Angleterre contre Afrique du Sud : Une Histoire de Rugby et de Triomphe Sud-Africain

La rivalité entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud dans le monde du rugby est riche en histoire et en moments mémorables. Les confrontations entre ces deux nations ont souvent été des batailles épiques, et la finale de la Coupe du Monde 2019 n'a pas fait exception. Les Sud-Africains sont devenus champions du monde pour la troisième fois de leur histoire, en battant l'Angleterre en finale (32-12).

Cette victoire a marqué un moment significatif pour l'Afrique du Sud, qui a remporté son troisième titre mondial après ceux de 1995 et 2007. Les Springboks rejoignent ainsi les All Blacks, triplement titrés (1987, 2011, 2015), au panthéon du rugby. Il est à noter que les Sud-Africains ont réalisé cet exploit en seulement sept participations contre neuf pour les Néo-Zélandais.

Un fait remarquable est que c'est la première fois dans l'histoire de la Coupe du Monde qu'une équipe est sacrée championne après avoir perdu un match dans la compétition. Les Sud-Africains s'étaient inclinés lors de leur premier match de poule face à la Nouvelle-Zélande (23-13).

Revenons quatre ans en arrière. À l'époque, le XV de la Rose vient de s'offrir les doubles tenants du titre néo-zélandais en demi-finale (19-7), tandis que les Sud-Africains ont écarté le pays de Galles (19-16). Les deux équipes se retrouvent à Yokohama pour la grande finale. Difficile de désigner un favori, mais les Anglais viennent de faire forte impression face aux All Blacks, qui avaient eux-mêmes dominé les Springboks en phase de poules (23-13).

Après une première période équilibrée (12-6 en faveur de l'Afrique du Sud à la pause), ce sont finalement les hommes en vert, physiquement dominateurs, qui prennent le dessus. En fin de rencontre, Makazole Mapimpi et Cheslin Kolbe inscrivent tous deux un essai, tandis qu'Handré Pollard marque à lui seul 22 points grâce à son jeu au pied. Les Springboks s'imposent 32-12, et s'offrent un troisième titre mondial.

Depuis, les Anglais ont eu l'occasion de prendre leur revanche, lors d'un test-match organisé en 2021 à Twickenham (27-26). Mais les Sud-Africains le savent : cela n'a pas suffi à dissiper la déception. "Ils auront assurément en travers de la gorge la finale de la Coupe du monde perdue en 2019", a prévenu ces derniers jours Rassie Erasmus, le directeur du rugby des Springboks. "Ce sera une équipe revancharde."

Et ce, même si le XV de la Rose a "beaucoup évolué". Malgré une génération prometteuse, les Anglais se sont peu à peu écroulés depuis le Mondial au Japon. Ils ont même changé de sélectionneur - Steve Borthwick a remplacé Eddie Jones début 2023 - après des résultats peu convaincants, marqués par une inhabituelle cinquième place lors du Tournoi des Six Nations 2021. "Ils ont commencé doucement avec le nouveau staff", a souligné ces derniers jours l'entraîneur adjoint des Springboks, Mzwandile Stick. "Nous les avons analysés, nous savons ce qu'ils représentent et comment ils font les choses. Ils ont beaucoup évolué."

Siya Kolisi et l'équipe d'Afrique du Sud célébrant leur victoire en Coupe du Monde 2019. Source: Le Parisien.

Même si le capitaine anglais Owen Farrell veut croire que "Yokohama, c'était il y a longtemps", il "s'agit d'une nouvelle opportunité, un nouveau défi". "Nous sommes conscients du challenge qui nous attend", a-t-il ajouté. Car s'il y a eu du changement côté anglais, les Sud-Africains, eux, ont conservé leur ligne directrice, basée sur un style direct et frontal. Ce qui leur a réussi il y a quatre ans...

Battue par l'Afrique du Sud ce samedi (16-15) lors des demi-finales de Coupe du monde, l'Angleterre est passée proche de réaliser une belle surprise. La presse britannique salue ce dimanche la prestation du XV de la Rose, qui revient de loin.

Toutefois, ce dimanche matin, la presse britannique met surtout en avant la disparition du footballeur Bobby Charlton, champion du monde 1966. Le Sunday Telegraph fait quand même une belle place sur sa Une pour cette "défaite déchirante" de l'Angleterre. Avec cette défaite d'un point, les Anglais sont passés "à un cheveu de réaliser l'une des plus grandes surprises de l'histoire du pays".

Pour le Telegraph, Owen Farrell et ses coéquipiers ont "complètement dominé" la partie même s'ils ont perdu et ont échoué "dans les circonstances les plus cruelles". Handre Pollard, sur une pénalité à 49 mètres en fin de match, a scellé la victoire des Boks. "Au moins, l'Angleterre sait qu'elle n'est pas morte", écrit le média.

Pour le Guardian, cette équipe d'Angleterre a "joué le match de sa vie" même si cette prestation n'a pas été suffisante dans "une soirée de logique tordue". Le XV de la Rose a longtemps réussi à faire déjouer l'Afrique du Sud mais les changements réalisés par Rassie Erasmus ont permis d'inverser la tendance. Comme la France, battue une semaine plus tôt, l'Angleterre aura des regrets.

Le jeu : une négation du rugby Cette Coupe du monde nous aura proposé la quintessence du beau rugby avec Nouvelle-Zélande - Irlande et son exact opposé samedi avec cet insipide Angleterre - Afrique du Sud. Les deux équipes ayant pris le parti de ne pas jouer et encore moins de se faire des passes, il est vrai sous une pluie continue, la rencontre a vite pris des airs de bouillie. Un scénario qui a très longtemps fait l’affaire du XV de la Rose, plus que ravi de cette physionomie de match où toute forme de passe paraissait suspecte. Peu à son avantage au pied depuis le début de la compétition, Owen Farrell a choisi cette demie pour se sublimer et tout passer, à l’image d’un drop de 45 mètres en deuxième période qui a mis les Springboks hors de portée de fusil (55e). Certainement émoussés du combat de dimanche dernier face aux Bleus, les partenaires de Siya Kolisi ont patiné pendant une bonne heure dans ce rugby petit-bras. Au pied du mur, ils ont ensuite (et enfin !) fini par élargir un peu leur palette et ont été récompensés, bien aidés par l’apport d’un banc efficient à l’image de RG Snyman, Ox Nche et Kwagga Smith. A-t-on assisté à des demi-finales dignes de ce nom ?

Les joueurs : Farrell a pris son pied, Nche a changé la donne On attend d’un ouvreur qu’il anime le jeu et Owen Farrell a fait en tout et pour tout cinq passes à la main, dont deux seulement durant la première heure de jeu. Il s’est en revanche épanoui avec du jeu au pied d’occupation et de pression et a réussi tous ses tirs au but, marquant même un drop de 40 mètres. Devant, Courtney Lawes n’a pas ménagé ses efforts et a mis son équipe dans l’avancée, avec le plus de mètres parcourus ballon en main dans cette partie (41). Côté sud-africain, le match était raté dans les grandes largeurs jusqu’à l’heure de jeu mais la lumière est venue du banc. En particulier d’un homme, Ox Nche, dont la puissance en mêlée fermée a fait des ravages et permis à l’Afrique du Sud de récupérer trois pénalités. La première pour éviter le pire à 5 mètres de sa ligne d’en-but (60e), la deuxième pour permettre à Handre Pollard de trouver une touche à 5 mètres de l’en-but adverse préalable à l’essai de l’espoir de RG Snyman (69e) et la dernière, à trois minutes du terme, qui a offert la munition de la gagne à son ouvreur. Si l’Afrique du Sud est en finale, elle lui doit énormément.

L’action : le raté de Steward fatal à l’Angleterre Le rugby peut être parfois bien cruel. Excellent dans les airs toute la partie, Freddie Stewart a connu une faille et celle-ci a offert la victoire aux Springboks. A six minutes de la fin, le XV de la Rose menait encore (15-13) malgré un essai de RG Snyman, et son arrière a eu un ballon de relance à négocier. Sans surprise, vu ce qui a été proposé tout au long du match, il a monté une chandelle. Sauf que cette fois, le ballon n’a pas beaucoup avancé. À la retombée, il n’a pu maîtriser la balle, bien gêné par Kwagga Smith. En-avant, mêlée et le bulldozer Ox Nche a concassé une dernière fois le pauvre Kyle Sinckler. Une occasion pour l’Afrique du Sud de passer devant pour la première fois du match pas manquée par Handre Pollard, à 48 mètres des poteaux. Inespéré pour une équipe qui s’est noyée pendant près d’une heure.

La stat’ : 66 C’est le nombre de passes réalisées par les Sud-Africains dans cette partie. A titre de comparaison, les Néo-Zélandais en ont fait 211 la veille face à l’Argentine. Sans la pluie, certes, mais la différence énorme traduit quand même la faible ambition de jeu des Springboks dans cette partie.

Siya Kolisi est entré dans l’histoire en devenant le premier joueur noir à endosser le rôle de capitaine des Springboks. Siya Kolisi levant le trophée Webb-Ellis : le symbole est effectivement très fort. Pendant le régime raciste de l’apartheid, officiellement tombé en 1994, la minorité blanche avait approprié le rugby comme « son » sport.

Samedi, au Japon, pour la finale de la Coupe du monde, l’Afrique du Sud alignait six joueurs noirs au coup d’envoi. « Aujourd’hui, notre père, Nelson Mandela, sourit depuis le paradis », s’est réjoui le prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, et ami proche du premier président sud-africain noir.

Un quart de siècle après la chute du régime de l’apartheid, les tensions raciales continuent de déchirer régulièrement le pays, dans un contexte de fortes disparités économiques. Le sport est « l’un des plus grands catalyseurs de la cohésion sociale et de la construction de la nation », a réagi le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir depuis 1994.

Au Cap, au coup de sifflet final, la foule hurle de joie. « Regardez autour de vous. Il y a des Noirs, des Blancs […]. Nous sommes tous unis aujourd’hui », constate Justin Johnson, informaticien noir du Cap. « Les Springboks ont fait plus pour le pays que la politique ».

« En 1995 et 2007, l’emblème des Springboks était encore synonyme du vieux régime. A 28 ans, Siya Kolisi, le gamin des townships élevé par sa grand-mère, redonne espoir aussi aux laissés-pour-compte. « Il n’est pas allé dans une école privée. Il vient d’où on vient », résume Justin Johnson.

Une fois le match terminé, Siya Kolisi n’en finit pas avec les symboles. Il s’en va vers les tribunes embrasser son épouse, blanche, et prendre dans ses bras ses deux enfants métisses.

«Pour la troisième fois de son histoire, l’Afrique du Sud est à nouveau championne du monde. Douze ans après leur défaite contre l’Angleterre à Paris, 24 ans après leur victoire à Johannesburg, les Springboks sont de retour au sommet du monde», reconnaît le quotidien britannique The Independent. Face au XV de la rose, ce 2 novembre au stade de Yokohama au Japon, ils se sont imposés 32 à 12. Un “score tout à fait représentatif de cette performance sud-africaine”, assure quant à lui The Daily Telegraph, “ils ont été meilleurs partout”.

Dès le début du match, l’Afrique du Sud a su imposer le rythme sur le terrain alors que les Anglais, ont fléchi sous la pression, pourtant confiants après leur victoire en demi-finale face à la Nouvelle-Zélande. Perturbé par la blessure du pilier droit Kyle Sinckler dans les premières minutes, le XV de la rose a “manqué de sang-froid” souligne The Guardian. Pour le journal d’outre-Manche, l’équipe “n’a pas eu un seul orteil dans le match et on peut lui reprocher sa performance, mais ça serait occulter l’action des sud-africains, qui ont été partout, et partout extraordinaires”. Les Anglais se sont pris une “raclée totale”, conclut The Daily Telegraph.

Si la défense britannique a montré sa présence sur le terrain, les Sud-Africains, “avec leur jeu au pied, ont arrosé à droite et à gauche, ce qui a illustré un réel changement de stratégie par rapport à ce qu’il s’est passé plus tôt dans le tournoi”, rapporte encore The Guardian qui insiste : les Springboks “ont été absolument exceptionnels”. Ils “ont fait preuve de force physique et se sont montrés combatifs”, renchérit The Daily Telegraph, tandis que l’Angleterre, qui “n’a cessé de commettre des erreurs, a été intimidée lors des mêlées”, “dispersée” et même “très maladroite” pour la BBC. On retiendra ainsi les deux essais inscrits par Makazole Mapimpi et par Cheslin Kolbe. Une première pour les Sprinboks en coupe du monde et la preuve de la vitesse doublée de la puissance de l’équipe sud-africaine.

Surtout, cette victoire représente un “moment important et historique” durant lequel “Siya Kolisi, premier capitaine noir de l’équipe sud-africaine, a soulevé la Coupe Webb Ellis”, assure The Independent. Pour le journal britannique, c’est là “une image déterminante d’unité et de solidarité pour une nation qui continue à porter le poids de son passé difficile et troublé”. Car comme le dit encore The Guardian, “tous ceux qui connaissent l’histoire du pays et le rugby savent ce que cela signifie” et “nous ne devrions pas sous-estimer le tournant que cela représente”. Quel grand moment pour l’Afrique du Sud !

L'Angleterre face à l'Afrique du Sud en demi-finale de la Coupe du monde de Rugby 2023. Source: Eurosport.

Statistiques Clés de la Finale de la Coupe du Monde 2019

Voici quelques statistiques clés qui illustrent la domination de l'Afrique du Sud lors de la finale de la Coupe du Monde 2019 :

StatistiqueAfrique du SudAngleterre
Plaquages réussis92% (154/168)89%
Points inscrits par Handré Pollard22-
Défenseurs battus par Cheslin Kolbe56 (total de la ligne de trois-quarts)

Le pilier remplaçant anglais Dan Cole a concédé un nombre significatif de pénalités, symbolisant les difficultés rencontrées par les Anglais en mêlée fermée. L'ailier sud-africain Cheslin Kolbe a été particulièrement percutant, battant à lui seul presque autant de défenseurs que toute la ligne de trois-quarts anglaise.

L'ouvreur sud-africain Handré Pollard a marqué 22 points, se classant deuxième meilleur total en finale de Coupe du Monde derrière Matthew Burke (25 points en 1999). L'essai de Mapimpi à la 66e minute était le premier essai inscrit par l'Afrique du Sud dans une finale de Coupe du Monde.

François Steyn est devenu le 21e joueur de l'histoire à remporter deux fois la Coupe du Monde. Il avait déjà remporté le trophée en 2007.

En conclusion, la victoire de l'Afrique du Sud en finale de la Coupe du Monde 2019 a été un moment de fierté nationale et un symbole d'unité pour le pays.

An EPIC Final! | South Africa vs. England! Rugby World Cup 2019

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