Le rôle crucial des agents de joueurs de hockey en France

« Parlez-en à mon agent ! » Cette réplique, bien connue dans le monde du sport, résonne moins dans le hockey français. Pourtant, ce domaine d’activité existe bel et bien et mérite un coup de projecteur. Nous avons souhaité mettre en avant ce domaine d’activité du hockey français dans une chronique en trois temps.

L'agent de joueur est un médiateur entre un sportif professionnel et un club sportif.

Né de la professionnalisation des compétitions sportives et du développement du sport spectacle, ce métier est défini et encadré par le Code du Sport.

Ainsi, un agent de joueur ou agent sportif est « une personne physique ou morale exerçant à titre occasionnel ou habituel contre rémunération » une ou plusieurs de ces activités :

  • Mise en rapport de parties en vue de la conclusion d'un contrat relatif à l'exercice rémunéré d'une activité sportive,
  • Négociation ou conclusion de contrats,
  • Gestion du patrimoine du sportif professionnel.

L'agent de joueur ou l'agente de joueur est ainsi multitâches : intermédiaire, conseiller fiscal, conseiller patrimonial...

Le métier d'agent de joueur implique des connaissances dans de nombreux domaines : sport, marketing, droit, gestion, fiscalité, relations publiques sans oublier la maîtrise des langues étrangères.

S'il faut avant tout avoir un bon carnet d'adresses, il faut aussi être bon communicant, négociateur et pédagogue.

Si la profession fait rêver (perspective de gains importants, relations avec le monde sportif de haut niveau) force est de constater que le métier totalise peu d'élus.

Ainsi, en France, seuls quelques 350 agents de joueurs exercent dans le monde du foot professionnel. Et tous ne sont pas logés à la même enseigne.

Les secrets pour devenir agent de joueur dès aujourd’hui !

L'émergence de la fonction d'agent sportif

Répondre précisément à la question de l'apparition de la fonction d'agent sportif relèverait de l’utopie. En effet, à partir du moment où les liens entre sportifs et clubs ont été régis par des contrats, le sport a revêtu un caractère commercial. Et quand il y a du commerce, il y a forcément des intermédiaires ! Le sport, et en l’occurrence celui qui nous intéresse, ne déroge pas à cette règle. En ce sens, quelque part cela a « toujours » existé.

Néanmoins, la rapide professionnalisation des sports principaux, notamment le football, a généré un besoin de régulation et conduit à la création d’un nouveau métier, celui d’agent sportif, dans le but de gérer au mieux les conditions d’intervention des personnes souhaitant jouer les intermédiaires. Le hockey sur glace a suivi cette logique, et en Amérique du Nord par exemple, les agents se sont multipliés. Par la suite, le milieu a évolué en générant la création d’agences sportives.

Ces agences ont permis de développer l’idée de base, en permettant à différents agents de collaborer entre eux au sein d’une même organisation, mais aussi avec d’autres professionnels au rôle primordial dans le milieu, comme les avocats spécialisés en droit du sport ou autres conseillers (finances, préparation physique, coaching mental, …). De même, la fonction d’agents ne nécessite pas forcément une totale indépendance envers les fonctions sportives d’un club de hockey.

Ainsi l’écossais Gareth Chalmers, agent sportif pour le groupe “9 Hockey Management”, est en outre “directeur des opérations Hockey” pour le club écossais du Braehead Clan (EIHL). Et d’une manière générale, en France, le constat n’est pas du tout celui-ci.

La situation en France

Avec les premiers contrats, certains joueurs se sont naturellement entourés de « personnes de bons conseils », au sein de leur famille ou parmi leur entourage proche. Egalement, depuis un certain nombre d’années, des joueurs étrangers ont rejoint le championnat de France sur les recommandations d’intermédiaires ou d’agents du même pays (officiels ou non), à l’époque où finalement il n’y avait qu’une feuille blanche dans ce domaine au sein des instances du hockey français, profitant d’ailleurs pour certains de ce vide réglementaire pour tenter d’imposer leurs propres conditions. Et c’est justement cette absence de règles en la matière qui a conduit, en France, un certain nombre de personnes à vouloir s’improviser « agent de joueurs » il y a déjà une petite quarantaine d’années.

C’est donc en 2010 qu’est apparue la première promotion d’agents FFHG. Les modalités d’obtention de la licence sont régies par un règlement disponible auprès de la fédération. D’une manière générale, l’obtention se passe après le passage d’un examen en deux épreuves :

  • La première épreuve écrite, dépendante du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), permet d’évaluer les aptitudes des candidats dans des domaines d’ordre juridique au sens large (droit social, droit fiscal, droit des contrats, etc.).
  • En cas d’obtention de la moyenne, le candidat passe alors une seconde épreuve dépendante celle-ci de la FFHG qui porte cette fois sur la réglementation sportive et les institutions fédérales du hockey français et international.

On pourrait penser alors que les licences d’agents ont pullulé depuis 2010, mais en réalité il n’en est rien. À ce jour, la France compte en tout et pour tout quatre agents officiels FFHG. Ces agents ne sont autres que Stéphane Baills, Jonathan Zwikel, Dragan Percevic et Dorian Auzou.

Ces agents (plus ou moins actifs dans le milieu du hockey français) ne se partagent pourtant pas « le gâteau » à eux quatre, bien au contraire. Ils demeurent minoritaires dans un milieu où les agents étrangers suivent souvent les joueurs avec lesquels ils sont sous contrat, mais aussi où les intermédiaires non déclarés continuent « d’exercer ».

Ainsi, en France, outre les agents officiels sous licence, on peut compter une bonne vingtaine d’intermédiaires (voire plus) qui font fonction, certains plus ou moins déclarés comme tel, d’autres non. En effet, au sujet des intermédiaires officieux, entendons par là qu’ils sont sans licence, s’il faut souligner que pour certains d’entre eux la relation avec les agents officiels se passe en bonne intelligence (des personnes qui exercent depuis 15 ou 20 ans, en respectant les usages et qui n’ont simplement pas fait la démarche du passage par l’examen), ce n’est pas forcément le cas pour tous les intermédiaires.

Selon la Convention collective nationale du sport (CCNS) qui fait donc office de droit du travail en France, un contrat a une durée minimale qui correspond à une saison sportive, soit l’équivalent d’une année calendaire, pour une durée maximale de 5 saisons. Selon le règlement fédéral [cf. : règlement intérieur], un contrat devrait théoriquement courir du 1er mai au 30 avril de l’année suivante au moins, fin officielle de la saison sportive FFHG.

Or, ce point primordial est régulièrement bafoué, et pire encore la responsabilité est collective. La faute à l’action de certains intermédiaires qui parasitent parfois cette disposition. Mais aussi à l’action de certains clubs lorsque ceux-ci proposent des contrats qui ne respectent pas cette durée légale. Un problème que l’on retrouve assez souvent auprès de joueurs étrangers.

Ce qui peut se comprendre fondamentalement, car pour un joueur « de passage » dans le championnat de France (qui ne prévoit pas d’y faire carrière), la réglementation française en la matière est un peu le cadet de ses soucis. Car c’est un fait étonnant, mais selon les dispositions en vigueur, un agent étranger ne peut invoquer sa licence étrangère pour participer à une transaction entre un joueur et un club français.

Officiellement, l’agent en question doit faire la demande d’une « équivalence » pour lui permettre d’exercer légalement en France. En même temps, on peut finalement se demander pourquoi ils le feraient, puisqu’en dépit des dispositions, les règles en vigueur dans ce domaine ne sont pas appliquées.

Ainsi, des agents étrangers ou non officiels interviennent effectivement dans la signature de certains contrats liant des joueurs à des clubs, et ils ne sont aucunement sanctionnés. Les grands perdants sont finalement les agents officiels, puisqu’en cherchant à appliquer les règlements qui, le cas échéant, peuvent parfois apparaître comme des contraintes, ils se confrontent à une réalité où parfois clubs et joueurs « non regardants » (représentés ou pas) préfèrent gérer eux-mêmes leurs tractations, puisque de toute façon ils ne risquent pas grand-chose.

Bref la réalité des agents sportifs les confrontent à un certain nombre de difficultés, et il est surprenant de découvrir le relatif « laxisme » en la matière dans les applications auprès des instances. Pour autant la fonction est riche et passionnante, elle nécessite une forte responsabilité mais les agents agissent par passion.

Et loin de l’imagerie de l’agent sportif régissant ses activités comme un homme d’affaires qui brasse l’argent quitte à piétiner les règles et les personnes, ce qui prédomine dans le discours des agents français, c’est « l’humain » avant tout.

Type d'agent Nombre en France Statut
Agents officiels FFHG 4 Licenciés et reconnus par la fédération
Intermédiaires ~20+ Officieux, certains déclarés, d'autres non
Agents étrangers Variable Interviennent sans équivalence de licence

tags: #agent #de #joueur #de #hockey