L'Allemagne et la Coupe du Monde de football, c'est une longue histoire d'amour, vieille de soixante ans. C’est en tant que tenants du titre que les Allemands s’avancent vers leur 19e mondial. En tant que conquérants aussi. Leur slogan, Best Never Rest (les meilleurs ne se reposent jamais), l’atteste. Et court après les records.
En soulevant le trophée en or, les Allemands deviendraient les troisièmes à conserver leur titre, après l’Italie (1934, 1938) et le Brésil (1958, 1962). Si, en 2014, l’Allemagne avait marché sur un Brésil agonisant à domicile (7-1), la tâche s’annonce cette année beaucoup plus ardue. Pour réaliser l’exploit de remporter un deuxième titre mondial consécutif, l’Allemagne peut compter sur un collectif expérimenté, composé de joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens et habitués à être ensemble en sélection. Mais aussi en club, l’ossature de l’équipe venant du Bayern (Neuer, Boateng, Hummels, Müller).
La phase de qualifications a été pour les Allemands une véritable formalité. Dix rencontres, dix victoires, 43 buts marqués contre seulement 4 encaissés, les protégés de Joachim Löw ont perpétué les bonnes habitudes. Dans leur histoire, ils n’ont en effet perdu que deux matches de qualification pour la Coupe du monde (les mondiaux de 1986 et 2002). Pour leur préparation, les Allemands ont livré un match solide avec une équipe type contre l’Espagne (1-1, 23 mars), avant de céder contre le Brésil (0-1, 27 mars).
BRÉSIL 2-0 ALLEMAGNE 2002 Résumé En Français🇫🇷4K 60Ips Finale Coupe Du Monde 30 JUIN 2002
Joachim Löw : L'Architecte du Succès
Difficile de ressortir une star de cette équipe allemande, dont la force est avant tout collective. La star, ce serait alors le chef d’un orchestre qui sonne juste, Joachim Löw (58 ans). Il fait partie des sélectionneurs les plus connus de ce mondial. En poste depuis l’été 2006, le natif de la Forêt-Noire a remporté avec la Nationalmannschaft la Coupe du Monde 2014 et la Coupe des confédérations 2017. Le sélectionneur allemand, attaquant vedette de Fribourg dans les années 1980, sait faire des choix forts. La non-sélection du jeune prodige de Manchester City Leroy Sané pour la Coupe du monde russe en témoigne.
Le sélectionneur allemand, Joachim Löw, incarne la force collective de la Nationalmannschaft.
La Mannschaft a finalement remporté la finale de la Coupe du monde, à l’arraché, après maintes occasions argentines miraculeusement (et furieusement) sauvées par le gardien Manuel Neuer, qui a bien failli imiter son illustre prédécesseur Harald Schumacher et son célèbre coup de genou de 1982 lors d’une sortie aérienne musclée sur Gonzalo Higuain (57e minute). Et c’est sur un but magnifique de Mario Götze, à la 111ème minute, que tout s’est joué pour l’équipe allemande.
Pour la peine, le site de Bild s’est couvert d’or ! “C’est le but de l’orgasme”, indique en une le site du journal allemand. “Götze, tu es un dieu du foot, et nous sommes champions du monde.” Champions du monde, champions du monde, champions du monde, champions du monde, martèlent les journalistes sur le site !
“Super Mario offre la victoire”, pour la Süddeutsche Zeitung qui retient, entre autres images du drame qui s’est joué ce soir à Rio : “pop-corn Merkel”, le poing de Neuer et le salut final par “Super Mario”. Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Mario Götze est le rédempteur. Pour la première fois, grâce à l’entrée de ce remplaçant, une équipe européenne remporte une Coupe du monde en Amérique du Sud, souligne le quotidien de Francfort.
“Ça a été long, très long, et difficile. La Mannschaft s’est longtemps cassée les dents sur une équipe argentine plus forte que ce que l’on attendait, mais il est venu, le moment d’or”, résume la FAZ. “1-0 contre l’Argentine. L’Allemagne est championne du monde”, titre sobrement Die Welt. L’Allemagne va pouvoir accrocher sa quatrième étoile, rappelle le quotidien conservateur. “Même le corcovado est enveloppé des couleurs noir, rouge et or”, note le journal. Die Zeit insiste, quant à elle, sur la victoire in extremis, grâce au but de Mario Götze, inscrit dans le temps additionnel. Un seul but, mais qui aura suffi pour assurer le titre mondial. Une soirée “qui sera inscrite dans les livres d’Histoire”, selon le site de l’hebdomadaire.
L’homme du match, c’est lui : Manuel Neuer. Siegfried avec des gants, comme le décrit le 11 Freunde, est le meilleur gardien du tournoi, avec seulement 4 buts encaissés sur l’ensemble de la compétition. Il était l’atout de l’Allemagne dans cette finale, l’homme à abattre pour les Argentins, affirme le magazine, et il a joué son rôle… Jusqu’à obtenir les gants d’or, le titre de meilleur gardien de la compétition.
Après sa victoire face à l'Argentine (1-0), dimanche soir au Brésil, l'Allemagne est une nouvelle fois sacrée championne du monde de football. Un quatrième titre en soixante ans qui fait de le Nationalmannschaft une vraie machine à gagner. (La Mannschaft célèbre, dimanche soir à Rio, son quatrième titre mondial après sa victoire sur l'Argentine.

Les Étoiles de l'Allemagne : Un Palmarès Impressionnant
L'Allemagne et la Coupe du Monde de football, c'est désormais une longue histoire d'amour, vieille de soixante ans. La Coupe du Monde 1954 se déroule en Suisse. L'Allemagne signe son retour dans l'élite. Un retour difficile sportivement et politiquement après la Seconde guerre mondiale. La Mannschaft termine à la seconde place de son groupe, derrière la Hongrie, et se qualifie de justesse après un match de barrage face à la Turquie. Mais elle trouve rapidement son rythme de croisière. En quarts de finale, elle bat la Yougoslavie (2-0), puis l'Autriche en demi-finales (6-1). En finale, opposée une nouvelle fois à la Hongrie, archi-favorite de la compétition, l'Allemagne l'emporte finalement 3-2 grâce à un but marqué à la toute fin de la rencontre (déjà). Ce premier sacre restera connu sous le nom du "Miracle de Berne", où se disputait la finale, tant les chances des Allemands semblaient minces.
Ce n'est que 20 ans plus tard que l'Allemagne renoue avec l'histoire de la Coupe du Monde. Et pas à n'importe quelle occasion, puisque la compétition se déroule sur son sol. Cette édition a d'ailleurs la particularité de voir s'opposer les deux Allemagnes. Celle de l'ouest et celle de l'est se retrouvent à l'époque dans la même poule. La seconde termine en tête devant le première. Toutes deux qualifiées, seule la RFA passera le tour suivant (à l'époque c'était un second tour de poules qui déterminait les deux finalistes). L'Allemagne de l'ouest termine première de la poule B et est opposée en finale au Pays-Bas, premiers du groupe A. Emménée par Franz Beckenbauer, la Mannschaft défie les Oranje de Johan Cruijff et leur "football total". Tout se joue en première période. Menés au score, les Allemands reviennent dans la partie et l'emporte 2-1.
En 1986, au Mexique, l'Allemagne voit le titre lui échapper face à l'Argentine de Diego Maradona. Les joueurs de la Mannschaft s'inclinent 1-2, avec un doublé du génie argentin. Mais quatre ans plus tard, en Italie, les deux nations se retrouvent à Rome pour la revanche. Après avoir éliminés les Pays-Bas en huitièmes, la Tchécoslovaquie en quarts, l'Angleterre en demi-finale, les Allemands défont l'Albiceleste sur le plus petit des scores, et encore une fois dans les dernières minutes (85e) grâce à un pénalty très contesté. Les larmes de Maradona coulent, Lothar Matthaus exhulte. Franz Beckenbauer, sacré en 1974 comme joueur, l'est cette fois comme sélectionneur.
Passé 1990, l'Allemagne ne gagne plus. Quart de finaliste en 1994 et 1998, finaliste malheureuse face au Brésil en 2002, demi-finaliste en 2006 et en 2010, rien n'y fait, la Mannschaft se croit maudite. Mais en 2014, pour le retour de la Coupe du Monde au Brésil, les joueurs de Joachim Löw retrouvent enfin le goût de la victoire. Après un parcours sans faute (aucune défaite, six victoires en sept matchs, une demi-finale où elle humilie le pays hôte 7-1), la Mannschaft retrouve pour la troisième fois l'Argentine en finale. Et une nouvelle fois, elle gagne... à la fin. A la 113e minute précisément, dans la prolongation, grâce à un but de Mario Götze. L'Allemagne gagne son quatrième titre mondial et devient la première nation européenne à remporter une Coupe du Monde sur le sol sud-américain.

Les Étoiles de la Bundesliga
Le Bayern a validé le titre de champion d'Allemagne grâce à la défaite de Leipzig à Dortmund (3-2). Le titre de champion d'Allemagne du Bayern est alors l'occasion de se pencher sur cette règle. Grâce à la défaite de Leipzig à Dortmund samedi (3-2), le club munichois remporte le championnat pour la 31e fois de son histoire. Il va, pour l'occasion, faire broder une cinquième étoile.
En Bundesliga, la règle est établie depuis 2004 par la Ligue allemande concernant ce petit plus sur la tunique des clubs: une étoile pour trois titres de champions, deux étoiles pour cinq trophées, trois étoiles pour dix sacres, quatre pour 20. La cinquième valide 30 titres de champion.
Le titre de cette saison est le 31e de l'histoire du Bayern certes... mais le 30e depuis la création officielle de la Bundesliga, en 1964. Le premier titre, datant de 1932, ne compte donc pas dans la course aux étoiles.
Pour faire un petit point sur les autres championnats, sachez qu'en France, il n'y a pas de règle précise. Pas de règle non plus en Angleterre, où les éventuelles étoiles des badges ont une simple valeur décorative ou sont brodées à l'initiative des clubs, qui peuvent décider ou non de marquer le coup. En Italie en revanche, c'est comme en Allemagne: une étoile pour dix titres.
Tableau des Étoiles de la Bundesliga
| Nombre d'Étoiles | Nombre de Titres |
|---|---|
| 1 étoile | 3 titres |
| 2 étoiles | 5 titres |
| 3 étoiles | 10 titres |
| 4 étoiles | 20 titres |
| 5 étoiles | 30 titres |
L'Équipement de l'Équipe Allemande : Une Histoire de Marques
C’est la fin d’une relation de plus de 70 ans entre adidas et le football allemand. Nike a présenté « de loin la meilleure offre économique » dont le montant n’a pas été dévoilé, selon le président du conseil d’administration de la Fédération, Holger Blask. La firme américaine a également « impressionné par sa vision, qui comprend aussi un engagement clair en faveur de la promotion des sports amateurs et populaires ainsi que du développement durable du football féminin en Allemagne », selon M. Blask.
Le choc est énorme pour la marque aux trois bandes dont l’histoire est liée à l’épopée de la Mannschaft depuis 1954 et dont elle est l’équipementier historique. Adi Dassler, fondateur de la marque, avait personnellement vissé les crampons du buteur allemand Fritz Walter avant la finale de la Coupe du monde en 1954 remportée contre la redoutable Hongrie et entrée dans la légende comme le « miracle de Berne ».
Nike avait plusieurs fois tenté de rafler à l’Allemand le prestigieux contrat pour équiper les équipes nationales allemandes. adidas avait pu annoncer fièrement en 2016 avoir déboursé plus de 50 millions d’euros par an pendant quatre ans pour le conserver, deux fois plus que le montant précédent. Lors du prolongement du contrat jusqu’en 2026, annoncé dès 2018 après une piteuse élimination de l’équipe d’Allemagne du Mondial en Russie, les deux acteurs avaient convenu de ne révéler aucun montant concernant leur accord.
Nike, initialement populaire dans le basketball avec des icônes comme Michael Jordan, est arrivé de longue date dans le football. Le leader mondial d’articles de sport équipe depuis 1989 l’équipe du Brésil et a raflé le contrat avec la France en 2011, détrônant déjà adidas. Nike habille les Bleus jusqu’en 2026 en rapportant 50 millions d’euros par an à la Fédération française de football.
La perte du contrat avec l’Allemagne tombe à un mauvais moment pour adidas qui accumule les déboires depuis deux ans et a annoncé la semaine dernière sa première perte annuelle depuis 1992. Outre des ventes peu dynamiques sur plusieurs marchés, dont l’Amérique du Nord, adidas a rompu en octobre 2022 une collaboration juteuse avec le rappeur controversé Kanye West, épinglé pour des propos à caractère antisémite.
La tenue blanche et noire perdure, avec laquelle la RFA (Allemagne de l’Ouest) remporte la Coupe du Monde (1954, 1974) et la Coupe d’Europe des Nations (1972, 1980). Les trois couleurs du drapeau apparaissent sur la poitrine des joueurs allemands, dans une forme géométrique originale. Le dessin est signé Ina Franzmann, une assistante graphiste de la marque aux trois bandes.
Certains n’ont pas manqué de voir dans ces cassures un résumé du parcours de la RFA entre les Coupes du monde 1974 et 1990, avec un creux en 1978 et les finales de 1982 et 1986 sur la même ligne. Le design sera d’autant plus apprécié des Allemands qu’il symbolise la conquête de la Coupe du monde 1990 en même temps que la réunification des deux Allemagnes. Le design de Ina Franzmann sera repris à l’occasion de la Coupe du monde 2018 en version noir et blanc. Elle ornent seulement les épaules lors de l’Euro 1992 puis apparaissent comme une nuée de plumes autour du col lors de la World Cup 1994.