Des déboulés fracassants ballon sous le coude, des placages dévastateurs et le goût du combat : Bundee Aki est le genre de joueur que le sympathisant occasionnel de rugby remarque sans délai. Son gabarit râblé irradie la puissance (1m78, 101 kilos) et son teint mat rappelle ses origines samoanes autant qu'il aide à le repérer dans le froissement des corps.
Né à Auckland, le joueur d'origine samoane est le cadet d'une fratrie de sept enfants. C'est avec beaucoup d'émotions que Bundee Aki entendra l'hymne de la Nouvelle-Zélande retentir à Dublin.
Cet article explore le parcours exceptionnel de Bundee Aki, de ses racines en Nouvelle-Zélande à son statut de star du rugby irlandais, en mettant en lumière son impact sur le terrain et son attachement à son pays d'adoption.

Jeunesse et Débuts en Nouvelle-Zélande
Aki a grandi dans la banlieue sud d'Auckland. « À Manurewa, le quartier le plus craignos de la Nouvelle-Zélande, » résume son pote d'enfance Tim Nanaï Williams. Précarité, chômage, défonce, violence et débrouille... Bundee s'en est sorti grâce au rugby.
C'est en 2011, à l'âge de 21 ans que Bundee Aki intègre les Counties Manukau, une équipe de provinces néo-zélandaise. Performant, le trois-quarts centre d'origine samoane termine parmi les meilleurs joueurs de l'ITM Cup (championnat des provinces en Nouvelle-Zélande) en 2012.
Ainsi, il quitte les Counties Manukau pour rejoindre les Chiefs de Waikato à l'échelon supérieur, le Super Rugby. En 2013, c'est avec beaucoup d'ambitions qu'il entamera pour la toute première fois une saison au plus haut niveau en Nouvelle-Zélande. Puissant, Bundee Aki inscrira 5 essais en 15 rencontres et remportera le titre à l'issue de la saison.
Il y a dix ans, il faisait très mal au centre de l'attaque des Waikato Chiefs, avec lesquels il a remporté le Super Rugby en 2013. Cette saison-là, il avait disputé 14 matches, planté six essais. Il jouait aux côtés de Sam Cane, capitaine des All Blacks et de Brodie Retallick, ses adversaires samedi soir au stade de France.
À l'époque, Bundee n'était pas le même : « Il a pris de la viande depuis. Il était tout ''skinny'', sec », se marre Mils Muliaina, l'illustre arrière all black qui fut son coéquipier aux Chiefs. Avec son visage émacié, Bundee avait des airs d'indien Navajo.
« Il avait une grosse agressivité en défense et beaucoup d'habileté ballon en main, se souvient le champion du monde 2011 aux 100 sélections All Blacks. Rajouter du muscle sur sa charpente lui a permis de tenir le choc dans le rugby de l'hémisphère Nord à dominante plus physique. »
Départ au Connacht en 2014
Bundee et Mils ont quitté les Chiefs ensemble, en 2014, pour s'engager avec la province irlandaise du Connacht. Mils avait 34 ans, Bundee 24.
« Pour la saison 2015, les Chiefs avaient signé le retour de Sonny Bill Williams, il y avait aussi Andrew Horrell au centre et Anton Lienert Brown qui pointait son nez... » L'intuition qu'il aurait moins de temps de jeu et la possibilité de multiplier son salaire par trois ont poussé Aki à signer trois ans au Connacht, alors managé par le Néo-Zélandais Pat Lam.
Partir en Europe signifiait pour lui faire le deuil de jouer au sein des All Blacks. « Il lui a fallu du courage pour prendre cette décision, se souvient Muliaina. Bundee était tout jeune. Seul, loin des siens, il venait souvent dans notre maison au Connacht. »
«Je pensais juste à l'époque que c'était le bon moment pour bouger, faire quelque chose de différent», confiait Bundee Aki en 2016 dans The Irish Times. Le massif centre néo-zélandais (1,81 m, 101 kg) devient tout de suite l'homme de base dans l'équipe irlandaise du Connacht. La première année, il sera titulaire lors des 28 rencontres toutes compétitions confondues que son équipe disputera.
«Je ne vais pas mentir, c'était mon ambition : être un All Black, mais parfois vous devez voir ce qu'est la réalité et où vous voulez être», a-t-il poursuivi dans les colonnes du journal irlandais.
Naturalisation et Carrière Internationale avec l'Irlande
Repéré par la fédération irlandaise, Aki sera naturalisé trois ans plus tard. Le potentiel d'Aki n'avait pas échappé au Néo-Zélandais Joe Schmidt qui dirigeait, à l'époque, le XV du Trèfle.
Le 11 novembre 2017 à Dublin il disputait son premier match en vert, 80 minutes face à l'Afrique du Sud, écrasée 38-3. Adopté par tout un pays, le trois-quarts centre a fêté la toute première sélection de sa carrière devant les supporters Irish à l'Aviva Stadium de Dublin.
Son apparition sous la tunique irlandaise aura suscité quelques contestations. De là à être sélectionnable, un avis partagé entre Conor Murray et Tommy Bowe juste avant que Bundee Aki ne fasse sa première apparition avec l'Irlande.
«Il est venu ici et a rempli les conditions d'éligibilité de façon légale, Bundee n'a rien fait de mal et on a de la chance de le compter parmi nous», s'est réjoui le demi de mêlée irlandais Conor Murray. Tommy Bowe qui évoluait au poste d'ailier admet que cela pouvait être vexant pour un joueur irlandais.
Malgré cette polémique, Bundee Aki s'inscrit dans la durée avec l'Irlande et s'apprête à rencontrer la Nouvelle-Zélande devant son public.
En six années (2013-2019) à la tête de l'Irlande, le coach va remporter trois Tournois des 6 Nations, en 2014, 2015 et 2018, année du Grand Chelem. Sous l'ère Schmidt, les Irlandais remporteront aussi la première victoire de leur histoire face aux Néo-Zélandais à Chicago, le 5 novembre 2016 (40-29). Fini les complexes. Après avoir bâti les fondations de l'Irlande qui rayonne aujourd'hui, Schmidt est revenu en Nouvelle-Zélande. Il est désormais responsable de l'attaque des All Blacks.
Aki, lui, est devenu indispensable dans l'entrejeu irlandais. Bundee Aki était sans doute le meilleur joueur de l’équipe d’Irlande lors de la Coupe du Monde en France, au cours de laquelle le XV du trèfle a échoué de peu en quart de finale, battu par les All Blacks (28-24).
Âgé de 33 ans il a joué les quatre matches de poule de cette Coupe du monde, marqué autant d'essais et pulvérisé les records. Il est le joueur qui a gagné le plus de mètres (567), enchaîné le plus de courses (61), gagné le plus de duels (23 placages cassés).

Un Pilier du Connacht et de l'Équipe Nationale
Toujours au Connacht, Bundee Aki doit beaucoup à son pays d'adoption, l'Irlande. « Bundee est un joueur immensément populaire qui a énormément apporté, pendant une longue période, à la fois au Connacht et au rugby irlandais.
Près de 150 matches plus tard, il est devenu « la » superstar de Galway, à en croire son coéquipier en club et sélection, le populaire Mack Hansen. « Si Brad Pitt venait en ville et que lui et Bundee se promenaient dans Shop Street (la principale artère commerçante de la ville, NDLR), les gens se presseraient autour de Bundee pour lui demander des photos. C’est fou. Les gens l’adorent, ici », plaisantait récemment l’ailier auprès du Irish Independent.
Pas le plus rapide, ni le plus spectaculaire, Aki s’est invité dans le gotha mondial grâce à sa défense de fer, son intelligence balle en main et son impact physique. Éligible pour le XV du Trèfle depuis 2017, il est devenu incontournable malgré la complicité évidente entre les deux partenaires du Leinster, Robbie Henshaw et Garry Ringrose.
Aki a été sélectionné 53 fois depuis ses débuts en 2017 et se dit enthousiaste vis-à-vis des jeunes qui s’apprêtent à percer.
En septembre dernier, sa fidélité lui a permis d’obtenir la citoyenneté irlandaise, de quoi l’enraciner encore davantage dans son « Home Sweet Home ». « J’aime les gens, j’aime la culture.
Trois mois après, la fédération (IRFU) et son club ont annoncé la prolongation de son engagement avec Connacht Rugby, jusqu’à l’issue de la saison 2025-2026. Le centre irlandais Bundee Aki, impérial avec le XV du Trèfle lors de la Coupe du monde de rugby 2023, a décidé de prolonger avec l’Irlande et le Connacht jusqu’en 2025.
Titulaire face aux All Blacks, le centre affronte samedi son pays natal. C'est avec beaucoup d'émotions que Bundee Aki entendra l'hymne de la Nouvelle-Zélande retentir à Dublin.
L'Impact d'Aki et des Autres Néo-Zélandais sur le Rugby Irlandais
Face à la France samedi, les trois Néo-Zélandais de naissance auront l’occasion de permettre à leur nation d’adoption faire un grand pas vers un troisième Tournoi de suite.
Mais il n'est pas le seul talent kiwi sur lequel se repose l'Irlande : Il y a aussi l'ailier James Lowe, 31 ans, originaire de Nelson tout au nord de l'île du Sud. « C'est un joueur spectaculaire avec un gros caractère. Sa gnaque est précieuse au sein du XV irlandais », analyse Muliaina qui a également joué avec Lowe au sein des Chiefs.
Recruté par la province du Leinster en 2017, Lowe a été naturalisé en 2020. « Il a pris de l'étoffe en sélection car Andy Farrell a su lui faire confiance, poursuit Muliaina. James, plus il sent qu'on lui fait confiance, plus il évolue avec liberté. Le pied gauche de James Lowe soulage énormément les Irlandais comme ici face à l'Afrique du Sud en match de poules.
Enfin, à la mêlée, les Irlandais s'en remettent à Jamison Gibson Park. Lui est né sur l'île de la Grande Barrière, 850 habitants, tout au large d'Auckland. Comme Lowe, il est arrivé en 2017 et a été naturalisé en 2020.
« Au pays, Jamison (Gibson Park) était barré par un tas de demi de mêlée talentueux. Il a beaucoup plus progressé en Europe que s'il était resté sur le banc d'une franchise de Super Rugby à attendre sa chance »
« Trois profils de joueurs très différents, note Muliaina. Ils ont pu éclore dans l'hémisphère nord parce qu'on leur a donné du temps de jeu, mais aussi parce que le niveau technique s'y est beaucoup accru. Au pays, Jamison était barré par un tas de demi de mêlée talentueux. Il a beaucoup plus progressé en Europe que s'il était resté sur le banc d'une franchise de Super Rugby à attendre sa chance. Jouer donne confiance. La fédération néo-zélandaise doit repenser l'organisation de notre rugby. »
Surprise, bousculée et menée, l’Irlande est passée proche de la correctionnelle sur la pelouse du pays de Galles, lors de la troisième journée du Tournoi des 6 Nations 2025. Mais au cœur dans cette tempête inattendue, trois hommes sont sortis du lot pour mettre à l’abri la maison irlandaise : James Lowe, Jamison Gibson-Park et Bundee Aki. Les trois natifs de Nouvelle-Zélande se sont mués depuis plusieurs années en héros irlandais.
Au Millennium, le demi de mêlée a été élu homme du match. Le natif d’Auckland est bien le leader stratégique du jeu irlandais, plus encore depuis le départ à la retraite de Jonathan Sexton. Par sa rigueur et sa grande capacité à botter le ballon, l’ancien joueur des Blues semble avoir été conçu pour l’Irlande. Il n’était seulement pas né au bon endroit. Très vite, il a doublé Connor Murray dans la hiérarchie pour devenir titulaire indiscutable.
"Le rugby est un de ces sports où l’on ne sait pas toujours où l’on va finir, souriait le demi de mêlée au moment de devenir un citoyen irlandais. Figure d’une Irlande devenue un temps meilleure nation du monde, Gibson-Park a aussi profité du fait d’évoluer avec le Leinster, là où ses automatismes ont fait la différence en sélection. Prenons pour exemple ce coup de patte décisif, lors de la deuxième période à Cardiff. Après un rapide coup d’œil, le Leinsteman avait choisi d’envoyer une jolie diagonale vers un de ses coéquipiers en club : James Lowe. L’ailier profitait de son habileté dans les airs pour rabattre intelligemment la balle vers Osborne, lors de l’essai égalisateur. Face à l’Angleterre cette année, le natif de Nelson en Nouvelle-Zélande avait déjà réalisé un triplé de passes décisives, dans un style qui lui est propre. Si dominant dans les airs, si costaud dans les collisions, si puissant dans ses jeux au pied… Lui aussi a pleinement l’ADN du parfait Irlandais.
Son coach Andy Farrell ne tarissait pas d’éloges à son sujet. "C’est un gars qui aime aller chercher du ballon dans le jeu en permanence et c’est ce que nous attendons de nos ailiers. Débarqué en 2020 au sein de la sélection irlandaise, l’ancien des Chiefs a toujours été titulaire sur l’aile gauche lors de ses 39 sélections.
Véritable bête furieuse du milieu du terrain, Aki sait s’exprimer aussi bien ballon en main qu’en défense. Parmi les meilleurs joueurs de la Coupe du monde 2023, le centre est un incontournable du XV du Trèfle depuis son éligibilité en 2017. À 34 ans en 2025, le natif d’Auckland est toujours aussi précieux. Le fameux match face au pays de Galles il y a deux semaines le montre, puisque même remplaçant en début de partie (remaniement d’effectif oblige), Aki a fait gagner le XV du Trèfle grâce à ses grattages et sa défense en fin de partie. "Je sens l’amour que l’Irlande m’a donné, confiait le colosse. Il n’y a pas de meilleur sentiment que d’être capable de dire que je peux profiter de la culture irlandaise. Je dois rendre tout cela sur le terrain. Je ne peux pas dire un mot négatif sur l’Irlande."
Les supporters irlandais ne peuvent, eux non-plus, pas dire trop de mal à propos de Aki, comme de Gibson-Park et Lowe, devenus les guides de la sélection frappée du Trèfle.
Le XV de France s’attaque samedi à l’Irlande et sa muraille Bundee Aki, le puissant centre originaire de Nouvelle-Zélande, un perforateur « exceptionnel » profondément attaché à la province du Connacht et devenu un visage du XV du Trèfle. « Bundee a fait une entrée énorme contre les Gallois », a apprécié son compatriote Noel McNamara, entraîneur des arrières de Bordeaux-Bègles, dans un entretien accordé à l’AFP.
La bataille à venir avec la pépite tricolore Yoram Moefana (24 ans), de plus de dix ans son cadet, fait d’autant plus saliver. « J’ai hâte de voir ce duel des deux côtés de la ligne d’avantage, en attaque et en défense où les deux sont importants », anticipe le technicien de l’UBB.« C’est un joueur exceptionnel, tellement puissant, mais Moefana est puissant également, (Pierre-Louis) Barassi n’est pas mauvais non plus », a évalué Philippe Saint-André, ancien sélectionneur des Bleus et consultant RMC, en référence à la paire tricolore retenue samedi.
Avant sa 64e sélection, Bundee Aki a l’expérience et la renommée pour lui, ainsi que l’amour de tout un pays, l’Irlande, qui l’a accueilli il y a plus d’une décennie. En 2014, le centre au gabarit de talonneur (1,78m pour 102kg) a quitté la Nouvelle-Zélande et les Chiefs, en Super Rugby, pour rejoindre la province du Connacht, dans l’ouest de l’île.
« Bundee a fait une entrée énorme contre les Gallois », a apprécié son compatriote Noel McNamara, entraîneur des arrières de Bordeaux-Bègles, dans un entretien accordé à l’AFP.
« C’est un joueur exceptionnel, tellement puissant, mais Moefana est puissant également, (Pierre-Louis) Barassi n’est pas mauvais non plus », a évalué Philippe Saint-André, ancien sélectionneur des Bleus et consultant RMC, en référence à la paire tricolore retenue samedi.
Âgé de 33 ans il a joué les quatre matches de poule de cette Coupe du monde, marqué autant d'essais et pulvérisé les records.
En 2000, Kevin Barrett avait été recruté pour diriger une ferme laitière à Ballinacree, dans le comté de Meath. Il avait amené avec lui toute sa famille. Beauden avait 9 ans, Scott 7 ans et Jordie 3 ans. Les frères Barrett ont vécu dix-huit mois, dans la verte Irlande, à une heure de Dublin. Leur destin les a finalement ramenés sous le pavillon noir.
Leicester Fainga’anuku (25 ans) a décidé de rentrer au pays chez les Crusaders, alors que le RCT voulait le prolonger. De son côté, Duncan Paia’aua (29 ans) ne sera pas conservé. Pour se renforcer, Toulon cherche une pointure et a coché le nom de la star de la sélection irlandaise, Bundee Aki (34 ans). Le joueur d’origine néo-zélandaise est en fin de contrat avec le Connacht où il évolue depuis 2014. Les dirigeants du RC Toulon et Pierre Mignoni ont échangé en visio-conférence avec Bundee Aki pour tenter de le convaincre de rejoindre la France. Le club de la Rade voulait privilégier des recrues de la filière JIFF mais pourrait bien faire un écart pour s’offrir un des tout meilleurs centres au monde.
Avec ce nouveau sacre, il décroche le cinquième Bouclier de Brennus de sa carrière. Le Néo-Zélandais est un joueur sûr, complet et indispensable dans le groupe Rouge et Noir, qui a accompagné l’équipe dans l’obtention de ses derniers titres nationaux et européen. Entamant la saison 2023-2024, Ahki s'est préparé pour la Coupe du Monde afin de représenter l’équipe des Samoa. Au cours de cet événement majeur, il a joué un rôle crucial dans l'équipe samoane, apportant son expérience et son talent au service de son pays. De retour du côté du Stade Toulousain, Ahki a continué d'exceller au centre, aux côtés de Paul Costes, Santiago Chocobares et Pierre-Louis Barassi. Véritable pilier au centre du terrain toulousain, Pita Ahki a une nouvelle fois brillé par sa solidité et son engagement au centre. Impeccable en défense, puissant dans les duels et précieux dans l'organisation du jeu, il s’est montré à la hauteur des grands rendez-vous tout au long de la saison. Son impact a été déterminant dans le parcours menant au titre, apportant son expérience et sa constance lors des phases finales.
| Joueur | Poste | Club | Origine |
|---|---|---|---|
| Bundee Aki | Centre | Connacht | Nouvelle-Zélande/Samoa |
| James Lowe | Ailier | Leinster | Nouvelle-Zélande |
| Jamison Gibson-Park | Demi de mêlée | Leinster | Nouvelle-Zélande |