C'est un "Klassiker", un vrai de vrai ! Pas un de ces duels inventés sporadiquement grâce, ou plutôt à cause d'un bon jeu de mots. Une opposition antédiluvienne et culturelle que vont se livrer une nouvelle fois les deux équipes. Les Pays-Bas rencontrant pour la 39e fois leurs ennemis intimes. Seule la Suisse a fait mieux. La bataille de ce soir oppose donc le vrai rival de l'Allemagne et n'est pas un duel de prestige comme les matches contre le Brésil, l'Italie ou encore l'Angleterre.

L'Aversion de Willem van Hanegem
"Je n'aime pas les Allemands" Willem van Hanegem était l'un des plus grands joueurs bataves de la fin des années soixante et bien entendu des années soixante-dix puisqu'il fut de la grande épopée de l'équipe nationale de la Coupe du monde 74 (mais aussi troisième de l'Euro 1976) sans toutefois prendre part à la domination ajaxienne puisqu'il jouait du côté de Feyenoord, le club rival.
Il fut célèbre pour son aversion envers tout ce qui pouvait lui rappeler la Germanie et certaines de ses phrases sont restées dans les mémoires : "Je n'aime pas les Allemands ! A chaque fois que j'ai joué contre eux, j'ai eu un problème à cause de la guerre".
Durant le Second conflit mondial, le 11 septembre 1944, les Alliés bombardèrent la ville de Breskens, le père et le frère aîné de Willem se réfugièrent dans un abri, lequel fut touché. Willem perdit un autre frère et une sœur par la suite du fait de la guerre. Alors soulever le titre en 1974 ? "Je m'en foutais complètement à partir du moment où je pouvais les humilier. Ils ont assassiné mon père, ma sœur et deux de mes frères. Je suis rempli de haine. Je les déteste". Après la finale perdue 2-1 contre la Nationalmannschaft, van Hanegem quitta le terrain en larmes.
Mythe et Réalité de la Rivalité
Sauf que voilà, l'animosité de van Hanegem n'était, selon Ulrich Hesse-Lichtenberger (1), qu'une rare exception et que l'opposition entre ces deux nations du football est plus un mythe entretenu qu'autre chose, essentiellement côté néerlandais, au passage. Persuadés d'avoir inventé le football ultime (on en retrouve aujourd'hui toutes les stigmates dans l'école barcelonaise), les Bataves n'acceptent pas le froid réalisme germanique.
La victoire n'est belle que dans le beau jeu et l'"ugly Germany" bat son plein. Simon Kuper note dans son livre (2) : "les Allemands sont décontenancés par l'hystérie hollandaise qu'ils ne comprennent pas" et qui entourent ces matches.
Les deux pays se rencontrèrent en 1978 et Nanninga et Hölzenbein en vinrent aux mains. Le Néerlandais resta dans l'histoire en étant le premier remplaçant à être expulsé ! Deux ans plus tard, lors de l'Euro 80, le rapport officiel du tournoi parle d'une "aversion étrange" entre les deux équipes. Et Rummenigge de se plaindre de la rudesse néerlandaise ! Rep, le gentil de Saint Etienne et Bastia, lui, mit un coup dans l'estomac de Schumacher, selon les dires de ce dernier.
En 1988, Van Basten déclara : "Ce n'est pas juste une question de football". Michels commenta : "Nous pouvons arrêter de parler de 74, nous tenons notre revanche et nous avons gagné". Ainsi durant près de deux décennies, les relations conflictuelles entre la Hollande et l'Allemagne vont s'interpénétrer au sein du football à la manière d'un gloubiboulga informe.
Quant à la rencontre à Rotterdam en 1989, une banderole néerlandaise y compara Matthäus à Hitler. Enfin, comment ne pas se rappeler le crachat du lama Rijkaard sur la crinière bouclée de Völler durant la Coupe du monde 1990 ? Il avoua par la suite avoir complètement perdu la raison à cause de son divorce. Depuis Eve, c'est toujours la faute des femmes, c'est bien connu !

La Réplique Allemande
C'est donc depuis la conférence de presse que la première salve, cette fois, allait être décochée ! Un impétueux journaliste, devant le beau jeu produit par cette "nouvelle Allemagne" (en le comparant à celui rugueux proposé par les Oranje lors de la dernière Coupe du monde, notamment le duo de récupérateurs, De Jong, Van Bommel, bien loin du football total des années Cruyff), se vit rétorquer par le team manager Oliver Bierhoff, après quelques secondes de stupéfaction suivies d'une pause afin de ménager son effet : "Nous n'avons pas vocation à être seconds !" La conférence de presse en entier explose alors de rire… en se remémorant les trois finales perdues en Coupe du monde des Oranje !
Quant au jeune Thomas Müller, il en rajoute lorsqu'on lui demande si un Batave serait utile en Nationalmannschaft : "Aucun ! Leurs plus grandes stars jouent en attaque et de ce côté-là, nous n'avons rien à leur envier. De toute façon, nous sommes plus jeunes qu'eux donc nous avons de plus grandes perspectives d'avenir". Ah oui ! Avant de rajouter : "Par contre j'aurais bien voulu les affronter en finale, rien que pour montrer la force du FC Bayern (Robben, Van Bommel côté néerlandais, sept Allemands en NM) en 2010".
Bernd Schuster : L'Ange Blond Préféré à Cruyff
Et pour battre en brèche les idées reçues, et pour stopper cette dégoulinante affection compassionnelle (très présente en France dans les rédactions !) qui entoure les Oranje, je mentionne que le plus grand joueur étranger élu par les journalistes qui suivent la Liga n'est pas Cruyff comme la police de la pensée le promulgue mais bel et bien, celui qui dompta un certain Armando Diego Maradona à Barcelone, j'ai nommé l'Ange blond : Bernd Schuster !
Ce vendredi à Hambourg, l’Allemagne reçoit les Pays-Bas dans le cadre des éliminatoires pour l’Euro 2020. Si c'est la quatrième confrontation officielle en moins d’un an entre ces deux pays, cela ne doit pas éclipser le caractère exceptionnel de cette affiche autrefois explosive. Outre la dimension sportive, les chocs entre Allemands et Néerlandais ont longtemps été marqués au fer rouge par une féroce rivalité, issue de la Seconde Guerre Mondiale.
Les Moments Clés de la Rivalité
Sans doute le plus grand Allemagne - Pays-Bas de l’Histoire. Alors que l’Europe du foot vibre depuis plusieurs années au rythme de la rivalité Bayern - Ajax, la Mannschaft et les Oranje se retrouvent en finale du Mondial allemand, à l’Olympiastadion de Munich. Le pragmatisme allemand face au football total néerlandais. Beckenbauer et Breitner face à Cruyff et Neeskens. Le duo batave frappe le premier, dès la 2e minute lorsque le premier obtient un pénalty transformé par le second. Breitner égalise par un autre pénalty (26e), avant que Gerd Müller n’offre un deuxième titre mondial aux Allemands (44e).
Après le match, le milieu de terrain Wim van Hanegem fond en larmes : “Je les hais. Ils ont assassiné ma famille. Mon père, mon frère et plusieurs membres de la famille".
Quatorze ans plus tard, Allemands et Bataves se croisent de nouveau dans une compétition officielle organisée par l’Allemagne. Entre temps, ils se sont affrontés au mondial 1978, puis à l’Euro 1980, avec une bagarre à la clé entre Schumacher et Schuster d’un côté, et Stevens et Van De Kerkhof de l’autre. Cette fois, il s’agit d’une demi-finale d’Euro, à Hambourg.
Les visages ont bien changé depuis 1974, et, à domicile, la RFA de Matthaüs est renversée en fin de match par les Oranje de Van Basten et Koeman (2-1). Sur les terres du rival, les Pays-Bas iront ensuite chercher leur premier titre international en battant l’URSS en finale. Une victoire presque anecdotique, comparée à la joie ressentie par les Bataves en demi-finale.
Deux ans après l’Euro 1988, la RFA retrouve les Pays-Bas dès les huitièmes de finale du Mondial 1990 à Milan. Face à la Mannschaft de Völler, Klinsmann et Matthaüs, les Champions d’Europe néerlandais pètent les plombs dans une rencontre aussi exceptionnelle que dantesque. Par deux fois, Frank Rijkaard crache délibérément dans les boucles dorées de Rudi Völler. Expulsés, les deux joueurs assistent des tribunes à la revanche allemande. Grâce à Klinsmann et Brehme, la Mannschaft se débarrasse facilement des Pays-Bas (2-1), malgré un pénalty tardif de Koeman.
Pour la troisième fois en trois tournois consécutifs, l’Allemagne et les Pays-bas sont invités à en découdre, cette fois lors du premier tour de l’Euro 1992. Enjeu de ce dernier match de poules à Göteborg : la première place du groupe. Pour beaucoup, il ne s’agit d’ailleurs que d’une première manche tant Allemands et Néerlandais sont supérieurs aux demi-finalistes suédois et danois, qui viennent pourtant de renvoyer la France et l’Angleterre chez eux, et donc voués à se retrouver en finale. Ce soir de juin 1992, les Champions d’Europe bataves prennent à leur tour leur revanche, nette, sur les Champions du monde allemands (3-1). Premiers du groupe mais battus par le Danemark en demie, les Oranje ne retrouvent finalement pas l’Allemagne en finale. Autre surprise : le Danemark domine la Mannschaft dans cette même finale (2-0).
La Ligue des Nations et les Temps Modernes
Tenante du titre et éliminée dès le premier tour du Mondial 2018, l’Allemagne a encore la gueule de bois en octobre 2018, au moment de découvrir une nouvelle compétition dont personne ne comprends l’intérêt : la Ligue des Nations. Par dessus le marché, la Mannschaft en crise va y croiser les champions du monde français, qui viennent de ramener la coupe à la maison, et son bon vieil ennemi néerlandais, lui aussi au fond du trou depuis 2014. Après un nul rassurant contre les Bleus en septembre, les Allemands sombrent par surprise sur la pelouse d’Amsterdam : 3 à 0. La claque est immense, et le banc de Joachim Low - en poste depuis 2006 - se fissure. En face, ce succès est celui de la renaissance des Pays-Bas, après quatre années de galère.
Depuis, Allemands et Néerlandais se sont affrontés deux fois pour un nul et une victoire allemande.
L’Allemagne s’est imposée contre les Pays-Bas ce lundi 14 octobre pour le compte de la 4e journée de la Ligue des nations (1-0). Les Pays-Bas de Ronald Koeman restent à cinq points et se retrouvent désormais sous la menace de la Hongrie, cinq points également, qui s’est imposée en Bosnie-Herzégovine (2-0).
Pour le choc retour de ce groupe 3 à Munich, le spectacle était moins au rendez-vous qu’à l’aller, la faute à des Néerlandais extrêmement défensifs. Sur un corner tiré par Joshua Kimmich et repris par Tim Kleindienst, Leweling a repris tout en force la balle pour la glisser en pleine lucarne. Cette ouverture du score est venue récompenser la domination allemande au cours de la première période.
Peu mis à contribution, le gardien allemand Oliver Baumann, lui aussi novice à 34 ans, a parfaitement repoussé une frappe de Donyell Malen à la 90e minute.
La Mannschaft, éliminée en quart de finale de « son » Euro 2024 par l’Espagne (2-1 après prolongation), a abordé cette fenêtre internationale d’octobre privée de cinq titulaires blessés (Marc-André ter Stegen, David Raum, Jamal Musiala, Kai Havertz et Niclas Füllkrug).