la phase des matchs-aller. On aura forcément un petit goût de revanche (...) L’équipe est motivée pour gagner le maximum de matchs et rester en haut du classement."
Passés à côté au match aller (défaite 4-2) , les Annéciens n’auront pas de peine à faire mieux ce vendredi face à la formation de leur ex-coéquipier Steve Shamal qui a retrouvé les terrains de L2 lors de la dernière journée au Red Star (défaite 1-0) après trois mois d’absence.
« Depuis deux ans et demi, regardez le parcours de Martigues à domicile quand ils sont dans leur stade. Si on pense qu’il faut gagner à tout prix sous prétexte d’être 5e au classement, on n’est pas très lucides sur les forces en présence. L’écart n’est pas aussi significatif que celui au classement. Il ne faut pas se prendre pour d’autres, c’est mon rôle d’être très vigilant à cela », assure Guyot.
Kapit Djoco : l'homme à suivre
Remplacé peu avant l’heure de jeu face à Caen, l’avant-centre annécien Kapit Djoco a reçu les sifflets d’une partie du Parc des Sports au moment de céder sa place à Anthony Bermont. L’attaquant n’a marqué que deux fois cette saison et reste sur trois mois et demi de disette.
« Il ne marque pas autant qu’il le souhaiterait lui-même mais il y a beaucoup de choses qu’il fait bien, il donne pas mal de bons ballons (trois passes décisives notamment). On ne va pas nier ce manque d’efficacité mais il y a d’autres choses qu’il fait très bien et qui sont essentielles à l’équipe », justifie Guyot qui ne l’a mis sur le banc qu’une seule fois en L2, lors d’une semaine à trois rencontres.
« Si Kapit était capable d’être très efficace en plus de tout ce qu’il fait de bien pour l’équipe, on n’aurait pas l’occasion de le siffler, ni de l’applaudir car il ne jouerait pas chez nous. Ses six buts (en cinq mois) nous ont grandement aidés à nous maintenir la saison passée… Après, c’est éternellement l’histoire des attaquants », défend le technicien haut-savoyard.

Le FC Martigues : une histoire riche et tumultueuse
Le FC Martigues va naître en 1919, pas encore sous le nom de FCM mais sous l’appellation Sporting Club de Martigues, avec des passionnés de ballon rond qui vont faire leurs premières joutes au champ de Mathieu. Puis en 1921, le FCM va officiellement voir le jour.
Les couleurs du club sont inspirées du grand club de rugby de Perpignan qui joue en « Sang & Or » et le nom « Football Club » provient lui du grand club de foot de l’époque le FC Sète.
Martigues participe en décembre au tournoi des Aygalades avec la première victoire de l’ère martégale face à Port-de-Bouc (2-0).
Martigues évolue au stade Albert Pommé dès 1923 et juste avant-guerre au stade Aldéric Chave. Des matchs souvent à guichets fermés (jusqu’à 4000 personnes !) mais aussi des matches remis pour cause d’inondation. Le stade Chave étant près de l’Etang (où se trouve l’actuelle piscine municipale) qui débordait de temps à autres.
Martigues attendra 1935 pour devenir champion de Provence de 1ère division et auparavant aura remporté la coupe Montredon en 1925 et le titre de champion de Provence 3ème division en 1928.
Puis comme tous les clubs français, le FCM va devoir stopper son activité durant la guerre 39-45 avant de reprendre par un petit air de professionnalisme et l’arrivé du Suisse Georges Kramer à la tête de l’équipe.
Il faut attendre 1963-1964 pour retrouver le FCM en DH et c’est avec l’éternel Jacques Sucré que le FCM va écrire ses premières lettres de noblesse en amenant le FCM à la D2.
Le FCM se dote de son actuel stade Francis-Turcan (1965) qui pour l’époque était tout confort.
Le premier titre retentissant c’est la victoire du FCM en Coupe Gambardella en 1968. Face au grand Stade de Reims en Avignon, les Martégaux finissent par faire match nul 2-2… Et le FCM l’emporte à la moyenne d’âge ! Et oui il n’y avait pas les tirs au but à l’époque, cela se jouait aux corners mais là aussi match nul et de ce fait les plus jeunes ont remporté le titre.
Le président Huc et Jacques Sucré font grimper le club d’année en année, remportent la Coupe de Provence pour la première fois en 1970 et son premier titre de DH.
Et le FCM va plonger de plein pied dans le professionnalisme en étant promu en D2 en 1974 pour ne plus le quitter durant de longues années et faire du FCM l’un des plus vieux pensionnaires de D2.
Progressivement le club devient de plus en plus pro et c’est Jean-Marie Bianchi qui devient président et Yves Herbet prend en main l’équipe première en 1980.
Le centre de formation voit le jour, des joueurs de renoms comme Ali Benarbia, Patrick Blondeau, David Mazzoncini pour ne citer qu’eux ou encore des grands noms comme Saar Boubacar, Lubomir Luhovy ou Eric Cantona vont permettre au FCM de s’inscrire dans la durée, d’écrire de belles pages en Coupe de France contre Bastia, St-Etienne et de voir Paul Orsatti devenir l’entraîneur, lui qui malheureusement n’arrivera pas à faire grandir le FCM.
Des joueurs du cru vont éclore comme Henri Canet, le joueur le plus capet du club avec 411 matchs ou encore Patrick Dho le meilleur buteur de l’histoire martégale avec 74 buts.
C’est alors l’arrivée de Michel Berard qui amène dans ses valives Christian Sarramagna. Le club est au bord de l’implosion financière, et le duo doit recruter malin.
Objectif : finir dans les 11 premiers de son groupe pour intégrer la Super D2. Martigues va faire mieux en caracolant en tête pour accéder à la surprise générale à la D1 en 1993 en venant à bout de Cannes, d’Istres puis Créteil dans les 3 dernières journées.
Dans des stades pleins comme face à Créteil le 15 mai le jour de l’accession avec plus de 6000 spectateurs. Turcan voit sa capacité être portée à 11500 places avec que des tribunes en béton tout autour du stade.
Et le FCM plonge dans l’univers de la D1 avec le plus petit budget, 37 millions de francs à l’époque.
Le FCM (18e) se sauve grâce à la rétrogradation de l’OM lors de sa première saison, puis réalise une saison de prestige (11e) l’année suivante avec René Exbrayat comme entraîneur, en ne perdant qu’une fois sur sa pelouse et en accrochant Nantes, le futur champion.
L’année suivante, le FCM tend le bâton pour se faire battre en se trompant dans le recrutement, et le FCM descend logiquement en D2.
C’est l’année ou seulement 2 équipes montent en D1, mais le FCM va échouer à la 3e place après avoir été champion d’automne après une belle victoire face à Toulouse (1-0).
Comme en D1 quelques saisons avant le FCM finit 18e mais doit son salut à la rétrogradation de Toulouse mais l’année suivante le FCM n’aura que ses yeux pour pleurer sous l’ère Jean-Pierre Astier.
Des effets d’annonce, le recrutement de noms clinquants… Mais Martigues rechute en National en 2001-2002.
En 2002-2003, le FCM termine 5e et va affronter le PSG en quart de finale de la Coupe de France à Turcan, mais la situation financière du club est précaire et la DNCG décide de rétrograder le club en DH.
En 2005-2006, le duo Vincent Caserta et Patrice Eyraud va permettre au FCM de remonter en National avec 40 buts marqués et seulement 19 encaissés et en franchissant la barre des 100 points (101).
Le retour en National est dur, très dur. Martigues devra son salut par une victoire lors de la dernière journée à Nîmes (1-3) alors que dans le même temps Toulon ne parvenait pas à s’imposer à Châtellerault.
Après un mano à mano intense entre Ajaccio et Martigues, il n’en fallait qu’un. Les Corses accèdent au National avec 102 points contre 98 aux Provençaux.
Après avoir eu la chance de retrouver le National administrativement, les Martégaux n’ont pas réussi à se sortir du piège !
Il n’y parviendra pas puisque le FCM termine à la 18e place et se retrouve dans le wagon conduisant en CFA.
Lors de la saison 2012-2013, c’est les grandes manoeuvres au FCM. On efface tout et on recommence. Seulement 5 joueurs prolongent l’aventure.
En 2013-2014, le FCM fait parti des favoris et contrairement à la saison précédente, sait qu’il ne faudra pas connaître de retard à l’allumage.
Le FCM fait partie des favoris de CFA mais s’incline face à Rodez à la 25ème journée et repart au combat pour l’ascension au National la saison suivante.
Si les Sang et Or, remaniés à 80%, devront attendre la 4e journée pour connaître leur premier succès, cela ne les empêchera pas de longuement se mêler à la lutte à l’accession avec Béziers et Grenoble.
Les hommes de Franck Priou termineront à la 7e place de l’exercice 2015-2016 après avoir longtemps flirté avec la zone dangereuse.
Objectif pro 2022. Projet de Baptiste Giabiconi, ancien mannequin.
Un FCM qui a vécu une pénible saison avec de mauvais résultats, une interdiction de recruter prononcée par la DNCG et l’éviction de Franck N’Dioro remplacé par Frédéric Cravero.
Comprenez que le FCM veut retrouver la Ligue 2.
Pourtant, le mannequin décide de se séparer, deux jours plus tard, de Farid Fouzari qui était parvenu à créer un groupe solidaire et efficace. Eric Chelle reprendra le flambeau, lui qui était revenu au club en tant que directeur sportif.
Le rapport accablant mettra fin à la mascarade Giabiconi qui laissera un club mal en point, au bord du précipice même.
Alain Nersessian sera le nouveau président par intérim en succédant à Roger Klein. Reste désormais à passer sans encombre devant la DNCG pour, on l’espère, viser l’accession en 2019-2020.
Difficultés financières et changements de stade
Après avoir utilisé le Stade Vélodrome pour ses matchs à domicile depuis le début de la saison de Ligue 2, le club de Martigues va s’installer dès ce week-end à Gueugnon. Un changement obligatoire en raison des pertes financières considérables subies par le promu. Cependant, malgré cela, les dettes financières ne sont pas prêtes à disparaître.
Promu en Ligue 2, le club se situe à la 17e place du classement (avant-dernier) après 8 journées de championnat, avec seulement une victoire (le 23 août sur la pelouse d’Annecy, 2-4).
Pour rappel, Martigues a joué ses 4 matchs "à domicile" au Stade Vélodrome.
« On remplace un gros problème par un plus petit problème, mais ça reste une difficulté. » Une situation très compliquée donc pour Martigues.

Rencontres marquantes et anecdotes
Lors du match aller, les coéquipiers de Thibault Delphis s’étaient imposés au Parc des Sports sur le score de 2-0, grâce à des réalisations de Bermont et Cissé.
Florian Escales a signé son 16e clean sheet à l’occasion de sa 100e apparition en Ligue 2 !
Vaillant Quentin Paris a été récompensé de son excellent mois d’avril par une nomination au titre de Pépite du mois en Ligue 2. Il est le troisième joueur de l’effectif à être sélectionné, après Bermont, lauréat du titre, et Ganiou.
Tableau récapitulatif des moments clés
| Événement | FC Annecy | FC Martigues |
|---|---|---|
| Objectif actuel | Top 5 de Ligue 2 | Maintien en Ligue 2 |
| Saison 1990-1991 | 9e place en D2 | |
| Saison 1993 | Relégation en D3 | Montée en D1 |
| Saison 2002-2003 | Rétrogradation en DH | |
| Coupe Gambardella | Victoire en 1968 |
Les deux clubs continuent de tracer leur chemin, avec des ambitions et des défis à relever. Leur histoire commune en Ligue 2 est un témoignage de la passion et de la résilience du football français.