L'arrière internationale de Besançon, Alice Lévêque, a pris sa retraite sportive, marquant la fin d'une carrière riche en expériences et en succès. Retour sur le parcours d'une athlète accomplie, de ses débuts prometteurs à sa reconversion réussie.

Débuts et formation à Besançon
Formée à Besançon, Alice Lévêque a débuté le handball en Alsace dans des petits clubs (Masevaux, Kingersheim) avant de vraiment se lancer à l'ES Besançon en 2005. Elle se souvient quand Christophe Maréchal, coach de l'ESBF il y a une vingtaine d'années, est venu lui proposer à Masevaux la signature d'un contrat avec l'ES Besançon, alors qu'elle jouait à Kingersheim à côté de Mulhouse.
En 2009, l'arrière gauche rejoint Dijon puis retourne à Besançon un an plus tard avant Mios-Biganos/Bègles en 2013. Alice Lévèque a effectué l’essentiel de sa carrière à l’ESBF.
Ascension et consécration en club
Avant le début de l’été, Alice Lévêque pensait prolonger l’aventure avec Mios-Biganos/Bègles après deux années compliquées mais ponctuées tout de même un titre européen acquis en mai denier et une finale de la Coupe de la Ligue. Vainqueur de la Challenge Cup en 2015 avec Mios, championne de France avec Metz en 2016, Alice Lévêque s’est construit un joli palmarès avant de revenir dans le Doubs.
À 26 ans, Alice Lévêque rejoint le premier grand club de sa carrière. « Je viens ici pour gagner le titre de champion de France, clairement. La Coupe d’Europe et la Coupe de France sont autant d’objectifs intéressants mais je suis venu pour conquérir le graal national. Metz me le permettra. »
De retour à Besançon en 2016, Alice Lévêque a contribué au retour au premier plan de la formation bisontine, emmenée par Raphaëlle Tervel, avec qui elle avait joué au début de sa carrière. « Revenir à Besançon pour y terminer ma carrière était une évidence. Je me retrouve dans les valeurs bisontines, et la présence de Raphaëlle, avec qui j’avais joué, était forcément un plus.«
De retour dans les hauteurs du championnat, l’ESBF est parvenu à retrouver le chemin de l’Europe, bien aidé par sa capitaine dévouée, « C’était incroyable. Je pense que certains avaient perdu l’espoir que le club puisse retrouver l’Europe un jour, et c’était juste énorme de pouvoir revivre ça ici. La saison dernière nous avons vraiment réalisé un beau parcours en Coupe EHF, et nous avons vécu des moments très forts avec cette équipe. Je suis contente d’avoir permis au public de revivre l’ambiance européenne au Palais des Sports.«

Carrière internationale
Une carrière riche en club, ponctuée par plus de 40 sélections avec l’équipe de France. Une carrière internationale débutée en 2009, à seulement 20 ans, dont la première sélection a eu lieu à… Mulhouse sa ville natale. « C’était en 2009, j’avais tout juste 20 ans, et c’était à Mulhouse, juste à côté de chez moi. Mais j’étais très stressée aussi, j’étais jeune par rapport aux autres (rire).
Internationale à 45 reprises, l'arrière gauche a participé au Mondial 2013 avec l'équipe de France.
Fin de carrière et frustration
Une blessure à la cheville, et l’épidémie COVID-19 ont empêché Alice Lévêque de terminer sa carrière sportive à la hauteur de ce qu’elle a apporté au handball féminin français ces dernières années. « Avant le début de cette saison, je m’étais dit que c’était la dernière« , la décision était prise, Alice Lévêque prendrait sa retraite sportive à l’issue de l’exercice 2019-2020.
Mais la Bisontine n’avait pas prévu de ne pas pouvoir faire ses adieux au public de son club de coeur, après plus de dix saisons à défendre les couleurs de l’ESBF. « C’est difficile de terminer dans ce contexte. J’avais pas mal d’objectifs cette saison… sur la transmission d’expérience, prendre un maximum de plaisir… et avec la blessure et l’épidémie, c’est forcément difficile à vivre. ».
Opérée de la cheville, la capitaine de l’ESBF n’a pas pu disputer la première partie de la saison en Ligue Butagaz Energie, et préparait son retour pour les phases finales, « J’étais en train de terminer ma rééducation à Capbreton lors de l’annonce du confinement, et j’étais censée reprendre les entraînements à mon retour… J’ai l’impression d’avoir eu l’herbe coupée sous les pieds, l’impression qu’on m’a enlevé quelque chose de beau à vivre.« .
Sa dernière saison a été tronquée par les blessures et par la pandémie de coronavirus, qui l'ont empêchée de tirer sa révérence sur le terrain. "J’en rêvais de ce dernier match dans un palais des sports chaud bouillant", écrit-elle dans son long message de remerciements.
Après avoir noté que « ce n’est pas facile de résumer 24 années passées sur les terrains, il y aurait tellement de choses à dire », Alice Lévêque a cette réflexion : « J’ai vécu 24 saisons de joie, de désillusions, d’adrénaline, de stress, d’euphorie, de tristesse, de coups de gueule… ».
L’ex-joueuse pro de la Ligue Féminine de Handball qui a dû annoncer sa retraite en plein confinement se dit pessimiste quant à l’avenir du sport féminin.
Vous avez annoncé votre retraite sportive en pleine crise sanitaire avec donc l’impossibilité de quitter la partie sur un match, comment l’avez-vous vécu ? Ça a été très frustrant parce que je n’avais pas mis le pied sur le terrain de toute la saison en raison d’une opération de la cheville en novembre. Je n’avais donc joué aucun match.Mon objectif était de revenir pour la phase de play off qui allait se dérouler sur avril/mai. Quand le confinement a été annoncé, j’étais à Capbreton en rééducation de ma cheville. J’étais hyper motivée, et j’étais en pleine phase de ré-athlétisation. J’aurais dû reprendre les entraînements avec mon équipe. Avec le confinement d’annoncé, je sentais que ça allait être compliqué. Je gardais tout de même l’espoir de pouvoir jouer sur les derniers matchs du mois de mai et donc je continuais à m’entraîner chez moi.
Si on réfléchit un peu, on se dit bien que ce n’est pas le sport féminin qui va être privilégié. Ça sera d’abord le sport masculin, le foot et le reste suivra ou pas. Le handball féminin ne va certainement pas occuper le devant de la scène. Si des clubs en difficulté disparaissent suite à cette crise, ce sera catastrophique pour la discipline. Ça fait cinq, six ans, qu’il y a une mobilisation très forte autour du handball féminin.
Reconversion professionnelle
À l’instar de Gervaise Pierson - « c’est plutôt Gégé qui m’a copié oui (rires) » - ou de Grace Zaadi, Alice Lévêque ne s’est pas contentée de sa carrière de sportive de haut niveau durant ses (plus) jeunes années. « Je suis diplômée depuis deux ans pour être, après la fin de ma carrière, kinésithérapeute. C’était important pour moi de ne pas mettre mes études de côté et j’ai cravaché pour avoir ce que je voulais. J’ai toujours aimé les études et j’ai fait ma formation en 4 ans au lieu de 3. C’est frustrant quelque part car quand les autres filles vont faire la fête, profitent des leurs ou se reposent, moi je me levais tôt pour réviser ou rentrais vite chez mois pour bosser. Je ne regrette pas cet investissement. J’ai fait des choix et je les assume pleinement. Maintenant, je peux profiter beaucoup plus. »
Titulaire d’un diplôme de kinésithérapeute et dans la nutrition sportive, Alice Lévêque a bien anticipé sa reconversion, « J’ai un diplôme de kiné, et dans la nutrition du sport, et je suis actuellement en train de me former dans la micro-nutrition. J’ai principalement envie de développer mon activité dans l’accompagnement nutritionnel, et de compléter avec de la kiné. Maintenant je ne sais pas encore quelle forme donner à mon projet, je suis en phase de réflexion.« .
Aujourd'hui reconvertie dans la kinésithérapie préventive et le conseil en nutrition et micro nutrition-santé auprès de sportifs et sportives de haut niveau, Alice vient de publier un livre "Votre alimentation avec Aliss" - Quelques idées pour bien manger avant et après le sport - Paru aux éditions "Les Sportives". Alice Lévêque donnera une conférence ce samedi 8 avril à 16h à la librairie l'Intranquille de Besançon, et dédicacera son livre à l'occasion.
ALISS (pour Alimentation Sport et Santé, mais aussi le clin d'oeil à son prénom), c'est le nom de sa société créée à Besançon où est toujours installée la jeune trentenaire originaire d'Alsace qui prodigue ses conseils à tous les types de publics : de la vice championne olympique de handball (Siraba Dembélé) aux espoirs du VTT bleu-blanc-rouge (Pôle France de Besançon) notamment.

Des données, des astuces, des recettes étayées scientifiquement et loin des -parfois mauvaises- idées reçues sur tel ou tel aliment : privilégier les oeufs au petit déjeuner plutôt que les habituelles céréales par exemple, le bon sucre qui fait du bien à la tête aussi... Sans oublier la très importante cuisson précise des pâtes "mais aussi tous les féculents et légumineuses" ou encore la possibilité de pratiquer le sport de haut niveau tout en étant végétarien ou même végan "avec malgré tout un accompagnement très important".
Alice Lévêque nous dévoile tous ses petits secrets dans la nutrition du sport pour espérer réussir au plus haut niveau international dans cet épisode #30 de 100% olympique, le podcast de France Bleu Besançon sur les coulisses de la performance des athlètes de Franche-Comté aux JO, en partenariat avec le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) Bourgogne Franche-Comté.
À Besançon, l'ancienne internationale française et capitaine de l'ESBF conseille tous les sportifs de haut niveau dans cette thématique primordiale aussi à la performance. Les "classiques" et incontournables préparations et optimisations physique et technique restent évidemment la base quand on fait du sport, de haut niveau qui plus est. Sans quoi les chances de performer ne seront qu'un voeu pieux, à moins d'un très heureux, très hypothétique et vraiment très rare concours de circonstances...
Malgré tout, condition athlétique et gestes justes, "seulement", ne suffisent plus pour espérer atteindre les sommets de sa discipline. Dans la panoplie la plus complète et la plus efficace possible des sportifs du XXIe siècle, de nouveaux leviers de la performance sont progressivement apparus et continuent de s'installer de plus en plus durablement et assez naturellement désormais.
Ces bienfaits d'une alimentation équilibrée, réfléchie, raisonnée dans l'approche globale d'une saison et plus largement d'une carrière font par exemple plus que jamais partie du quotidien d'Alexis Vuillermoz (cyclisme), Aurélie Chaboudez (athlétisme), Margaux Pinot (judo) ou encore Ilman Mukhtarov (lutte) et Julie Bresset (VTT). Et cette dimension primordiale, également, de ce que l'on met dans son assiette pour optimiser son organisme et ses performances, c'est aussi ce qu'Alice Lévêque a bien mesurée. Dès la deuxième partie de sa carrière de handballeuse professionnelle (championne de France 2016 avec Metz, Coupe d'Europe/Challenge Cup 2015 remportée avec Mios-Biganos-Bègles ou encore 2 championnats du monde disputés avec les Bleues en 2013 et 2015).
Difficile d’isoler un souvenir précis pour la native du Grand Est, qui en a tellement connu pendant sa carrière, « Je retiens une sorte de ressenti général. Une richesse dans la rencontre des gens tout au long de ma carrière. Je suis beaucoup portée sur l’humain, et les rencontres que j’ai pu faire pendant toutes ces années resteront gravées.« . Parmi ces moments forts, ceux passés à Besançon occupent une place particulière, « Je suis arrivée très jeune à Besançon, j’ai commencé ma formation dans ce club, et c’est ici que j’ai posé les bases de ma carrière. » explique Alice Lévêque, qui ne cache pas son attachement à une structure que l’on pourrait définir comme une deuxième famille pour la canonnière bisontine, « J’ai eu la chance d’évoluer dans d’autres clubs, mais à Besançon j’étais chez moi. C’est mon club de coeur ! Je n’aurais pas pu terminer ma carrière ailleurs…« . Partie à deux reprises pour poursuivre son apprentissage loin de ses bases, elle s’est imposée comme l’une des meilleures joueuses françaises à son poste.
Pour clôturer, Alice Lévêque a tenu à adresser un message à toutes les personnes qui l’ont accompagné pendant sa carrière, « Je veux vraiment remercier toutes les personnes qui m’ont accompagné pendant ma carrière, qui ont contribué à ma formation, que j’ai pu croiser ces dernières années.