Le Biarritz Olympique (BO) est un club de rugby emblématique avec une histoire riche et une tradition de succès. De nombreux joueurs talentueux ont porté les couleurs rouge et blanc, marquant l'histoire du club et du rugby français. Cet article dresse une liste détaillée de ces anciens joueurs, en retraçant leurs parcours, leurs succès et leurs contributions au BO.
Les premières années et les succès nationaux (1913-1945)
C’est en avril 1913 que le BO naît de la fusion des équipes du Biarritz Stade et du Biarritz Sporting Club. En effet la décennie 1930-1940 marque les premiers succès nationaux du Biarritz Olympique. Durant la saison 1933-1934, l’équipe accède à la finale du championnat de France contre Bayonne pour son retour. Le BO s’incline 13 à 8 lors de cette finale et l’équipe devient vice-championne de France. Ce goût amer laissé par cette seconde place sera effacé l’année suivante, lorsque les rouge et blanc s’imposent 3 à 0 contre Perpignan en finale du championnat de France.
Le Bo gagnera ensuite le challenge Yves du Manoir en 1937 et terminera deuxième au championnat de France en 1938. Durant la seconde guerre mondiale le Championnat de France s’arrête et le club est privé d’une grande partie de ses joueurs. Durant cette période, le club remportera tout de même la Coupe des XV en 1942 et atteindra la demi-finale du championnat de la zone occupée en 1943.
Une nouvelle génération et le renouveau du BO (1976-1992)
Les rouges et blancs atteignent presque chaque année les phases finales du championnat mais ne parviennent pas à se hisser plus haut dans la compétition. La saison 1976/1977 marque l’arrivée d’une nouvelle génération : Serge Blanco, Jean-Pierre Béraud, Roger Aguerre, Alain Mourguiart entre autre…
Cette équipe nouvelle renforcée par ses nouvelles recrues parvient à se qualifier pour les quarts de finale du championnat, une première depuis 1939. Les saisons suivantes confirment le renouveau du BO. En effet le club atteint, les seizièmes de finale en championnat en 1980, 1981 et 1982, les huitièmes de finale en 1978 et 1979, et les quarts de finale en 1985 et 1986.
Après une longue disette, le BO dispute enfin en 1989 une finale en challenge Yves-du-Manoir mais est tenu en échec 18 à 12 face à Narbonne. En 1992 Biarritz réitère l’exploit et se qualifie cette fois ci en finale du championnat de France.
XV-Type des joueurs ayant connu les deux clubs (Biarritz et Bayonne)
Samedi, les frères ennemis du Pays Basque Biarritz et Bayonne s'affrontent à Aguiléra, pour l'access-match. Voici donc le XV-Type des joueurs ayant connu les deux clubs :
- 15. Pépito Elhorga: On a tendance à l’oublier, mais l’ancien arrière international du XV de France, Pépito Elhorga (18 sélections), a fait ses premiers pas dans l’Élite avec le Biarritz Olympique. Après avoir été Champion de France Balandrade en 1995 avec Saint-Jean-de-Luz, celui qui a débuté le rugby à l’AS Sarako Izarra, le club de Sare (Pyrénées-Atlantiques), a porté les couleurs du BO de 1996 à 1999. Avant de signer à Agen, dont il fera le bonheur de 1999 à 2007, et deviendra rapidement l’une des coqueluches du public d’Armandie. Relanceur hors-pair, doté d’une belle pointe de vitesse et d’un vrai sens du jeu, le natif d’Agboville (Côte d’Ivoire), a dû être libéré de son contrat en 2007 par le président agenais de l’époque, Alain Tingaud, dans le cadre d’un réajustement budgétaire, et a rejoint Bayonne pour y finir sa carrière professionnelle, en 2012.
- 14. Patrice Lagisquet: Après avoir débuté le rugby à Gujan-Mestras puis au CA Bègles, Patrice Lagisquet a signé à l’Aviron Bayonnais, où il a évolué durant 12 saisons, de 1982 à 1992. L’ancien ailier du XV de France (46 sélections, de 1983 à 1991), finaliste de la Coupe du monde 1987 et vainqueur des 5 Nations en 1988 (ex-æquo avec le pays de Galles) et en 1989, a terminé ensuite sa carrière de joueur chez le rival biarrot, de 1992 à 1997. En suivant, « Lagisque » a pris les rênes de l’équipe de première de Biarritz en 1ère Division, d’abord de 1997 à 2008, avec une Coupe de France (2000) et trois boucliers de Brennus à la clé (2002, 2005 et 2006). Puis, lors de la saison 2011-2011, comme directeur du rugby du BO, avec un Challenge Européen remporté cette année-là. Depuis l’été 2019, il est le sélectionneur national du Portugal, entouré d’Hervé Durquety et Olivier Rieg.
- 13. Mathieu Acebes: Natif de Bayonne, l’actuel centre et capitaine de l’Usap, Mathieu Acebes (33 ans), a débuté le rugby au Boucau Tarnos Stade (Landes), avant d’intégrer le centre de formation de Biarritz, à 18 ans.
- 12. Thibault Lacroix: Formé à Melun, au Racing 92 puis à Béziers, Thibault Lacroix a fait ses débuts professionnels avec Biarritz en 2003 et a même remporté le championnat de France en 2004, avant de quitter le BO pour le Stade Français, avec qui il souleva un nouveau Brennus, en 2007. Après une saison à Albi, l’ancien trois-quarts centre international (2 sélections en 2008) a rejoint ensuite Bayonne, de 2008 à 2013, en Top 14, avant d’évoluer deux saisons à l’UBB et de revenir terminer sa carrière professionnelle à l’Aviron Bayonnais, de 2015 à 2018.
- 11. Benjamin Thierry: L’ancien arrière ou ailier international Benjamin Thiéry (4 sélections en 2007) a connu sept clubs français dans sa carrière, dont Bayonne et Biarritz.
- 10. Pierre Bernard: Passé par Mazères, Montesquieu-Volvestre, Colomiers et le Stade Toulousain chez les jeunes, Pierre Bernard a débuté chez les professionnels avec Bayonne, à 19 ans. Après deux saisons chez les Ciel et Blanc, l’ex-international U20 s’engage en 2010 à Castres, avec qui il fut champion de France en 2013, lors de sa dernière année au CO. Après trois saisons à l’UBB et une à Toulon, il signe à Biarritz en Pro D2 pour trois saisons et termine sa carrière professionnelle au BO, en 2020. En suivant, il s’est engagé en faveur du RC Bassin d’Arcachon (Fédérale 1), mais a connu une année écourtée par le Covid-19.
- 9. Nicolas Morlaes: Natif de Mont-de-Marsan et formé à Dax, Nicolas Morlaes a joué au Biarritz Olympique de 1999 à 2002, remportant un titre de champion de France en 2002 en étant titulaire en finale face à Agen. Après une saison à Mont-de-Marsan, puis deux à Castres et deux à Agen, l’ancien demi de mêlée boucle la boule en 2007 en terminant sa carrière à l’US Dax jusqu’en 2010. En 2013-2014, il devient d’abord l’entraîneur des Espoirs de Bayonne qu’il amène jusqu’en finale du championnat de France, avant de prendre en charge les lignes arrières de l’équipe professionnelle bayonnaise, en 2014-2015. Avec beaucoup moins de réussite que chez les jeunes, puisque les Ciel et Blanc terminent 13e du Top 14 et sont relégués en Pro D2. De 2015 à 2018, il a aussi été le directeur sportif de l’Aviron Bayonnais.
- 8. Thomas Lièvremont: Comme Nicolas Morlaes, Thomas Lièvremont est un cas particulier puisqu’il a joué à Biarritz et entraîné à Bayonne. L’ancien troisième ligne centre international (36 sélections), natif de Perpignan et formé à Argelès-sur-Mer, a débuté en pro avec l’Usap, de 1996 à 2000, avant d’effectuer la majeure partie de sa carrière au BO, de 2000 à 2007. Il remporte le championnat de France en 2002, en tant que capitaine des Rouge et Blanc, puis comme remplaçant en 2006, où il supplée Serge Betsen. Après une dernière saison professionnelle comme joueur à Dax et deux saisons comme manager de l’USD, Thomas Lièvremont devient l’entraîneur des avants de l’Aviron Bayonnais, lors de la saison 2010-2011 en Top 14, au côté de Christian Gajan. Il a ensuite été le manager de l’équipe de France U20 (2015-2017), puis le sélectionneur de la Roumanie en 2018. Depuis, il est consultant pour Canal+ et s’occupe des Espoirs d’Anglet (Fédérale 1).
- 7. Marc Baget: Natif de Tournay (Hautes-Pyrénées), l’ancien troisième ligne Marc Baget a fait ses débuts au plus haut niveau à Biarritz en 2003. Après trois saisons durant lesquelles il participe à la conquête de deux titres de Champion de France, il signe à Bayonne où il reste 7 saisons, de 2006 à 2013. Après deux saisons à Béziers et deux autres à Agen, l’ancien international U19 et U21 a été contraint de mettre un terme à sa carrière en 2017, en raison d’une blessure au dos.
- 6. Asier Usarraga: C’est le seul jouer encore en activité de notre XV-type. L’international espagnol, Asier Usarraga (6 sélections), formé au Bera Bera de San Sebastian, a intégré ensuite le centre de formation de Biarritz, avant de faire ses débuts professionnels avec le BOPB en 2014 et de disputer une demi-finale de Pro D2 en 2017. Ensuite, il signe à Albi (Fédérale 1) puis revient au BO en 2018, car le club basque lui rachète son contrat dans le Tarn, et effectue deux saisons en Pro D2. L’été dernier, il décide de s’engager en faveur du voisin de l’Aviron Bayonnais en Top 14. Freiné par une blessure aux ischios, puis une rechute, encore plus grave, sous forme de désinsertion tendineuse, Usarraga a raté la première partie de saison des Ciel et Blanc, mais s’est installé comme titulaire en troisième ligne depuis avril dernier et pourrait bien débuter, ce samedi 12 juin (17h30), face à ses anciens coéqupiers biarrots.
- 5. Jean Condom: Natif de Saint-André-de-Seignanx (Landes), l’ancien deuxième ligne du XV de France (61 sélections, de 1982 à 1990) a été formé au Boucau Tarnos Stade et a joué jusqu’en 1986 dans ce club, avec 116 matchs de championnat et 2 essais au compteur. Il est, d’ailleurs, le seul joueur formé au Boucau à devenir international alors qu’il y est licencié. C’était face à la Roumanie le 31 octobre 1982. Quand son club de cœur est relégué en division inferieure, Condom signe au Biarritz Olympique dans l’équipe d’un certain Serge Blanco. Il reste 10 saisons au BO, disputant une finale du challenge Yves du Manoir en 1989 et une finale de championnat de France en 1992. Il termine ensuite sa carrière de joueur par une dernière saison à l’Aviron Bayonnais en groupe A2, lors de la saison 1996-1997.
- 4. Thierry Cléda: Natif de Soissons (Aisne), l’ancien international Thierry Cléda (9 sélections et Grand Chelem en 1998) a fait ses débuts professionnels au Biarritz Olympique, de 1990 à 1993. Il est remplaçant lors de la finale du groupe A perdue en 1992 face à Toulon. Après trois saisons à Pau où il remporte le Challenge Yves-du-Manoir en 1997 et le Bouclier Européen en 2000, il signe ensuite à l’Aviron Bayonnais, de 2004 à 2006. Á l’été 2006, il rejoint Anglet (Fédérale 3), avant de s’engager enfin au Racing 92 (Pro D2), en octobre 2006.
- 3. Census Johnston ou Denis Avril: Difficile de départager ces deux monstres du rugby aux palmarès impressionnants. D’un côté, le Samoan Census Johnston (57 sélections), qui a été détecté en 2006 par Biarritz au sein du club de Taranaki (Nouvelle-Zélande). Dès sa première saison dans l’effectif basque, il il soulève le Brennus en étant remplaçant en finale du Top 14 face au Stade Toulousain. Vainqueur de la Coupe d’Europe avec le Stade Toulousain en 2010, contre… Biarritz, il a joué ensuite au Racing 92, avant de terminer sa carrière à l’Aviron Bayonnais, de 2019 à 2020. Le second, Denis Avril (1 sélection en 2005), était un redoutable pilier, rugueux et dur au mal. Formé à l’US Thouars (Poitou-Charentes) puis au Stade Niortais (Deux-Sèvres), il a fait toute sa carrière professionnelle au Pays Basque. D’abord à Biarritz (1996-2008), avec qui il fut triple vainqueur du championnat de France (2002, 2005 et 2006), puis à Bayonne (2008-2012). Il a été ensuite l’entraîneur des avants de l’Aviron Bayonnais lors de la saison 2012-2013, en tant qu’adjoint de Didier Faugeron, qui a, quant à lui, successivement coaché les deux rivaux basques.
- 2. Arnaud Héguy ou David Roumieu: Encore une fois, choix très cornélien, entre deux talonneurs emblématiques du championnat de France. Le premier, Arnaud Héguy, natif de Bayonne, a été formé à l’AS Bayonnaise (Fédérale 3), le second club de la capitale du Pays Basque. Il a ensuite été recruté par l’Aviron Bayonnais en 1996 pour y faire 16 saisons, dont 6 au niveau professionnel (2005-2011). En 2011, il rejoint le club rival de Biarritz, où il évolue trois saisons (2011-2014) qui sont couronnées d’un Challenge Européen en 2012, avant de jouer à Grenoble, Dax et Soyaux-Angoulême. Après deux saisons à Mauléon (Fédérale 1), Héguy va entrainer Grenoble (Pro D2) l’an prochain. Le second, David Roumieu, formé à Grenade (Haute-Garonne), a joué à Montauban et Castres, avant de s’engager à Bayonne en 2007. Il effectue 8 saisons avec les Ciel et Blanc, jusqu’en 2015, année de la descente de l’Aviron en Pro D2, et où il décide de rejoindre La Rochelle. Un an plus tard, Roumieu signe au Biarritz Olympique, où il est rapidement désigné capitaine. Après une dernière pige au Stade Toulousain comme joker médical, il a raccroché les crampons en 2018 et s’est reconverti dans la restauration à Biarritz.
- 1. Jean-Michel Gonzalez: L’ancien talonneur ou pilier international, Jean-Michel Gonzalez (35 sélections) est natif de Bayonne. Formé à Cambo-les-Bains (Pyrénnées-Atlantiques), il commence sa carrière professionnelle à l’Aviron Bayonnais, de 1985 à 1996, avant de jouer deux saisons à Pau, puis de rejoindre Biarritz. De 1998 à 2005, « Gonzo » fait les beaux jours du BO avec qui il remporte deux Brennus (2002 et 2005) et une Coupe de France (2000). Il termine sa carrière à l’AS Bayonne, de 2005 à 2008, d’abord comme entraîneur-joueur, puis comme entraîneur. En novembre 2008, il est nommé entraîneur des avants du Biarritz Olympique en remplacement de Jacques Delmas. Il coache le BO en Top 14 jusqu’en 2011, avant de prendre en main les féminines de l’AS Bayonne (Elite 1) et le XV de France Féminin, puis de revenir au niveau amateur en entraînant le club d’Inthalatz (Larressore), en Fédérale 3, de 2019 à 2021.
Cette liste met en lumière la richesse du vivier de joueurs ayant évolué dans les deux clubs phares du Pays Basque, Biarritz et Bayonne. Leurs parcours témoignent de la passion et de l'engagement qui animent le rugby dans cette région.
L'équipe des Galactiques (2004-2006)
De 2004 à 2006, le Biarritz olympique des Yachvili, Traille et Harinordoquy a dominé le rugby hexagonal, avec deux boucliers et une finale de Coupe d’Europe. Été 2004, sur la Côte basque. Une vague de talents déferle soudainement sur Biarritz : Damien Traille, Thierry Dusautoir, Imanol Harinordoquy, Olivier Olibeau ou encore Benoît Lecouls affluent vers Aguilera. Des recrutements clinquants comme autant de promesses de succès.
Avec un sourire dans la voix, l’entraîneur des avants poursuit : « Pourtant, ça avait mal commencé. Nous avions gagné le premier match à Béziers mais en suivant Bayonne était venu nous taper à la maison. Je ne vous dis pas le séisme que ça a créé : c’était du huit sur l’échelle de Richter. »
« Ce jour-là, j’ai compris ce que représentait vraiment un derby : cette défaite avait été vécue comme un cataclysme, confirme le deuxième ligne Olivier Olibeau. Surtout quand vous perdez en oubliant l’agressivité. Avec Patrice Lagisquet et Jacques Delmas, fraîchement associés sur le banc, au cœur de l’épicentre, face au courroux du volcanique Serge Blanco : « Serge nous avait chopés tous les deux. On s’était enfermé tous ensemble et ça avait volé dans tous les sens : pim, pam, poum. Jusque-là, Patrice avait été un peu méfiant. Il voulait que je vienne mais avait eu du mal à me faire de la place. Ça ne fonctionnait pas trop. Serge avait tapé du poing sur la table. Il avait défini les rôles de chacun et avait dit : « Si vous êtes capables de vous entendre, nous ferons de belles choses. Ça vous appartient. » Nous avons fait table rase et c’était parti. Ce n’est pas grave qu’une histoire commence mal si elle finit bien. »
Après ce double faux départ, à la fois relationnel et sportif, une nouvelle dynamique se crée au sein de cette formation en construction. « À partir de là, l’équipe était montée en puissance, reprend Olivier Olibeau. Je me souviens encore des oppositions à l’entraînement : l’adversité était impressionnante. D’un côté, il y avait les vieux briscards avec les prétendus seconds couteaux et, de l’autre, l’équivalent d’une équipe internationale avec les cadres : vous aviez Balan, Thion, Harinordoquy, Couzinet dans un camp contre « Gonzo », Milhères, Lecouls, Puleoto dans l’autre… C’était du haut niveau. »
Jacques Delmas appuie : « Il y avait de la qualité partout. Devant, j’ai rarement vu une première ligne aussi dense en mêlée et nous avions 36 000 solutions en touche. Derrière, quand vous engagiez la bataille du jeu au pied avec le « Yach », Damien Traille et Nico Brusque, vous gagniez neuf fois sur dix. »
Par-delà les qualités des uns et des autres, le technicien est resté marqué par la détermination de ses protégés : « C’était un régal de bosser avec ce groupe. J’ai pris un plaisir fou. Je me rappelle encore des interminables séances de touche avec Imanol, Couzinet, Olibeau… Ils auraient pu ne jamais s’arrêter de bosser. Christophe Laussucq en était venu à dire que ça ne servait à rien de préparer son alignement avant de nous jouer. Je n’avais que des passionnés avec moi. » Des compétiteurs nés.
Mais sur les sentiers de la gloire, l’adversité s’avère des plus redoutables : « Nous avions un des plus beaux effectifs du rugby français mais le Stade toulousain et le Stade français étaient autant armés. » Les Soldats roses, justement, la bande à Yachvili la retrouve en demi-finale de Coupe d’Europe, le 25 avril 2005. Au Parc des Princes pour une lutte de rois. Les Basques dominent les débats jusqu’à la 88e minute et une ultime banderille de Christophe Dominici : « Paris nous avait sorti avec un arbitrage pas possible, reprend Jacques Delmas. L’arbitre nous avait enfarinés : sur le dernier essai, il y a un porté ou le ballon tombe et ils l’avaient repris. Il avait laissé tout faire ce jour-là… Nous avions mal vécu ce revers. Il y avait un vrai sentiment de revanche. »
Un mois après, lors de retrouvailles ô combien croustillantes, la roue de la fortune change de sens : après une prolongation et un duel de buteurs insoutenables, Biarritz décroche le quatrième Bouclier de Brennus de son histoire. Un accomplissement pour les Galactiques. Le début d’un nouveau rêve, également : « L’année d’après, nous avions tous en tête le doublé. » La marche royale des Rouge et Blanc les mène à Cardiff, le 20 mai 2006.
« Ce match, il me hante encore un peu », reconnaît le technicien. « Encore une fois, nous avions perdu sur un essai casquette, peste Olivier Olibeau. Mais l’équipe a prouvé tout son caractère par la suite. » Son entraîneur d’alors revient sur la douloureuse convalescence : « De tous les moments durs, c’est celui qui m’a le plus marqué. Serge, c’est mon pote, hein… Mais après la finale, il a eu une réaction inappropriée. Il a dit de ces trucs. Il y a prescription maintenant… Il a fallu encaisser les coups. Nous étions déjà tellement déçus. On aurait dû gagner cent fois cette finale. Ça avait été dur de basculer. »
Les Basques trouvent des ressources inespérées pour relancer la mécanique : « Je me rappelle que nous étions partis au vert pour la demi-finale à Montpellier et on ne s’était plus quitté, témoigne le deuxième ligne. Il s’était passé quelque chose de fort entre nous. »
Trois semaines après le rêve brisé de Cardiff, le BOPB terrasse le Stade toulousain, 40 à 13, en finale du premier Top 14. « Jamais je n’aurais cru que l’on aurait relevé la tête de cette manière », reconnaît Jacques Delmas. Cette formation étoilée vient d’atteindre son sommet.
Quinze ans après, le BOPB du milieu des années 2000 reste perçu comme une des plus belles machines à gagner de l’ère professionnelle. Du papier glacé au terrain, les Galactiques avaient réussi à constituer une équipe au sens noble du terme : « Ce que j’appréciais le plus, c’était le juste équilibre au sein du groupe, commente Olivier Olibeau. Il y avait la vieille génération qui inculquait les valeurs d’avant et les jeunes qui étaient en haut de l’affiche avec une médiatisation plus développée. C’était un bon mélange. Je me suis régalé à tous les niveaux : j’ai vécu des moments extraordinaires au quotidien dans le vestiaire. Tous les jours, ça rigolait, c’était une vraie cour de récréation.
Avec pour encadrer le tout un tandem de professeurs avisés, complémentaires et complices : « C’étaient deux approches différentes : Patrice était très rigoureux, il allait au bout choses et était fin tacticien ; Jacques était bon, aussi, dans l’analyse mais il était peut-être plus porté sur la technique individuelle et il était proche des joueurs. L’entraîneur des avants revient sur cette collaboration avec ce partenaire si particulier : « Patrice, c’est un gars intelligent, un vrai disque dur. Notre relation a finalement bien marché. Il avait ses domaines de prédilection, la défense, la vidéo et j’avais les miens. Il y avait un garçon très pointu avec nous, aussi : Marc Lièvremont. Il passait des heures dans le bureau et avait un recul précieux sur le jeu. »
Les compétences de chacun allaient de pair avec des caractères hauts en couleur : « Patrice était habité par sa passion. Il était excessif et il n’y avait que Serge qui était capable de le modérer. Ça allait au-delà de l’amitié. » Une énergie folle se dégageait de cette improbable association de personnages. Avec Serge Blanco en pompier-pyromane : « Il y a eu quelques séances vidéo houleuses et pas mal de réunions en urgence », rigole Olivier Olibeau.
« Serge pouvait être envahissant, confirme Jacques Delmas. Mais que voulez-vous ? Pour lui, le BO importait plus que tout : il était toujours derrière. On avait nos crises, ça partait en vrille parfois mais son énergie nous portait. Elle nous a permis de vivre de grands moments. Des succès retentissants pour la postérité. Et des pastilles de vie mémorables pour les hommes. Les souvenirs ressurgissent, pêle-mêle : « Je me souviens de ces repas en Espagne où il nous emmenait quand il avait un message à nous faire passer. Ou de cette soirée où, après un match à Anoeta, nous étions revenus à San Sebastian le soir même, tous les deux. On avait fini à 4 heures du matin, dans un bar à côté du stade. C’était comme ça. Nous aimions les mêmes choses : rigoler, bouffer, parler… » Et gagner, plus que tout.
Le Biarritz Olympique a connu de nombreux joueurs exceptionnels au cours de son histoire. Cette liste, bien que non exhaustive, met en lumière certains des plus grands noms qui ont porté les couleurs du club et contribué à son succès.