La Ligue nationale contre le cancer est une association française dont les missions sont la prévention et la promotion des dépistages des cancers, l'accompagnement des personnes malades et des proches aidants, le soutien financier de la recherche publique dans tous les domaines touchant à la cancérologie ainsi que la défense des droits des personnes.
Elle est créée le 14 mars 1918 par Justin Godart et reconnue d'utilité publique le 22 novembre 1920.

Les Fondateurs et les Premières Années
Justin Godart, après avoir été sous-secrétaire d’État à la Santé entre 1915 et 1918, fonde la Ligue franco-anglo-américaine contre le cancer le 14 mars 1918. L’association est reconnue d’utilité publique le 22 novembre 1920 et devient en 1927 la Ligue française contre le cancer. L’international reste un enjeu majeur pour Justin Godart qui crée dès 1933 l’Union internationale contre le cancer (UICC).
Fondateur et président de la Ligue contre le cancer de 1918 à 1956, il est également le fondateur de l’Union internationale contre le cancer (UICC).
D'autres personnalités ont marqué l'histoire de la lutte contre le cancer, notamment :
- Georges François Leclerc : Fondateur en 1921 de la Ligue Bourguignonne contre le Cancer.
- Pr Henri Pujol : Professeur de médecine, il dirigeait la Ligue contre le cancer lorsque le président Jacques Chirac a lancé le tout premier plan quinquennal contre cette maladie.
L'Évolution de la Prise en Charge du Cancer
Alors que le cancer émerge progressivement comme une préoccupation majeure, la prise en charge s’organise, notamment par la création des centres de lutte contre le cancer à partir des années 1920. Avec la réforme de 1945 faisant de l’hôpital un service public, l’accès de tous aux soins devient une réalité, et la Ligue contre le cancer voit aboutir un combat mené de longue date. Ces centres accueillent sans condition toute personne nécessitant des soins.
En 1950, les comités départementaux sont autorisés à organiser des quêtes sur la voie publique, ce qui permet d’augmenter petit à petit les ressources et de structurer la collecte à l’échelle nationale.
Dans les années 1960, avec la grande réforme Debré qui instaure les Centres Hospitalo-Universitaires (CHU), la lutte contre le cancer se modernise :
- Nomenclature des cancers
- Développement de la chimiothérapie anticancéreuse
- Évaluation des thérapeutiques
- Émergence des études épidémiologiques
- Structuration de la recherche à l’échelle européenne
- Utilisation des scanners et de l’IRM pour mieux localiser et mieux définir les tumeurs
C’est également à cette époque que se crée l’ARC (Association pour la recherche sur le cancer), qui va concentrer son action sur la recherche, ainsi que d’autres associations de patients organisées par type de cancers (œsophage, sein, etc.). Cette concurrence et l’apparition du sida, dont les associations de malades sont très médiatisées, éclipsent parfois les combats de la Ligue.
La Ligue contre le Cancer face aux Défis et aux Scandales
En 1991, la Ligue adhère au comité de la Charte de déontologie des organisations sociales et humanistes faisant appel à la générosité du public, qui certifie que l’argent collecté est dûment employé pour lutter contre le cancer. Le scandale de l’ARC en 1995 est une épreuve pour tout le secteur non profit, notamment pour la Ligue contre le cancer qui perd en un an cent mille adhérents.
En 1998, la Ligue contre le cancer rassemble les personnes malades atteintes de cancer lors des premiers États généraux. Elle est alors reconnue comme le porte-parole des malades atteints de cancer. Les « patients experts » seront associés par l’association à la préparation du premier Plan cancer.
En 2002, la loi relative aux droits des malades entre en vigueur, reprenant la plupart des revendications des États généraux de 1998. Des états généraux des personnes atteintes de cancer et de leurs proches sont organisés en 2000 et 2004, le premier Plan cancer est lancé en 2003 par Jacques Chirac qui fait de la lutte contre le cancer l’une des priorités de son mandat. Une des mesures phares de ce plan est le dispositif d’annonce de la maladie.
En 2005, l’Institut national du cancer (INCa) est créé pour coordonner et fédérer avec les associations, l’ensemble des acteurs de la lutte contre le cancer. Le positionnement de la Ligue comme acteur du développement d’une politique publique en matière de lutte contre le cancer et son rôle dans l’élaboration des Plans cancer s’affirment.
La Ligue contre le cancer des Alpes-Maritimes : le témoignage de Cécile
L'Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) et son Scandale
L'Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) était une association française de lutte contre le cancer. Fondée en 1962, elle a pour objectif la lutte contre le cancer en apportant un soutien financier aux recherches scientifiques biomédicales et aux études dans le domaine des sciences sociales.
Depuis sa création le 29 juin 1962 par Jacques Crozemarie, l'ARC, reconnue d'utilité publique depuis 1966, a occupé une place de premier plan dans le fonctionnement et le financement de la recherche. L'association avait pour but principal de soutenir la recherche sur le cancer. Durant toute son activité, l’ARC a apporté aux chercheurs des laboratoires qu’elle a financés, les moyens de conduire leurs projets et de couvrir l’ensemble des champs de la cancérologie. Durant les 10 dernières années de son fonctionnement, l’ARC a contribué au financement de plus de 6 400 projets pour un montant total de 273 millions d’euros.
Cependant, l'ARC a été touchée par un scandale majeur dans les années 1990 :
- 1985: Une modification des statuts permet d'augmenter de manière importante les dépenses de communication et de marketing.
- 1991: Un rapport confidentiel de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) souligne les énormes dépenses de l'ARC de l'ordre de 72 % des dons pour son fonctionnement.
- 1996: Publication du rapport de la Cour des comptes dénonçant des malversations de tous ordres accomplies par son président, Jacques Crozemarie.
En juin 2000, Jacques Crozemarie est reconnu coupable d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux. L'ARC mettra 10 ans à se reconstruire à la suite du scandale de 1996 ayant entraîné la perte des deux tiers de ses donateurs et provoquant une chute de près de 75 % de ses ressources issues de la collecte de dons.
Actions et Engagement Récents
L’année 2019 est également marquée par deux temps forts pour la Ligue contre le cancer. C’est d’abord la campagne de communication contre les bières ultra-fortes, sujet évoqué par le président Axel Kahn dès son élection, qui est mise en avant. La vente de ces bières est dénoncée comme étant un attentat contre la santé des jeunes et un piège tendu à ces derniers, créant une dépendance à l’alcool, à l’origine de nombreuses pathologies notamment cancéreuses.
Toujours mue par sa volonté de promouvoir un mode de vie sain et de prévenir l’apparition des cancers par une bonne alimentation, la Ligue s’allie en novembre à deux organisations influentes dans les domaines de la distribution et de la grande consommation : Yuka et Foodwatch. Une campagne commune contre les nitrites ajoutés dans la charcuterie, substances classées « cancérogènes probables » par le CIRC et l’OMS est alors lancée.
Financement et Organisation
La Ligue contre le cancer participe au financement de la recherche en cancérologie, et à la promotion des dépistages des cancers du côlon-rectum, de l’utérus ou du sein. Une assemblée générale ordinaire est annuellement organisée. Elle est essentiellement composée de représentants des comités départementaux.
Le financement de la Ligue nationale contre le cancer est essentiellement basé sur la générosité du public avec les dons et les legs qu'elle reçoit, puisque 96 % du total de ses ressources en provient.
| Source de financement | Pourcentage |
|---|---|
| Dons et legs | 96% |