AC Milan : Une Histoire de Gloire Européenne

Premier club de la ville de Milan, les rossoneri sont l’équipe italienne la plus efficace sur le plan européen et seul le Real Madrid a fait mieux sur le continent. Le Milan AC, c’est aussi une identité de jeu, des coachs de légende ayant changé le football comme Arrigo Sacchi ou marqué plusieurs générations de supporters ou de joueurs comme Fabio Capello. Le Milan AC, fondé rue Berchet, dans un bar de la ville par une poignée d’Italiens et d’Anglais en 1899, compte notamment dix-neuf titres de champion d’Italie et sept Ligue des Champions.

Voici un aperçu de l'histoire de ce club emblématique.

La Fondation et les Premiers Succès

C’est le 16 décembre 1899 que quelques Anglais et quelques Italiens se retrouvent à la Fiaschetteria Toscana, un bar de Milan, rue Berchet pour fonder un club de football. Ce sont surtout deux Anglais qui furent les véritables initiateurs. Le Milan participe dès l’an 1900 au troisième championnat d’Italie de l’histoire lorsqu’il n’y avait que 5 participants mais se fait éliminer dès les demies.

Le premier Scudetto ne tarde pas à arriver, en 1901, Milan est déjà sacré champion d’Italie un an et demi après sa création en battant la Juve en demies et le Genoa en finale (3-0, triplé de Kilpin), les rossoblù étaient triple champions en titre et gagneront les trois suivants ! Le Milan perd d’ailleurs en finale du championnat en 1902. Dans la foulée, les rossoneri légitiment ce titre en faisant le doublé et s’octroient de nouveau le Scudetto en devançant le Torino et l’Andrea Doria dans la poule finale pour cette édition 1907 donc.

En avril 1908, suite à des divergences sur les joueurs étrangers, le club se scinde en deux et ainsi naît l’Inter de Milan, futur rival historique des rossoneri. Le Milan ne participe pas au championnat en 1908, justement parce qu’un lui imposait des joueurs étrangers. Quand les compétitions sportives reprennent après guerre, le Milan a plutôt des prétentions revues vers le bas. Sous la présidence de Piero Pirelli (déjà aux commandes depuis 1909 et ce jusqu’en 1928), il ne passe rarement les phases de qualifications, parvenant seulement deux fois à accéder au tour final en 1927 et 1928 mais sans jamais être en mesure de disputer le Scudetto.

On peut signaler en revanche l’inauguration du stade San Siro en 1926 que le président Pirelli a fait construire et qui est alors le stade du Milan uniquement (l’Inter jouant à l’Arena Civica). Lorsque la Serie A actuelle fait son apparition en 1929, le Milan est en milieu de tableau, d’ailleurs durant les années 30 il ne fera pas mieux qu’une troisième place lors de la saison 1937/38 (mais aussi 1940/41), ainsi les seuls événements sont le changement du club qui devient Milan Associazione Sportiva en 1936 que les autorités fascistes de l’époque obligent à changer en Associazione Calcio Milano deux ans plus tard.

Le championnat reprend après la Second Guerre mondiale, et le désormais Milan AC montre un autre visage, c’est à cette époque que l’on voit naître le premier grand Milan et le trio Gre-No-Li, ce trio de suédois composé de Gunnar Gren, Gunnar Nordahl et Nils Liedholm. Deuxième de Serie A parallèlement (avec le 5ème et dernier titre de meilleur buteur de Serie A de Nordhal) derrière une irrésistible Fiorentina, le Milan AC reprend son bien et conquiert son 6ème Scudetto en mai 1957, ce qui signifie une nouvelle participation à la C1, Milan atteindra ce coup-ci la finale buttant une fois de plus contre le Real de Di Stefano et Gento, vainqueur 3-2. Dans le même temps, les rossoneri se classent seulement 9ème en championnat pour la saison 1957/58 et descendent du podium pour la première fois depuis 11 ans.

L’été 1961, un certain Nereo Rocco débarque à Milanello en provenance de Padova, il va tout de suite remporter le Scudetto lors de la saison 1961/62, le 8ème de l’histoire rossonera, dans la foulée, Milan participe bien sure à la Coupe d’Europe Champions, les rossoneri se retrouvent en finale contre le Benfica d’Eusebio, et un doublé d’Altafini offre la victoire au Milan, Cesare Maldini soulève la première Coupe des Champions pour un club italien et le Milan inaugure une tradition européenne qui s’avérera fructueuse. En l’absence de Rocco et avec le retour de Gipo Viani et les débuts de Nils Liedholm sur le banc, le Milan souffre et subit la domination de l’Inter et collectionne quelques places d’honneur perdant notamment le Scudetto en 1965 alors qu’il avait fait la course en tête longtemps, avec à un moment même, 7 points d’avance sur les cousins nerazzurri.

Unique note positive la conquête de la première coupe d’Italie en 1967 face au Padova (1-0, but d’Amarildo). Saison 1968/69 et retour en Coupe d’Europe des Clubs Champions, après un joli parcours, Milan se retrouve en finale contre l’Ajax d’un Cruyff encore trop tendre qu’il étrillera 4-1 avec un triplé de Pierino Prati, c’est la deuxième C1 du club, le catenaccio de Rocco est plus que jamais efficace, cette année là, le Milan, deuxième du championnat ne concède que 2 buts à domicile (record égalé par Como en 1985).

La fin de l’ère Rocco, c’est encore trois deuxièmes places consécutives en Serie A (de 71 à 73), celle de 1973 restera ans la mémoire et la “fatal Verona“, quand le Milan AC en tête à la dernière journée s’écroule 5-3 à l’Hellas, la Juve l’emporte et est sacrée championne. Les rossoneri se consoleront avec deux Coupes d’Italie (en 72 en battant Napoli, et en 73 face à la Juve aux penaltys) et une Coupe des Coupes face à Leeds, toujours en 1973 quelques jours avant la fatal Verona, une victoire 1-0 (but de Chiarugi) et un arbitrage largement pro-milanais (l’arbitre grec de la rencontre sera suspendu). Lors de la saison 1973/74, le départ de Rocco en cours de saison se fait ressentir, Gianni Rivera fait désormais office de taulier, cela commence par une dure défaite en Supercoupe d’Europe face à l’Ajax, victoire 1-0 à l’aller mais défaite 6-0 au retour ! Puis la finale perdue de la Coupe des Coupes face à Magdebourg 0-2.

Arrive alors Niels Liedholm sur le banc rossonero l’été 77, Milan mise désormais sur les jeunes, 4ème en 77/78 après avoir été en tête du championnat, c’est un inattendu Scudetto, le 10ème synonyme d’étoile d’or au dessus de l’écusson qui est conquis avec Rivera qui raccroche ainsi les crampons, mais surtout le jeune Baresi déjà titulaire à 18 ans, quand à Nereo Rocco, directeur technique, il décède quelques semaines avant la conquête de cette fameuse étoile qu’il a longtemps rêvé. De retour en Coupe des Champions et après une piètre élimination au stade des 16èmes, Milan termine 3ème mais se voit relégué administrativement, certains de ses joueurs et son président Colombo ainsi que d’autres clubs (Lazio, Bologna, Perugia, Avellino) arrangaient les matchs pour récupérer le gain des paris (affaire Totonero).

Le Milan AC va vite remonter en étant sacré champion de Serie B en 1981, mais ce sera pour mieux redescendre, sportivement cette fois. Un deuxième titre de champion de Serie B s’en suivra, Franco Baresi est resté lors de ces deux relégations alors qu’il est un des meilleurs défenseurs du pays et champion du monde, il entrera ainsi définitivement dans le cœur des tifosi Milan.

Le Milan AC est à un tournant de son histoire, en février 1986, Silvio Berlusconi riche entrepreneur milanais rachète le club et le sauve de la faillite, il veut en faire le meilleur du monde, il trouve dans cette équipe des joueurs comme Baresi, Tassoti, Maldini, Evani, Pippo Galli à partir desquels construire une grande équipe, laissant sa chance à un Niels Liedholm un peu vieillissant, les résultats sont insuffisants, il est remplacé pour quelques matchs au printemps 1987 par un certain Capello qui accroche la 5ème place en championnat, synonyme de Coupe de l’UEFA. L’été 87, Berlusconi fait appel à un illustre inconnu, Arrigo Sacchi, pour prendre les rênes de l’équipe.

Rijkaard rejoint ses compères à l’été 88, Milan fait son retour en Coupe d’Europe des Clubs Champions, détruit le Real Madrid en demi-finale (1-1 ; 5-0 !) et le Steaua Bucarest 4-0 en finale (doublés de van Basten et Gullit), 20 ans après son dernier sacre, c’est le retour sur le toit de l’Europe. La saison 89-90 sera grandiose, avec les mêmes joueurs, Milan se classe deuxième en championnat derrière Napoli dans des conditions pas bien claires (épisode Alemao, défaite chez l’Hellas (encore !) à cause d’un arbitrage irréel), perd la finale de la Coupe d’Italie face à la Juventus, mais se répète en Europe (1-0, Rijkaard face au Benfica pour le dernier “doublé” en C1 jusqu’à maintenant) et s’offre sa première Supercoupe d’Europe (1-1, 1-0 face au Barça) et retourne également sur le toit du monde en battant le Nacional Medellín en Coupe Intercontinentale grâce à un coup franc d’Evani à 3 minutes de la séance des tirs au but.

La saison 90-91 est assez similaire à la précédente avec de nouveau la Supercoupe d’Europe (1-1 et 2-0 face à la Sampdoria) et la Coupe Intercontinentale (3-0 face à l’Olimpia Asunción), c’est la Sampdoria qui remportera le championnat (le Milan AC fera deuxième). Il Mago di Fusignano laisse sa place à Capello en 1991, accueilli au milieu du scepticisme le plus complet, car à sa première vraie expérience sur un banc, se reposant sur la génération Sacchi et en y ajoutant les Slaves Boban et Savićević, ainsi que Papin, le Milan continue de gagner et avec la manière, le Scudetto saison 91-92 sans perdre le moindre match, un record jamais égalé, van Basten plante 25 buts et est au sommet de son art, une seule défaite cette saison-là (en Coupe face à la Juve 0-1).

La saison suivante est triomphante, Milan est proprement imbattable, remporte la Supercoupe d’Italie (2-0) contre Parma, ces mêmes parmesans qui s’imposent à San Siro en mars 93 signant la première défaite rossonera après 58 rencontres de championnat ! Une nouvelle Supercoupe d’Italie (1-0 contre le Toro), le Milan AC est convié à disputer en lieu et place de l’OM la Supercoupe d’Europe et l’Intercontinentale, qu’elle perdra tous deux (contre Parma et São Paulo), cette saison-là (93/94), en Champions League, le Milan AC atteint de nouveau la finale pour une soirée légendaire face au présomptueux Cruyff et son armada du Barça, une victoire 4-0 (et deux poteaux !) avec un doublé de Massaro, un lob de Savićević et Desailly pour conclure le tout, un 3ème Scudetto consécutif est également conquis, c’est le doublé !

La saison 1994/95 c’est la Juve qui est sacré championne d’Italie, Milan fait 3ème et s’incline face au Vélez en Intercontinentale (mais remporte la Supercoupe face à Arsenal), c’est une 3ème finale de Champions League consécutive, perdue face à l’Ajax à 3 minutes de la fin du match. Les années qui suivirent furent moins glorieuses, libéralisation du marché des transferts, effectif en surcharge, joueurs surcotés, Milan tombe dans le piège et se dénature, on voit passer beaucoup de monde du côté de Milanello. D’abord un entraîneur uruguayen Tabárez, pas à la hauteur, ainsi que des joueurs arrivés à la va vite (Reiziger, Dugarry, Blomqvist), Berlusconi rappelle même Arrigo Sacchi mais son retour sera un vrai flop, son message ne passe plus. Milan termine 11ème, perd la Supercoupe d’Italie face à la Fiorentina et sort prématurément en Champions, Franco Baresi prend sa retraite après 20 ans, son numéro 6 est même retiré.

Le Milan AC doit donc manger son pain noir mais Zaccheroni débarque de l’Udinese l’été 98 avec Bierhoff dans ses valises, loin de la Lazio en championnat, 7 victoires en fin de championnat vont permettre aux rossoneri d’accrocher un Scudetto inespéré ! En novembre 2001, Carletto Ancelotti fait son retour au club, qu’il qualifiera de justesse pour la Champions. Lors de l’été 2002, Nesta rejoint Inzaghi, Rui Costa et Pirlo. Costacurta et Maldini sont les seuls rescapés de la génération Sacchi, un autre cycle va commencer, en Champions League c’est un triomphe.

Les deux saisons suivantes, le Milan AC ne va rien gagner à part la Supercoupe d’Italie 2004 face à la Lazio (3-0, triplé de Sheva au sommet de son art), mais ne sera jamais bien loin, deux fois deuxièmes en championnat derrière la Juventus de Capello, une traumatisante finale de Champions League perdue aux tirs au but face à Liverpool (3-0 à la mi-temps, égalisation des Reds en 6 minutes). Le calciopoli frappe et le Milan est pénalisé en championnat (qu’il commencera à - 8 points), mais ceci va souder les rossoneri, qui en partant des préliminaires vont aller conquérir une 7ème Champions League, en battant Liverpool en finale (doublé d’Inzaghi) pour une incroyable revanche sur le destin.

Dès lors, malgré une Supercoupe d’Europe (3-1 contre Séville) et un Mondial des Clubs (4-2 au Boca en finale), c’est la lente décadence du Milan AC, quelques transferts loupés et être toujours très loin de l’Inter en championnat, finissant même 5ème en 2008 et donc non qualifié en Champions.

Le Stade San Siro

L’AC Milan et l'Inter Milan partagent le stade San Siro, également connu sous le nom de stade Giuseppe Meazza. Souvent vanté pour son style et sa ressemblance à une ruche, ce stade est incontournable dans l’histoire du football européen. San Siro est l’appellation que lui donnent les supporters Rossoneri quand ceux de l’Inter lui préfèrent son nom officiel, Giuseppe-Meazza. Le stade est rebaptisé stade Giuseppe Meazza (stadio Giuseppe Meazza) en mémoire du joueur Giuseppe Meazza qui fit la majorité de sa carrière professionnelle à l'Inter Milan dans les années 1930-40. Le stade Giuseppe Meazza peut accueillir jusqu'à 80018 spectateurs. Le stade compte 2 clubs résidants: le Milan AC et l'Inter Milan.

Le stade San Siro à Milan

Les Joueurs Emblématiques

De très nombreuses légendes ont ainsi défendu la bannière de l’ancien club de Silvio Berlusconi. Au devant d’un Hall Of Fame interminable entre emblématiques tels Rossi, Cafu, Tassotti, Baresi, Costacurta, Maldini, Desailly, Nesta, Gattuso, Pirlo, Kaka, Rijkaard, Seedorf, Boban, Savicevic, Albertini, « Pippo » Inzaghi ou Zlatan Ibrahimovic, pour ne citer qu’eux. Lors de son séjour à Milan, Marco Van Basten a décroché trois ballons d’or, symbolisant s’il le fallait le poids de son club, véritable référence continentale.

Quelques légendes du Milan AC

Parcours en Ligue des Champions

Voici un aperçu des moments clés du Milan AC en Ligue des Champions :

  • 1963 : Première victoire en Coupe des Champions
  • 1969 : Deuxième victoire en Coupe des Champions
  • 1989 : Troisième victoire en Coupe des Champions
  • 1990 : Quatrième victoire en Coupe des Champions
  • 1994 : Cinquième victoire en Ligue des Champions
  • 2003 : Sixième victoire en Ligue des Champions
  • 2007 : Septième victoire en Ligue des Champions

Les Français de Milan

6 joueurs français évoluent dans le groupe professionnel des Rossoneri. L'international Mike Maignan s’y est imposé comme l’un des meilleurs gardiens du monde. Nous retrouvons à ses côtés les internationaux Théo Hernandez et Olivier Giroud, cadres du collectif, les défenseurs Pierre Kalulu et Clinton Nsiala-Makengo ainsi que le milieu Yacine Adli, formé à Bordeaux. Clinton Nsiala-Makengo, le RennaisFormé à Bréquigny, originaire de Rennes, le défenseur a signé son premier contrat professionnel au Milan AC en 2021. S’il n’a pas encore joué avec l’équipe fanion, il s’entraîne avec le groupe et est régulièrement aligné en Youth League. Son frère Baptiste évolue d’ailleurs dans les rangs de l’Académie du Stade Rennais F.C., en U17.

Le Milan AC Face au Stade Rennais

Après la Juventus, l’Atlético Madrid ou encore Arsenal par le passé, c’est un quatrième membre du gotha européen qui se présente en février à Rennes : l’AC Milan. Les Rennais vont défier l’actuel troisième du championnat, sur une série positive de neuf matchs consécutifs sans défaite en championnat. Logiquement attendues au tournant en Ligue des Champions, les troupes de Stefano Pioli n’ont pas réussi à assumer leur statut de favori dans une poule relevée. Les deux revers face au PSG puis Dortmund ont reversé les coéquipiers de Mike Maignan en Ligue Europa.

Les Résultats de l’AC Milan en Ligue des Champions

  • AC Milan / Newcastle : 0-0
  • Dortmund / AC Milan : 0-0
  • Paris SG / AC Milan : 3-0
  • AC Milan / Paris SG : 2-1
  • AC Milan / Dortmund : 1-3
  • Newcastle / AC Milan : 1-2

Battu largement (3-0) à l'aller chez le Milan AC, le Stade Rennais tentera de réaliser un exploit ce jeudi soir (18h45) face aux Italiens au Roazhon Park en barrage retour de Ligue Europa. L'entraîneur breton Julien Stéphan décrit les conditions préalables pour rêver d'un renversement de situation. Le 22/02/2024 à 06:00 Plus qu'un exploit, il fallait un miracle ce jeudi soir au Roazhon Park pour que le Stade Rennais renverse l'AC Milan en barrage retour de la Ligue Europa. Grâce à un grand Bourigeaud, Rennes l'emporte 3-2 dans un Roazhon Park en fusion, mais le club est éliminé de la compétition.

Un espoir ténu, mais Rennes peut s'inspirer d'un précédent : Milan éliminé de Coupe d'Europe il y a 20 ans après un succès de 3 buts à l'aller. C'était il y a 20 ans, un soir d'avril 2004, en quart de finale retour de Ligue des Champions, sur le terrain du Deportivo La Corogne : le stade de Riazor. À l'époque, le Milan AC est sans doute, sur le papier, ce qui se fait de mieux sur le continent. Deux semaines plus tôt, le Milan AC a fait sa loi à San Siro face au Deportivo La Corogne lors du match aller. Malgré une ouverture du score précoce des Espagnols par Pandiani à la 11e minute de jeu, les Italiens plient l'affaire en à peine huit minutes : Kaka égalise juste avant la pause (45e), avant une déferlante terrible au retour des vestiaires. Comme Rennes jeudi dernier, le Depor craque en début de seconde mi-temps : Shevchenko (46e), Kaka (49e), et Pirlo (53e) aggravent le score pour donner un confortable avantage de trois buts au Milan AC avant le match retour.

Le 7 avril 2004, Milan prend au sérieux le match retour, comme en témoigne le onze, cité précédemment et aligné au coup d'envoi. D'ailleurs, les deux premières occasions sont pour les Italiens dès le début du match. Mais le Deportivo La Corogne a la bonne idée de marquer sur sa première occasion, une condition quasi indispensable pour mettre en route un exploit. Comme à l'aller, Pandiani ouvre le score, cette fois dès la 5ᵉ minute. Le match devient fou, et les équipes se rendent coup pour coup. À la 35ᵉ, le maître à jouer du Depor Valeron reprend victorieusement de la tête un centre de Luque. Juste avant la pause, le même Luque donne trois buts d'avance à son équipe (44ᵉ) et les Espagnols sont dès lors virtuellement qualifiés grâce à la règle du but à l'extérieur, qui n'est plus en vigueur aujourd'hui.

Dans un Riazor en feu, les débats s'équilibrent en seconde mi-temps. Mais une nouvelle fois, au jeu de l'efficacité, les Espagnols sont supérieurs ce soir-là, et inscrivent le 4ᵉ et dernier but du match par Fran (76ᵉ). Les Galiciens, cousins celtes des Rennais d'ailleurs, signent un exploit historique malgré la différence de niveau supposé entre les deux effectifs.

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Mais ne poussons pas une possible comparaison avec le Stade Rennais trop loin ; si ce soir-là Milan n'aligne que des joueurs de classe mondiale, dont beaucoup deviendront des légendes du jeu, le Deportivo La Corogne possède lui aussi un onze très solide sur le plan continental avec en son sein sept internationaux espagnols, un champion du Monde 94 (Mauro Silva), tandis que les trois joueurs restants ont, eux aussi, défendu les couleurs de leurs nations respectives : Jorge Andrade (Portugal), Noureddine Naybet (Maroc) et Walter Pandiani (Uruguay).

Rien de vraiment comparable avec le SRFC d'aujourd'hui, même si l'effectif rennais compte certes le Champion du Monde 2018 Steve Mandanda, et quelques jeunes internationaux avec une poignée de sélections chez les A : Wooh (Cameroun), Theate (Belgique), Seidu (Ghana), Truffert (France), Rieder (Suisse), Gouiri (Algérie), Yildirim (Turquie).Toujours est-il que ce précédent prouve qu'un tel exploit reste possible, et le football est l'un des rares sports qui peut permettre ce genre de retournements de situation. Il y a quelques années, le PSG l'a appris à ses dépens lors de la célèbre "Remontada" réussie par le Barça face au club de la capitale. En 2005, Liverpool réussissait aussi à renverser une finale de Ligue des Champions en étant mené 3-0 à la pause... contre le Milan AC.

Plus sérieusement : Rennes n'est ni le Barça, ni Liverpool, ni le Deportivo de 2004, la différence de niveau constatée à l'aller à San Siro invite forcément à la plus grande prudence, et le passif des Rouge et Noir lors des matchs retour dans les phases à élimination directe en Coupe d'Europe ressemble à un catalogue de désillusions. Mais rien n'interdit de rêver d'ici jeudi soir. Rendez-vous est donné au Roazhon Park.

Tableau des Titres Majeurs de l'AC Milan

Compétition Nombre de Titres
Championnat d’Italie (Serie A) 19
Ligue des Champions 7
Coupe d'Italie 5
Supercoupe d'Italie 7

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