Ainsi Danse le Rugby: Définition et Compréhension du Jeu

Sport profane ou simple amateur du ballon ovale, découvrez ou révisez la signification des principaux termes et expressions rugbystiques, afin de tout comprendre, ou presque, de la Coupe du monde.

L’Ovalie possède ses codes et ses traditions qui ont incité de grands écrivains à en célébrer la beauté. Redécouverte de cet art de vivre, à l’occasion de la Coupe du monde qui voit s’affronter les meilleures équipes.

Le rugby, sport préféré des Français? C’est ce que révèle un sondage réalisé par l’institut BVA début septembre : 60 % des Français apprécient le rugby plus que le football - quels que soient leur profession, leurs revenus et leur région !

Il serait pourtant faux d’attribuer le succès du rugby aux seuls errements de nos footballeurs. C’est bien un corpus de valeurs et de traditions qui suscite aujourd’hui l’engouement des Français. « Tous les beaux et perfides discours que l’on peut nous tenir sur l’universalité du football ne sauraient entamer, du rugby, la royauté sans partage », résumait Jacques Perret, écrivain et chroniqueur sportif.

Camaraderie, respect, courage: autant de valeurs portées au crédit de ce sport, qui a su évoluer sans perdre son âme. « Un jeu qui interdit le je », souligne Pierre Albaladejo, ancien international français.

Il est impossible de comprendre le rugby sans savoir que le travail du “pack”, ces huit athlètes jamais au-dessous de 100 kilos, permet aux arrières, plus sveltes et rapides quoique bien charpentés, d’aller aplatir le cuir “en terre promise”.

« Une équipe de rugby, par définition, est une société idéale, où tous les individus peuvent tenir un rôle, grands, petits, lents, rapides, gros et maigres, mais elle ne pourra bien fonctionner que si les lents se dévouent pour les rapides et si les gros ne veulent pas tenir le rôle des maigres », analyse Denis Lalanne, journaliste sportif, dans le Grand Combat du XV de France (la Petite Vermillon).

« Le rugby propose un sens commun, il fédère, il est familial. Il nous éduque, il nous fait grandir », explique Jean-Pierre Rives, ancienne gloire tricolore, bien connu pour sa crinière blonde, dans son Petit manuel de rugby pour elle(s) (Éditions du Corail).

Avec Denis Lalanne, Jean Lacouture, Antoine Blondin et d’autres, les écrivains ont célébré le rugby, lui donnant ses lettres de noblesse. Ainsi de Jacques Perret, dans ses Articles de sport, résumant ce qu’est une mêlée : « Rassemblés dans leur formidable accolade, les bouteurs, contrebouteurs et arc-bouteurs s’agglutinent pour ne former qu’un monstre anonyme et fraternel à seize pattes piétinantes et dures, fougueuses, crispées, piochant la terre et poussant à plein jarret sous l’impulsion d’une volonté cryptique, admirablement répartie dans tous les anneaux de cette hydre à demi rampante ; têtue et sans tête. »

Un sport rude, viril certes, mais où le respect de l’opposant est de règle. Dans son Dictionnaire amoureux du rugby (Plon), Daniel Herrero donne cette définition de l’adversaire : « L’autre, qui chez nous a quinze têtes, trente bras et trente jambes, est un partenaire avec qui l’on se construit dans l’affrontement. »

Au coup de sifflet final, une haie d’honneur célèbre les deux équipes. Les joueurs vainqueurs forment un couloir dans lequel passent les vaincus, qu’ils applaudissent. Une fois passés, les perdants leur rendent à leur tour l’hommage.

Autre tradition rugbystique, les noces du rugby et de la gastronomie sont consommées depuis longtemps. Là aussi, l’Ovalie s’écarte de l’air du temps. Point de slogans rebattus (“Cinq fruits et légumes par jour”), ni d’obligation de manger bio : c’est avec un bon cassoulet que se célèbre une victoire, et dans la bière que s’oublie une défaite.

Auteur de nombreux livres sur le rugby, Jean Cormier évoque dans Alcools de nuit (Éditions du Rocher) ses souvenirs d’ivresse aux côtés de Roger Bastide et d’Antoine Blondin. Le trio, habitué de la fête et familier des troisièmes mi-temps, célèbre l’art de s’encanailler au comptoir après les affrontements sur le pré. « Frères de comptoir comme il y a des frères de lait », ils ne « boivent pas pour se saouler mais pour changer les couleurs de la vie ».

Les chants et les rires sont autant d’astuces utilisées - parfois jusqu’à l’excès - pour fermer la porte d’un match. Ces chants, qui selon Herrero varient d’une région à l’autre, « sont pour les rugbymen un exutoire et un pacte d’alliance. Les hommes qui ont chanté ensemble ne se font généralement plus la guerre ! » Les deux équipes trinquent, comme pour affirmer que, mal gré les coups reçus et rendus, subsiste un profond respect.

Lors de la Coupe du monde organisée par la France en 2007, notre chroniqueur Denis Tillinac évoquait « des joutes homériques qui se concluent en beuveries jusqu’à l’aube ». Le génie du rugby est d’avoir su associer la ripaille à un esprit franc jeu hors du commun.

Il ajoutait : « La culture de la troisième mitemps promet des chants et des rires, jamais de la violence », car « c’est sur l’herbe que la violence se libère, mais canalisée par un savoir-vivre, sublimée par un savoir-faire ».

Pourtant, ces dernières années, le monde de l’Ovalie s’est vu menacé par l’air du temps. Selon Tillinac, on assiste à un « matraquage sans précédent dans la presse et une peopolisation des grands joueurs, qui posent pour des marques de vêtements et de parfum, parfois dévêtus, hélas ».

Et de déplorer les « droits de retransmission télévisuels et les sponsors, qui ont beurré les épinards » de nos vedettes. Comment ne pas évoquer le cas de Sébastien Chabal, promu au rang d’idole du seul fait de sa grande carcasse, de quelques placages ravageurs et de sa barbe néandertalienne ? Les initiés ont souvent plaisanté avec ce bon mot : « Sais-tu à quel poste Chabal est le meilleur ? Sur les affiches, en 4 par 3 » Sévère, mais pas faux… N’empêche, tout Chabal qu’il est, on ne badine pas avec les valeurs !

Quand le rugbyman s’en prend aux arbitres dans un livre, il est aussitôt sanctionné par son club et par la Ligue. Le sélectionneur Marc Lièvremont a finalement écarté le médiatique “Attila” de sa liste de sélectionnés. Seul compte le terrain.

Non, l’âme du rugby n’a pas disparu. Le royaume de l’Ovalie campe, en France, au sud de la Loire, « cantonné à une géographie précise et quasiment immuable depuis un siècle. À l’intérieur de ses frontières, la tuile est romaine, l’accent chantant et l’apéritif anisé, écrit Denis Tillinac. Tant qu’il gardera cet accent, l’âme ne se desséchera pas ».

Le 24 septembre, le XV de France défiera les All Blacks - vêtus de noir car ils portent, dit-on, le deuil de leurs adversaires. Notre histoire commune est riche de matchs d’anthologie. Si les rencontres France-Angleterre, surnommées crunch, sont l’exutoire de notre vieille rivalité, celles avec l’équipe de la Nouvelle-Zélande ont permis d’écrire les plus belles pages de notre histoire rugbystique.

Pour la première Coupe du monde, en 1987, les Bleus s’inclinent en finale. Douze ans plus tard, la demi-finale de l’édition 1999 verra une quinzaine de sympathiques Français, vaillants mais inférieurs, s’imposer face à la puissante équipe des Blacks, promise à la victoire.

Alors que les Blacks déroulent et disposent des Français, c’est toute la fierté gauloise qui permet à la bande de Lamaison et Dominici de triompher finalement de leurs adversaires. Le plus puissant et redoutable ailier de l’histoire du rugby, le “monstre” Jonah Lomu, 1,96 mètre, 120 kilos, courant le 100 mètres en près de 10 secondes, inscrira deux essais mémorables sans pouvoir éliminer à lui seul la maison bleue…

En 2007, c’est en quart de finale que nos chemins se croisent. Comme avant chaque rencontre, les Blacks exécutent leur traditionnel haka. Quinze rugbymen expriment alors, les yeux exorbités, toute la puissance guerrière du peuple maori.

Cette fois, c’est l’occasion pour les Français de célébrer toute l’insolence tricolore. Nos “petits” Bleus, liés, défient le regard des Blacks, se rapprochent jusqu’à arriver sous leur menton. La caméra s’attarde sur le regard noir de Sébastien Chabal, terrifiant. Le haka passe alors pour une danse folklorique.

À l’issue de la séquence, le XV de France a gagné le premier combat du match, psychologique. Au terme d’un suspense angoissant, les Français l’emportent 20-18 et barrent la route pour la seconde fois consécutive aux Néo-Zélandais.

Pour cette édition de la Coupe du monde, les chances françaises d’emporter le trophée sont minces. Depuis quatre ans, Marc Lièvremont n’a pas su, ou pas voulu, dégager une ossature stable pour le XV de France. En mars, les faibles Italiens ont vaincu nos coqs pour la première fois dans le tournoi des Six-Nations. Mais le statut de favori a toujours échappé aux Français. C’est le lot de notre équipe d’être enterrée avant de réaliser ses plus beaux exploits.

Jacques Perret rappelle que l’emblème national, le coq, « dont nul n’ignore que sa fin dernière est d’être plumé », n’est jamais vaincu d’avance. Le génie français, appelé French flair par nos rivaux, est celui d’inscrire des essais « venus du bout du monde », de renverser des situations, d’oser des gestes insensés. Les Bleus pourraient, à cette occasion, faire preuve d’audace pour rééditer leurs exploits.

Lexique du Rugby: Termes et Expressions Essentielles

Pour mieux comprendre le jeu, voici quelques termes et expressions clés du rugby:

  • Ascenseur [azanceur] N.M.: Action qui consiste à soulever un partenaire lors d'une touche ou d'une remise en jeu au pied afin qu'il attrape plus facilement le ballon.
  • Ballon Mort [balomor] EXP.ID.: Quand le ballon touche la ligne de touche de l'en-but, ou frappe un objet ou quelqu'un situé au-delà de ces lignes, le ballon devient mort.
  • Botter [bote] V. T.: Ce verbe signifie taper dans le ballon au pied. Cette action est souvent effectuée afin d'atteindre une touche et repousser le jeu le plus loin de son camp.
  • Bouchon [bushon] N. M.: Ce terme caractérise un gros plaquage sur un adversaire. Un bouchon a non seulement pour objectif d'arrêter l'adversaire mais aussi de lui faire passer un message clair : il ne passera jamais plus pendant le match et s'il s'y risque, il en gardera quelques souvenirs. On parle également d'un « caramel », de cartouche, d'arrêt-buffet, ou d'un « tampon ».
  • Cadrage Débordement [kadrajdebordeuman] N.M.: Action consistant à fixer un joueur adverse en effectuant une course dans sa direction avant de le déborder par l'un des côtés grâce à un changement d'appui rapide.
  • Chandelle [chandel] N.F.: Terme utilisé lorsqu'un joueur effectue, au pied, un renvoi très haut du ballon pour laisser le temps aux joueurs de son équipe de se rendre au point de chute du ballon. La chandelle est utilisée pour mettre la pression sur l'arrière ou un trois-quart à la tombée du ballon. En anglais, on parle d' « up and under », littéralement « en haut et en bas ».
  • Chistera [chistera] N. F.: Geste technique compliqué, la chistera est une passe effectuée dans le dos, en projetant les bras vers l'arrière pour tromper l'adversaire. Le terme est utilisé par analogie avec le jeu de pelote basque dont la balle est lancée par un geste similaire à l'aide d'un panier en osier.
  • Coaching [kotchin] N.M.: Pratique qui consiste à utiliser les remplaçants de manière stratégique. Auparavant, on ne faisait entrer en jeu des remplaçants que sur blessure. Désormais, les entraîneurs (« coach » en anglais ») utilisent leurs remplaçants pour donner du sang frais ou pour apporter des changements tactiques. Un entraineur peut effectuer 7 changements pendant un match.
  • Cravate [kravat] N. F.: C'est un plaquage à hauteur du cou ou du visage effectué le bras tendu. Considéré comme jeu dangereux. Cette faute peut donner lieu à l'exclusion temporaire ou définitive du joueur auteur de ce geste, souvent très spectaculaire et qui occasionne souvent des blessures graves. Synonyme : manchette (comme les boutons).
  • Dribbling [driblin] EXP. ID.: Anglicisme désignant une action par laquelle un joueur pousse le ballon avec le pied. Avec le ballon ovale, le dribbling est un véritable jeu de jonglage au pied. Il peut être tenté à l'approche de l'en-but pour éviter le plaquage d'un adversaire et plonger sur le ballon pour marquer l'essai.
  • Drop [drop] N.M.: C'est une action dans laquelle le ballon est lâché des mains et frappé du pied juste après son rebond au sol. Ce type de coup de pied sert pour certaines remises en jeu (renvoi aux 22 mètres par exemple), mais aussi à marquer si le ballon passe entre les poteaux (sur pénalité, transformation, mais aussi en cours de jeu, ce qui donne un drop-goal).
  • En-Avant (Faire Un) [anavan] N.M.: Se produit lorsque le joueur laisse tomber ou passe le ballon en direction de la ligne de but adverse, et non en arrière comme la règle le stipule. L'arbitre siffle alors une mêlée fermée avec introduction du ballon en faveur de l'équipe adverse.
  • Éponge Magique [eponjmajique] EXP. ID.: Éponge utilisée par le soigneur d'une équipe pour remettre sur pied un joueur. Son caractère magique provient de son effet surtout psychologique sur le joueur sonné. En effet, cette éponge mouillée à l'eau froide n'est souvent apposée que pour calmer la douleur. Le progrès technique l'a remplacée de nos jours par une bombe réfrigérante, plus efficace quoique moins magique.
  • Essai [ese] N.M.: Action consistant pour un attaquant à aplatir le ballon dans l'en-but adverse. À l'origine (et jusqu'en 1887), le fait de porter le ballon au-delà de la ligne de but adverse ne valait aucun point, mais permettait « d'essayer » de faire passer le ballon au pied entre les poteaux pour marquer un but, et ainsi de transformer l'essai. L'essai vaut aujourd'hui 5 points, la transformation 2 points.
  • Fourchette [fouchet] N.F.: Geste d'antijeu qui consiste à piquer les yeux de l'adversaire avec deux doigts, imitant une fourchette. La fourchette est aujourd'hui sévèrement punie, et un joueur coupable peut écoper de plusieurs semaines de suspension. A ne pas confondre avec la cuillère, croche-pied effectué avec la main en se jetant derrière un adversaire en fuite, trop loin pour être plaqué.
  • Good Game [gudgeme] EXP. ID.: "Bien joué !". C'est une expression popularisée par l'ancien capitaine de l'Equipe d'Angleterre, le sémillant Will Carling.
  • Gros [gro]: Terme familier qui désigne les avants.
  • Haka [aka] N.M.: Le haka est une danse rituelle du peuple maori.
  • Marque [mark] N. M.: Pour faire un "marque" (ou arrêt de volée), un joueur doit être sur ou derrière sa propre ligne des 22 mètres.
  • Maul [mol] N. M.: Action au cours de laquelle au moins deux joueurs viennent se lier au porteur de la balle et à celui qui l'a plaqué.
  • Mouches Ont Change D'ane [mushochagedan] EXP. ID.: Expression usitée lors d'un retournement brutal de situation en cours de rencontre.
  • Nettoyage [netoiaje] N. M.: Action qui consiste à dégager de force les adversaires afin de libérer le ballon d'un regroupement. Synonyme de déblayage.
  • Ouvrir La Boite A Gifles [uvrirlaboitagifl] EXP. ID.: Débuter une bagarre après une action un peu musclée.
  • Pack [pak] N.M.: Terme employé pour désigner la ligne d'avants (joueurs de 1 à 8 inclus).
  • Pick And Go [pikœngo] EXP. ID.: De l'anglais, ramasser et avancer.
  • Plaquage [plakaj] N.M.: action de stopper l'adversaire en l'amenant au sol, après avoir attrapé ses jambes ou son torse avec le haut du corps.
  • Raffut [rafu] N.M.: Action qui consiste à repousser un adversaire avec la main, l'autre main tenant le ballon.
  • Ruck [rœk] N. M.: Regroupement de joueurs formé autour d'un joueur plaqué, où chacun doit rester debout et essayer.
  • Talonnage [talonaje] N. M.: Action effectuée par le talonneur lors d'une mêlée ordonnée, par laquelle il ramène le ballon vers son camp avec le talon.

Action typique d'un match de rugby.

Quelles sont les règles du rugby ? - 1 jour, 1 question

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