L'histoire de l'équipe de football d'Allemagne: De la division à la gloire unifiée

La « Mannschaft » possède le plus beau palmarès du football européen, mais son histoire a été marquée par la guerre froide et la séparation des deux Allemagne Est et Ouest.

Ainsi, de 1949 à 1990, 2 équipes distinctes, la RDA et la RFA, ont représenté l’Allemagne sur l’échelon international. Une sorte de clin d’œil où l’histoire d’une équipe se conjugue avec l’Histoire au grand ’H’ de deux pays réunis sous la même bannière.

Comme la plupart des grandes nations du football, l’équipe nationale a vu le jour au début du 20e siècle. Si la Fédération Allemande née en 1900 et s’affilie à la FIFA en 1904, il faut attendre 1908 pour assister au premier match officiel de la mannschaft face à la Suisse, perdu 5-3. L’année suivante, les Allemands enregistrent la plus lourde défaite de leur histoire face à l’Angleterre (0-9).

ALLEMAGNE DE L'EST et FOOTBALL, L'HISTOIRE FASCINANTE ! // #GrandsRécits5

Les Premières Compétitions et les Premiers Succès

Exclu du mondial 1950, seul la RFA dispute le mondial suisse en 1954. Balayé (8-3) en poule par la Hongrie de Puskas, grande favorite (une grosse surprise du football fut la défaite de l'invincible Hongrie), la mannschaft se débarrasse de la Turquie, la Yougoslavie et l’Autriche pour atteindre la finale et retrouver les hongrois, invaincus depuis 4 ans et 29 rencontres.

Cette victoire acquise, les allemands allaient la fructifier. Cette victoire internationale apporte une confiance retrouvée pour les allemands. Cette victoire acquise a montré que l'Allemagne était devenue une puissance du football.

En 1958, la RFA tombe face au pays hôte en demi-finale (1-3), puis face à la France (3-6) pour la 3e place. En 1966, après avoir sorti l’Uruguay (4-0) en quart et l’URSS en demi (2-1), la RFA retrouve l’Angleterre en finale à Wembley (buts non valables).

En 1970, la RFA prend sa revanche et sort les anglais en ¼ de finale avant de tomber face aux italiens (3-4 a.p.) dans une demi-finale d'anthologie.

En 1972, la mannschaft participe à sa première phase finale de l’Euro et remporte le titre contre l’URSS (3-0) grâce à un doublé de G.Müller, un des dix plus grands de l'histoire du football.

Cette génération en or accueille en 1974 le mondial. Pour la première et dernière fois de l’histoire, la RFA et la RDA s’affrontent lors d’une compétition officielle. Le 22 juin 1974, l’Est a même son heure de gloire en battant, pour son unique participation à une Coupe du monde, lors du troisième match de groupe, les voisins de l’Ouest chez…eux, à Hambourg. Le buteur n’étant autre que l’immense attaquant est-allemand, Jürgen Sparwasser. Une défaite de la RFA qui leur permet d’avoir un 2e tour plus abordable et d’atteindre la finale face aux Pays-Bas de Yohann Cruyff (La Hollande de Johann Cruiff) qui ont sorti la RDA (à la RDA !).

Si la R.F.A. emporte le tournoi face au Pays-Bas de Johan Cruyff (2-1), les deux Allemagne sont réunies dans le même groupe dans un intéressant clin d’œil du destin. L'histoire racontant que l’entraîneur de l’époque, le mythique Helmut Schön, né à Dresde et ses joueurs étaient tellement frustrés par cette défaite que celle-ci leur a servi de leçon pour la suite de la compétition. Quoiqu’il en soit, cette victoire est surtout célébrée et reste symbolique pour la sélection de l’Est menée par le sélectionneur Georg Buschner qui sera éliminée lors de la deuxième phase de poule face notamment au futur finaliste, les Pays-Bas.

En 1976, la RFA perd son titre européen lors d’une finale face à la Tchécoslovaquie qui se termine aux tirs aux buts (2-2, 3-5) (1976 (aux tirs aux buts face à la Tchécolovaquie)).

En 1986, l’Allemagne de l’Ouest atteint de nouveau la finale mais perd face à l’Argentine (2-3) (les allemands face à l'Argentine de Maradona). L'Allemagne de l’Ouest atteint de nouveau la finale mais perd face à l’Argentine de Maradona.

En 2002, la finale s’ouvre à nouveau aux Allemands, mais le Brésil l’emporte 2-0.

En 2008, l’Allemagne chute lors d’une nouvelle finale face à l’Espagne (0-1), même score au mondial 2010 face au même adversaire.

La Réunification et l'Émergence de Nouveaux Talents

En effet, le monde assista cet été là au sacre de la R.F.A. dans le Mondial italien. La Mannschaft du « Kaiser » Franz Beckenbauer et du légendaire capitaine du Bayern Munich, Lothar Matthäus, remportant le troisième trophée de l’Allemagne de l’Ouest après ceux obtenus en 1954 et 1974. Puis, à peine quatre mois plus tard, le monde voit l’Allemagne fédérale et démocratique ne faire plus qu’un seul et même pays.

Un an tout juste après la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989, l’histoire se met en marche pour solder un passé et tenter de créer un avenir plus radieux pour tous les Allemands. Toutefois, si dans les faits, la fin de la R.D.A. La R.D.A. prend fin 41 ans après sa mise en place mais le championnat est-allemand quant à lui existe encore un an supplémentaire.

Malgré tout, cette finalité n’aura pas empêché l’exode des joueurs et la baisse progressive du niveau chaque saison des clubs est-allemands. La DDR-Oberliga, le championnat est-allemand sera donc définitivement arrêté en 1991 et cette absorption vers la Bundesliga est une perte sèche pour le niveau des clubs est-allemands qui étaient dans un championnat à part dans lequel les millions ne valsaient pas et les transferts étaient limités.

Cependant, paradoxalement, l’éclosion de joueurs du cru permet à la sélection nationale de bénéficier d’une matière de joueurs talentueux et qui aide leur « nouveau » pays vers les cimes du succès. S’ils ne furent véritablement qu’une poignée de joueurs à intégrer la Mannschaft, ils marquent l’histoire du football par leur talent, leur professionnalisme et leurs buts.

Mais la réunification permet également de voir une réunion entre l’Est et l’Ouest à travers deux symboles du football allemand des années 90. D’un côté un buteur frénétique qui commence sa carrière au Dynamo Dresden avant de devenir un des meilleurs buteurs de Bundesliga. Son nom : Ulf Kirsten.

Mais le joueur qui « matérialise » à lui seul cette réunification se nomme Matthias Sammer. Lui aussi commence sa carrière au Dynamo de Dresde, centre du foot est-allemand, et profite de la réunification pour partir à Stuttgart avant d’être transféré au Borussia Dortmund. Ce milieu de terrain technique et polyvalent vit les meilleures années de sa carrière avec les « Schwarz-Gelben » de Dortmund en remportant la Ligue des Champions en 1997 face à la Juventus de Turin, le Championnat d’Europe en 1996 avec la sélection nationale et obtient même le « Ballon d’Or » la même année.

Sammer est également le premier sélectionné « est-allemand » et participe en 1992 à l’Euro 92 en Suède avec deux autres « Ossie », le milieu Thomas Doll et l’attaquant Andreas Thom. Une réunification qui n’a rien d’immérité pour un joueur taiseux mais talentueux et qui apporte tant à son club de cœur, le Borussia Dortmund.

Plus tard, un autre milieu de terrain, plus offensif celui-là, permet à la sélection allemande de briller et remet le football allemand au premier plan après un passage à vide (entre 1998 et 2000). Michaël Ballack est cet autre joueur originaire d’Allemagne de l’Est à être incontournable en sélection et avec son club, au Bayer Leverkusen, avec Kirsten puis à Chelsea, en Angleterre.

Bientôt ’centenaire’ avec 98 capes en sélection, Kroos démontre que le talent n’a pas de frontières et qu’une Allemagne unie est toujours bien plus forte qu’en étant divisée. Le football démontre surtout que l’intégration est un outil bien plus efficace et efficient en permettant à des sportifs de montrer l’étendue de leur talent.

Si les conditions de la réunification allemande ont été menées d’une manière rapide, qui a pu heurter des personnes dont les conditions de vie étaient codifiées de la naissance à la mort, le football a pu bénéficier de conditions moins contraignantes. Quoiqu’il en soit, l’Allemagne a pu rebondir malgré tout, ne faire qu’une et trente ans plus tard, le constat montre que la nation a pu sortir de l’ornière et intégrer progressivement les deux entités sur le terrain. Mais 1990 est également une année symbolique pour un joueur allemand. Né en Allemagne de l’Est, aujourd’hui joueur majeur de la sélection allemande et du Real Madrid, Toni Kroos est peut-être le joueur qui fait l’histoire actuellement.

Les clubs est-allemands dans les compétitions européennes

Dans les années 70 et 80, le football est-allemand était représentatif du continent européen. Nombreux furent les clubs qui eurent leur heure de gloire sur la scène européenne à une époque où l’arrêt Bosman (1995) qui libéra les joueurs des contraintes réglementaires n’existait pas encore. Dès lors, que ce soit le Dynamo Dresde, le FC Carl Zeiss Jena, le FC Berlin ou le Lokomotive Leipzig, ces clubs poussent leur avantage jusqu’à obtenir des résultats probants lors des compétitions dans lesquelles ils étaient engagés.

Toutefois, trente ans plus tard, au sein de l’Allemagne, une ville à l’est du pays fait parler d’elle. Un club qui est lui-même un paradoxe de cette ambivalence entre ce que la plupart des commentateurs pensent de l’est de l’Allemagne et la nouvelle réalité davantage tournée vers le business. Le « RasenBallSport Leipzig » est la nouvelle attraction allemande aussi bien en championnat qu’en Europe.

Un nom qui évoque le football des années post réunification, le Mur de Berlin et les joueurs « Ossis ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce club créé en 2009 n’est pas une émanation provenant des torpeurs d’avant la « Guerre Froide », loin de là. Propriété d’une célèbre boisson énergisante, le R.B. Leipzig est aussi bien une anomalie dans le football allemand qu’un intéressant laboratoire permettant de voir que le capitalisme et le business peuvent se mêler, même à Leipzig.

Fondé sur la présence de jeunes joueurs à forts potentiels, le club est réputé pour donner sa chance à ces joueurs en les valorisant, grâce, notamment, à sa participation régulière en Coupe d’Europe. Pour ensuite les revendre à des clubs plus huppés avec des indemnités de transferts à faire pâlir d’envie les plus grandes équipes.

Un beau partenariat franco-allemand permet en effet de voir le défenseur de 21 ans, Dayot Upamecano être appelé par le sélectionneur français Didier Deschamps en Equipe de France. Un système qui ne fait pas que des heureux en Allemagne dans un pays où le « supportérisme » est très présent et l’attachement au club plus important qu’ailleurs avec la règle des « 50% » qui permet aux associations de clubs de garder la main vis-à-vis des investisseurs extérieurs mais qu’importe. Avec un quart de finale d’Europa League et surtout une demi-finale de Ligue des Champions perdue face au Paris S.G.

Tableau des Performances de l'Allemagne dans les Coupes du Monde (1982-2010)

Année Tour Résultats Notables
1982 Finale Défaite contre l'Argentine (2-3)
1986 Finale Défaite contre l'Argentine (3-2)
1990 Finale Victoire contre l'Argentine (1-0 a.p.)
1994 Quarts de finale Défaite contre la Bulgarie (2-1)
1998 Quarts de finale Défaite contre la Croatie (3-0)
2002 Finale Défaite contre le Brésil (2-0)
2006 Demi-finales Défaite contre l'Italie (0-2 a.p.)
2010 Demi-finales Défaite contre l'Espagne (0-1)

Match du mondial 1974 entre la RFA de Beckenbauer (à gauche) et la RDA.

tags: #allemagne #football #team