L'Athletic Club Ajaccio, souvent appelé AC Ajaccio ou simplement ACA, est un club de football français basé à Ajaccio, en Corse. Fondé en 1910, le club a une histoire riche et a connu plusieurs périodes en première division française.
Les couleurs adoptées par le club sont le blanc et rouge. L'ACA est le premier club insulaire à devenir champion de Corse, en 1920, un titre âprement défendu par les Acéistes qui sont également champions en 1921.
Le club dispute ses matches à domicile au stade Michel-Moretti, également connu sous le nom de stade François-Coty, à Ajaccio.

Les Débuts et l'Ascension
Après avoir utilisé le terrain vague des Sablières où la promiscuité du dépôt d'ordures emplit parfois l'air de vapeurs pestilentielles, c'est au stade Jean-Lluis (beau-père du président de l'ACA, Louis Baretti) que le club élit domicile jusqu’en 1969. Cette enceinte dispose d’environ 5 000 places.
L'ACA trouve son emblème en 1919 lors d'un match sur la place Diamant face à la marine anglaise. Martin Baretti, joueur blanc et rouge à cette époque, marque l'unique but de la rencontre pour son équipe. À la suite de cela, plusieurs supporteurs scandent « Martin ! Martin ! » puis « À l'ours ! À l'ours ! » faisant référence notamment à son physique grand et costaud et à sa grande pilosité. Martin Baretti devient un symbole de toute une génération de joueurs mais aussi du club de l'ACA.
Dans les années 1930, les matchs contre le SC Bastia sont particulièrement violents. Puis, avec la naissance du FC Ajaccio, les derbys ajacciens deviennent également âpres et décousus. Les arbitres sont souvent dépassés par les événements. À plusieurs reprises, l'ACA menace de se retirer des compétitions organisées par la Ligue Corse de Football. Ce sera d'ailleurs chose faite juste avant la seconde guerre mondiale.
Après la guerre, le club retrouve son lustre d'antan et son rang de premier club corse. Les titres s'enchaînent (championnat de Corse et coupe de Corse). En 1948, l'ACA remporte un grand tournoi international en Tunisie, la coupe Raoul-Bonan. C'est le premier titre remporté par un club corse en dehors des frontières de l'île. C'est l'âge d'or du club ajaccien à l'échelon amateur, avec des joueurs tels de Gentili, Borodine, Federicci, Marcaggi, Pieri, Cristofari ou Piras.
Au début des années 1960, alors que le GFCA brille dans le championnat CFA, les dirigeants ajacciens tentent à leur tour de faire franchir un palier au club acéiste en recrutant une star international au poste d'entraîneur-joueur : Ernst Stojaspal. Après deux années, les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous. Puis, en 1965, les dirigeants décident de saisir l'opportunité de faire basculer le club dans le professionnalisme.
Périodes en Ligue 1
L'AC Ajaccio a accédé quatre fois à la première division, en 1967 (six saisons), en 2002 (quatre saisons), en 2011 (trois saisons) et en 2022, y disputant 14 saisons au total.
L'ACA vient au professionnalisme en 1965 grâce à une équipe de dirigeants ambitieux. Le club symbolisé par un ours blanc prend alors un ascendant important sur son rival du Gazélec qui végète chez les amateurs. Le club est invité à prendre part au championnat professionnel de deuxième division, à la suite de dépôts de bilan de plusieurs équipes.
Après un maintien facile lors de la première saison, l'AC Ajaccio accède à l'élite en 1967. L'ACA passe ensuite six années en première division, et accueille en son sein de grands joueurs, comme Dominique Baratelli, Marius Trésor, François M'Pelé, Claude Le Roy, Régis Dortomb, René Le Lamer, Rolland Courbis, Albert Vannucci, Étienne Sansonetti, etc.
Face à une affluence croissante, le club est forcé de se mettre aux normes concernant ses installations sportives. En 1968, le vieux stade Jean-Lluis est abandonné au profit du stade de Timizzolo, qui deviendra ensuite François-Coty.
En 1970-1971, après le départ d'Alberto Muro, l'ACA nomme Louis Hon au poste d'entraîneur. Ce dernier constitue, sur le tard, une équipe particulièrement jeune et solide. L'ACA parvient à accrocher une 6e place au terme d'un championnat réussi. Sans le savoir le club vient sans doute de laisser passer sa chance européenne. Ensuite, l'ACA vend Marius Trésor à l'Olympique de Marseille, mais cela ne suffit pas à remplir les caisses.
Logiquement, en 1973, le club est relégué de D1, puis il fait faillite en 1975, ce qui le fait redescendre en DH.
Difficultés Financières et Tentatives de Fusion
En 1972, l'AC Ajaccio est l'objet de problèmes financiers à la suite d'erreurs dans la gestion des comptes du club. Alors, les dirigeants de l'ACA pensent à leurs rivaux du Gazélec Ajaccio afin de conserver le club parmi l'élite.
En mai 1972, les deux camps entrent en contact réel avec du côté de la délégation du Gazélec, Claude Lévy, Mathieu Armani ou encore le docteur Colonna d'Istria et du côté acéiste Jean Ferracci, Simon Cruciani et Jean-Étienne Alexandre. Les deux clubs trouvent un accord de principe pour fusionner, cependant les dirigeants du Gazélec refusent le professionnalisme et préfèrent les compétitions amateurs de la troisième division. À la suite de l'impossibilité économique d'avoir en même temps une équipe en première division et une autre en troisième, la fusion tombe à l'eau[12].
Renaissance et Retour en Ligue 1
En mai 1992, une nouvelle équipe dirigeante prend en main la destinée de l’ACA. En effet, les nouveaux dirigeants Michel Moretti, Alain Orsoni, Antoine Antona et d’autres se lancent un pari fou : faire en sorte que l’« Ours » retrouve la Ligue 1 en dix ans. Pour cela, l’ACA va s’en donner les moyens et réussir. Baptiste Gentili est nommé entraîneur, avec une ancienne gloire du club, Albert Vannucci.
Il faut dire que les dirigeants parviennent, lors de cette fulgurante ascension, à attirer des joueurs de niveau professionnel, comme les Polonais Kaczmarek et Rzepka, José Moralès, César Nativi, David Faderne, Richard Bernaud, Cyril Granon. En quatre ans, le club retrouve le professionnalisme quitté en 1975 et tient ainsi son pari incroyable d’installer le club en Ligue 1, 10 ans seulement après l’avoir fait renaître de ses cendres.
En 2001, l'AC Ajaccio change d'entraîneur et recrute Rolland Courbis. Le technicien marseillais réalise des miracles et le club remonte en remportant le championnat. Les déboires judiciaires de Courbis rendent difficile la première saison (où son adjoint Dominique Bijotat prend un temps le relais). Mais l'essentiel est assuré avec le maintien grâce à une 17e place. Les trois saisons suivantes seront difficiles, avec plusieurs changements d’entraîneur (Bijotat, Pantaloni, Courbis, Pasqualetti) et un meilleur classement de 14e en 2005.
Deux ans après le décès du président Michel Moretti, sous l’impulsion d'Olivier Pantaloni qui avait pris la suite de José Pasqualetti, le club réalise une excellente saison, termine 2e et remonte en Ligue 1, 5 ans après la descente. Le club révèle de nombreux jeunes comme Paul Lasne, Andy Delort, Benjamin André, et s'appuie sur des joueurs insulaires à fort tempérament, comme Johan Cavalli, Jean-Baptiste Pierazzi et Anthony Lippini.
L'accession est actée lors de la dernière journée de championnat, et après une victoire acquise au stade des Costières de Nîmes (1-2), avec un doublé de Jean-François Rivière. Vice-champions de France de Ligue 2, les acéistes sont accueillis par 1500 supporters qui les attendaient à 3 heures du matin à l'aéroport d'Ajaccio.
Lors de la dernière journée de Ligue 1, l'ACA, dans la zone rouge, décroche une victoire contre Toulouse. L'« Ours » se sauve grâce à un doublé de Cavalli. Le club corse remonte à la 16e place du championnat en gagnant 2-0 et reste en première division.
L'intersaison 2012 est marquée par le départ d'Olivier Pantaloni l'homme de la remontée. C'est l'ancien entraîneur brestois Alex Dupont qui le remplace. De nouveaux joueurs arrivent: Sigamary Diarra du FC Lorient, Chahir Belghazouani de Zulte Waregem (BEL), Ricardo Faty de l'Aris Salonique (GRE), Oumar Sissoko du FC Metz, et surtout la star roumaine Adrian Mutu ancien de Chelsea, de la Juve et de la Fiorentina en provenance du club italien de l'AC Cesena. La première partie de saison est difficile ce qui provoque l'eviction d'Alex Dupont au profit de l'ancien entraineur marseillais Albert Emon. Le club se maintiendra de justesse avec 40 points et finira 17e.
But EDUARDO (40') - FC Lorient - AC Ajaccio (4-4 / 2012-13
En juin 2013, le club annonce la nomination au poste d'entraîneur de l'italien Fabrizio Ravanelli, ancien attaquant de l'Olympique de Marseille, accompagné de son adjoint Giampiero Ventrone. Malgré de nombreuses arrivées et de nouvelles méthodes de travail, le début de saison est décevant : 1 seule victoire après 13 journées de championnat. Le 2 novembre 2013, après une septième défaite en Ligue 1 face à Valenciennes et 7 points pris en 12 matches, l'entraîneur acéiste est limogé. Pour lui succéder, le directeur du centre de formation, Christian Bracconi, est nommé afin de tenter de maintenir une équipe acéiste bien mal engagée en Ligue 1.
À la suite de cette saison, l'ACA est relégué en Ligue 2 où il retrouvera le club rival du GFC Ajaccio. Après trois saisons en Ligue 1, l'ACA est relégué en Ligue 2 au terme de la saison 2013-2014. Le club est contraint de se séparer de ses meilleurs joueurs, comme Guillermo Ochoa, l'international mexicain, Benjamin André ou Paul Lasne. Le retour en ligue 2 s'avère difficile et l'entraîneur Christian Bracconi est démis de ses fonctions en octobre et remplacé par Olivier Pantaloni.
Les Dernières Saisons
L'AC Ajaccio a remporté deux titres de champion de France de Ligue 2 en 1967 et 2002 et un titre de champion de France amateur (National) en 1998.
Après avoir raté d'un rien deux fois l'accession, en 2018 et 2020, l'ACA retrouve pourtant la Ligue 1 en mai 2022, au terme d'un championnat exaltant au cours duquel les acéistes vont établir plusieurs records historiques. Olivier Pantaloni s'appuie cette saison là sur un effectif peu remanié, renforcé simplement par des joueurs comme Gonzalez, Krasso ou Vidal.
Champions d'automne à la trêve, les Ajacciens connaissent ensuite un léger passage à vide avant de terminer le championnat pied au plancher. Le 14 mai 2022, face au champion Toulouse, les joueurs d'Olivier Pantaloni gravissent la dernière marche qui mène à la Ligue 1 dans un stade comble (1-0, Nouri). Cette accession coïncide avec la saison la plus aboutie de l'histoire du club en termes de points (75) ou de matchs sans encaisser de but (23). La défense corse établit également un record en Ligue 2, avec seulement 19 buts encaissés.
Pour la saison 2023-2024, l'AC Ajaccio évolue en Ligue 2 et doit composer avec le départ de quelques grands noms de l’histoire du club acéiste.
Lors de la saison 2024-2025, l'ACA finit 12e et se maintient sportivement. Durant l'intersaison 2025, l'équipe première se voit rétrograder par la DNCG en troisième division le 24 juin[2], sanction confirmée en appel le 15 juillet[3]. Fin août, la FFF interdit le club d’évoluer en Régional 1[7].
Emblèmes du Club
Dans tout l’historique des logos Ajacciens, on remarque que la tête de maure est présente sur quasi la totalité de ceux-ci. L’Ours, emblème du club est également souvent présent.

Joueurs Emblématiques
Le club a abrité et formé quelques gloires du football français. Les plus connus sont Marius Trésor, 65 sélections (au club entre 1969 et 1972 et formé au club) et Dominique Baratelli, 21 sélections (au club entre 1967 et 1971).
Lors de la saison 1967-1968, le club corse lance dans le bain de la Division 1 le jeune gardien Dominique Baratelli qui demeurera au club jusqu'e...
| Compétition | Titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat de France de Ligue 2 | 2 | 1967, 2002 |
| Championnat de France amateur (National) | 1 | 1998 |