L'affaire impliquant les deux joueurs de rugby français, Oscar Jegou et Hugo Auradou, a connu de nombreux rebondissements devant la justice argentine. Accusés de viol aggravé lors d'une tournée du XV de France en Argentine, les deux rugbymen ont vu les poursuites à leur encontre abandonnées, avant que la plaignante ne fasse appel de cette décision.

Les faits et l'enquête
Les faits remontent à la nuit du 6 au 7 juillet, à Mendoza, quelques heures après une rencontre entre les Pumas et les Bleus dans la même ville. Une femme de 39 ans a déposé une plainte, accusant Auradou et Jegou de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel. Les deux joueurs ont été mis en examen le 8 juillet pour « viol avec violence en réunion ».
Arrêtés le 8 juillet à Buenos Aires puis transférés à Mendoza, Jegou et Auradou ont toujours fermement contesté les accusations de viol, évoquant une relation consentie. Après plusieurs jours de détention, ils avaient été placés en résidence surveillée le 17 juillet à Mendoza, puis remis en liberté le 12 août.
L'avocate d'Oscar Jegou et du stade Rochelais, maître Céline Astolfe, a fait part de "l'immense soulagement" pour le joueur, sa famille et son club, "qui a apporté son entier soutien à son joueur dès les premiers instants dans cette affaire".
La décision de non-lieu et l'appel de la plaignante
Un peu plus de cinq mois après la nuit de Mendoza, la justice argentine a répondu favorablement ce mardi à la demande de non-lieu déposée par les avocats d'Oscar Jegou et Hugo Auradou le 27 août et soutenue par le parquet le 4 octobre. Après plusieurs reports liés à des questions de procédures, la justice argentine, via la juge Eleonora Arenas, avait examiné la fameuse demande de non-lieu pendant deux jours d'audience, les 25 et 26 novembre, puis mis la décision en délibéré à ce mardi 10 décembre. Elle a été communiquée en début d'après-midi heure française, en milieu de matinée en Argentine, après une audience à huis clos au pôle judiciaire de Mendoza.
C'est évidemment une victoire judiciaire de taille pour les deux joueurs du XV de France, tous deux âgés de 21 ans, qui avaient été mis en examen le 8 juillet pour « viol avec violence en réunion » après une plainte déposée par une femme de 39 ans, qui accusait Auradou et Jegou de l'avoir violée dans la nuit du 6 au 7 juillet à Mendoza, quelques heures après une rencontre entre les Pumas et les Bleus dans la même ville.
Toutefois, l'avocate de la plaignante, Me Natacha Romano, a fait appel de cette décision. Elle a un délai de quinze jours pour le faire. Avec l'appel déposé par la plaignante, le dossier va être renvoyé vers une autre instance.
La plaignante a fait appel de cette décision, a indiqué son avocate. L’avocate de la plaignante a annoncé faire appel de l’abandon des poursuites décidé en début de journée par la juge en charge du dossier.
Elle a déploré une audience passée à « accuser une victime de mentir », au lieu « d’évaluer ce qui s’[était] passé entre [les] quatre murs » de la chambre d’hôtel cette nuit-là. Me Romano, qui a accusé à plusieurs reprises la justice provinciale de Mendoza de « partialité », avait tenté de faire récuser les deux procureurs chargés de l’enquête, puis la juge Arenas.
Ces démarches, ainsi que plusieurs recours procéduraux successifs, ont fait monter le ton entre les avocats argentins, avec des menaces croisées de plaintes ultérieures, de demandes de dommages et intérêts.
Affaire Jegou-Auradou: l'intégralité de la conférence de presse de la Fédération française de rugby
Les suites de l'affaire
Le 3 septembre, les deux internationaux avaient été autorisés à rentrer en France. Auradou avait repris la compétition avec Pau le 5 octobre, Jegou avec La Rochelle le 2 novembre. Cette décision de la justice argentine en première instance devrait aussi leur permettre d'être à nouveau sélectionnables en équipe de France.
La Fédération française de rugby a de son côté annoncé que les deux joueurs étaient à nouveau "sélectionnables" pour jouer avec l'équipe de France. Si leurs performances sportives le permettent, ils seront potentiellement sélectionnables pour rejouer en équipe de France », a affirmé, dès le jugement connu, la Fédération française de rugby (FFR) dans un communiqué. Elle a dit accueillir la décision judiciaire « avec soulagement et satisfaction ».
Après leur retour en France, les deux joueurs avaient repris le rugby professionnel : depuis le mois d'octobre pour Hugo Auradou avec Pau et en novembre pour Oscar Jegou avec La Rochelle.
Chronologie des événements clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 6-7 juillet | Nuit des faits présumés à Mendoza. |
| 8 juillet | Jegou et Auradou mis en examen pour viol aggravé. |
| 17 juillet | Placement en résidence surveillée à Mendoza. |
| 12 août | Remise en liberté des joueurs. |
| 3 septembre | Autorisation de retour en France. |
| 27 août | Demande de non-lieu déposée par les avocats des joueurs. |
| 10 décembre | Annonce de l'abandon des poursuites par la justice argentine. |
| 15 décembre | Appel de la décision par l'avocate de la plaignante. |

L'affaire Auradou-Jegou continue de susciter de vives réactions et soulève des questions importantes sur le traitement des affaires de violences sexuelles et la présomption d'innocence.