Affaire des anciens joueurs de rugby de Grenoble : Viol en réunion et conséquences judiciaires

L'affaire impliquant cinq anciens joueurs de rugby du FC Grenoble a secoué le monde du sport et la justice française. Accusés de viol en réunion, certains ont été condamnés à des peines de prison, tandis que d'autres ont été reconnus coupables de non-assistance à personne en danger. Retour sur les faits, le procès et les conséquences de cette affaire.

Denis Coulson lors du procès en première instance au Tribunal de Bordeaux.

Les faits

Les faits se sont déroulés le 12 mars 2017, après une soirée dans une boîte de nuit bordelaise. La plaignante, alors âgée de 20 ans, a ensuite été conduite par certains joueurs dans un hôtel de Mérignac (Gironde). Selon les analyses, la vidéosurveillance la montre en état d’ébriété : près de 3 grammes par litre de sang.

Après une soirée très alcoolisée en discothèque, la victime, âgée de 20 ans à l’époque des faits en 2017, s’était réveillée nue, dans une chambre d’hôtel, avec un embout de béquille dans le vagin, entourée de deux hommes nus et d’autres habillés.

L’étudiante avait porté plainte, déclarant avoir rencontré des joueurs dans un bar et les avoir suivis en discothèque lors d’une soirée très alcoolisée, sans se souvenir de la suite. Elle ajoutait s’être réveillée le lendemain, nue sur un lit avec un embout de béquille dans le vagin, entourée de deux hommes nus et d’autres habillés.

En se fondant notamment sur une vidéo filmée par Coulson, l’accusation a évoqué plusieurs fellations et l’introduction d’une banane, d’une bouteille et de béquilles dans le vagin de la victime. D’après un expert toxicologique, elle aurait eu entre 2,2 et 3 grammes d’alcool par litre de sang.

Les joueurs de rugby, qui vont faire appel, affirment qu’elle était consentante. En face, les joueurs assurent que malgré son taux d’alcoolémie, la jeune femme était consentante. Coulson, Jammes et Grice ont reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la jeune femme mais assurent depuis le début qu’elle était consentante et prenait même des initiatives, version maintenue au procès.

Le procès et le verdict

Cinq anciens rugbymen du FC Grenoble comparaissent devant la cour d’assises de Bordeaux, certains pour viol, d'autres pour avoir laissé faire. Cinq anciens joueurs de rugby du FC Grenoble sont jugés dans une affaire de viol en réunion : l’Irlandais Denis Coulson est le principal accusé. À ses côtés, le Néo-Zélandais Rory Grice et le Français Loïck Jammes.

Après deux semaines de procès à huis clos et plus de neuf heures de délibéré, trois anciens joueurs de rugby de Grenoble ont été condamnés, vendredi 13 décembre, à des peines de douze à quatorze ans de réclusion criminelle pour avoir violé une jeune femme, en 2017 à Bordeaux, après une soirée très alcoolisée qui avait suivi un match de championnat du Top 14.

Dans le détail, l’Irlandais Denis Coulson et le Français Loïck Jammes ont été condamnés à quatorze ans de prison, et le Néo-Zélandais Rory Grice à douze ans. Ces condamnations sont conformes aux réquisitions de l’avocat général.

La cour d’assises de Gironde a également condamné l’Irlandais Chris Farrell (31 ans), qui joue lui aussi à Oyonnax, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et le Néo-Zélandais Dylan Hayes (30 ans), aujourd’hui sans emploi, à deux ans avec sursis, pour avoir assisté à tout ou partie des faits sans intervenir.

Les trois anciens joueurs de Grenoble Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice, condamnés respectivement à 14 et 12 ans de prison pour viol seront rejugés, en appel, à partir du 23 mars 2026. Selon le quotidien L’Équipe , les trois anciens joueurs de Grenoble seront rejugés entre le 23 mars et le 6 avril 2026. En attendant ce nouveau procès, ils sont toujours incarcérés à la prison de Gradignan (Nouvelle-Aquitaine). Leur première demande de libération ayant été rejetée.

Deux de leurs coéquipiers ont également été condamnés pour non-empêchement d’un crime, Chris Farell et Dylan Hayes mais ils ne seront pas rejugés ayant décidé de ne pas faire appel. Ils ont écopé de 4 ans de prison dont 2 ans avec sursis et de 2 ans avec sursis.

La cour d’assises de la Gironde a tranché. La partie civile a aussi demandé 50 000 euros d'indemnités. Les cinq ex-joueurs de Grenoble ont été condamnés pour viol en réunion et pour non-assistance à personne en danger.

Ainsi se sont achevées ces deux semaines de débats, des audiences très intenses dont nous n’avons pu percevoir que des bribes à cause du huis clos demandé par la victime, étudiante de 20 ans au moment des faits. Durant ces dix jours, les audiences ont été intenses, les débats vifs. Tout a tourné en fait sur la notion de consentement. La victime avait-elle conscience de ce qui se passait ? Était-elle en état de donner son consentement à ce qui lui est arrivé ?

Une vidéo des ébats de 55 secondes tournée par un autre accusé a fini de caractériser cette soirée festive d’après-match qui a totalement dégénéré. La jeune fille a assisté à la quasi-totalité des débats à quelques mètres de ceux qui sont officiellement considérés comme ses agresseurs sous réserve d’appel.

Rory Grice, Denis Coulson et Loïck Jammes restent en prison.

Réactions et conséquences

Après l'annonce du verdict, les réactions ont été partagées. Les avocats des trois hommes ont annoncé leur volonté de faire appel et de déposer au plus vite une demande de mise en liberté. Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de l’Irlandais Denis Coulson, s’est dite « extrêmement choquée » par le verdict.

L’un des avocats de Loïck Jammes, Me Jean-Félix Luciani, a également dénoncé « des peines injustes, d’une sévérité à coup sûr évidente, mais qui restent des peines de première instance ».

« Ce soir, on a envoyé un message, on a dit à une victime qu’on la croit. (…) On a dit à ces garçons qu’ils n’avaient pas le droit de faire ce qu’ils ont fait à la victime », a en revanche réagi Me Grégoire Mouly, avocat de la victime.

« Ça donne un signal très fort aux hommes de ce pays, au monde du rugby, aux femmes aussi. Mesdames, vous pouvez vous habiller comme vous voulez, boire autant que vous voulez, cette liberté-là n’a pas de prix, même si on a voulu la remettre en cause », a déclaré un autre avocat de la victime, Me Gaessy Gros.

À l’inverse de Denis Coulson, Loïck Jammes (30 ans) et Rory Grice (34 ans) jouent toujours au rugby, le premier à Aix-en-Provence et le second à Oyonnax, deux clubs de Pro D2. Le club de Provence Rugby, qui a exprimé dans un communiqué ses « sincères pensées pour la plaignante », a dit se réserver « le droit de prendre des décisions complémentaires » contre Jammes, tout en assurant « respecter évidemment la possibilité d’appel ».

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La victime, 27 ans aujourd'hui, a toujours dit qu'elle n'était pas consentante. Cela fait sept ans que la victime attend ce procès, sept ans d'un long marathon judiciaire. Maitre Guillaume Mouly, l'un de ses quatre avocats : "Elle essaie d'avancer. Elle sera bien sûr à l'audience pour que ce dossier se termine. Sept ans de calvaire. Ce sera un stress pour elle de se retrouver face à ces cinq hommes. Elle a fait énormément de chemin et elle est prête à se battre."

Pour Maître Anne Cadiot-Feidt, l'une de ses quatre avocats, le consentement est au cœur du dossier. "Initialement, le procès devait avoir lieu en juin. Mais depuis, les choses ont changé. Il y a en effet un avant et un après procès Mazan, un avant et un après Mendoza."

La défense des trois hommes poursuivis pour viol en réunion, eux, affirment qu'elle l'était, consentante. Maitre Corinne Dreyfus-Schmidt, l'avocate de Coulson nous a dit : "Dans la vidéo, on voit qu'elle est active, qu'elle agit, elle n'était pas dans un état comateux." et d'ajouter : "C'est un gâchis pour les deux camps. Il y a des doutes dans ce dossier, mais une certitude, tout le monde avait consommé beaucoup d'alcool. Pour moi, toute la problématique du dossier repose dans la plainte initiale déposée tout de suite au service de police à Bordeaux. Cette jeune femme, que je respecte infiniment, déclare dans sa plainte qu'elle a peur d'avoir été consentante."

"Ma cliente n'est pas dans la vengeance" nous a confié Maître Grégoire Mouly, l'un de ses avocats. "Elle souhaite que justice lui soit rendue, que son statut de victime soit reconnu, que ses agresseurs reconnaissent qu'ils l'ont violée, qu'elle n'était pas consentante car, vu son état d'ébriété avancé, elle ne pouvait pas être consentante."

Au deuxième jour du procès des cinq ex-rugbymen grenoblois devant les assises de la Gironde, la cour a entamé ce mardi matin l'interrogatoire de personnalité des accusés, en commençant par Denis Coulson, poursuivi pour viol en réunion. "Sa vie est brisée" dit son avocate.

Les cinq anciens rugbymen seront jugés devant la cour d'assises de la Gironde, sept ans après les faits. La victime, 27 ans aujourd'hui, a toujours dit qu'elle n'était pas consentante.

Malgré ces contretemps, la victime, toujours suivie psychologiquement, est prête à affronter les cinq accusés.

L'audience va se dérouler à huis clos, sur demande de la plaignante. Le verdict est attendu le 13 décembre.

Depuis l'ouverture du procès des cinq anciens joueurs de Grenoble accusés de viol et de non-assistance à personne en danger, la cour s'intéresse aux personnalités des accusés. Interrogés sur leur parcours, leur carrière, leurs qualités et défauts, ils ont expliqué que cette affaire avait brisé leur vie, et leur rêve d'aller plus haut. C'est par exemple le cas de Loïck Jammes, licencié en 2017 par Grenoble, qui n'était pas loin, à l'époque, de l'équipe de France, et qui avait des contacts avec Toulouse et Castres.

Les accusés ont aussi fait citer quelques témoins, des proches, mais aussi des techniciens, des entraîneurs qui les ont dirigés, ou qui les dirigent encore. Mardi matin, Mike Ruddock, qui fut sélectionneur du pays Galles mais aussi des moins de 20 irlandais, a donc été invité, par visio, à s'exprimer sur Denis Coulson, l'ancien pilier qui fut international chez les jeunes.

Après le déjeuner, Mauricio Reggiardo, le coach d'Aix-en-Provence, a témoigné, sollicité par Loïc Jammes, son talonneur depuis quatre ans. Denis Philippon, le président du club provençal, s'est aussi exprimé sur la personnalité de son joueur dont le contrat arrivera à échéance en juin prochain.

Oyonnax était là, avec son manager anglais, Joe El Abd, et son président, Dougal Bendjaballah. Ils ont évoqué la situation et le caractère de Chris Farrell et de Rory Grice, et ont été également interrogés sur l'opportunité de faire jouer le duo, vendredi dernier, en Championnat, à quelques jours d'un procès, déjà ajourné en juin. Loïck Jammes, lui, a demandé à ne pas participer à la journée de Pro D2, expliquant à son entraîneur que ce n'était pas sérieux de disputer une rencontre à quelques jours d'une échéance capitale pour son avenir.

Marie (*), la plaignante, n'était pas présente ce mardi... Ses avocats lui ont conseillé de rester chez elle, afin de pas entendre que « les cinq accusés sont des gens formidables, intelligents, des hommes parfaits, bien sous tous rapports. » « On était dans le monde des Bisounours », a d'ailleurs raillé Me Anne-Cadiot Feidt qui conseille la partie civile.

D'autres personnalités seront appelées à la barre, en qualité de témoins. C'est le cas de Fabien Gegenbacher, l'actuel manager de Lyon. Il déposera vendredi. À l'époque des faits qui se sont déroulés en mars 2017, dans cet hôtel de Mériadeck, il était joueur, et allait mettre un terme à sa carrière le 25 mars de la même année. Bernard Jackman s'exprimera aussi.

Tableau des condamnations

Nom Condamnation
Denis Coulson 14 ans de prison
Loïck Jammes 14 ans de prison
Rory Grice 12 ans de prison
Chris Farrell 4 ans de prison dont 2 avec sursis
Dylan Hayes 2 ans avec sursis

Le fait pour l’un des mis en cause d’avoir utilisé des objets avait évidemment donné un tour assez sordide à cette affaire.

Trois des cinq anciens joueurs du FCG ont donc été convaincus d’avoir commis un viol en réunion. Les deux autres ont été condamnés pour non-assistance à personne en danger. Leurs avocats avaient plaidé l’acquittement, mais ça n’a pas convaincu les jurés. La détresse et la violence subie par la jeune fille dans la nuit du 11 au 12 mars 2017 a été reconnue par la justice.

La jeune fille a assisté à la quasi-totalité des débats à quelques mètres de ceux qui sont officiellement considérés comme ses agresseurs sous réserve d’appel.

La victime avait-elle conscience de ce qui se passait ? Était-elle en état de donner son consentement à ce qui lui est arrivé ?

Cette récompense sera remise à travers une promotion qui portera le nom d’une célébrité du CLUB (ancien International, Personnalité incontournable, ancien Champion de France…..)

Aix-en-Provence n'était pas le seul club de Pro D2, présent au tribunal de Bordeaux lors de cette deuxième journée de procès...

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