Reconstitution et Enquêtes après les Accidents de Beaune et Millas

Cet article revient sur deux événements tragiques de l'histoire routière française : l'accident de Beaune en 1982 et l'accident de Millas en 2017. Il aborde les circonstances de ces drames, les enquêtes menées pour en déterminer les causes et les reconstitutions effectuées pour comprendre les événements.

L'accident de Beaune : Une Tragédie Inoubliable

Le 31 juillet 1982, près de Beaune, un accident de bus causa la mort de 53 personnes. Il s'agit du pire accident de la route de l'histoire en France. Deux cars se suivaient de près sur l'autoroute A6 en direction de Lyon, transportant des enfants de familles défavorisées de Crépy-en-Valois (Oise) vers une colonie de vacances à Aussois (Savoie).

La chaussée était mouillée et la circulation dense. Lors d'un ralentissement, deux voitures se sont rabattues et intercalées entre les deux cars. Le second car a percuté la deuxième voiture, qui a elle-même projeté la première sur le car de tête. Le choc a éventré le réservoir d'essence d'une des voitures, provoquant un embrasement. Les deux cars et quatre voitures ont été pris par les flammes.

Dans le premier car, les deux chauffeurs et les moniteurs ont réussi à évacuer les enfants. Cependant, une voiture s'est encastrée dans le second car, bloquant la porte de sortie latérale et empêchant toute fuite par l'avant. Deux moniteurs ont réussi à faire sortir quinze enfants par l'arrière, mais les 44 autres, âgés de 6 à 15 ans, deux chauffeurs et deux autres moniteurs sont restés piégés dans le brasier et ont péri carbonisés, ainsi que cinq personnes dans les voitures.

Cette catastrophe a donné lieu à plusieurs procès. Le 10 janvier 1985, le tribunal de Senlis (Oise) a alloué aux familles des enfants de Crépy-en-Valois un total de 12 millions de francs (1.829.388 euros). En juin suivant, le tribunal correctionnel de Dijon a condamné le patron de l'entreprise de transports, Jean Bouttaz, à un an de prison avec sursis et 25.000 francs d'amende (3.811 euros). Il a également infligé une peine de 6 mois avec sursis, 2.300 francs d'amende (350 euros) et une suspension de permis de conduire au chauffeur du premier car, Antoine Alu. Le 7 mars 1986, ce jugement a été confirmé par la Cour d'Appel de Dijon.

Parmi les mesures prises à la suite de la catastrophe de Beaune, figurent la réduction du temps de conduite et de la vitesse maximale autorisée pour les cars, la réduction de la vitesse par temps de pluie à 110 km/h sur autoroute et à 80 km/h sur route pour tous les véhicules. En outre, le transport par route des enfants est désormais interdit les jours de grands départs et l'utilisation de matériaux incombustibles obligatoire dans les transports en commun.

Un Documentaire pour Ne Pas Oublier

40 ans après l'accident de Beaune, le documentaire "Rester debout" a été diffusé sur France 3 Bourgogne. Il met en lumière la douleur des familles et leur combat pour la vérité. Marie-Andrée Martin, qui a perdu trois enfants dans la catastrophe, a créé l’ADFVCA (Association de Défense des Familles Victimes de la Catastrophe de l’Autoroute A6 du 31 juillet 1982) afin de savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là.

Ce documentaire révèle également le manque de soutien psychologique et financier dont ont souffert les familles après le drame. Elles ont été non seulement abandonnées mais également maltraitées. Les gens n’ont même pas eu le temps d’enterrer leurs enfants, qu’on leur coupe toutes les aides. En plus, ils n’ont jamais reçu le moindre soutien psychologique.

Elle a survécu à l'accident de car de Beaune de 1982 - Ça commence aujourd'hui

L'accident de Millas : Une Enquête Complexe

Le 14 décembre 2017, une collision entre un car scolaire et un train régional à Millas (Pyrénées-Orientales) a causé la mort de six collégiens. Une reconstitution a eu lieu pour déterminer le champ de vision de la conductrice de l'autocar et le procureur a fait un point sur les investigations.

Les enquêteurs tentent de déterminer si les barrières du passage à niveau étaient ouvertes ou fermées, mais les témoignages divergent fortement. La conductrice du car a assuré que les barrières étaient "levées" lors de sa traversée des voies, tandis que le conducteur du train affirme qu'elles étaient fermées. La SNCF a déclaré que le passage à niveau n°25 "fonctionnait normalement" au moment de l'accident.

Un car de l'entreprise Faur, identique à celui impliqué dans l'accident, a emprunté à plusieurs reprises le chemin parcouru par la conductrice, en traversant la voie ferrée. Plusieurs enquêteurs avaient pris place dans le car, avec notamment une caméra pour reconstituer le champ de vision de la conductrice au moment de l'accident. Un drone a réalisé également des prises de vue.

Le passage à niveau se situe à une dizaine de mètres d'un virage très serré. L'examen des disques enregistreurs a montré que le car circulait à 12 km/h. La vitesse du TER était de 75 km/h sur un tronçon où la vitesse maximale autorisée était de 100 km/h.

Les enquêteurs ont recueilli des "éléments matériels" sur la scène de l'accident, notamment "le bloc d'articulation de la barrière", tendant à montrer que celle-ci était fermée. Cependant, des expertises sont nécessaires pour déterminer si c'est un fonctionnement normal ou la résultante de l'accident.

Le procureur de Marseille a tenu une réunion d'information avec les familles de victimes sur les investigations en cours et le déroulement de l'enquête.

Autres Accidents Similaires

La collision entre un car et un camion qui a fait 43 morts près de Libourne est l'accident le plus grave depuis la catastrophe de Beaune. Le fil des événements de cette journée tragique a été suivi en direct, révélant l'ampleur du drame et la mobilisation des secours.

Une chapelle ardente regroupant 43 bougies a été mise en place pour permettre aux familles de se recueillir. Une cellule psychologique a été ouverte pour soutenir les proches des victimes. L'identification des corps a pris plusieurs semaines et s'est faite en plusieurs étapes successives.

Le chauffeur du car a été entendu par les enquêteurs en tant que témoin. La cause du décès des victimes, dues au choc ou à l'incendie, n'est pas connue immédiatement. Les blessés ont été transportés au CHU de Bordeaux.

Les familles des victimes sont arrivées à Puisseguin, où s'est déroulée une cérémonie civile d'hommage. Un livre de condoléances a été ouvert à destination des familles des victimes.

Le chauffeur du camion était originaire de l'Orne. Le car qui a pris feu était un véhicule Mercedes Tourismo qui date de 2010 ou 2011. Les professionnels du transport s'interrogent sur ce qui a pu provoquer un embrasement si rapide.

L'accident de Puisseguin est le deuxième plus meurtrier en Europe depuis 2001. La totalité des corps des victimes situées dans le car sont restés dans le bus jusqu'à l'identification.

Le car et le camion sont entrés en collision dans un choc frontal. A priori, le réservoir de carburant du car aurait alors explosé. Un enfant de trois ans faisait partie des victimes. Son corps a été retrouvé dans la cabine du camion.

Manuel Valls a annulé sa visite à Petit-Palais pour respecter le deuil des familles. Les députés ont observé une minute de silence à l'Assemblée Nationale.

Parmi les passagers du car se trouvaient des personnes originaires de plusieurs communes, dont Lussac, Petit-Palais-et-Cornemps, Saint-Christophe-de-Double, Saint-Sauveur-de-Puynormand, Camps-sur-l'Isle, Les Peintures, Saint-Médard-de-Guizières.

Un témoin qui suivait le car se serait arrêté et aurait cassé des vitres pour permettre à des gens de sortir. Le chauffeur du bus a eu le réflexe d'ouvrir les portes au moment de l'accident, pour permettre à des passagers de fuir.

La route a été refaite en 2011, la chaussée est en bon état et la signalétique est conforme. Les élus et les ministres ont quitté la cellule psychologique mise en place à l'école, où ils ont rencontré les familles, et se sont rendus sur les lieux de l'accident.

Le chauffeur du bus est légèrement blessé. Il a eu le réflexe salutaire d'ouvrir les portes pour permettre au maximum de passagers de quitter le bus.

Le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et le secrétaire d'Etat en charge des transports Alain Vidalies sont arrivés sur place.

Les victimes sont originaires des communes suivantes : Lussac, Saint-Christophe-de-Double, Petit-Palais-et-Cornemps, Saint-Sauveur, Camps-sur-I'lsle, Saint-Seurin-sur-l'Isle et peut-être Saint-Médard-de-Guizières.

Selon nos informations, c'est le camion qui a perdu le contrôle et s'est retrouvé en travers de la route. Le chauffeur du car a tout essayé pour éviter l'accident, mais voyant qu'il ne pourrait pas éviter le camion, il a ouvert les portes du car , ce qui a permis à quelques personnes de sortir. Le chauffeur du bus fait partie des rescapés.

C'est la plus grande catastrophe routière en France depuis 33 ans.

Tableau Récapitulatif des Accidents

Accident Date Lieu Nombre de Décès
Beaune 31 juillet 1982 Près de Beaune (Côte-d'Or) 53
Puisseguin 23 Octobre 2015 Près de Puisseguin (Gironde) 43
Millas 14 décembre 2017 Millas (Pyrénées-Orientales) 6

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