C'est un clin d'œil qui nous ramène quelques années en arrière, précisément au 1er décembre 2015. Angers, promu et surprenant troisième de Ligue 1 après quinze journées, recevait un PSG dominant, en tête du classement avec 41 points sur 45 possibles. C'était déjà un duel (presque) au sommet entre David et Goliath.
Le SCO avait bien résisté en obtenant un match nul (0-0) face au futur champion de France. Un résultat qui ferait sans doute le bonheur du dauphin angevin face au leader parisien. Entre les deux premiers du classement, il y a toujours un monde d'écart.

L'Écart entre Angers et le PSG: Une Analyse Approfondie
Depuis que les Angevins ont retrouvé l'élite en 2015, ils ont pris l'habitude de suivre de loin, de très loin, les performances des Parisiens. Paris a décroché trois des quatre titres en jeu, éloignant à chaque fois le SCO à plus de quarante points (46, 41, 52 et 45 pts d'écart), un total que ce dernier atteint péniblement chaque saison (50, 46, 41 et 46 pts marqués). Angers, qui fête son centenaire cette année, a deux fois l'âge du PSG mais un palmarès qui se limite à deux titres de champion de L2 (1969 et 1976). Face à lui, il aura un club qui a été sacré champion de France pour la 8e fois au printemps dernier. Et qui détient le record national du nombre de victoire en Coupe de France (12) et en Coupe de la Ligue (8). L'écart est impressionnant.
L'expérience internationale bascule clairement du côté du PSG, qui compte plus de 200 matches de Coupe d'Europe à son actif, dont 13 participations à la prestigieuse Ligue des champions, et un sacre en Coupe des vainqueurs de Coupes (1996). Quand il faut remonter à 1972 pour voir le SCO réaliser un furtif passage hors des frontières nationales : un 1er tour de Coupe de l'UEFA (C3) perdu face aux Est-Allemands du Dynamo Berlin.

Budget et Valeur des Effectifs: Un Monde d'Écart
On est dans des catégories totalement opposées. Avec un budget estimé à 630 millions d'euros, le club de la capitale a une surface financière quasiment vingt fois supérieure à celle du club de l'Ouest. Cela se traduit sur la valeur des effectifs.
Selon plusieurs sites spécialisés, celle de l'effectif parisien culmine autour du milliard d'euros, avec deux pépites, Kylian Mbappé et Neymar, estimées à près de 200 millions d'euros chacune. L'attaquant-prodige de 20 ans pèse à lui tout seul trois fois la valeur du groupe angevin, évalué à environ 73 millions d'euros.
Si Paris est systématiquement l'un des grands animateurs du mercato, ce n'est jamais le cas du SCO, du moins dans le sens des arrivées. Les dirigeants angevins n'ont jamais dépensé plus de 4 millions d'euros pour recruter un joueur - Enzo Crivelli en 2017 -, pas même le prix d'un orteil de Neymar, acheté le même été par le PSG pour 222 millions d'euros, ce qui en a fait le transfert le plus onéreux de l'histoire. D'ailleurs, le "Ney", dont le salaire annuel est estimé autour de 30 millions d'euros, gagne presque autant que le budget du SCO.
Logiquement, les internationaux se bousculent à Paris (19) même si Angers en compte également un certain nombre (8). La différence est surtout à trouver dans le niveau de ces sélections internationales (Argentine, Brésil, France, Allemagne, Espagne et Belgique notamment pour Paris), contre Monténégro, Maroc, Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal et Algérie pour Angers. Paris a des stars reconnues au niveau mondial. Le SCO, lui, a appris à faire éclore les stars de demain (Pépé, Toko-Ekambi, Reine-Adélaïde). C'est ce qui l'a mené à la deuxième place du classement, à deux points du PSG.

Le club est fondé le 10 octobre 1919 grâce aux frères Fortin, directeurs de la banque du Crédit de l'Ouest. Nouvelle désillusion avec cette finale de Coupe de France perdue sur le fil face au Paris-SG (défaite 1 but à 0). Pourtant, il y avait une ambiance incroyable - grâce notamment aux 20 000 supporters angevins ayant fait le déplacement au Stade de France - un suspense haletant mais malheureusement un dénouement cruel.
Depuis 1932, 75 clubs différents ont évolué en Ligue 1.
L'Esprit d'Angers: "La Dalle Angevine"
Déjà en L2, avec 15 millions d'euros, Angers se classait dans le milieu de tableau des budgets. L'été dernier déjà, "quand on avait pris Guy Ngosso de Luzenac, Sacha Clémence de Carquefou, ou Jonathan Kodjia qui n'était pas conservé à Caen et à Reims, on n'était pas en train de se dire attention on va ouvrir la bouteille de champagne", reconnait-il.
Cette année, quasiment toute l'équipe découvre l'élite. "Mes joueurs ne sont pas devenus subitement des joueurs de Ligue 1 en deux mois. Ils ont mérité de jouer en Ligue 1, maintenant il va falloir hausser son niveau pour devenir de vrais joueurs de Ligue 1", relève l'entraîneur Stéphane Moulin.
La plus grande difficulté c'est de se projeter vers quelque chose qu'on ne connait pas. "Quand on me parle d'un joueur, je me dis toujours: mais pourquoi il viendrait ici ? le bas de la Ligue 2, ou le National et que de toute façon, ici, c'était tranquille. Donc il a fallu remettre beaucoup d'énergie, beaucoup de conviction. On est passé de la douceur angevine à la dalle angevine", résume-t-il. "Le joueur qui va être positif va en entraîner un autre et d'un seul coup c'est l'effet boule de neige", estime l'entraîneur. "L'an passé, on n'était pas meilleur que certaines équipes qu'on a devancées, mais il y a des moments où, à la lutte, ça fait la différence.